LA VERITE SUR LES AFFAIRES D'HAÏTI
20 Avril 1883.
n y a quelques jours des télégrammes datés de New- York annonçaient qu'une révolte venait d'éclater en Haïti contre le gouvernement constitutionnel du général Salomon (1).
D'autres télégranunes datés de Washington — mais fabriqués à Paris^ — ont porté à la connaissance du public la nouvelle de la défaite des troupes que lei gouvernement avait envoyées contre les mutins (2).
La petite ville de Miragoàne qui^ seule^ est aux nuiins des insurgés n'est pas plus grande que le jardin du Luxembourg : or d'après un avis officiel reçu d'Haïti par la voie de la Jamaïque et publié par la légation haïtieime de Paris, elle était
(1) Ces télégrammes en dates des 11^ 12^ 13 airril furent insérés sur plusieurs journaux de Paris, notamment sur la LIBERTE du 13 Avril, le RAPPEL du 14 Avnl, la LIBERTE du 14 Avril le RAPPEL du 15 Avril, la LIBERTE du 15 Avril, le RAPPEL du 16 AvnL
(ij Le RAPPEL du 15 Avril.
étroitement cernée dès les premiers moments de sa rébellion (1).
L.e succès des troupes du gouvernement ne saurait être douteux.
On a aussi essayé de faire croire que le général Salomon. président d'Haïti était l'élu d'une fraction de la nation haï^ tienne et qu'il était cruel (2). Double erreur! M. Salomon a été porté à la première magistrature à la presque unanimité des votes librement exprimés du Parlement de son pays; de tous ceux qui ont occupé le pouvoir en Haïti. — depuis 1804, — il est certainement un des plus cléments^ un des plus probes, lui des plus patriotes un des mieux intentioimés un des plus populaires et incontestablement le plus instruit et par conséquent le plus capable de faire le bien et de conjurer le mal.
La démocratie haïtiemie si honnête et si pleine de bon sens toute la masse de la bourgeoisie intelligente et sérieuse qui a des intérêts matériels à sauvegarder^ la Chambre des représentants et le Sénat de la république antiléenne ont pleine con fiance en lui; et si — par impossible — il venait à descendre du pouvoir même par un effet de sa propre volonté, avant l'expiration de son septennat constitutionnel^ on peut demeurer persuadé qu'aucun autre ne saurait occuper le fauteuil prési-
(1) Le RAPPEL du 16 Avril
(2) La LIBERTE du 14 Avril, On y lit : «Cii assure que les insurges qui se sont emparés de Miragoâne sont des mulâtres qui se sont révoltés contre le gouvernement nègre du président Salomon, à la suite des cruautés commises par ce dernier."
Ce télégramme a été certainement rédigé par un Haitien,
dentiel ni plus dignement ni plus longtemps que lui. - Le peuple liaitien sait cela, et voilà pourquoi son concours moral et son dévouement effectif le plus absolu sont entièrement acquis au seul gouvernement qui donne et peut maintenir une paix durable, la quiétude, la stabilité, le travail et par conséquent la richesse dans la grande république noire de 1» mer des Antilles.
Quant aux Haïtiens indignes de ce nom qui salissent à Paris l'homieiu- de leur patrie, — aidés en cela par quelques coupejarrets de la finance, — ils en seront pour la ruine de leurs espérances, aussi inavouables qu'insensées et coupables et leur conduite, aussi ininiîelHgente qu'elle est antipatriotique sera énergiquement flétrie par la nation haïtienne tout entière qui n'aime point les traitres et qui méprise les renégats.
F.t il» signe
Dr. Louis Joseph Janvier (d-Haïti) (1)
(1) In PAPILLON du 29 avril. Mes articles étaient signés de mon nom, en toutes lettres. Dans ce livre, et seulement pour ne pas trop la répé ter, je ne maintiens ma signature qu'au has des articles dont la phrase finale est construite de -façon telle que la signature, en en faisant pour ainsi dire partie intégrante, ne peut être supprimée sans qu^il n'y ait, eu quelque sorte, faute de logique.