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CHAPITRE VIII

Autres ascensions aérostatiques de 1785 à 1794. — Le docteur Potain traverse le canal Saint-Georges. — Lunardi. — Harper. — Alban et Vallet. — L'abbé MioUan ; sa déconvenue au Luxembourg.

La mort de ces premiers martj-rs de la science aéi-bstatique n'arrêta pas l'élan de leurs successeurs. Jîh 1785, on vît, suivant l'expression d'un aéronaute qui a écrit le Manuel de son art, Dupuis-Delcourl, « le ciel se couvrir littéralement de ballons». Toutes ces ascensions, qui n'ont plus pour elles l'attrait de la nouveauté et qui ne répondent à aucune intention

tî8 LES AEROSTATS.

scientifique, n'offrent, pour la plupart, qu'un intén*t. Nous nous bornons à les signaler dani ensemble. Cependant, avant de suivre les aér dans une nouvelle période plus sérieuse de leo toire, celle des applications militaires et scientifi nous rappellerons quelques-uns des voyages m qui ont eu, de 1785 à 1794, le plus brillant sua curiosité.

L'ascension du docteur Potaîn mérite d'ètie l ce titre. Le docteur Potain traversa en ballon le Saint-Georges, bras de mer qui sépare l'An^^eta rirlandc. Il avait perfectionné la machine hélicd Blanchard, et s'en senit, dit-on, avec quelque aval

L'Italien Lunardi, que Ton avait déjà vu à Loi Tannée précédente, exécuta, à Edimbourg, difféi ascensions. Harper lit connaître, à Birminghai ballons à gaz hydrogène ; enfin Alban et Yalle! struisirent, à Javelle, près de Paris, un aérosta fut nommé le Comte (F Artois, que Ton voit repri dans la page précédente.

Alban et Vallet étaient directeurs de l'usine d duits chimiques de Javelle. Ils avaient tant d fabriqué et fourni du gaz hydrogène aux aéroni que l'envie leur prit d'effectuer eux-mêmes des a sions. Us construisirent un excellent aérostat p de rames en forme d'ailes de moulin à vent, livrèrent à quelques essais pour se diriger dan: au moyen de cet appareil. Leurs expériences e lieu au mois d'août 1785.

C'est à cette époque que l'abbé Miollan éprouva le jardin du Luxembourg, en compagnie du siei ninet, cet immense déboire qui fut tant chansoni la malignité parisienne.

L*abbf^ Miollan était un bon religieux qui était animé pour le progrès de Taérostation, d'un zèle plus ardent qu'éclairé. Il s'associa à un certain Janinet, pour construire une montgolfière de iOO pieds de haut sur 84 (le large.

Le dimanche, 12 juillet 478o, une foule immense se répandit dans les jardins du Luxembourg ; jamais aucun aéronaute n'avait réuni une telle affluence au spectacle de son ascension. Mais, par suite de la mauvaise construction de la machine, ou par l'effet de manœuvres maladroites, le feu prit au ballon. La populace, furieuse et se croyant jouée, renversa les barrières, mit en pièces le reste de la machine, et battit les pauvres aéronautes. On les accusa d'avoir mis volontairement le feu à la montgolflère, pour se dispenser de partir. On se vengea d'eux par des chansons.

C'est vers cette époque que se répandit, à Paris, la mode des figures aérostatiques. Dans les jardins publics, on vit s'élever, à la grande joie des spectateurs, des aérostats offrant la figure de divers personnages, le Vendangeur aérostatique, une Nymphe^ un Pégase, etc.

Blanchard parcourait tous les coins de la France, donnant le spectacle de ses innombrables ascensions. Après avoir épuisé la curiosité de son pays, il allait porter en Amérique ce genre de spectacle, encore inconnu des populations du Nouveau-Monde. Il s'éleva à Philadelphie, sous les yeux de Franklin.

Son rival Testu-Brissy marcha sur ses traces. Le ballon qu'il construisit était muni de rames, en forme de roue de bateau.

C'est le même Testu-Brîssy qui exécuta plus tard, une ascension équestre. Il s'éleva monté sur un che-

rai qu'aucun lien ne retenait au plateau de la nacelle.

>ans cette curieuse ascension, Testu-Brissy put se

^convaincre que le sang des grands animaux s'extra-

"^ase par leurs artères, et coule par les narines et les

oreilles, à une hauteur à laquelle l'homme n*est nulle-

onent incommodé.

Poitevin a exécuté plusieurs fois ce tour de force à

Paris, en 1850. Seulement, le cheval était attaché au

ifilet par un appareil de suspension, ce qui ôtait tout

. le danger et tout Témouvant intérêt de l'expérience.

"Un cheval de bois eût tout aussi bien fait l'affaire.

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