FORMES DIVERSES
thénic)\ — une forme cérébro-spinale, qui se déHnit d'elle-même; — une forme périphérique; — une forme sympathique ou viscérale (neurasthénie dyspeptique, cardiaque, génitale, etc.); — une forme monosymptomatique, constituée par un unique symptôme, tel, par exemple, qu'une douleur fixe et persistante {topoaigie de Bloch'), etc., etc. Mais de telles distinctions n'auraient pour nous
I. V. Paul BJoch, Sur un syndrome caraclérisj par la luponhnc (neurasthénie monosymptomatique, forme douloureuse) , Gazette liebdom. de médecine et de chirurgie, mai 1891.
Une des observations citées dans cet intéressant mémoire (obs II) me semble bien être un exemple de neurasthénie tonoal-riquc développée sur un sujet syphilitique et du fait de la sjphilist
J'ai dans mes notes de ville un cas semblable auquel je suis bien tenté d'attribuer également une origine spécifique. Ce cas est relatif à une jeune femme essentiellement névropmhe et affectée d'une syphilis qui, négligée à ses débuts, s'est traduite plus tard par une glossite desquamative très rebelle. Or, peu de temps après 1 mvasion de cette glossite, la malade a commencé à souffrir d'une douleur localisée, siégeant au niveau de la dernièie vertèbre dorsale et des premières vertèbres lombaires, du côté droit. Cette douleur, exactement limitée, est continue avec exacerbaiious ou remissions que rien n'explique. De temps à autre elle offre des paroxysmes très accentués, avec véritables angoisses comparables aux crises néphrétiques. Elle est restée, et cela depuis plusieurs années, absolument rebelle aux médications les plus diverses et parfois les plus énergiques. D'ailleurs, aucun autre accident ou stigmate d'hystéro-neurasthénie. — Les diagnostics les plus différents ont été portés sur l'origine de cette douleur par plus d'une douzaine de médecins et de chirurgiens qu'a consultés la malade Pour ma part, je n'ai pas été moins hésitant que mes collè<.ues J avais bien cru, pour un temps, à l'existence d'une périoslite vertébrale spécifique. Mais j'ai dû renoncera cette hypothèse et après longue étude de la malade, j'ai fini par être persuadé que celte douleur SI singulière et si tenace n'est rien autre .lu'un phénoineae neurasthénique, qu'une lopaaln-i, développée sui' un ferraiu a la fois nerveux et syphilitique, et reconnaissant la svphilis
AFFECTIONS PAnASyPIIlLlTIQL'r.S.
qu'un intérêt secondaire. Je sacrifierai donc les détails, et, pour me restreindre à ce qui nous touche plus directement, je terminerai ce sujet par l'exposé d'une troisième forme, la plus commune à coup sûr de toutes celles que réalise la syphilis.
Celle-ci, je ne saurais mieux la qualifier, me semhle-t-il, que du nom de forme vague et bénigne de la neurasthénie d'origine syphilitique; — vague, parce qu'elle se compose d'un certain nomhre de symptômes qui, comme importance, se rangent à peu près sur le même plan, sans prédominance marquée d'aucun d'entre eux; — hénigne, parce que ses phénomènes ne dépassent guère un diapason moyen d'intensité, notablement inférieur à celui des deux grandes formes précédentes.
Je le répète à dessein, cette forme est de toutes la plus commune. On la rencontre à tout instant. Que de fois, ix)urma seule part, n'ai-je pas entendu mes clients me la décrire mieux que je ne saurais le faire, et cela dans les termes suivants :
« Docteur, je ne sais ce que j'ai, mais ça ne va pas. Je ne suis plus ce que j'étais avant d'avoir contracté ma damnée syphilis.
« Sans doute je ne suis pas malade, en ce sens que je suis debout, que je vais et viens, que je n'ai
comme origine. Sous toutes ixîserves, donc, je crois pouvoir présenter ce cas comme un exemple de ncurastlicnie monosymptomatique à forme douloureuse et de neurasthénie d'ordre parasyphilitique.
NEURASTHÉNIE