‹ Les affections parasyphilitiquesChapitre 28 sur 62 · I. — C'est, d'abord, que les lésions productrices · texte numérisé non relu

I. — C'est, d'abord, que les lésions productrices

I. V. BiiUet. et Mém. de la Soc. méd. des hôpitaux de Paris, 3 fév. 1893.

A. remarquer, dans le cas de M. Rendu, que l'envahissement de l'atrophie musculaire avait été également précédé (comme dans les cas de M. Raymond) de phénomènes douloureux au niveau des muscles et sur le trajet des nerfs périphériques.

AMYOTROPHIE PROGRESSIVE.

de cette amyotropliie spéciale ne présentent rien de spécial, rien qui appartienne en propre à la syphilis. A cet égard, M. Raymond est absolument formel : « Cette myélite vasculaire dilFuse, dit-il, estime lésion banale et n'offre rien de spécifique.... Elle ne comporte histologiquement aucun caractère spécifique.... — Les altérations vasculaires, notamment, auxquelles paraissent subordonnées en l'espèce les altérations des éléments nobles de la moelle, sont dépourvues de toute spécificité. » — (( Et d'ailleurs, rien d'étonnant à cela, ajoute-t-il; car c'est aujourd'hui une notion presque classique que la syphilis tertiaire peut engendrer dans les centres nerveux et principalement dans la moelle des lésions banales qui ne diffèrent en rien de celles qui reconnaissent une autre étiologie'.»

I. Communication orale. — Pour le D'' Raymond, les lésions médullaires de cet ordie seraient, en toute vraisemblance, des lésions infeclieuses. « On n'a peut-être pas, dit-il, tenu suffisamment compte du rôle de Vinfection dans le développement de certaines formes d'amyotrophies L'origine infectieuse de certaines polynévrites ne fait plus de doute pour personne. Pour certaines leucomyélites (scléroses diffuses consécutives à la fièvre typhoïde, aux fièvres éruptives), pour certaines polyomyélites (paralysie infantile notamment), l'hypothèse d'une semblable origine est des plus vraisemblables.... Je me demande donc si chez mon malade, qui avait eu la syphilis, les lésions spinales de sou amyolrophie ne sont pas des lésions syphilitiques de l'ordre que je viens de dire.... J'ajoute que l'expérimentation a fourni un commencement de preuves à l'appui de l'origine infectieuse de certaines amyotrophies. Dans un intéressant mémoire sur l'atrophie musculaire expérimentale, M. Roger a montré qu'en inoculant à des lapins des cultures d'un streptocoque provenant d'un érysipèle, dont la virulence s'était atténuée à la longue, ou pouvait développer une maladie chronique

AFFECTIONS PARASYPHILITIQUES.

IL — C'est, en second lieu, que jusqu'ici, dans les cas de cet ordre, le traitement spécifique n'a paru exercer aucune action curative ni môme suspensive sur la maladie. Le malade précité, par exemple, est resté soumis au traitement spécifique pendant deux ans, et vous avez vu quel a été le résultat de cette médication. Eh bien, il en a été de même dans toutes les observations connues. « Au reste, dit encore M. Raymond, rien de surprenant à cela ; car les myélites de cette variété, comme toutes

caractérisée par l'atrophie des muscles des membres postérieurs.... Après Roger, Gilbert et Lion ont réussi à développer des paralysies chez le lapin en inoculant le bacille d'Escherich, et ils ont trouvé également à l'autopsie des altérations très prononcées des cellules des cornes antérieures, etc. »

V. encore sur le même sujet : E. Poussard, D'une amyolroplùc spinale progressive chez les syphilitiques^ Thèses de Paris, iSgB. — L'auteur de cet estimable travail insiste également sur ce point que « les lésions productrices de cette amyotrophie ne présentent aucun caractère spécifique ni macroscopiquement ni hislologiquement ». — Pour expliquer le processus morbide, il met en cause lui aussi (tout le monde y arrive, paraît-il) les toxines de la sypbUis. « Les lésions observées, dit-il, sont vraisemblablement le résultat d'une artdrile toxique. L'agent iufectieux serait représenté par la toxine sécrétée par la bactérie syphilitique et charriée par le sang, plutôt que par la bactérie elle-même. C'est probablement cette toxine qui, irritant les vaisseaux, en détermine l'altération.... Peutêtre encore la toxine, amenée directement en contact avec les cellules de la moelle, exerce-t-elle son action nocive sur ces dernières en même temps que sur les vaisseaux » (p. 84).

A l'appui de cette interprétation, l'auteur invoque d'abord l'autorité de M. le D' Marie, interprétant par « la présence d'un agent infectieux circulant dans les vaisseaux » la genèse du tabès, de la sclérose en plaques, de la paralysie infantile, de certaines méningites de l'enfance, etc. ». D'autre part, il rappelle les expériences célèbres de MM. Roux et Yersin reproduisant les paralysies diphtéritiques par l'injection d'un liquide de culture filtré et dénué de tout micro-organisme, etc.

HYPOTHÈSES d'aVENIR.

celles qui paraissent être une conséquence éloignée de la syphilis, n'ont rien de spécifique, et sont simplement constituées par des lésions banales à marche continue. »

A ces deux titres, donc, Tamyotrophie spéciale en question serait, par rapport à la syphilis, le pendant exact du tabès ou de la paralysie générale d'origine syphilitique. Elle aussi, conséquemment, rentre dans notre cadre et semble bien d'ores et déjà devoir être considérée comme une affection d'ordre parasyphilitique.

Les sept types pathologiques dont je vous ai entretenus jusqu'ici. Messieurs, constituent d'irrécusables exemples d'affections parasyphilitiques. Je les ai choisis à dessein, comme les plus formels et les plus démonstratifs, pour vous donner une idée de ce que peut faire la syphilis en dehors de ses manifestations propres ou directes, en dehors du bilan symptomatologique auquel on la restreint usuellement.

Maintenant, si j'avais l'obligation d'épuiser le sujet, d'autres types de même ordre me resteraient à mentionner. Mais ceux-ci, relativement aux précédents, ne sont encore que peu connus et incomplètement étudiés; peut-être même vous sembleraient-ils discutables et entachés de suspicion, de

AFFECTIONS l'AniSYPHlLITIQUES.

par rinsuffisaiice des documents dont nous disposerions à leur égard. En sorte que je ne vous en parlerai pas. Prudemment, je préfère me borner aux types qui précèdent, types non sujets ù caution, et cela en vue de ne pas compromettre une bonne cause par des allégations encore difficiles ou impossibles à légitimer.

Mais soyez sûrs, en tout cas, que l'étude inaugurée ici n'est encore qu'à l'état d'ébauche. Soyez sûrs que le cadre des affections parasyphilitiques ira s'élargissant et s'enrichira d'annexions nouvelles. Je ne crois pas trop m' aventurer en prédisant que certains états pathologiques, dont la nature intime n'est pas encore élucidée ou bien dont la connexion d'origine avec la syphilis peut rester sujette à controverses, viendront prendre place quelque jour à côté des types que je vous ai signalés jusqu'ici.

Ainsi, — simplement à titre de spécimens, et sans prendre d'engagements sur ce que j'ignore — je me risquerai à vous citer comme destinées vraisemblablement à rentrer dans la catégorie des types parasyphilitiques les affections suivantes :

I. — Le diabète^ que l'on rencontre trop souvent en relation avec la syphilis ponr qu'il n'y ait pas de lui à elle un certain lien pathogénique ;

ir. — U hémoglohimirie ^ qui, de l'aveu général, a si souvent une origine syphilitique;

in. — Le tabès oculaire (amaurose tabétique);

HYPOTHÈSES d'aVENIII.

IV. — Le tabès auriculaire^ où peut-elre vient prendre place cette forme si terrible de surdité rapide, qui s'affirme et se complète en quelques semaines, pour résister ensuite à toutes les ressources de l'art' ;

V. — Certaines dermatoses de la période tertiaire, que j'ai signalées et décrites sous le nom à'Erythèmes tertiaires^ que le professeur Unna (de Hambourg) a voulu rattacher à des troubles vasoneurotiques et qu'il a rangées dans sa classe des « Neuro-syplîilides », mais dont la nature, à vrai dire, reste encore indéterminée*;

VI. — Peut-être encore Vaclénie^ que plusieurs fois déjà j'ai été frappé de rencontrer sur mes malades, et cela en des conditions où vraiment il était difficile d'en méconnaître l'affiliation à la syphilis ;

VII. — Peut-être même certaines formes de la leucoplasie buccale^ affection encore mal déterminée, mais assez connue cependant pour que déjà on puisse en présager le démembrement en espèces diverses;

VIII. — Peut-être même aussi une variété de pelade dystrophique ;

I. V. p. Hermet, Leçons sur les maladies de V oreille, Paris, 1892. — A. Dehc, Surdité et syphilis tertiaire tardive acquise ou liéréditaire, Annales des mal. de l'oreille, etc., iSgS.

a. V. Bulletin de la Société française de Dermat. et de Sjp/i., 1888-93. — Unna (de Hambourg), Neuro-syphilides et neuro-léimdes Congres internaUoual de dermat. et de syphil., 1889. — Braiiman' De Véry thème circiné tertiaire de la syphilis, Thèses de Paris, 1891' '

Et j'en oublie; — ou pkitôt je préfère ne pas même désigner ici certains types sur lesquels je suis encore plus incertain.

Mais tout cela, quant à présent, ce n'est encore que de l'hypothèse. Gardons-nous de confondre la science faite, élaborée, avec de simples matériaux d'étude pour la science à venir. Toutes ces affections que je viens de vous signaler — imprudemment peut-être — comme destinées à rentrer un jour dans le cadre des déterminations parasyphilitiques, nous ne les connaissons aujourd'hui que très imparfaitement, du moins quant à leurs relations possibles avec la syphilis. Il convient donc de n'en rien dire encore et de savoir attendre.

Aussi bien, sans en prendre plus souci quant à présent, abandonnerai-je ce point pour vous conduire sur un autre terrain.

Je viens d'étudier devant vous les manifestations parasyphihtiques dérivant de la syphilis acquise; laissons ce sujet pour l'instant, bien que certainement fort incomplet, et passons à la syphilis héréditaire qui, elle aussi, va nous fournir de nombreux et curieux exemples de l'influence parasyphilitique de la diathèse.

SYPHILIS HEREDITAinE.

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