MOUT SANS I. USIONS
Parfois encore — mais d'une façon bien moins commune — les enfants hérédo-syphililiques (les tout jeunes enfants surtout) meurent d'un instant à l'autre, de la façon la plus inopinée, la plus inattendue, sans que parents et médecins sachent comment et pourquoi s'est produite cette mort plus que singulière. J'ai déjà dans mes notes plus d'une dizaine de cas de ce genre. Comme exemple, vous me permettrez de vous citer le suivant, que j'ai observé avec le concours d'un de mes collègues, accoucheur des plus connus et des plus distingués.
Un jeune homme contracte la syphilis et ne s'en traite pas ou ne s'en traite que d'une façon éphémère, tout à fait insuffisante. Quelque temps après il se marie. Sa femme devient enceinte presque aussitôt. Au cours de sa grossesse, elle commence à être affectée de divers phénomènes de syphilis secondaire. Elle accouche, presque à terme, d'un enfant de poids moyen, passablement constitué, et exempt de tout symptôme apparent de syphilis. Or, allaité par sa mère, surveillé quotidiennement par mon collègue et par moi, cet enfant se développe assez régulièrement pendant quelques semaines, sans présenter le moindre phénomène morbide, syphilitique ou autre. Tout paraît donc marcher pour le mieux, au moins relativement, lorsqu'un matin nous apprenons que l'enfant a succombé brusquement dans la nuit. Et cependant, la veille au soir, il avait encore été examiné par mon collègue, qui l'avait trouvé dans
ArFECTIONS PAnASYPHILTTlQUES.
un élat presque satisfaisant. Une heure avant sa mort, sa mère l'avait tenu dans ses bras et changé de langes « sans rien remarquer d'extraordinaire ». Bref, la mort s'était produite d'une façon absolument brusque et tout à fait inattendue.
Notez bien, Messieurs, ces cas de mort subite^ de mort non précédée d'aucun phénomène morbide apparent, car vous en rencontrerez sûrement dans votre pratique. Ils ne sont même pas très rares, puisque j'en connais pour ma seule part, je le répète, une dizaine d'exemples. Plusieurs accoucheurs de mes collègues ou amis m'ont raconté en avoir observé de semblables, et toujours dans les mêmes conditions, toujours « sur des enfants syphilitiques ou suspects de syphilis » . C'est donc la un fait que je recommande à votre attention.
II. — En face de ces cas, de ces morts cliniquement inexpliquées, chacun se dira avec toute apparence de raison ce que je n'ai pas manqué en pareille occurrence de me dire à moi-même : « Je ne sais pas le pourquoi de cette mort; mais sûrement je l'aurais su, si j'avais eu la possibilité de pratiquer l'autopsie » .
Or, voici uii fait qui va vous surprendre davantage, — que dis-je! — qui va vous sembler exorbitant, extraordinaire, impossible. C'est que, l'autopsie pratiquée et pratiquée le plus complètement, le plus consciencieusement du monde, quelquefois on n'est pas plus avancé pour cela. L'autop-