‹ Les âElections de 1789 en GâevaudanChapitre 3 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le pouvoir épiscopal. — La Bulle d'or. — Le Paréage de 1307. — Etats particuliers du pays. — Monseigneur de Castellane et l'abbé de Siran. — Le clergé, la noblesse et le peuple du Gévaudan.

Le 3 juillet 1788, Louis XVI signa la lettre de convocation aux Etats généraux.

...« Notre amé et féal, disait-il au lieutenant général de sénéchaussée, nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour nous aider à surmonter toutes les difficultés où nous nous trouvons, relativement à nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de notre royaume.

... A ces causes, Nous vous avertissons et signifions que notre volonté est de commencer à tenir les Etats libres et généraux de notre royaume au lundi, 27 avril prochain, en notre ville de Versailles. » 1

Cette lettre, qui donnait le signal de la bataille électorale, mit l'inquiétude au cœur des privilégiés « quand même » et fit concevoir au peuple les plus vastes espérances.

Pour marquer nettement la ligne et le but de ce mouvement électoral en Gévaudan, il importe avant tout de dire un mot de l'organisation politique spéciale à ce pays ; faute de quoi, le lecteur étranger à l'histoire locale ne saisirait pas tout le sens de certaines revendications.

De temps immémorial, l'évêque de Mende fut pasteur spirituel et temporel de son peuple, tenant

d'une main la houlette et de l'autre le glaive, exerçant des droits régaliens, levant l'impôt sur les taillables, convoquant lé ban de la noblesse, recevant l'hommage

Page 1