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LE PARLEMENT HAÏTIEN

«Le Dr. Louis Joseph Ja;îvicr (d'Haïti) nous communique les nouvelles suivantes qu'il vient de recevoir de son pays par le dernier bateau arrivé des Antilles (1) :»

L'Armée du gouvernement opérant devant Miragoâne occupe toutes les hauteurs et tous les forts qui dominent la Basse - Ville dernière retraite des révoltés. Cernés de tous côtés, n'ayant point de vivres point de munitions et aucun moyen de fuite, leur position n'est plus tenable.

La ville et la commune des Abricots sont au pouvoir fe troupes depuis le 24 Juin. Le 27 Juin elles ont occupé le fort Marfranc. La ville de Jérémie se trouve resserrée au point de ne pouvoir tirer des vivres du dehors. Son port est en état de blocus. Menacée par la famine et le bombardement Jérémie ouvrira ses portes avant longtemps. Les insurgés, d'ailleurs, sont divisés et les commerçants de cette ville qui craignent d'être ruinés^ sont en pourparlers avec eux pour les amener à se rendre avant l'assaut.

Le reste de la République haitienne jouit du calme le plus parfait.

Le 2 Juillet^ ime imposante manifestation se produisait dans les rues de Port-au-Prince.

Le 6 Juillet^ la Chambre des députés s'est réunie dans la salle de ses séances et a coi^titué son bureau.

D'un autre côté sur trente nïembres dont se compose le Sé-

(1) Le RAPPEL du 1er Août.

nat, v:rgt-deux étaient présents à la capitale et la session allait s'ouvrir.

Le gouvernement est assez fort pour n'être pas rigoureux envers les égarés; il épuisera les voies de conciliation pour les ramener par la douceur.

LES AFFAIRES HAÏTIENNES (1)

n a paru dans le Moniteur des Consulats, du 4 Août^ un article injurieux pour le caractère politique et pour la personne du général Salomon^ président d'Haiti. La place nous manque pour relever toutes les erreurs géographiques, historiques et politiques que contient cet article.

Toutefois il faut éclairer l'opinion publique en France afin qu'elle ne soit point trompée par ceux qui ont intérêt à le faire. Le général Salomon, ancien ambassadeur d'Haiti près la cour des TuUeries sous l'empereur Napoléon III^ est certainement l'homme politique haitien dont la carrière est la plus longue la plus glorieuse et la mieux remplie. C'est un esprit cultivé ferme et conciliant; depuis trois ans qu'il occupe la présidence, il a rendu à son pays d'éminents services de ces services qui comptent dans la vie d'un peuple. H a permis l'introduction des capitaux français en Haïti pour la création d'une Banque Nationale; il a fait entrer le pays dans l'Union monétaire latine (2)^ dans l'Union du mètre français^ dans l'Union internationale d'es postes et par ainsi, il l'a entièrement lancé dans le courant de la civilisation moderne.

Il est président constitutionnellement élu pour sept ans. La Chambre des députés et le Sénat réunis à Port-au-Prince en ce moment participent avec lui à la confection des lois et

(1) La PATRIE du 10 Août 1883.

(2) Si nous n'y sommes point encore^ la faute en est à M. Damier, Il serait à désirer que la Chambre et le Sénat lui fissent rendre compte de sa gestion.

veillent à l'observance de la Constitution de 1879 qui est eu pleine vigueur.

Comme on ne peut articuler contre lui aucun grief politique sérieux, on essaie de reproduire contre le président Salomon le reproche qu'on a adressé à plusieurs de ses prédécesseurs : celui de s'appuyer sur la plus nombreuse fraction du peuple haitien pour gouverner l'Eîtat. Il n'agit pas autrement qu'on agit ailleurs et que n'agiraient ses détracteurs si^ par impossible ceux-ci arrivaient au pouvoir. On ne gouverne pas avec les minorités, si insolentes soient-elles.

Les ennemis du président d'Haïti le calomnient quand ils répètent qu'il n'aime pas les mulâtres. Voici des preuves : Mme Salomon est une blanche^ née Française; le ministre de la Justice et le ministre de l'Intérieur les ministres résidents d'Haiti à Paris et à Washington sont des mulâtres. H en est de même de bon nombre des fonctionnaires civils et militaires qui entourent M. Salomon et qui ont été nonunés par lui aux charges qu'ils occupent ou conservés dans celles qu'ils occupaient (1).

Les rebelles qui se tiennent dans les deux petites villes de Miragoâne et de Jérémie, sont étroitement cernés par les troupes du président légal qui n'attendait qu'un vote des Chambres pour en finir complètement avec l'insurrection.

(1) Ces arguments, présentés comme réponses à des calomnies souvent repn-oduites, seront souvent répétés.

Toutes les redites qite l'on poxirrait rencontrer dans ces pages écrite!7 d^ailleurs au jour le jour, sans plan arrêté, aa husard de la polémique. sont des ripostes à des redites. Elles peuvent être regardées co^nvie abso lument nécessaires et légiUrties; les articles eux-mêmes doivent être considérés comme absolument isolés les uns des attires.

« LEJ AFFAIRES D'HAÏTI iSS3 — 1884 » 31

Le départentent du Sud est tout acquis à l'ordre de choses établi par les deux Chambres du Parlement haïtien; et, d'ailleurs témoin les nombreuses adresses qui sont envoyées au président de tous les points de l'Ile d'Haiti, la majorité paisible et travailleuse entend soutenir^ par tous les moyens^ le gou- \ emement constitutionnel qui lui assure la paix^ la sécurité et le travail et qui seid peut les lui garantir à l'avenir.

Le président Salomon sait trop ce qu'il se doit à lui-même et ce qu'il doit à sa patrie et à sa race pour ne pas faire respecter la loi et pour ne pas remplir son devoir jusqu'au bout.

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