‹ Les affections parasyphilitiquesChapitre 45 sur 62 · HYDROCÉPHALIE · texte numérisé non relu

HYDROCÉPHALIE

Second cas : i4 grossesses.

Première grossesse. Enfant mort-né (au septième mois). Seconde — Enfant syphilitique, mort ;x un an et

demi.

Troisième — Hydrocéphalie. Mort à un an et demi. Autres grossesses donnant des enfants ou raort-nés, ou syphilitiques, ou sains.

D'autre part, on a signalé, dans des ménages entachés de syphilis, le fait de plusieurs enfants affectés d'hydrocéphalie. Tel est le cas suivant dû à J. Hutchinson :

Père syphilitique et mère saine.

Première grossesse : Enfant syphilitique et hydrocéphale. Seconde grossesse : Enfant mort à dix mois. Troisième grossesse : Enfant né mort et macéré. Quatrième grossesse : Enfant syphilitique et hydrocéphale.

De même, un de mes chents, qui avait eu l'imprudence de se marier en dépit d'une syphilis très incomplètement traitée, donna naissance à trois enfants hydrocéphales, dont deux moururent presque immédiatement et dont le troisième survécut.

Mais, autre question, dérivée de la première : L'hydrocéphalie étant acceptée en tant que conséquence possible de l'hérédo-syphilis, reste à savoir ce qu'elle est comme nature. Convient-il delà considérer comme une émanation directe de la syphilis, comme un accident de nature syphilitique ou J3ien comme une manifestation d'ordre banal vul-

AFFECTIONS PAKASYPHILITIQUES.

gaire, que s'approprie évenluellement la sypliilis, en un mot comme une affeclion parasypliililique?

Dans un très intéressant et très instructif mémoire sur le sujet, M. le D"" d'Aslros, médecin des hôpitaux de Marseille, a discuté longuement ce point spécial. D'après une série de considérations cliniques et anatomo-pathologiques, il aboutit à cette conclusion : que, suivant toute vraisemblance, il existe deux hydrocéphalies issues de la syphilis héréditaire et différant l'une de l'autre par leur modalité pathologique, à savoir : i° Une hydrocéphalie de nature syphilitique, déterminée par des lésions originairement et spécifiquement syphilitiques (lésions affectant surtout l'épendynie et la région opto-striée); — 2° une hydrocéphalie dJ origine syphilitique^ résultant de l'influence dystrophique de la syphilis el coïncidant (d'après ce qu'il a vu) avec divers arrêts de développement du cerveau.

Je ne saurais, pour ma part, que souscrire à cette manière de voir.

Conséquemment, ce second mode de l'hydrocéphalie hérédo-syphilitique rentrerait ipso facto dans notre cadre et devrait prendre place parmi les affections d'ordre parasyphilitique.

Bien qu'étrangère au sujet dont nous poursuivons l'étude, une remarque s'impose à nous ici. Vous me pardonnerez- la digression, en raison de

HYDROCÉPHALIR.

l'intérêt pratique qui s'y rallaclie et que vous apprécierez dans un instant.

L'hydrocéphalie, nous venons de l'étahhr, constitue une manifestation desyphihs héréditaire. D'autre part, il se peut (comme l'a établi M. d'Astros, à qui j'emprunterai ce qui va suivre) que cette hydrocéphalie soit chronologiquement la première manifestation apparente de l'hérédité infectieuse. De là, conséquemment, une déduction d'ordre pratique : C'est qu'un enfant affecté d'hydrocéphalie (en l'absence même de tout autre symptôme) est tout au moins un enfant suspect de syphilis; donc, il y a lieu, si cet enfant est allaité par une nourrice, de lui supprimer sa nourrice^ et cela parce qu'un jour ou l'autre il pourrait l'infecter.

Et, en effet, si l'hydrocéphalie n'est en rien dangereuse par elle-même pour la nourrice, elle n'en constitue pas moins le témoignage (au moins possible) d'une infection peut-être destinée à se traduire un jour ou l'autre par d'autres symptômes spécifiques, lesquels ne manqueront guère d'être contagieux. De fait, donc, la nourrice d'un enfant hydrocéphale se trouve menacée.

Et cela, messieurs, n'es.t pas une crainte chimérique, imaginée dans les rêveries du cabinet. Ecoutez, pour vous convaincre du contraire, l'observation que voici.

Une belle enfant d'un mois, née de parents inconnus, est admise le 5 novembre 1890 dans le service de M. d'Astros. Comme elle ne présente rien

d'anormal, notamment aucun stigmate de syphilis, on lui donne une nourrice.

En décembre, commence à se manifester une hydrocéphalie, qui s'accentue rapidement.

Le lo février, début de plaques muqueuses, qui deviennent absolument caractéristiques. — On fait cesser immédiatement l'allaitement au sein, et l'enfant est nourri au lait d'ânesse.

Et néanmoins, le 28 février, après l'incubation la plus classique, apparition sur la nourrice d'un chancre du sein, qui se développe, qui détermine une adénopathie axillaire, et qui est suivi, vers le 25 mai, d'une explosion secondaire assez intense (céphalalgie, roséole, plaques muqueuses de la gorge, puis psoriasis palmaire, etc., etc.).

Quel enseignement! Convenez que j'aurais été mal inspiré de laisser passer sans une mention spéciale un fait de cette importance pratique et un fait aussi peu connu — disons mieux, aussi ignoré — que celui-là.

XTJX

Méningite parasyphilitique.

Nous venons d'être conduits, de par la clinique et l'anatomie pathologique, à distinguer chez les enfants entachés d'hérédo-syphilis des hydrocéphalies de deux ordres, l'une directement syphili-

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