‹ Les âElections de 1789 en GâevaudanChapitre 41 sur 47 · G. de Burdin. Documents historiques, II, p. 272 et seq · texte numérisé non relu

G. de Burdin. Documents historiques, II, p. 272 et seq

et élue ; enfin le siège royal demandé pour Mende, par trente-neuf voix contre vingt-cinq, « comme plus avantageux aux justiciables, sous la condition expresse qu'il ne pourra jamais y avoir plus de trois degrés de juridiction : le juge du seigneur, le siège royal et le parlement ; que l'évêque ne pourra jamais, dans aucun cas, pouvoir nommer ni présenter aucun des membres de ce tribunal, et que, si jamais « ledit évêque de Mende voulait faire revivre ses droits paréagers, Sa Majesté sera suppliée d'abolir ce tribunal ou d'en changer la résidence dans la ville de Marvejols. » Ainsi les nobles voulaient briser le Paréage en Gévaudan, maintenir leurs privilèges, sauf pour l'impôt direct, et fermer leur caste avec un soin jaloux.

Après la lecture du cahier, on procéda à l'élection. Au second tour de scrutin, il y eut égalité de suffrages pour Jean Joseph de Châteauneuf-Randon, marquis d'Apchier, et son cousin, Alexandre Paul, marquis de Châteauneuf-Randon *. Au troisième, le marquis d'Apchier fut élu député par soixante-dix voix contre cinquante-huit et le marquis de Châteauneuf-Randon fut nommé suppléant.

Le lendemain 3i, la Noblesse tint une dernière assemblée, où fut agitée la question des prérogatives des barons du Gévaudan. Là-dessus le marquis d'Apchier avait déjà donné son avis au vicomte de Framond par lettre du 1 6 février 1789:

Mon cousin,

« Je regrette d'être retenu ici (à Toulouse) et de perdre la seule occasion que j'aurai peut-être en ma vie de me trouver réuni à un corps qui n'a d'autre désir que celui

1. *rch. nat. B III 85. Lettre du président de la noblesse de Gévaudan au Garde des sceaux.

de rendre plus heureux tous ses concitoyens. Animé du même zèle, je l'aurais prié de recevoir le département que je fais de ma baronnie aux Etats du Languedoc, que j'avais reconnus depuis longtemps mal constitués et vicieux sous tous les rapports. C'est à vous, mon cher cousin, à faire agréer ce léger sacrifice. Tout le prix que j'en demande, c'est de voir régner dans les trois ordres l'union sur tous les objets qu'on aura à traiter...

« Je n'entends pas cependant, mon cher cousin, qu'il faille céder à toutes les demandes ; je ne désire pas que M. l'évêque de Mende ne puisse être présidé par personne ; je pense au contraire qu'il doit l'être, qu'il faut s'opposer à cette prétention ridicule, mais qu'il est tant de manières de refuser, et qu'il faut toujours prendre celle qui aliène le moins les esprits. Le Clergé perd un grand procès ; il faut lui passer l'inquiétude momentanée que cela peut lui donner, sans craindre qu'il reprenne jamais le droit d'être seul administrateur, comme il l'était ci-devant ; le résultat de tout ce qui a été fait est trop mauvais pour qu'il soit permis d'avoir cette idée !. »

Le 3i mars, le marquis d'Apchier confirma généreusement sa renonciation à tous ses droits honorifiques aux Etats de la province et du pays. Le vicomte d'Hauterive en fit autant ; mais Denis de Grimoard, comte du Roure et baron de Florac, le vicomte de Chambrun, Urbain de Retz-Servières et le vicomte de Morangiés réservèrent tous leurs droits 2.

Le Tiers-Etat se réunit îe 25, dans la chapelle des Doctrinaires, et dès l'abord décida de rédiger son cahier et de nommer ses députés séparément. Le marquis d'Entil de Ligonnès et le comte de Noyant vinrent lui témoigner le désir de la Noblesse de renoncer à tout privilège pécuniaire et de se réunir à lui pour faire en commun les opérations de l'assem-

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