CÉPHALÉE NEURASTHÉNIQUE
pour forcer le patient à s'aliter (ainsi, le malade dont je vous parlais tout à l'heure et qui a souffert de ce mal pendant dix ans, n'a jamais interrompu ses occupations d'employé de commerce); — . mais que, par instants et à propos d'exacerbations passagères, elle devient plus complexe, plus « troublante j), plus intolérable, et cela par adjonction de divers phénomènes sympathiques, tels que liyperesthésie singulière du cuir chevelu, (« mal aux cheveux », comme disent les patients), Ijourdonnements, as- Ihénopie, état sub-vertigineux, et surtout sorte d'abasourdissement, que les malades traduisent en disant qu'ils a se sentent la tête vidée », qu'ils « n'ont plus la tête à eux «, que, par moment, ils ne « savent plus ce qu'ils font », qu'ils « oublient tout », qu'ils sont « comme dans un nuage », etc.
Or, en présence de symptômes de cet ordre et avec un passé syphilitique, comprenez quelles peuvent être, quelles doivent être presque nécessairement les appréhensions du malade et du médecin. Effrayé par cet état de souffrance continue, plus effrayé encore par l'insuccès de tous les remèdes auxquels il a eu recours, le malade se croit à la veille d'une catastrophe cérébrale. C'est là l'état d'esprit de tous les sujets affligés de la sorte. A chacune de ses visites, mon client en question ne cessait de me répéter: (c Sans doute je cours à une congestion, à un coup de sang, à une apoplexie. Un de mes iimis est mort comme cela; je n'en ai plus pour longtemps. Vous me dites le contraire, monsieur le docteur, mais
AFFECTIONS PAnASYPHILITIQUES.
je me rends compte de mon état et je sens bien que je couve un ramollissement, etc. ». — Et, de son côté aussi, le médecin, surtout dans les premiers temps, n'est guère plus rassuré. Tout naturellement, il se demande si son malade n'est pas en voie de faire une syphilis cérébrale^ si cet embarras permanent de la tête et cet état de sou (France encéphalique ne sont pas les prodromes d'une encéphalite spécifique.
Donc, ce qui importe en l'espèce, c'est un diagnostic. De quoi s'agit-il, en somme? Voilà la question.
Eh bien, ce diagnostic est-il possible? — Oui, tout au moins pour la grande généralité des cas. Précisons sur quelles bases il repose.
A mon sens, les appréhensions qui s'imposent en pareille situation pourront, sinon toujours, au moins le plus souvent et de beaucoup, être écartées par les quatre considérations que voici.