LE 22 SEPTEMBRE
Nous appelons spécialement l'attention de Inos lecteurs sur la correspondance qu'on va lire et qui donne les plus curieux renseignements sur les derniers événements d'Haïti»:
Voici exactement ce qui s'est passé à Port-au-Prince, le 22 Septembre dernier :
Trois bandes d'émeutiers ont tenté un mouvement insurrectionnel en faveur des insurgés de Miraçoâne et de Jacmel, Un certain nombre d'entre eux se ruèrent sur la maison du gouverneur militaire de Port-au-Prince^ le général Pénor Benjamin^ et le massacrèrent. Une autre bande prenait possession de plusieurs maisons du quai tandis qu'une troisième occupait di. verses maisons de la principale rue de la ville tirait sur les femmes et les enfanis et assassinait tous les amis du gouvernement qui se rendaient à leurs postes respectifs.
Le général Brénor Prophète secrétaire d'Etat de la Guerre assisté de ses principaux lieutenants fit attaquer de toutes parts les émeutiers dont on eut raison après une demi-heure de combat.
Pour se ménager une retraite les brigands mirent le feu aux plus beaux quartiers de la ville.
Les assassinats commis de sang-froid et sans provocation, exaspérèrent la population dont le général Benjamin était très aimé.
Voici le plus important passage de la proclamation du président d'Haïti publiée à l'occasion de ces événements:
(T) REPUBLIQUE RADICALE du 27 Octobre 1883,
«Haïtiens
««Le gouvernement après des prodiges de modération et de patience, jure de purger le pays de tous ces incorrigibles qui ont résolu^ coûte que coûte^ l'anéantissement de la patrie en y arborant l'étendard du brigandage.
«Toutes les mesures sont prises pour assurer la sécurité des familles».
Les insurgés haïtiens n'ont pris les armes que pour empêcher le gouvernement de distribuer les terres de l'Etat aux paysans.
Le patriotisme des soi-disant libéraux, qui sont en ce moment cernés à Jacmel à Miragoâne et à Jérémie^ et celui des prétendus républicains qui ont incendié Port-au-Prince est tel que leurs partisans à l'étranger sollicitent une intervention anglaise dans les affaires intérieures de leur pays.
Les correspondances qu'ils n'osent signer, adressées par eux aux journaux européens ne prouvent que mieux le peu de sincérité qu'ils apportent dans la discussion des affaires haïtiennes et le peu d'amour qu'ils ont pour leur patrie.