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CHAPITRE XIII

Applicatiou de» aérostats aux sciences. — Voyage scientifique de nobcrtsoii et Saccharoff. — Voyage de Biot et Gay-Lussac.

Nous avons hâte d'arriver aux applications scienliliqiics dos aérostats, c'est-à-dire à leur emploi pour IVîtude de certaines questions de météorologie et de physique terrestre, auxquelles peut servir un ballon lancé h une grande hauteur.

L'application des aérostats aux observations de météorologicî et de physique terrestre commença en 1803. (Vost i\ cette époque que s'accomplit la première ascension aérostatique faite dans l'intérêt des sciences physiques. Le physicien Robertson en fut le héros.

Le b(siu voyage que Robertson exécuta à Hambourg, le 17 juillet 1804, avec son compatriote Lhoest, lit beaucoup de bruit en Europe. Les aéronautes demeureront cinq heures et demie dans Tair, et descendirent à vingt-cinq lieues de leur point de départ. Us sVlevùrent jusqu'à la hauteur de 7,400 mètres, et se livrèrent à différentes opérations de physique. Entre uutivs faits, ils crurent reconnaître qu'à une hauteur considérable dans Tatmosphère, les phénomènes du magnétisme terrestre peixient sensiblement de leur

■5 intensité, et qu'à cette élévation l'aiguille aimantée s oscille avec plus de lenteur qu'à la surface de la terre, s phénomène qui indiquerait, s'il était vrai, un affaiblisse- 2 ment dans les propriétés magnétiques de notre globe à mesure que l'on s'élève dans les régions supérieures. Robertson a écrit un exposé assez étendu de son ascension. Il est contenu dans un travail adressé à l'Académie de Saint-Pétersbourg et reproduit dans son ouvrage intitulé Mémoires récréatifs, scientifiques et anecdotiques.

[ Robertson donne le détail des expériences qu'il fit ' sur l'électricité et le magnétisme. A la hauteur qu'il occupait dans l'atmosphère, les phénomènes de l'é- . lectricité statique lui paraissaient sensiblement affai- . blis : le verre, le soufre et la cire d'Espagne ne s'électrisaient que très faiblement par le frottement. La pile de Volta fonctionnait avec moins d'énergie qu'à la surface de la terre. En même temps, il crut reconnaître que les oscillations de l'aiguille aimantée diminuaient d'intensité, ce qui l'amena à admettre, ainsi qu'il est dit plus haut, l'affaiblissement du magnétisme terrestre à mesure que l'on s'élève dans les hautes régions de l'air. Les résultats annoncés par Robertson et Saccharoff, soulevèrent beaucoup d'objections parmi les savants de Paris. Dans une séance de l'Institut, Laplace proposa de faire vérifier, au moyen des aérostats, le fait annoncé par ces expérimentateurs, relativement à l'affaiblissement de la force magnétique de notre globle. Bertholet et plusieurs autres académiciens appuyèrent la demande de Laplace.

Cette proposition ne pouvait être faite dans des circonstances plus favorables, puisque Ghaptal était alors ministre de l'intérieur. Aussi la déctevoxvlvAr^^^Tv^^

à l'instant même, et Ton désigna, pour exécuter l'ascension, Biot et fiay-Lussac, qui étaient les plus jeanes et les plus ardents professeurs de Tépoque. Conté. Tancion directeur de Y École aérostatique de Meudon, se chargea de construire et d'appareiller l'aérostat.

( îay-Lussac et Biot partirent du Conservatoire de? arts et métiers, le 20 août 1804, pour accomplir une ascension scientifique restée depuis fort célèbre.

F^c but principal que se proposaient Biot et fiav- Lussac, c'était de rechercher si la propriété magmatique éprouve quelque diminution appréciable quand on s'éloigne de la terre. L'examen attentif auquel les deux savants soumirent, pendant presque toute la durée du voyage, les mouvements de l'aiguille ainian- \^''^}, les amena à conclure que la propriété magnétique ne perd rien de son intensité, quand on s'élève dans les régions supérieures. A 4,000 mètres de hauteur. les oscillations de Taiguille aimantée coïncidaient en nombre et en amplitude avec les oscillations reconnues à la surface de la terre. Ils expliquèrent l'erreur dans laquelle Robertson était tombé, par la difficulté que présente l'observation de l'aiguille magnétique au milieu des oscillations continuelles de l'aérostat. Ils constatèrent aussi, contrairement aux assertions de llobertson, que la pile de Volta et les appareils d'électricité statique fonctionnent aussi bien à une grande hauteur dans l'atmosphère, qu'à la surface du sol.

L'électricité qu'ils recueillirent était négative, et sa quantité s'accroissait avec la hauteur.

L'obser>^ation de l'hygromètre leur lit reconnaître que la sécheresse croissait également avec l'élévation.

Enfln Biot et Gay-Lussac firent différentes obsenalions thermomélriques, txv^is çW^*^ w^ ^>\\<iwl \ioinl

ouvelie ascension. i

second voyage, Gay-Lussac confirma et j résultats qu'il avait obtenus avec KoL n-

I ti LES AÉROSTATS.

atteindre ce dernier but, avec Ta^rostat qui a\'ait servi aux premières expériences, un seul observateur devait s'élever. Il fut décidé que Gay-Lussac exécuterait cette nouvelle ascension.

Dans ce étendit les

lativcment à la permanence de Taction magnétipe du globe. 11 prit un assez grand nombre d'observatioai tbermométriques, et essaya de déterminer, i lev aide, la loi de décroissance de température *i«M hi hautes régions de Tair. L'observation de VhjgnaaèltK | n'amena à aucune conclusion satisfaisante. S

Parvenu à la hauteur de 6,500 mètres, Gay-LaflM recueillit de l'air dans ces régions extrêmes, qu'auen homme n'avait encore atteintes avant lui. Il s'était muni d'un grand ballon de verre, fermé par un tMnot de cuivre fixé sur une garniture du môme métal ( ot dans lequel il avait fait le vide. En l'ouvrant àk hauteur maximum où il était parvenu, il rempÛt ee vase de l'air de ces régions.

L'analyse chimique de cet air, faite le lendemain, prouva qu*il avait la môme composition que l'air pris à la surface de la terre.

C'était là un résultat d'une importance fondainsBtaie à cette époque. En effet, bien des personnes aimottaient alors la présence du gaz hydrogène dan les hautes régions de l'air. Les observations de Kot ot Gay-Lussac dissipèrent cette erreur. On savait par les expériences de Bertholet et d'Humphry Dav)', que .l'air, sous toutes les latitudes, et pris à une faible hauteur au-dessus de la mer, présente partout la même composition. De Saussure, dans sa célèbre ascension au mont Blanc, avait rapporté de Tair

qu'il avait analysé, et qui s'était montré parfaitement identique, dans sa composition, avec Tair de la plaine. Mais le mont Blanc n'a que 4,810 mètres. Il importait donc d'analyser de l'air recueilli dans une région plus élevée encore. Un aérostat donnait seul le moyen de pénétrer dans ces régions extrêmes. Tel fut précisément le' résultat scientifique auquel conduisit l'ascension aérostatique de Gay-Lussac. L'air, recueilli par Gay-Lussac à 6,500 mètres de hauteur, fut analysé par lui avec le plus grand soin, dans son laboratoire de l'École polytechnique, par le procédé eudiométrique dont on lui doit l'invention, et cet air présenta, comme il a été dit plus haut, une composition parfaitement la môme que celle de l'air pris à la surface du sol, à Paris. Ce résultat fut donc désormais acquis à la physique du globe.

Après le voyage de Biot et Gay-Lussac, il faut franchir un intervalle de près de cinquante ans pour trouver des ascensions exécutées dans un intérêt purement scientifique. Nous aurons à signaler, à cette date, les belles ascensions faites en vue de l'étude de la constitution physique de l'air en France, par MM. Barrai et Bixio, en 1850; et en Angleterre, par M. Welsh en 1852 et par M. Glaisher en 1864. Nous aurons enfin à citer les expéditions aériennes de MM. Grocé-Spinelli, Sivel et Gaston Tissandier, si fatalement terminées, en 1875, par la mort de deux de ces aéronautes.

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