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LES ÉQUIPAGES DE BALLONS MIUTAIRBS

Nous avons vu de quoi se composait le matériel aérostatique des soldats de Coutelle. On ne pouvait en imaginer de plus rudimentaire, puisque les aérostiers transportaient partout leur ballon gonflé en se suspendant eux-mêmes aux cordes qui le retenaient captif.

A peine avaient-ils, en fait de machines, un petit treuil sur lequel s'enroulaient les deux câbles de suspension , lorsqu'on devait faire une série d'ascensions en un même lieu.

Il y a loin de là, à l'organisation si complète de nos aérostiers d'aujourd'hui, telle que la nouvelle école deChalais nous l'a donnée, et telle que les armées étrangères — à peu près toutes — nous l'ont empruntée.

Les grands parcs destinés à opérer en pays européens, où les voies de communication sont générahment nombreuses et faciles, sont pourvus de ballons de 5 à 600 mètres cubes.

On compte ordinairement que l'hydrogène qui les gonfle peut enlever 1,100 grammes par mètre cube; en prenant ce chiffre pour base, c'estdonc un poids total de 550 à 660 kilogrammes qu'on peut soulever et qui comprend :

Une partie utile : les voyageurs, le lest, etc.,

Et un poids mort : les matières solides qui constituent l'aérostat.

Il est clair qu'on a tout profit à réduire le poids mort le plus possible, pour accroître le poids utile.

Le poids du ballon, de son filet, de la nacelle et de tous les agrès, peut atteindre 250 à 300 kilogrammes. Si l'on y ajoute 140 kilog. pour le poids de deux aéronautes, on voit qu'il reste un excès de force ascensionnelle disponible de 160 à 220 kilog., suivant la capacité de l'aérostat et son mode de construction.

Ce poids représente la quantité de lest qui suffit à l'équilibrer au départ. Si l'on veut s'élever, il faut jeter du lest, si peu que ce soit; mais on doit remarquer que, pour un ballon captif qui soulève peu à

peu son câble de retenue, le poids de ce câble vient graduellement réduire la rupture d'équilibre; c'est pour ainsi dire du lest qui s'ajouteau poids total, àmesure que Ton s'élève, ce qui limite fo-rcément la hauteur d'ascension, lorsque le ballon n'a pas, dès le début, une force ascensionnelle suffisante, ou du lest en quantité équivalente au poids du câble à soulever.

Du reste, ce câble n'est ni gros, ni lourd ; il ne pèse pjEisplus de 230 grammes le mètre courant, ce qui donne une surcharge de 11 â 12 kilog. pour la longueur de 500 mètres généralement admise.

On pourrait alléger encore ce cordage en le confectionnant en matériaux plus résistants que le chanvre : en soie, par exemple, — ce n'est qu'une question de prix. Dans ce cas, on pourrait certainement atteindre facilement l'altitude de 1,000 à 1,200 mètres, ce qui, comme observatoire, battrait la tour Eiffel... de plusieurs hauteurs.

Mais je me suis laissé entraîner à vous parler du câble avant d'avoir décrit le ballon, sans songer que, pour suivre un fil conducteur, il faut le prendre à l'une de ses extrémités.

Voyons donc en quoi consiste un ballon captif militaire.

L'enveloppe, tout d'abord, est en soie ponghée de Chine, étoffe très souple et à grains serrés. Non pas que l'on ne puisse trouver des soieries françaises qui remplissent les conditions d'homogénéité et de résistance. Le taffetas lyonnais, notamment, serait meilleur même que le ponghée ; mais... il coûte trop cher.

La forme adoptée pour le ballon gonflé est la sphère. C'est en effet, géométriquement, celle qui, à surface égale, renferme le plus grand volume de gaz : c'est donc la plus avantageuse, puisqu'elle exige le moins d'étoffe.

Guyton de Morveau avait bien songé, il est vrai, à prendre une forme allongée, qui, s'orientant dans le vent, lui opposerait une résistance moins grande ; mais les expériences faites par Coutelle ne furent pas favorables à cette façon d'ellipsoïde qui fut immédiatement abandonnée.

Beaucoup de constructeurs terminent le ballon, vers la partie inférieure, en forme de poire, sans doute par amour des transitions. L'atelier de Chalais, au contraire, préfère prendre une sphère complète, et y rapporter, au moyen d'un cercle de jonction, une manche dTappendice cylindrique en même étoffe que l'enveloppe.

Cette manche^ en dehors de son emploi pour le gonflement^ n'est pas inutile, comme nous le verrons tout à l'heure, à maintenir la pression intérieure du gaz et la forme du ballon.

Celui-ci est percé, en son zénith, d'un trou que ferme une soupape

destinée à évacuer du gaz suivant les besoins de l'ascension ou la volonté du pilote. Pour permettre de la manœuvrer, une cordelette fixée aux volets passe à travers le ballon et l'appendice, et vient jusque dans la nacelle, sous la main de Taéronaute.

Dans la manœuvre, celui-ci est forcé de se suspendre^ pour ainsi dire, à cette corde ; il n'est pas possible, on le comprend, d'évaluer le degré d'ouverture des volets, ni, par suite^ la quantité de gaz qui s'écoule à chaque coup de soupape. Il est très difficile, enfin, d'assurer la parfaite étanchéité de ces soupapes : cela est si vraî qu'on en était arrivé autrefois à luter le joint, au départ, au moyen d'un cataplasme de farine de graine de lin (tel est le nom caractéristique qu'il lui faut conserver).

C'est à cette circonstance qu'a été dû l'accident survenu au grand aérostat VUnivers^ et dont nous avons parlé. Malgré les améliorations qu'on lui a fait subir, cette soupape a été avantageusement remplacée, en France, par celle du commandant Renard, qui est caractérisée par les deux faits suivants :

1** Pour les coups de soupape servant à des majiœuvres momentanées, ouverture graduée et connue ;

2" Pour Vatterrissage et le dégonflement, déclanchement complet, rapide et sûr, après lequel le pilote n'a plus à s'occuper de la soupape, ce qui lui laisse toute liberté pour les autres manœuvres (1), . La soupape est, du reste, un appareil d'ascension libre ; lorsqu'on se trouve isolé dans l'espace, il faut bien avoir le moyen de descendre au moment voulu : les nombreux aéronautes qu'un vent impérieux entraîne vers la mer, en savent quelque chose. Un coup de soupape suffit à déter»iner la descente et à sauver leur vie.

Mais, dans les ascensions captives, le cas est bien différent. Pour descendre, on se donne garde d'épuiser son gaz en coups de soupape inutiles. Un signal! et l'équipe d'aérostiers vous ramène lestement à force de bras ou à toute vapeur.

Si donc on munit les aérostats captifs d'une soupape, c'est uniquement pour parer à une rupture de câble qui donnerait tout à coup la clef des airs au timide prisonnier bondissant alors de nue en nue.

Quelque improbable que soit ce cas, du reste, il faut avouer qu'il s'est présenté, ce qui suffit à montrer que la précaution est bonne. Toutefois elle est encore insuffisante quand le voyageur, qui se trouve ainsi emporté dans la nacelle à travers les airs, n'a aucune notion

(1) Espitallier, Les Ballons et levr emploi à la Guerre. — Masfion.

de la manœuvre d'une ascension libre, et c'est encore ce qui est arrivé.

Un ballon s'élevait un jour^ déroulant son câble et emportant dans sa nacelle un seul officier — sa force ascensionnelle se trouvant trop affaiblie pour lui permettre d'enlever deux passagers.

Cet officier voulait se familiariser avec l'ascension captive et s'habituer à observer à grande hauteur — ce qui n'est pas aussi simple qu'on peut le croire ; maïs il était absolument étranger aux choses d'aérostatique et connaissait mal le matériel. Or on venait de remplacer une boucle de jonction en cordage par une pièce dont l'épissure avait été faite à la hâte ; en sorte qu'au premier à-coup un peu brusque, celte . épissure venant à céder, le ballon se trouva tout à coup libre et prit son vol.

Il était à peine à 10 mètres du sol , et l'officier d'aérostiers resté à terre et au pied duquel le câble s'abattait brusquement , cria vivement à son camarade :

— Vite, un coup de soupape !

L'autre regarde autour de lui ; il ne sait pas comment on manœuvre la soupape ; mais il aperçoit une corde, la saisit et tire : c'était celle qui déclanchait irrémissiblement la soupape.

Or le ballon, dégagé du poids de son câble, avait une grande force ascensionnelle : tandis que son gaz s'échappait à tlot, il montait toujours, en sorte qu'il ne trouva son équilibre et ne s'arrêta qu'après de 1,000 mètres de hauteur.

A ce moment, la situation était effrayante : se trouver à cette altitude, avec un trou béant percé au sommet du ballon par où s'enfuient le gaz et la force de sustentation I La chute qui commence irrémédiable et s'accélérant de mètre en mètre 1

11 y avait de quoi se broyer en arrivant au sol ; mais il y a des dieux pour les imprudents. L'enveloppe, en partie dégonflée, s'était creusée en parachute, ralentissant ainsi sensiblement la descente. Avec le plus grand sang-froid, l'aéronaute improvisé se suspendit aux cordages de la suspension ; la nacelle amortit le premier choc ;

Le ballon prit son vol.

Tofficier, légèrement étourdi et contusionné, put enfin se relever et constater en se tâtant qu'il n'avait pas payé trop cher son petit voyage aux astres.

Tout cela n'avait pas duré longtemps^ et le ballon s*était abattu à quelques kilomètres seulement de son point de départ. Les aérostiers éperdus couraient après le fugitif ; mais quand ils arrivèrent, croyant n'avoir à relever qu'un cadavre, ils furent joyeusement étonnés de trouver le voyageur vivant, présidant à l'opération du dégonflement avec le plus grand flegme, commandant aux paysans accourus, et faisant charger tous les agrès, dûment repliés, sur une charrette qu'il avait immédiatement réclamée.

Pour un aéronaute improvisé, ce n'était vraiment pas trop mal.

Une aventure du même genre est arrivée à Adrien Duté-Poitevin, l'habile aéronaute que Ton connaît, au cours d^une série d'ascensions captives qu'il donnait à Marseille, enlevant avec lui les amateurs d'émotions.

Le matériel était loin d'être en parfait état. Le câble s'enroulait sur un treuil sans frein, et ceux qui menaient la manœuvre à terre laissèrent le ballon s'emballer à la montée, en sorte que le câble se déroula en entier avant qu'on eût pu enrayer la vitesse, et son extrémité échappa brusquement.

Dulé-Poitevin était dans la nacelle avec deux aimables Provençaux devisant gaîment, lorsque tous les trois s'aperçurent de l'accident. Le ballon, avec une force énorme, montait, montait toujours, et le vent l'en traînait rapidement vers la pleine mer.

Changement de décor.

Les Mairseillais ne rient plus ; puis, jugeant la situation d'un seul coup, ils se jettent tous les deux au cou de l'aéronaute, l'étreignent, l'enserrent , paralysant ses mouvements , l'étourdissant de leurs plaintes et de leurs cris.

— Ah ! pauvres de noys ! Poitevin! Mon petit! sauve-nous ; nous sommes pères de famille ! Vite, vite, rentrons à Marseille !

Le malheureux aéronaute se débattait :

— Laissez-moi donc, criait-il ; comment voulez-vous que je vous sauve, si vous m'étoufl'ez !.... Restez tranquilles, ou je nerépondsde rien...

Ils se laissèrent tomber alors dans le fond de la nacelle, gémissant, fous de terreur, pendant que Poitevin saisissait la corde de soupape. Le ballon s'arrêta dans sa course et commença à descendre lentement ; la soupape s'était refermée : il n'y avait pas à craindre de

faire une chute trop rapide ; mais malheureusement la descente se faisait en mer. ^

Toul ce qu'on pouvait espérer, c'était d'être aperçu d'un des nombreux navires qui entraient au port ou en sortaient.

Un vapeur s'approchait rapidement, en effet, et mettait une embarcation à la mer au moment où la nacelle, plongeantdans l'eau, faisait prendre un bain forcé aux trois compagnons ; juste le temps d'ajouter ce complément à l'aventure, et ils avaient changé de véhicule...

Je voudrais bien entendre ces amis de Tartarin raconter eux-m^^mes les incidents de leur voyage aérien.

Mais revenons à noire ballon, car, en vérité, nous n'avons poini fini de le décrire, et nous nous laisserions entraîner trop loin sur les ailes de Tanecdole.

La partie inférieure de Tenveloppe est ouverte, pour permettre 1 introduction du gaz.

On ne saurait, du reste, la ft^rmer

d'une manière compltfe; le ga/ se dilate, en effet, à mesure qu'on s'élève, et ferait infailliblement éclater le ballon — comme il est arrivé au premier essai rlti physicien Charles, — si Ton ne lui laissait pas libre issue. Cela n'a pas d'inconvénient , du reste , pour les aérostats libres qui suivent l'atmosphère dans tous ses mouvements.

Il n'en est pas absolument de même pour un ballon captif qui doit s ibir les coups de vent et les

.,: Ti^if4f.

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Les Marseillais se jettent au coi de laéronaute.

LES AÉROSTIERS MIUTAIRES.

rafales. Le gaz qui le gonfle, sous ces compressions anormales et subites, est refoulé par la manche, et on aurait à subir, de ce chef, des pertes de gaz assez considérables. D*autre part, l'orifice béant serait une porte toute ouverte, permettant àTair de rentrer aussitôt que le vent tombe et que toute pression anormale disparaît.

La plupart des aéronaules évitent ces divers inconvénients en munissant l'appendice d'un clapet de retenue ne s'ouvrant que lorsque la pression intérieure est trop grande et dépasse la limite indiquée par le poids d'une tranche d'eau de 2 centim. sur la soupape.

Le commandant Renard remplace cet appareil toujours délicat par un simple allongement de la manche d'appendice. Cet allongement a pour premier résultat d'augmenter la pression intérieure du gaz. En second lieu, la manche fait absolument l'office d'un clapet, s'aplatissant quand la pression de l'air extérieur est en excès, s'ouvrant et laissant sortir le gaz, quand sa tension est au contraire la plus grande.

L'enveloppe ainsi constituée, on doit la revêtir d'un enduit imperméable.

Nous ne nous étendrons pas longuement sur le vernis communément employé et qui est à base d'huile de lin.

Le commandant Renard, après ses premiers travaux faits en collaboration avec le colonel Delambre, a reconstitué le vernis des premiers aérostiers, et les ballons des équipages militaires français peuvent, comme jadis leurs devanciers de l'armée du Rhin, rester très longtemps gonflés, sans que les pertes de gaz qu'ils subissent puissent être attribuées à la diff'usion.

Malheureusement, ces pertes tiennent à des causes multiples que Ton ne peut pas supprimer, et aux manœuvres elles-mêmes.

L'enveloppe est alors complètement prête ; il faut la recouvrir d'un lilet qui sert d'intermédiaire à la suspension de la nacelle. Les mailles de ce filet vont en s'élargissant du pôle à l'équateur ; puis le filet s'écarte du ballon et forme un tronc de cône dont la petite base s'appuie sur un cercle auquel s'attachent toutes les cordes ou stispentes qui terminent le réseau de pattes d'oie.

La nacelle elle-même, modeste panier d'osier, léger mais solide, se relie au cercle de filet au moyen de lasuspefision.

Cette suspension est la partie délicate du problème.

La suspension proprement dite, c'est-à-dire Tensemble des cordages qui relient la nacelle au cercle du filet, diflère suivant qu'on arrime pour ascension captive ou libre ; dans les deux cas, le com-

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mandant Renard a adopté pour la partie de la suspension qui retient directement la nacelle, le système triangulaire dont Dupuy de Lôme a montré le premier tousles avantages ; ce système permet d'éviter les déformations qui auraient pour résultat de reporter le poids de la nacelle sur un petit nombre de cordages susceptibles de se rompre sous Feffort.

Lorsqu'on veut établir la suspension d*un ballon captif, on se heurte à la difficulté d'attacher le câble de retenue sans nuire à la stabilité de la nacelle.

Sous l'effort du vent, en effet, tout l'ensemble du ballon et de son câble se met dans une direction inclinée ; de telle sorte que, si l'on attachait directement le c&ble à la nacelle, celle-ci participerait & cette inclinaison et mettraitses passagers en fâcheuse et désagréable position.

Henri Giffard, dans son grand ballon de l'Exposition de 1878, avait adopté une ingénieuse disposition, qui consiste à donner à la nacelle une forme annulaire : le câble passe à l'intérieur et vient s'attacher au nœud central de la suspension elle-même.

Ce procédé n'est évidemment applicable qu'aux ballons de très grandes dimensions, et serait impraticable avec nos petits paniers, où deux passagers trouvent bien juste leur place.

La suspension de 1794 comportait deux câbles attachés par de larges pattes d'oie à la région équatoriale du filet. Deux escouades tenaient chacune l'extrémité d'un de ces câbles, et la nacelle se trouvait ainsi librement suspendue. Mais les différences inévitables de traction sur les deux brins amenaient forcément des secousses désagréables du ballon et de^la nacelle.

On'adopte aujourd'hui un autre système.

Pour les ballons de petites dimensions, on introduit, sur le trajet de la suspension, un cadre qui a généralement la forme d'un trapèze, au milieu duquel la nacelle est elle-même suspendue et peut se balancer librement. Dans les parcs français, des précautions toutes spéciales sont prises pour assurer, par une bonne disposition de la liaison du trapèze et du filet, la complète stabilité de la nacelle, en s'opposant à sa rotation (1).

Cette suspension est une des plus ingénieuses inventions du commandant Renard ; grâce â elle, la nacelle, une fois qu'elle s'est orientée dans le vent, reste immobile et permet aux aéronautes d'observer tout à Taise.

(1) LesBalUmêÇyLtann).

ff

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Lorsqu'au contraire la suspension est rattachée à un seul point nodal, comme dans le grand captif de GifTard, la nacelle tourne constamment dans un sens ou dans Tautre, et il est très difficile aux observateurs, préoccupés de retrouver leurs points de repère, de remplir leur lâche, et de prendre le croquis d'un paysage qui valse constamment autour d'eux.

Le treuil du parc léger italien.

De la région équatoriale du filet, tombent une vingtaine de cordelettes, qu'on nomme les cordes équatoriales. C'est par là que les aérostiers maintiennent et manœuvrent le ballon. Hais le grand progrès réalisé dans les équipages actuels pour les marches et ies ascensions à grande hauteur, consiste à avoir imaginé un chariot auquel on peut attacher le câble de retenue du ballon, et qui permet «de le dérouler ou de l'enrouler à volonté.

C'est la voititre- treuil.

Le c&ble, avant de s'engager dans le mécanisme, passe par une poulie à mouvement universel qui le suit en s'inclinant dans les -divers mouvements que le ballon lui imprime; de là le câble paisse dans la gorge des poulies de touage, oii le frottement suffit à le

LES àÉROSTISRS MILITAIRES.

retenir. Enfin le brin libre va s*enrouler sans tension sur un tambour qui sert exclusivement de magasin.

Pour donner le mouvement à cet appa,reil, on a recours à la vapeur, pour les gros ballons tout au moins.

Une chaudière verticale est montée à l'arrière de la voilure. Celle de réquipage français est de l'invention du capitaine Krebs ; elle est remarquable de légèreté et de rusticité à la fois.

Cette chaudière fournit la vapeur à une petite machine à deux cylindres pouvant développer cinq à six chevaux.

Le treuil est muni en outre d'un frein automatique empêchant la vitesse de déroulement de dépasser une limite raisonnable. Un autre frein est toujours à la disposition du mécanicien.

Lorsqu'on doit opérer dans un pays où les voies de communication laissent à désirer, on allège autant que possible le matériel ; on peut alors, surtout si l'on se contente d'un ballon de faible capacité — 230 à 300 m. cubes — avoir recours à un simple treuil à bras analogue à celui que M. G. Yon a construit pour les Italiens opérant en Abyssinie, et au modèle qu'un autre constructeur, M. Lachambre, a établi pour diverses puissances.

En outre delà voilure-treuil, un équipage aérostatique complet comprend une voiture pour l'arrimage des ballons dégonflés, nacelles et agrès de toute sorte, et une voiture générateur d'hydrogène.

Nous allons voir en quoi consiste la fabrication de ce gaz.

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