JOURDEUIL
Enregistré à Paris le 28 7'’" 1791. R 15'',
Opposition sur M. d’Orsay. Quatrième pièce, cote cinq.
L’an mil sept cent quatre vingt onze le quatrième jour de septembre à la requête du S' Claude Michel surnommé Clodion sculpteur de l’Académie demeurant à Paris rue Neuve des Mathurins Chaussée d’Antin et pour lequel domicile est élu en la maison de M* Anne Louis Ollivier avoué dans les Tribunaux de Paris y demeurant rue des Maçons n” 27 paroisse 8“ Geneviève, J’ay Didier Jourdheuil huissier averge au cy devant Châtelet rue de la Harpe paroisse S‘ André des Arts Soussigné signiffié et déclaré au S' Piquier huissier priseur demeurant à Paris paroisse S‘ Sulpice au domicile en parlant à sa personne.
Que led, S. Clodion est opposant comme par ces présentes il s’oppose à ce que led. S. Piquier paye ni vuide ses mains d’aucune somme de deniers qu’il peut avoir provenant de la vente par lui commencée de meubles et effets de quelque nature qu’ils puissent être appartenant au S' Dorsay demeurant à Paris rue de¥arennes Hôtel Dorsay a peine d’être garent et responsable des causes de la présente opposition à ce tel contraint par toutes voies dues et raisonnables lesquelles causes et moyens led. S. Clodion déduira en temps et lieu et par devant qui il appartiendra et ai aud S. Piquier aud domicile en parlant comme dessus laissé copie du présent.
JOURDEÜIL.
Enregistré à Paris le 27 7’’” 1791. R 15.
Troisième pièce, cote cinq.
Je soussigné Pierre Victor Raffeneau notaire à Paris y demeurant rue Montmartre section de Brutus, Reconnais et déclare avoir reçu du C"* Claude Michel surnommé Clodion la somme de mille livres à valoir sur les six mille livres qu’il me redoit seulement sur son obligation ces huit mille livres à mon proflît portant obligation jusqu’à concurrence des six mille livres que le S. Grimod Dorcay qui l’a consignée ne vaut plus que pour cinq mille livres m’obligeant après perception de lad. somme de six mille livres à luy tenir compte de faire remise de la somme de mille livres dans la même nature que j’auray reçu lesd. six mille livres à Paris ce deux floréal de l’an Deux de la République une et indivisible.
R-lFFENEflU.
Deuxième pièce, cote cinq.
Je Reconnais avoir reçu du C“ Michel Clodion la somme de cinq mille livres pour remboursement de pareille somme restante de celle plus forte dont II m’avoit fait délégation sur la créance qu’il avoit encore à exercer contre M. Grimod D’Orsay suivant l’acte dont l’expédition est dans la main du C'” Guyhoux de laquelle somme je promets et m’oblige luy faire la Rétrocession par acte devant notaire à sa première réquisition mais à ses frais, à Paris le 12 Vendémiaire de L’an quatre de la République françoise une et indivisible.
Raffeneau.
A Monsieur Monsieur Clodion Sculpteur, et agrée à V Académie royale de peinture et de sculpture rue de la Chaussée d'Antin à Paris,
M. le C*® d’Orsay prie Monsieur Clodion de faire son possible pour venir diner lundi afin qu’on puisse statuer d’une manière définitive sur le raccommodage des gaines et bustes pendant le voyage d’Orsay qui est positivement déterminé pour le milieu de la semaine. Il désire aussi que M. Clodion fasse avertir le poëlier pour qu’on puisse travailler pendant 1 absence de M. d’Orsay et le mieux seroit de lui donner rendez-vous pour le même jour lundi 13 si M, Clodion peut venir de bonne heure cela sera beaucoup mieux, et il fera plaisir à M. d’Orsay.
Ce samedi soir.
marché passé avec le baron demidoff pour l’exécution d’un mausolée.
15 décembre 1772.
Quatrième pièce, cote trois.
Nous soussignés Baron Demidoff d’une part et Clodion sculpteur d’autre part avons fait et arrêté les marché et conventions ci après :
1“ Que Moy Clodion promet et m’oblige de faire et exécuter dans l’espace de trois ans à compter de ce jour un mausolé en marbre blanc, marbre de couleur, et partie en bronze dans la forme ci après.
Ce mausolée représentera un Ange qui lient de sa main droite un Cœur; et de la main gauche fait voire le tombeau d’où il s’élève Légèrement sur des nuages, à la droite du tombeau sera un enfant qui jette avec vivacité une drapperie sur la moitié d’un écusson;
Ce genie laisse éteindre un flambeau renversé à la gauche du tombeau; sur le même socle sera une cassolette dans la forme antique d’ou s’élève de la fumée, le tout placé sur un socle. Sur le devant duquel il y aura un bas relief conformément à l’Esquisse approuvé de M' Demidoff.
2“ Que je m’oblige d’exécuter de grandeur naturel la statue de l’ange en marbre blanc l’enfant en bronze, et le portrait en médalion de marbre blanc.
3" Le tombeau sera exécuté en marbre noir plaqué sur un massif de pierre, et la table du dessus du tombeau sera du même marbre ; le socle du tombeau sera de marbre blanc veiné plaqué sur un massif de pierre.
4° Que moy Clodion m’oblige de faire exécuter la Cassolette, l’écusson, la girlande qui soutient le médalion; le tout exécuté en bronze, et dorés par endroit où il sera jugé nécessaire;
Et moy Baron demidoff promet payer au dit S. Clodion pour l’exécu tion dudit mausolé la somme de vingt mille livres, de laquelle somme je m’oblige en payer au S. Clodion deux mille livres d’ici au premier février mil sept cent soixante treize, trois mille livres d’ici au premier de may de la même année. Dix mille livres en dix payements Egaux de deux mois en deux mois, donc le premier se fera au premier août mil sept cent soixante treize, le second deux mois après et ainsi de suite. Et cinq mille livres à l’instant de la perfection, et livraison de l’ouvrage.
Monsieur le Baron demidoff serai tenu comme il est d’usage de faire prendre dans l’altelier du^sculpteur ces dit ouvrage et seront fait enquaisser
Iti'-
et transporter jusque à leur destination au frais de M' Demidoff, et que le s. Clodion n’entrera nullement dans les frais d’aucuns ouvriers; et n’être point garant des accident qui pourvoient arriver aux dits ouvrages des l’instant qu’ils seront enlevés de l’attelier dud. S. Clodion, pour être transportés en Russi,
Fait Double Entre nous, moy demidoff et Clodion le quinze Décembre mil sept cent soixante Douze.
Monsieur tourtou et Dore payera par cette ordre de M'' demidoff à M' Clodion la somme de vingt mille livres celont les terme fiquecée et spesifié sur le présent marché.
A il/, de Glodion, à Paris,
S‘ Pétersbourg, le 1®^ d’avril 1774.
Première pièce inv^‘, cote trois,
En6n, Monsieur, après bien des fatigues et des peines Dieu mercie je suis heureusement arrivé dans ma patrie avec mon Epouse et deux de mes enfans avec une parisienne, dont vous avez vu; et un italien né à dix lieues à peu près avant d’arriver en cette ville, et il est déjà nommé par 1 impératrice même notre Souveraine caporal de sa garde dans l’intantion qu. avec le tems, il sera aussi grand et redoutable guerrier comme ont ete les premiers Romains. Voila, Monsieur, mes nouvelles, je suis
bien assuré que vous ne serés pas fâché d’en apprendre. Parlons à présent de notre tombeau : vous m’avez prié que je vous envoyé une certaine somme, et comme nous sommes déjà convenu dans notre contract, mais je ne peu pas vous la faire tenir toute suite faute des dérangement de mes affaires causé par mon absence, en arrivant j’étois obligé de payer les dettes ici et d’envoyer d’en plusieurs pays pour être quitte, j’espère qu’il seront bientôt en ordre je ne vous manquerai pas aussi dans ma parole, en attendant je vous prie de remettre tous les petites choses, que je vous ai commandé à M. de l’orme et de me faire savoir le prix je vous fairai tenir l’argent sur le champ. J’ai le plaisir d’être avec le même estime, Monsieur,
Votre très humble serviteur,
Nikita Démidoff.
P, S. — M'' de Crimoff fait ses compliments à M' de Glodion aussi et le prie de penser quelque fois de celui qui a tant de considération pour lui et de croire qu’il lui est attaché a jamais peut-être il aura le plaisir de lui témoigner cela de sa propre houche.
M. Démidoff vous prie de témoigner ses compliments à M'' Devailly et le prier de sa part qu’il aye la bonté de lui envoyer le modèle de l’escalier, qui éloit exposé au Salon et de lui faire souvenir le plus souvent sans fairre semblant que c’est de sa part il lui en seroit très obligé.
Dite lui de ma part milles choses et dite lui que nous parlons fort souvent avec M' Pagenoff Starof et M' Choubin comme de vous aussi peut être vous n’avés pas encore entendu notre perte M' de Cosëncoff est mort tout le monde regrette sa mort.
M' Démidoff et moi aussi vous charge de faire nos compliments à moitié Russiens M" des Lagrenée et de leur dire que nous n’oublierons jamais leurs bons procédés et les politesses qu’ils nous ont rendu.
CRIMOFF A CLODION AU SUJET d’uNE FIGURE DE « FEMME » OU d' « AMOUR » DE LA COMPOSITION DE l'aRTISTE.
A Moscou, le 10-21 février 1775.
Monsieur,
Deuxième pièce, cote trois.
C’est avec un grand plaisir, que j’ai reçu L’honneur de votre lettre, du 23 X''"1774je suis très sensible à ce que vous avés bien voulu vous sou-
çenir de moi. écrivés moi, s’il vous plaît, souvent vous ne pouvés me flatter d’avantage, je mande ce même Courier à M' de L’orme de m’achetter Les baigneuses, estampe gravé parBalechou, d’après Vernet, et je lui dis que je vous ai prié de faire un chois en ce qu’il y auroit de plus beau. Ainsi, Monsieur, je vous demande en grâce de m’en procurer La plus belle et La meilleur epreûve qu’il vous sera possible, et même si vous n en trouvés pas une excellente, patientés quelque tems, et envoyés moi tout ce qu il y a de superbe en fait de cet estampe avec velouté; vous savés que je m’y connois un peu; ainsi je veux n’avoir que du parfait, je vous prie. Monsieur, de faire mes compliments, à M" de Lagrenée et asurés les de L’estime et la considération, que je conserve pour eux. prié les de ma part de se donner La peine et surtout le cadet de me chercher une belle epreuve. M' de L’orme en payera La valeur, en meme tems. Monsieur, je vous prie en grâce de me vendre une petite figure en marbre de votre ouvrage que j’estime infiniment, au prix de trente Louis à peu près et quand vous me ferés savoir que vous en avés une, je vous ferai tenir la somme d’avance pourvu que ce soit une figure de femme, ou un amour, quelque chose à peu près dans le genre, que vous avez vendu à M-- Le comte de Slrogonoff, vous m’obligerés infiniment, vous savés. Monsieur, que je suis grand amateur du beau et je me ferai un vrai plaisir de posséder une piece sortie d’une main aussi habile que la votre. Si vous en avés une à présent faite le moi savoir au plutôt je vous ferai tenir L’argent tout de suite, marqués moi seulement le prix. Si vous voulés bien prendre la pêine de vous charger de m’achetter les livres suivants :
1”' Dictionnaire des monogrammes chiffres lettres initiale etc. etc. traduit de L’Allemand de M' Christ à Paris chés Guillin 1762, in-8» Dictionnaire des gravures par M' Basan 3 volumes in-8» achett’és moi M' de L’orme vous remboursera et envoyés les moi au printems prochain par le premier vaisseau. Voila, Monsieur, mes commissions je me flatte que vous voudrés bien les remplir. Si vous avés quelques ordres à donner en ce pais, adressés vous à moi et je ferai tous mon possible pour servir en ami et peut-être fais-je ici mes efforts pour avoir le plaisir de vous estre bon en quelque chose. Au reste. Monsieur, soyés assuré que je serai toute ma vie avec un inviolable attachement et une parfaite estime. Monsieur,
Votre très humble serviteur.
N. DE Cbimoff