I. — Adénites post-scarlatineuses
sans néphrite
OBSERVATION I (Due à l'obligeance du D’ Beauchant.) :
M. C.., fillette de huit ans,habitant Poitiers. Dans ses antécédents pathologiques à signaler seulement une rougeole au mois de mai 1908. Depuis cette maladie l'enfant respirait plus mal et aurait souvent le nez enchiffrené.
Nous voyons l'enfant le 26 octobre 1908. Elle est malade et couchée depuis la veille. Brusquement elle a été prise dans la journée d'hier de petits frissons, elle n’a pas vomi,mais a refusé de s’alimenter, elle s’est plainte de la gorge,elle a été agitée la nuit. Ce matin les parents ont constaté l'existence d’une éruption, ce qui les a décidés à nous faire voir l'enfant.
Nous constatons une éruption typique de scarlatine au niveau des parties latérales du thorax et dans le dos. Gorge rouge vif ainsi que le voile du palais sans enduits pultacés. Langue rouge à la pointe et sur les bords, très blanche sur la face dorsale. Tuméfaction assez notable, ayant le volume d’une amande,des ganglions angulo-maxillaires à droite et à gauche. Enchiffrènement très marqué. L'état général est par ailleurs
excellent, l'enfant n’est pas agitée,on ne constate rien d’anor-
mal du côlé des grands appareils. La fièvre est modérée, 38°4,
les urines ne renferment pas d’albumine.
Nous portons donc le diagnostic de scarlaline (1) et prescrivons l'isolement, des lavages de la gorge et du nez et une potion à l’acétate d'ammoniaque.
Les choses parurent tout d'abord se passer de la façon la plus simple, la température osciliant autour de 38 degrés, l'état général restant à peine touché lorsque,au sixième jour alors que l’éruplion étaïl en voie d'effacement, la température quiétait tom-
bée le matin à 37°8 remonta le soir à 39°4. Elle se maintint
au-dessus de la normale pendant onze jours, du sixième au dix-
septième.La courbe resta tout à fait irrégulière avec des oscillations de parfois 2 degrés entre les températures du matinet du
soir, le chiffre le plus haut fut atteint le 4 novembre, le thermo-
mètre montaalors à 4005. Cette fièvre attira vivement notre at-
tention, elle contrastait avec l’état général remarquablement bon de l'enfant qui n'était nullement abattue, jouait toute la journée,s’'alimentait et dormait d'un bon sommeil pendant toute la durée de la nuit. L'examen pratiqué tous les jours de la maladie ne révéla absolument rien du côté des divers appareils. L'angine du début avait complètement disparu, la langue desquamait normalement, les ganglions sous-maxillaires se réduisaient de volume. L'intestin fonctionnait normalement.
La desquamation était discrète. Aucune complication du côté des oreilles, les urines examinées tous les jours ne montrent
rien d’anormal. Deux symptômes seuls furent trouvés : ce fut
1. Ce diagnostic qui n'était pas d’ailleurs douteux fut confirmé par la contagion qui frappa la mère de cette enfant et une bonne qui lui avait donné ses soins.
nu. AUS QUE. | NE t. | t ABLE Ones LEZ TN RSR L'an RS EE LOT OT NT SM ESS E SNS MIE LEE ER TERRE n RES D DE TM QE me A CA CITES NP PORN SIT EUR EE (lives | AT F te ar AIS LEURS POSER PAPA se 7 Ta \ AS # L Fe M v \ R 1 \ g | À ur { . ET ; *- le J f FE. de -{ \ 1, EX < - , E LuA
- se
SRE
I es ie es sus j t à | À.
à 3, SE 2 RE RURUIS ET | LE - MERE) eg
mu 6e el 0% = : (e lents TELE | NE 8S 420 AAC PACE MAMAN BAANE.
AAA Are APAEN OPA A APE RE
Guyonnet
d’abord une très légère douleur au niveau du poignet droit qui ne s’accompagna ni de gonflement ni de rougeur et qui disparut complètement au bout de deux jours. Ce fut ensuite l’appa-
rition de petits ganglions notée au huitième jour au niveau des
‘ chaînes latérales du cou, avec prédominance du côté droit, au
niveau du triangle sus-claviculaire et dans l’aisselle droite. Ils ne dépassaient pas les dimensions d’un petit pois, ils roulaient
sous le doigt, ils étaient douloureux à la pression, il fallait
d’ailleurs les rechercher, carils auraient très facilement passés
inaperçus ; les ganglions de l’aine aussi étaient augmentés des deux côtés, mais comme nous n'avions pas pris la précaution de nous assurer auparavant, comme nous l’avions fait au niveau du cou, si cette tuméfaction ne préexistait pas à la poussée fébrile, ce signe a moins d’importance. Nous avons déjà dit que les amygdales n’offraient plus rien d’anormal, du côté du pharynx par contre on pouvait penser à l'existence d’un certain état inflammatoire ; on voyait en effet descendre des mucosités en arrière du voile du palais, le nez était comme obstrué, la respiration ne pouvait avoir lieu uniquement par les fosses nasales, l’enfant était prise souvent d'une petite toux sèche dont l’origine pharingée semblait probable.
Nous avions rattaché l’état fébrile à une de ces infections naso-pharyngées, comme on en rencontre si souvent dans la pathologie infantile et nous voyions dans la tuméfaction des ganglions latéraux du cou un témoin de cette infection, et malgré la persistance de la fièvre nous avions porté un pronostic favorable. Le traitement consista en lavages de la gorge avec une solution de perborate, désinfection des fosses nasales avec
la vaseline résorcinée à 1/40, pulvérisations de chloræthone,
Contre la fièvre suppositoires de quinine et de pyramidon (15 centigrammes de chaque).
Au onziène jour de la maladie lorsque nous vimes la température atteindre 40°3, un peu inquiet nous fimes une injection d'électrargol de 3 centimètres cubes dans les muscles de la fesse ; l'injection fut parfaitement supportée et le lendemain la: température baissait à 38°? le matin et 38 le soir. Elle ne dépassa plus 38°5, mais oscilla encore autour de 38 jusqu’au dixième jour de la maladie où elle atteignit la normale et s'y maintint définitivement.
Du dix-septième au vingt-troisième jour la convalescence parut s'effectuer d'une façon absolument normale.
Le vingt-troisième jour l’enfant se plaignit subitement le matin d’une douleurtrès vive au niveau de l'angle de la mâchoire à droite et à gauche, mais surtout à droite, nous pûmes constater alors l’existence d’une tuméfaction ganglionnaire bilatérale des plus nettes. Le ganglion du côté droit, un peu plus développé que le gauche, atteignait le volume d’une petite noix, il était extrêmement douloureux à la pression. Les ganglions étaient mobiles, mais il y avait un peu de rougeur de la peau ; l'examen de la gorge ne révélait absolument rien d’anormal, les amygdales n’étaient ni rouges, ni gonflées.
La température restait basse, 3608 le matin, 37°7 le soir, le même jour DE nes des urines fut pratiqué comme il l'était tous les jours et pour la première fois on put déceler un léger louche par la chaleur, louche qui ne disparaissait pas sous l’action de l'acide acétique et qui se rapportait imdubitablement à une petite quantité d’albumine.
Les ganglions sous-maxillaires diminuèrent lentement de
volume, leur sensibilité anormale disparut d’abord assez vite,
he
mais la tuméfaction persista encore cinq ou six jours. Quant à l'albumine, l'examen n’en révéla plus aucune trace les jours suivants, son apparition avait donc été essentiellement fugace. L'état général de l'enfant n'avait nullement été troublé par ©, léger épisode.
Au bout de quarante jours l’enfant, dont la desquamation était achevée depuis longtemps et dont l’état était excellent, fut baignée et reprit la vie habituelle. Tout alla bien les premiers jours, mais le 40 décembre (cinquante-sixième jour après le début de la scarlatine) nous étions rappelé auprès d’elle. La veille dans l'après-midi l'enfant s'était sentie brusquement fatiguée, elle avait vomi, on l'avait couchée de bonne heure, elle paraissait avoir chaud, mais on régligea de prendre la température, la nuit fut agitée, au matin le thermomètre marquait . 39°5 et on nous envoya chercher. À nouveau l’enfant se plaignit du cou et au niveau de l'angle de la mâchoire on constatait l'existence d’une nouvelle tuméfaction ganglionnaire en tout point analogue à celle qui était apparue trente-trois jours auparavant : Tuméfaction surtout marquée à droite où le ganglion atteint le volume d’une grosse amande, est extrèment douloureux à la pression, mais ne s'accompagne pas de rougeur de la peau,
Rien d’anormal ne se constate pas plus que la fois précédente du côté de la gorge. Nous examinons alors les urines avec le plus grand soin, mais nous n’y décelons cette fois aucune trace d’albumine. L'évolution de la température fut éphémère, le soir même elle tombait à 38°7rle lendemain elle tombait à 3702 et s'y maintenait les jours suivants; mais.la tuméfaction ganglionnaire, se prolongea plus longtemps, et c'est seulement dix
eee pe c à \
me \,
jours après que les ganglions reprirent leur volume normal,
L'enfant est depuis restée très bien portante.