‹ Les affections parasyphilitiques [electronic resource]Chapitre 55 sur 68 · V^. Ouvrage ciu', p. {(k) cl suiv · texte numérisé non relu

V^. Ouvrage ciu', p. {(k) cl suiv

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Exemple scliéaialique, reproduisant ce qu'on o]jserve en l'espèce.

Un enfant liërédo-syphilitique (et généralement un enfant d'un certain âge, de G, 7 à 12 ans) se trouve pris, au cours d'une santé d'ailleurs indemne, d'une crise convulsive subite. Soudain, il tombe sans connaissance; il se débat en des convulsions d'ordre comitial; il écume, se mord lalangue; puis, au delà, il s'endort d'un lourd sommeil, pour se réveiller bientôt un peu troublé, mais sans conserver le moindre souvenir de ce qui vient d'avoir lieu. Et c'est tout. Aucun autre incident contemporain.

Puis, une seconde crise identique se produit à quelque temps de là.

Puis, une troisième crise, une quatrième, une dixième, une vingtième, etc., se succèdent à intervalles variables, toujours avec la même série de pliénomènes.

Et c'est tout encore. Rien autre ne s'ajoute à la scène morbide. Et les choses se prolongent ainsi de longues années, voire d'une façon pour ainsi dire indélinie.

De sorte qu'au total, étant donné un cas de ce genre, le médecin se trouve en présence d'un enfant qui a des crises convulsives, incontestablement épileptiques, mais qui n'a que cela^ et qui, à part cela, reste un sujet bien portant, exempt de toute autre manifestation morbide, exempt notamment de toute autre manifestation cérébrale.

AFFRCTIONS l'An ASYPHILITIQLES.

Voilà ce qu'on observe. Eh l)ien, à quoi répond un tel ensemble de phénomènes et comment l'interpréter? Tel est le problème.

Que ce soit là une épilepsie développée sous l'influence de la syphilis, une épilepsie dont la syphilis est responsable, cela ne fait pas ou ne fait plus question, après tant et tant de cas de cet ordre que l'observation a constatés chez les hérédosyplîili tiques'.

Mais voici le point délicat : Cette épilepsie estelle de nature ou simplement d'origine syphilitique ?

On est tenté de juger la question tout aussitôt et de dire : Une épilepsie d'une part aussi exclusive en sa forme et, d'autre part, aussi durable ne saurait être en toute vraisemblance qu'une épilepsie parasyphilitique; car, si elle dérivait de lésions syphilitiques, elle devrait se conduire à la façon

I. Telle est également l'opinion d'un ueurologiste dislingué, M. le D' Brissaud, professeur agrégé de notre Faculté. J'extrais ce ' qui va suivre d'une communication qu'il m'a adressée à ce sujet.

«... J'ai été bien des fois surpris de voir l'épilepsie chez des enfants indemnes de toute tare nerveuse héréditaire et de tout antécédent morbide personnel. Comme je tiens pour certain que l'épilepsie est l'expression superlative de la dégénérescence nerveuse familiale, je me suis toujours efforcé, en présence de pareils cas, de rechercher jusqu'aux moindres stigmates de nervosisme chez les ascendants. Or, quand il ra'arrivait de ne rien trouver de ce côté, toujours ou presque toujours, en revanche, j'obtenais l'aveu d'ime syphilis ancienne de la part du ])ère.... Autant que je me rappelle, j'ai bien rencontré dix ou douze cas de cet ordre ; mettons huit, et je resterai certainement en deçà du chillre vrai, u

l'iPILKPSIE HÉliÉDO-SYPIIII.ITIQUE.

de l'épilepsie symptomatique de lelles lésions, laquelle a bientôt fait, comme on le sait, de se combiner à d'antres symptômes et de conslitner un état cérébral à la fois complexe et grave.

Sans doute, répondrai-je. Mais cette raison, bien que valable, n'est qu'à moitié valable; car on a vu plusieurs fois ce qu'on n'aurait pas osé supposer a priori^ ce que même a priori on eût volontiers déclaré impossible, à savoir : des épilepsies exclusivement épileptiques (passez-moi la façon de dire) et persistant sous cette forme depuis de longues années céder au traitement spécifique, s'amender, s'apaiser, et guérir. A n'en citer que deux exemples, RipoU et Althaus ont publié des cas où des épilepsies d'origine bérédo-syphilitique, datant l'une de sept ans et l'autre de dix ans, ont été guéries par le traitement spécifique'.

I. Le cas de RipoU est relatif à un jeune homme qui, né d'un ])ère syphilitique, fut pris, à l'âge de douze ans, « d'accidents d'épilepsie convulsive, lesquels se répétèrent ensuite à inlcrYalles assez réguliers, ne dépassant jamais deux mois ». Ces accidents se continuèrent ainsi pendant dix ans, sans se compliquer d'autres troubles cérébraux, et ils persistaient encore lorsque, par bonheur, ce jeune homme vint à être affecté de lésions osseuses (périosloscs libiales et claviculaires). La nature spécifique de ces dernières lésions ne pouvant rester douteuse, un traitement anlisyphililique (pilules de Dupuytrcn, iodure de potassium, frictions mercurielles) fut aussitôt mis en usage. Or, ce traitement eut pour résultat uou pas seulement de résoudre les périostoses, mais encore de guérir l'épilepsie, laquelle, à dater de ce moment, suspendit absolument et définitivement ses accès. (Acc'uleiits tardifs de la sjpliitis hcrcdila'ire, Revue médicale de Toulouse, 1880).

Althaus a relaté un fait de même genre se résumant en ceci.

Un enfant de neuf ans lui est amené comme épileptique. 11 a eu

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Ce qu'il nous faudrait, pour affirmer le caractère parasyphililique de l'épilepsie en question, ce se-

ses premiiM cs crises, dil-on, à l'c^poque où il faisail ses dents. Ces crises ont alors duré six mois. Puis elles ont cessé, pour reparaître vers l'âge de deux ans, et elles ont toujours persisté depuis lors. Elles sont même devenues plus intenses et plus fréquentes depuis un certain temps. Ce sont de vrais accès de grand mal, avec aura, perte de connaissance, convulsions violentes, écume à la bouche, morsure de la langue, miction involontaire, sommeil terminal, etc. L'enfant en est arrivé à ne plus passer une semaine sans attaque?. En général, il en a quatre ou cinq dans une journée, quelquefois jusqu'à sept, après quoi se fait un répit d'un ;"i deux jours. Cependant son intelligence s'est conservée et reste a d'une bonne moyenne )i. Ce n'est que récemment qu'il a éprouvé un certain affaiblissement de la mémoire. Santé du resté absolument bonne, à ])art un certain degré d'anémie.

Dans l'ignorance où l'on était d'abord des antécédents spécifiques de la famille, on commence par soumettre l'enfant à toute une série de traitements d'usage habituel contre l'épilepsie (bromure de potassium, belladone, arsenic, etc.), et l'on continue ainsi pendant sept mois. Nulle amélioration ne se produit (remarquez bien cela. Messieurs, je vous prie); tout au contraire, les accès se continuent, et même l'iuleiligence commence à ])éricliter.

A ce moment, la mère de l'enfant vient réclamer pour elle une consultation, à propos d'une lésion ulcéreuse du pied, lésion qui est reconnue d'ordre manifestement syphilitique. On s'informe alors, on établit une enquête, et l'on apprend que le père a eu la syphilis il y a quinze nus, qu'il en a éprouvé toute une série d'accidents, et qu'actuellement encore il est affecté de manifestations spécifiques.

Sur ces données nouvelles, on modifie la médication suivie jusqu'alors, et l'on soumet l'enfant à l'usage del'iodure de potassium. Dès les trois premières semaines de ce traitement, les crises convulsives deviennent moins intenses et moins fréquentes La semaine suivante, une seule attaque se produit. Au delà, suspension absolue des crises; et, quatre mois plus lard, l'enfant sort de l'asile en l)on état. (The médical Times., août 1874, t. I. p. Sgg.)

Soit dit incidemment, quel enseignement comportent de tels exemples 1 Et quelles ressources offre de la sorte le traitement spécifique auK malades qui pourraient avoir le hoiilteur de devoir leur épilepsie à une infection syphilitique héréditaire 1

TAHES HÉnKDO-SYPHlLITIQUE.

raient, d'une part, le contrôle d'autopsies négatives en tant que lésions spécifiques, et, d'autre part, le témoignage d'une absolue inefiicacité du traitement spécifique.

Or, des autopsies, nous n'en avons pas, même une seule. Le témoignage thérapeutique, voilà seulement ce dont nous disposons; et c'est bien peu, c'est trop peu pour conclure en matière aussi délicate, on me l'accordera.

Certes, je le répèle, nous ne manquons pas de cas où des épilepsies qui se sont produites sur des sujets liérédo-sypliilitiques sans autre cause possible à invoquer que la syphilis, sans hérédité nerveuse notamment, se sont prolongées, voire perpétuées en leur forme, en se montrant réfractaires, absolument et définitivement réfractaires au traitement spécifique. J'en pourrais citer et tout le monde pourrait en citer des exemples. Mais cette considération est-elle absolument suffisante pour trancher le débat, et sommes-nous autorisés de par elle seule à conclure que l'hérédo-syphilis est susceptible d'engendrer une épilepsie sans lésions et d'ordre parasyphilitique? Je ne le crois pas, et, dans cette opinion, je préfère me borner pour l'instant à signaler le problème sans chercher à le résoudre.

AFFECTIONS PA RASYPHILITIQUES.

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