‹ Les aérostats dirigeablesChapitre 31 sur 49 · PROGRÈS EXAGÉRÉS PAR LOPINION · texte numérisé non relu

PROGRÈS EXAGÉRÉS PAR LOPINION

Les raisons mises en avant pour expliquer la facilité avec laquelle l'aérostat de Meudon a été dirigé le 9 août ont été généralement inexactes .

Nous allons les passer en revue, et les réfuter successivement.

1** La structure pisci forme.

Cette forme peut augmenter la stabilité, mais

elle ne détermine pas la dirigeabilité ; un aérostat eu forme de fuseau peut également évoluer en tous sens.

Les bateaux sont dirigeables sans affecter la forme des poissons ; d'ailleurs, il y a des poissons de toutes les formes, depuis la raie jusqu'à Tanguille !

2* La place de F hélice,

La nacelle forme un ensemble rigide ; Teffort appliqué sur un point de cette nacelle se transmet sur tous les points : il est donc indifférent que le point d'application du propulseur soit à Tavant ou à Tarrière.

La disposition qui consiste à mettre l'hélice en avant de la nacelle, au lieu de la placer en arrière, comme dans les essais précédents, était préconisée depuis longtemps par un mécanicien

distingué, M. G. Jobert; elle n'a été adoptée à Chalais que parce qu'elle facilite la manœuvre du gouvernail.

3* L'emploi de rélectricité.

Le moteur électrique est plus commode, plus maniable, moins dangereux que tout autre en ballon : il est loin d'être le plus puissant.

En voici la preuve : le rapport officiel de MM. Renard et Krebs constate que la pile dont ils se sont servis pèse dix-neuf kilos par eheval'heure : une chaudière à vapeur du Temple, employée dans les mêmes conditions, ne pèserait pas dix kilos.

Le générateur du Temple est donc beaucoup moins lourd, à production égale de force, qu'un générateur électrique.

i;S8 LES AÉROSTATS DIRIGEABLES

Il n*y a pas que la machine à vapeur qui puisse lutter avantageusement, comme légèreté, avec les moteurs électriques. On peut employer, pour la navigation aérienne, des machines basées sur l'emploi de Tacide carbo* nique liquide, qui fournit à basse température des vapeurs à très-haute tension; on peut également suspendre à Taérostat, en guise de nacelle, un réservoir d'air comprimé analogue à celui des torpilles Withead.

Tous ces moteurs fourniraieùt un chevalaérien moins pratique, mais plus puissant que le moteur électrique.

4** La légèreté exceptionnelle de la pile de M. Renard,

D'après la note adressée par M. Renard à

TAcadémie des sciences, cette pile ne pèserait que 19 kil. 350 par cheval-henre.

C'est un beau résultat, qui fait le plus grand honneur à son constructeur.

11 faut pourtant observer que Ton peut aujourd'hui se procurer dans le commerce des piles ayant la même énergie, sous un poid sensiblement égal.

Des accumulateurs du genre Planté (1), réunissant les conditions raaxiraa de légèreté, peuvent emmagasiner un travail d'un chevalélectrique dans un poids de 21 kil. 500.

Ces chiffres ressortent des expériences de MM. Fichet, Hospitalier et Jousselin, sur les accumulateurs Faure; de MM. Gramme et Fontaine, sur les accumulateurs Kabath ; de MM. Géraldy et Hospitalier, sur les couples Planté.

(1) Nous rappelons que les accumulateurs ne sont autre chose que des piles d'un genre spécial.

Si ce chiffre de 21 kil. 500 par cheval-électrique peat être indastriellement obtenu, comme Taffirme M. £mile Reynier dans son savant ouvrage sur les piles et les accumulateurs, la différence de poids entre ces générateurs diélectricité et ceux de M. Renard n'aurait pas plus d'importance pour la navigation aérienne que le plus ou moins d'embonpoint des aéronautes.

Lii PRÉSENT t^H

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