‹ Les affaires de CréteChapitre 22 sur 60 · I. Livre jaune, p · texte numérisé non relu

I. Livre jaune, p

LA QUESTION CRETOISE 83

attitude, écrit le consul de France le i4 janvier 1897, me confirme de plus en plus dans l'idée qu'ils obéissent à un mot d'ordre envoyé de Constantinople. » L'ancien vali de Crète, le grand voleur Mahmoud Djelalledin, dont la confiance du Sultan avait fait un ministre, fut le véritable instigateur de tous les troubles : consuls et ambassades de toutes les nations sont unanimes à ce sujet*.

Les beys étaient soutenus matériellement par les officiers des troupes, par le général Saadeddin- Pacha, qui fut le principal instrument de Mahmoud^, par les gens des mosquées et par la population musulmane, que, de gré ou de force, ils enrôlèrent à leur service : ils ^la tirèrent de ses villages par l'intimidation, par les menaces, par les fausses nouvelles d'une insurrection chrétienne et de massacres imminents, et ils l'amenèrent dans les villes où, dénuée de tout, elle fut à leur solde et à leur merci.

L'Europe avait pour elle les chrétiens qui, dociles jusqu'au bout, se prêtèrent à toutes les expériences. Vali chrétien, vali musulman. Assemblée convoquée, retardée, rappelée, réunie, commissions européennes, séances de consuls, ils acceptèrent toutes les combinaisons et fermèrent

Page 1