‹ Les affaires d'HaitiChapitre 17 sur 48 · UN FORCEUR DE BLOCUS · texte numérisé non relu

UN FORCEUR DE BLOCUS

L'incident de l'Alps n'a pas eu pour théâtre la rade de Portau-Prince, mais bien celle de Jérémie^ et Jérémie est située à la pointe Sud'Ouest d'Haïti^ à 52 lieues de la capitale. Le président d'Haïti n'y est pour rien. Le port de Jérémie avait été déclaré en état de blocus par un arrêté présidentiel pris en conseil des ministres et publié dans le courant du mois de Juillet. Le blocus avait été régulièrement dénoncé aux agents diplomatiques accrédités à Port-au-Prince. De plus, ce port a été fermé au commerce étranger par une loi qu'a votée l'Assem blée nationale dans sa séance du 6 Août 1883. «L'Alps»^ navire marchand sortant de Port-au-Prince, ne pouvait ignorer cet état de choses, et il violait par trois fois les règles du droit international en entrant dans la rade de Jérémie^ et en forçant deux fois le blocus.

D'ailleurs, on ne doit pas ajouter foi aux nouvelles d'Haïti^ qui arrivent en Europe par la voie de la Jamaïque. La rédaction des dépêches expédiées de cette île anglaise aux Etat"^- Unis suffirait pour établir le peu de véracité. Ainsi un passage de la dernière dépêche publiée par le «New. York Herald» est ainsi conçu:

«A trois milles du port de Jérémie^ le consul britannique qui se trouvait en mer sous pavillon américain^ dans la crainte que sa chaloupe ne fût prise pour celle de «l'Alps»^ monta sur le steamer, et au moment où il mettait le pied à bord^ le fort

(1) «INTRANSIGEANT^, <<NATIONAL^ et «RAPPEL,> du 20 Octobre. Voir otissi dans la «BATAILLE^ des 20 et 23 Octobre les articles de M. A. Crié.

lança une autre bombe. Celle-ci n'arriva pas jusqu'au navire, mais sur le pont on ramassa des éclats du projectile.»

L'enquête dont est chargé le navire de guerre anglais Did*» ne relèvera aucun fait, à la charge du gouvernement haïtien, qui puisse nécessiter une intervention de l'Angleterre dans les affaires ultérieures de la République haïtienne (1).

(1) Quelques jounuilistes charitables, stylés par les antiimtionaux Haïtiens, souhaitaient, dans leurs articles, de voir l'Angleterre donner à Haïti une bonne leçon, (Voir le XIXème Siècle du 19 Octobre). Il est peu honorable de donner des leçons aux petites nations lorsque le droit est de leur côté.

*A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.^

Le temps approche où les prétendues grandes nntions qui aiment donner de bonnes leçons aux petites en recevront à leur tour. Que dire de ces Haïtiens qui demaiidaient que V Angleterre intervint dans les affaires de leur pays?

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