PATHOGÉNIE
Pouvons-nous facilement expliquer les d'fférences de doses et les différences de résultats obtenus par de même médicament en empruntant une voie d'absorption différente.
On «a vu que dans l'aésolthérapie, les doses étaient généralement plus faibles, pour arriver au même résultat que lorsqu'on utilisait ces médicaments par la voie IV, IM ou bucale. Dans l'aérosolthérapie, la crise d'asthme est jugulée par environ 3/5 de mmgr. d'aleudrine inhalée, alors qu on utilise 2 mmoar. d'aleudrine « ab ore ». Pour l'éphédrine, la différence est aussi sensible : comprimés de 3 centigrammes ou inhalation ne dépassant pas avec l'appareil de Dautrebande une dose de l'ordre de | centigramme. Cette différence n'est pas étonnante puisque seul le 20° de la dose microdispersée est absorbée par le sang. Pour la pénicilline seule, en effet, on retrouve dans l'urine 75 % de la dose contenue dans la solution mère.
Dans la bronchite aiguë, les doses buccales varient entre deux et cinq milligrammes de sulfate neutre d'atropine et le résultat atteint est identique avec l milligramme d'atropine aérosolisée. |
Les inflammations et les suppurations chroniques posent des solutions particulières quant au doses journalières et totales : la comparaison ici n'est pas possible.
Dans une pneumonie ou une broncho-pneumonie, les doses de pénicilline IM varient entre 800.000 et 1.500.000 unités au traitement, en aéro-
solthérapie les Américains s'arrêtent généralement au million d'unités. Dans les abcès du poumon, les doses sont notablement plus fortes dans les deux sortes de traitement. Elles s'équilibrent selon la durée du traitement entre 1.000.000 et 4.500.000 unités. Cependant la notion de dose utile n'est pas seule intéressante. La rapidité et la prolongation de l'action sont aussi à connaître.
Ces deux facteurs sont nettement en faveur de l'aérosolthérapie dans l'asthme, la bronchite aiguë et certains cas de bronchite chronique (bronchite chronique des gens âgés). Dans les abcès et les supurations, seule la prolongation de l'action milite en faveur des aérosols. Dans la pneumonie ou la broncho-pneumonie au contraire, la rapidité de là quérison semble pencher en faveur des microbrouillards médicamenteux.
Comment expliquer ces différences d'actions : comment comprendre aussi certains changements de propriété des médicaments que l'on aérosolise. L'aleudrine par exemple est antidiurétique en piqûre et favorise l'excrétion rénale en aérosol. L'histamine est broncho-dilätatrice aux petites doces et broncho-constrictrice aux fortes doses.
Est-ce dû à l'état de fine division du produit ? L'expérience sur les gaz de combat le laissait prévoir. La même constatation est faite avec les produits médicamenteux. Chaque goutelette « la méme concentration que la solution mère. Ce taux ne baïsse pas : il tend au “ontraire à s'accroître grâce à l'évaporation. Dans les piqûres intra-veineuses la solution tend à se diluer et à laisser une partie de ces principes actifs dans les obstacles qu'elle traverse : le foie en est un exemple, ainsi que les cavités cardiaques.
En aérosols et surtout dans les atteintes pulmonoires, il faut admettre que le nuoge médicamen-
teux chargé à 70 % de sa valeur initiale (dosage de Jost) agit d'abord comme topique. C'est pourquoi, bien que 20 % seulement du médicament utilise la voie transpulmonaire pour avoir une action générale, leur efficacité est semblable au 100 % lancé dans l'organisme avec un autre mode d'absorption.
L'action locale d'un médisament est toujours plus forte que si l'élément actif est absorbé par une autre voie, mais dans l'aérosolthérapie, la résorption sanguine a lieu dès que l'inhalation dépasse une certaine durée et à ce moment là il est fort ditficile sinon impossible de savoir quelle, de l'action locale où générale, «a le plus d'importance.
L'aérosolisation peut changer la structure physique du médicament ainsi que les résultats obtenus. L'adrénaline subit une forte oxydation durant sa dispersion. Elle présente une tendance à augmenter les secrétions bronchiques utilisées. en injections et à les diminuer en aérosols. Ceci semble dû à la loi qui veut que plus les bronches se spasment ou ont une tendance au spasme, plus elles secrètent. ‘
Enfin, le fait d'améliorer le rythme respiratoire amenant ainsi une meilleure hématose, peut produire une meilleure action médicamenteuse. De plus, comme le taux de CO? alvéolaire et sanguin chute, l'excitation du centre bulbaire de la respiration est moins importante, et tend à conserver ce rythme plus lent et plus utile. -
La perméabilité des cellules alvéolaires va être un grand facteur de l'action des médicaments aérosolisés. Les cellules pathogènes laisseront passer un pourcentage bien moindre que les cellules saines. Mais à l'instar des broncho-dilatateurs, une aérosolisation de certaines substances permet à d'autres d'agir plus favorablement. Ainsi, une
Cren ts
inhalation d'atropine chez un sujet bronchorrhéi- . que permet une meilleure utilisation des microbrouillards d'aleudrine réalisés postérieurement.
Avec Dautrebande on peut croire qu'il y a fixation du médicament au cours de l'inhalation et que ces colloïdes subiraient ensuite un mécanisme de libération différée. Ceci permettrait aux: micelles d'exercer leur activité pharmacodynamique progressivement, longuement et même pour ‘certains produits d'inverser leur action (histamine). |