OBSERVATION X
(inédite, due à M. Lanxois)
. M. R., 40 ans. Diabétique, depuis 5 ou 6 ans ; a eu jusqu’à 300 gr. de sucre par jour, actuellement en a de 40 à 50 gr. A toujours été vu par des médecins, depuis quinze ans, pour une suppuration de l'oreille gauche qui date de la première enfance et qui s'arrête, de temps en temps, pour repareître ensuite avec une plus grande intensité.
Actuellement, on constate un écoulement qui date de six mois. Pas de douleurs vives parfois des bourdonnements, vertiges rares. À l'oreille gauche, on remarque une double
= AGE perforation, l’une dans le segment postérieur, l’autre au-dessous de la courte apophyse, au niveau du mur de la logette L'oreille droite présente un degré assez marqué de sclérose avec enfoncement de lamembrane.
Parmi les otites purulentes observées et que nous allons citer, les unes sont douloureuses, les autres hémorrhagiques. Nous étudierons séparément chacun de ces groupes.
I. — Otites douloureuses. — Dans les observations qui vont suivre, nous avons constaté un début brusque sans cause extérieure, et des douleurs atroces qui surviennent spontanément. Ce dernier caractère est certainement d’une très grande valeur. Déjà, dans notre historique, nous avons vu qu'il était le point dominant, sur lequel les auteurs avaient déjà particulièrement insisté. M. le professeur agrégé Lannois avait aussi attiré à plusieurs reprises notre attention sur ce fait ; plusieurs malades lui furent envoyés par des médecins qui, devant l'intensité anormale des douleurs, redoutaient l’apparition d’accidents graves, de mastoïdites et même d’abcès cérébraux. Et cependant chez la plupart, il ne s'agissait que d’affections ordinaires àcaractèreun peu spécial.
- Ïl nousest, d’ailleurs, facile de constater ces faits par nous-même. Nous voyons, dans toutes nos observations, les malades en proie à des douleurs atroces survenues brusquement, le plus souvent sans cause. ‘extérieure, Sans Coup, ni- refroidissement, ni effort capable de les expliquer.
Elles s'irradient dans la face et jusqu’au sommet du
crâne (Obs. XT, XII et XIV); plusieurs fois elles sont prises pour des névralgies ou des maux de dents et traitées pour ces affections ; à un malade on fit même du stypage au chlorure d’éthyle sur la région temporale (Obs. XIV). Tenaces, continuelles, elles durent plusieurs jours et plusieurs nuits, sans accalmie, ne laissant aucun repos aux malades (Obs. XI).
A côté de ce symptôme qui ressort si nettement, nous en trouvons un autre qui a aussi son importance. Dans la majorité des cas, en effet, nous remar-
quons que l'écoulement est très abondant (Obs.XIIT, XIV, XV, XVI.