‹ Les affaires d'HaitiChapitre 21 sur 48 · CIRCULAIRE DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE DIPLOMATIQUE

Nous lisons dans le Moniteur haïtien du 6 Octobre la cir culaire suivante^ qui donne un compte rendu détaillé des événements dont la ville de Port-au-Prince a été le théâtre dans les journées des 22 et 23 Septembre derniers :

Cette circulaire, datée de Port-au-Princé le 28 Septembre 1883 et adressée par M. Salomon président d'Haïti au corps diplomatique et consulaire^ s'exprime ainsi ;

«Je viens vous renouveler, par cette présente^ les déclarations que je vous ai faites et les assurances que je vous ai données dans votre réunion au palais^ lundi dernier^ 24 courant.

«Le Port-au-Prince était préoccupé^ mais était calme, quand ^ le samedi 22 Septembre^ à dix heures du matin ^ des individus armés se ruèrent sur le commandant de l'arrondissement, retendirent raide mort dans son hôtel, y mirent le feu et, se divisant en trois bandes, se portèrent sur d'autres quartiers de ia ville oii ils tuèrent, entre autres persomies, un officier de l'étatmajor général et plusieurs hommes du gouvernement, qui étaient accourus pour combattre le mouvement qui venait d'éclater. C'est là le point de départ de tout ce qui s'est passé de triste et de déplorable dans les journées de samedi et de dimanche pendant lesquelles l'autorité a été impuissante à réprimer les désordres et les excès.

«C'est ainsi que payant de ma personne, le dimanche, dans la matinée l'on me coucha en joue au moment où j'ordonnais l'arrestation d'un pillard du magasin de M. Carré. Sur d'autres

(li LE RAPPEL du 30 Octobre 1883.

points encore ma vie se trouva exposée; mais telle était ma volonté de voir l'ordre se rétablir le plus vHe possible, que je dornai mon consentement au débarqueinent des soldats des bâtiments de guerre étrangers en ce moment sur rade afin d'avoir leur concours.

«Les responsables des malheurs arrivés au pays sont ceux qui ont attaqué le gouvernement légal^ le 22 Septembre et ceux qui^ à Miragoâne, à Jacmel et à Jérémie troublent cette paix et cette tranquillité de trois années que j'avais données au pays. Aujourd'hui l'ordre est rétabli et je le maintiendrai pour l'honneur de mon gouvernement pour la sécurité et la garantie de tous et^ notamment, des étrangers qui ont quitte patrie et famille pour venir s'établir paimi nous.

«Les ennemis de mon gouvernement font courir toutes sortes de bruits dans le but de le discréditer. C'est ainsi qu'ils me prêtent l'intention de faire massacrer une partie des citoyens, et que^ poussant l'infamie jusqu'à l'absurde, ils vont jusqu'à dire que je veux faire assassiner les blancs. Cependant, ce sont ces mêmes ennemis qui, dans leurs pamphlets d'abord, et lors de leurs tentatives contre mon gouvernement, en 1880 et 1881. à Saint-Marc, m'ont présenté au pays comme indigne de sa confiance, atteondu qvie j'avais épousé une blanche^ et qu'en conséquence j'aUais vendre le pays aux blancs. Faut-il que je le répète? c'est de l'étranger que nous vient la lumière, et c'est en marchant sur ses traces qu'Haïti pourra avancer et pro. gresscr.

•Quant à mon dessein de faire disparaître une partie de mes ccmcitoyens, ma conduite depuis que je suis au pouvoir et l'anmistie que j'ai signée hier protestent contre cette monstrueuse calomnie. Les efforts que J'ai constamment faits pour

épargner à mon pays les horreurs d'une guerre civile se trouvent dans tous mes actes sont attestés par mes discours prononcés dans différentes audiences notamment dans celui du 25 Février 1883 et reproduit par le Moniteur dont je vous remets sous ce pli des exemplaires.

«Aussi est-ce sous l'empire d'une triste et patriotique préoc cupation que j'entends dire qu'un débarquement sera fait sur cette capitale. Au Port-au-Prince se trouvent concentrés les plus grands intérêts étrangers qu'il s'agît de protéger au prix: des plus grands efforts.

«Attaqué, le gouvernement se défendra et^ pourtant son plus grand désir serait de ne pas voir la capitale exposée aux malheurs d'ime lutte sanglante.

«Sur ce point j'appelle toute votre attention et toute votre sollicitude^ Messieurs; à part la question d'intérêt^ il y a aussi une question d'humanité!

«Mon gouvernement espère donc, Messieurs^ que vous lui prêterez votre concours pour le maintien de la paix et de la sécurité des familles dans cette capitale (1).

(IJ LE RAPPEL du 30 Octobre contient aussi la note qu'on vient de lire à la page 80 et sous ce titre : L'Amnistie de Se'ptemhre.

La circulaire et la note furent reproduites dans le numéro du .^Cour. rier IntemaHonal^ des 1 . 8 Novembre .1883, sous la rubrique : N'Ouvelles d'Haïti.-:^-;- - .. ... .,- ;.,:.'■ ,^ ''■' ■.■■-:'''

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