‹ Les affaires d'HaitiChapitre 47 sur 48 · OULTRE PLUS · texte numérisé non relu

OULTRE PLUS

Depuis plus d'un an je vis ce livre. Je l'ai porté partout comme une obsession. Il emplissait mon cerveau le faisait palpiter^ craquer et vibrer toujours. H est né. Je m'en sépare avec plaisir. Je l'ai conçu dans les douleurs, dans les angoisses, alors que la patrie! semblait agoniser. Je l'ai écrit sitôt que j'ai pu parler^ afin que tous pussent m'entendre, le lire.

O mon livre, porte la paix dans tes pages. Que de bien tu peux faire si l'on veut t'écouterî

Que le meilleur de mon sang et de mes nerfs que la fleur de mon coeur ne soit pas perdue!

Jusqu'au jour de la grande paix définitive, tu resteras ton jours actuel-

Par toij mon livre^ j'ai dit à ma patrie de douces et conso* lantes vérités. Je lui en ai dit aussi de dures. J'en avais le droit : durant la tempête, je ne fus pas égoïste; j'osai parler malgré les menaces et les dangers.

Si, par malheur, il arrivait de nouvelles catastrophes ce que nous ne souhaitons point^ — tous ceux qui ont des yeux verraient alors que nous avons su prévoir^ avertir.

En tous cas, qu'il sorte de toi grand bien, ou que de toi il ne sorte rien je puis soutenir devant quiconque qu'en t'écrivant je n'ai fait que remplir mon devoir.

Ce devoir m'était impérieusement dicté par la Patrie dont la sainte image emplit chaque nuit mes rêves.

O Patria setnapiterniun vive!

Vivez toujours pour l'honneur de la race noire, pour sa consolation, son espérance et sa gloire.

Lausanne, 22 Septembre 1884.

Page 1