‹ Les affaires d'HaitiChapitre 48 sur 48 · VOIR A LA PAGE · texte numérisé non relu

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Dans un pays démocratique tous les citoyens ne doivent être instruits que parce qu'il faut que chacun prenne sa part de responsabilité au gouvernement soit directement, soit indirectement. En Haïti où. le gouvernement est une délégation de la souveraineté des citoyens, ceux-ci peuvent présenter des plans au gouvernement qui les acceptera ou les rejettera selon que ces plans seront jugés bons ou mauvais.

Dès l'instant que le Parlement a parlé le citoyen s'efface; il est à jamais couvert par une manifestation de la volonté nationale*

Seulement, pour ne pas être accusé de modestie hypocrite^ — vertu négative d'ailleurs, — ou de couardise civique^ je dois revendiquer ma part dans la paternité indirecte de la loi du 28 Février 1883. Je le fais parce que je n'ai peur d'aucune responsabilité si pesante qu'elle soit, si grave qu'elle puisse devenir.

Si cela était nécessaire et possible, s'il n'y avait que danger^ j'accepterais seul la responsabilité de la mesure pour en laisser tout l'homieur au gouvernement qui proposa la loi, au Parlement qui la vota. J'ai peu de souci de la gloire, de la richesse de la popularité et des honneurs^ étant républicain démocrate dans toute la force de ces deux mots.

L'économie de la loi agraire de Février se trouvait^ en^ effet, dans mon ouvrage intitulé: La République d'Haïti et ses visiteurs. Dans leurs conversations et dans plusieiu-s de leurs écrits de l'année dernière, les adversaires du gouvernement haïtien ne se sont pas fait faute de me reprocher cette loi^

absolument comme si j'en étais tout seul l'auteur. (Voir notaimnent le Paris du mois de Septembre et la Vérité du 23 Novembre).

Bs ignoraient probablement ou feignaient d'ignorer que dans sa brochure: Une Défense, qu'il ferait bien de rééditer, pour rendre service à la génération actuelle, et par ricochet, au pays futur, M. Salomon avait reproché au gouvernement de Geffrard de distribuer des terres aux immigrants que celui-ci faisait venir des Etats-Unis et de refuser de donner ces terres aux vétérans de l'armée haïtienne Tout son mérite — il y a à réclamer chose si juste et si simple — ça été de demander qu'on fit pour les citoyens ordinaires —et j'ai expliqué pourquoi — ce que Pétion et Salomon avaient voulu qu'on fit pour les soldats ayant vieilli au service de la Patrie.

J'ajoute que si la loi est bifâti comprise, bien exécutée elle donnera certainement la paix, la sécurité, la stabilité, la richesse au pays.

«Commander au sol fait la force de l'homme et celle de l'Etat. La grandeur romaine eut son assiette inébranlable dans le "«iroit absolu et immédiat du citoyen sur la terre et dans l'unité compacte de la forte exclusive classe des laboureurs.» (Mommsen. Histoire romaine. Traduction Alexandre^ 1869, Tome 1, page 281).

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