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Leçon clinique incdilc, iScji

PARALYSIE r.lÎMîrîALE HÉuÉDO-SYX'HILITIÇLE. 35^

lade tombe clans un état de démence rapide et très accusée. — Dès le début, inégalité des pupilles, troubles de la parole, tremblement des mains, difliculté de la marche.

Diagnostic : Paralysie générale chez un individu atteint de syphilis héréditaire.

Mort vers la fin de 1891.

A l'autopsie, lésions caractéristiques de paralysie générale'.

Que dire de tels cas, sinon qu'ils imposent la conviction?

Tout commentaire serait donc superflu, et je me bornerai à énoncer la conclusion qui dérive des faits précédents, à savoir :

Qu'en toute assurance, au-dessus de toute contestation possible, la paralysie générale peut dériver de l'infection syphilitique héréditaire^ tout comme elle dérive — et si fréquemment ! — de l'infection .syphilitique acquise.

I. Toutes les observations qui précèdent sont empruntées au travail si intéressaut du D"' E. Régis {Sjpkilis et paralysie gmêralv, Arch. cliniques de Bordeaux, juillet 1892).

AFFECTIONS PARASVPHILITIQIJF.S.

Messieurs, j'ai aclievé la revue des aiïections parasyphilitiques que mon dessein était de soumettre à votre attention.

Mais gardez-vous avec moi de croire ce sujet épuisé. Je vous l'ai dit et vous le répète, ne considérez ce qui précède qu'au litre d'un premier essai, d'une ébauche, d'une esquisse. La question est tout à fait neuve, inexplorée encore sur beaucoup de points, à peine dégrossie comme étude d'ensemble. Elle n'est même pas délimitée, définie, et elle ne pourra l'être que le jour où la bactériologie aura dit son mot, j'entends aura mis son estampille sur les affections parasvpbilitiques et démontré ce en quoi, comme caractères de nature, d'essence, elles se différencient des affections syphilitiques vraies, proprement dites. Or, ce jour n'est pas venu, et peut-être l'attendrons-nous longtemps encore.

Mais n'importe. Telle qu'elle est et si incomplète que je regrette de la laisser, l'étude qui précède aura pu, je l'espère, avoir quelque utilité pour vous, si elle a réussi à réaliser le double objectif que j'avais en vue, à savoir : i° vous montrer ce qu'il faut entendre par « affections parasyphilitiques », ce en quoi consistent ces manifestations indirectes ou médiates de la syphilis; — 2" et sur-

CONCLUSIONS

tout VOUS convaincre de la gravité, de l'extrême gravité qui leur est inhérente, tant en raison de la qualité des types pathologiques qui leur sont familiers que de l'insuffisance, de l'inefficacité, des méthodes thérapeutiques dont nous disposons contre elles.

Ce dernier point, notamment, est majeur, capital, et j'appelle encore sur lui votre attention en achevant cet exposé. C'est bien positivement cette insuffisance, laissez-moi dire celte faillite du traitement anlisyphililique vis-à-vis des afl^eclions que nous venons d'étudier, qui leur confère leur note dominante, leur caractéristique difl^érenlielle, au double point de vue de la nosologie et du pronostic.

J'ajouterai que de là même dérive une conséquence d'ordre pratique, dont vous allez concevoir la portée.

Puisque la thérapeutique se dérobe dans les cas de ce genre, puisqu'elle nous laisse désarmés, quelle sera donc notre sauvegarde contre ces terribles dérivés de la syphilis qui s'appellent, par exemple, l'ataxie et la paralysie générale? De sauvegarde en l'espèce, hélas! je n'en vois d'autre vraiment que la /?ro/jA?//fl£c/e même de la syphilis. Oui, il nous faut, pour trouver une égide contre ces deux fléaux, remonter jusqu'à la cause même de leur cause, c'est-àdire jusqu'à la contagion de la syphilis et attaquer, combattre dans ses origines cette contagion néfaste.

ArFKCTIONS PAIIASVI'IIILITIQUES.

Cela est lellemeiit vrai, cela est tellement dans la logique des clioses que déjà un savant aliéniste, jetant le cri d'alarme devant le flot toujours montant, paraît-il, de la paralysie générale, a réclamé, en son nom, à lui aliéniste,... devinez quoi: des mesures de prophylaxie publique contre la syphilisM Soit dit au passage, qui se fût attendu jamais à voir les aliénistes en celte affaire? Qui se fût attendu à les voir devenir nos collaborateurs pour l'étude des origines et des moyens de répression de la syphilis?

Je termine. — A coup sûr, l'annexion à la syphilis des affections parasyphilitiques aggrave considérablement le pronostic de cette grande infection, en la chargeant de responsabilités écrasantes que vous connaissez maintenant. C'est là une vérité qui, malheureusement, n'est que trop authentique.

I. «... La question des rapports de la paralysie générale et de la syphilis ;i une importance capitale, parce qu'elle se rattache d'un côté à l'histoire d'une des maladies cérébrales les plus graves, de l'autre, à cette grande question d'hygiène et de préservation sociales dont tout le monde se préoccupe avec raison aujourd'hui : ]a prophylaxie delà sypltilis. 1! est d'autant plusà désirerque la discussion engagée à ce sujet devant l'Académie de médecine ahoutisse rapidement à des mesures efficaces que la diminution des chances de contagion de la syphilis peut et doit, si l'opinion scientifique prédomtnautc est fondée, diminuer par cela même le nombre toujours grandissant des cas de paralysie générale, c'est-à-dire d'une des maladies les plus redoutables, puisqu'elle frappe l'homme de déchéance physique et morale à l'apogée de la vie. » — E. Régis, Note sur les rapports de la paralysie générale et de la syphilis, (îazelte méd. de Paris, 1888, p. 3o8.

CONCLUSIONS

Eh bien, cette vérité, j'ai cru qu'elle était de l'ordre de celles qui sont bonnes à dire^ etje viens de la dire in extenso dans l'exposé qui précède.

C'est qu'en elTet la révélation et la vulgarisation de cette vérité m'ont paru répondre à un double intérêt : mlévèl scientifique^ consistant à rattacher à une cause tous ses effets, à grouper autour de cette cause tous les accidents morbides dont elle est responsable, bref à montrer la syphilis pour ce quelle est en réalité, avec toutes ses conséquences possibles, directes ou indirectes ; — intérêlpratique^ pouvant dériver de cela même, à savoir d'une connaissance plus exacte et plus vraie de la maladie.

Car, à ce dernier point de vue, si la syphilis était appréciée à son taux véritable de malfaisance et de nocivité, si le public médical voulait bien se rendre compte de tout ce dont elle est réellement coupable, et, a fortiori^ si le public extramédical pouvait savoir ou voir de ses yeux ce que nous voyons, nous, soit dans nos services spéciaux, soit dans nos cabinets de consultations, cela pourrait à coup sûr créer un courant d'opinion quimodifierait un état de choses actuel si profondément regrettable à tant et tant de points de vue. Dans l'état de choses actuel, on ne craint pas assez la syphilis^ et surtout on ne s'en défend pas assez., et l'on ne demande pas assez aux pouvoirs publics d'en défendre la société. De là bien des erreurs de pratique médicale, bien des indifférences, des négligences, des relâchements, des laisser-aller admi-

PARASYPHILITIQUES.

nistralifs ou autres, qui concourent au détriment général.

Tandis que, si l'on se plaçait en face de la vraie vérité, comme il convient de le faire quand on veut se rendre compte des forces d'un ennemi et proportionner à l'attaque les moyens de défense, bien des pratiques traditionnelles et routinières d'aujourd'hui céderaient le pas à des agissements mieux inspirés, plus conformes à la triste réalité des choses et plus féconds en heureux résultats.

Peut-être bien, alors, les médecins comprendraient-ils qu'il convient de s'occuper de la syphilis plus qu'on ne le fait en général, et surtout de lui opposer un traitement répressif plus énergique, moins uniforme, plus prolongé que celui auquel la plupart des malades sont soumis de nos jours. D'ailleurs, est-ce que l'annexion à la syphilis des grandes alFections nerveuses que nous venons de décrire ne nous impose pas des indications nouvelles, exigeant de notre thérapeutique des efforts nouveaux? Est-ce qu'il n'est rien autre à faire pour protéger les malheureux syphilitiques contre la paralysie générale ou le tabès qu'à leur prescrire et à leur prescrire exclusivement le traitement banal par le mercure et l'iodure*?

En second lieu, peut-être bien aussi notre Faculté comprendrait-elle qu'il y a un intérêt public, géné-

I. C'est l;i un point de haute importaace sur lequel je me suis efTorcé d'appeler l'altention dans une publication récente. — \ . Tiailimenl de la syphilis^ p. 677 et suiv.

CONCLUSIONS

ral, ù exiger de ses élèves, nos futurs docteurs, une éducation suffisante sur l'une des plus fréquentes et des plus graves maladies qu'ils auront à traiter, et à faire pour la syphilis ce que, par exemple, elle a fait récemment pour l'obstétrique'. Par un vote unanime^ l'Académie de médecine avait réclamé de ladite Faculté des réformes en ce sens il y a quelques années, lors de la grande discussion relative à la prophylaxie publique de la syphilis.

I. «... Il faut bien en convenir, disait le Rapport de la Commission académique sur la prophylaxie publique de la syphilis, la syphilis, dans l'état de choses actuel, est peu connue des médecins. Elle n'est réellement connue que de^ ceux, en petit nombre, qui ont été attachés comme internes, externes ou stagiaires, aux quelques services spéciaux de la capitale et des grandes villes de province. Combien d'étudiants achèvent leurs études et passent leur thèse sans avoir mis le pied dans les hôpitaux spéciaux autrement que pour une ou quelques visites de curiosité! Dans les examens de l'Ecole, combien il est rare que les candidats soient interrogés sur lasyphilis ! On évite même cet ordre de questions « spéciales » pour ne pas embarrasser les élèves, voire les bons élèves, qui peuvent avoir fait des études consciencieuses dans les hôpitaux généraux sans avoir eu l'occasion ou le loisir d'apprendre la syphilis.

« Conséquence : le plus grand nombre des étudiants se lancent dans la pratique en n'emportant des bancs de l'Ecole que des connaissances superficielles, élémentaires, rudimentaires, sur les aCfeclions vénériennes en généi-al et sur la syphilis en particulier.

« Et alors, conséquence de la conséquence, les erreurs sur la syphilis pullulent en pratique, erreurs parfois déplorables au point de vue de l'individu, de la famille, des nourrices, de tout le monde, erreurs qui pourraient être évitées par une éducation plus complète sur l'importante maladie qui comporte à la fois et tant de dangers individuels et tant de conséquences sociales, etc. .. » .

Et, au nombre des mesures capables de développer dans les jeunes générations médicales les connaissances syphiliographiques indispensables au praticien, la Commission académique utait inscrit la suivante :

« Exiger de tout aspirant au doctorat, avant le dépôt de sa

ArFKCriOKS l'AllASYPlIILlTlQUES.

Mais vous savez qu'eu notre pays les Ijonues idées oui loujours besoiu d'une très longue période d'incubalion avant d'entrer dans la pratique; et nous n'en sommes encore sur ce point qu'à la période d'incubation.

Peut-être bien, enfin (et loujours dans la même hypothèse), nos Conseils d'hygiène, nos édiles, nos députés ne dédaigneraient-ils plus de s'occuper de toutes choses afférentes à l'expansion loujours croissante de la syphilis. Peut-être consentiraient-ils, pour le plus grand bien de tous, à étudier, par exemple, ce qu'a produit chez nous la transformation qui s'est opérée de nos jours dans la prostitution parisienne, où des fdles libres de brasseries et de débits de vin se sont peu à peu substituées aux filles surveillées de l'ancien temps. Peut-être chercheraient-ils à se rendre compte de ce qu'a produit dans un pays voisin un essai en grand de prostitution libre. Peut-être enfin prendraient-ils à tâche d'édifier, de codifier un ensemble de mesures de prophylaxie publique contre cette terrible maladie que déjà un ancien et illustre hygiéniste (sans connaître cependant tout ce dont actuellement nous la savons capable) avait qualifiée du nom de Peste moderne.

thèse, un certificat de stage de trois mois dans un service de vénériens ou de -vénériennes m.

Cette proposition avait été acceptée à riiiiaiiiniilé par l'Académie de médecine. Mais elle n'en attend pas moins sa sanction, qu'elle attendra sans doute longtemps encore.

(V. A. Fournicr, Pro/}/i}/auie de la syphilis, Bnlleliu de l Acad, de méd. 1887.)

CONCLUSIONS

Préparer les voies à de tels résultais est une ambition qui m'a toujours obsédé.

La démonstration de la grande vérité que j'ai essayé de mettre en lumière dans ce qui précède ira-t-elle à ce but par une voie indirecte? Je ne le sais, mais je voudrais l'espérer. En tout cas, c'est un effort que j'ai tenté en ce sens par la publication de ce livre, pour avoir le droit de venir dire à mes confrères, à nos hygiénistes, à nos gouvernants : « Prenez garde! En réalité, la vérole est un ennemi plus redoutable que vous ne le pensez. Elle ne se borne pas à l'ordre des méfaits — déjà si nombreux et si terribles cependant — qu'on lui attribuait jusqu'ici. De par l'observation contemporaine, elle comporte en surplus, en supplément, d'autres dangers plus sérieux encore et plus menaçants; elle est responsable notamment de toute une série d'affections nerveuses des plus graves, dont les types usuels ne s'appellent rien moins que paralysie générale et ataxie. Sa prophylaxie devient donc, à ce titre, un intérêt public, social, et mérite sans douîe plus d'attention, plus de souci, plus de sollicitude, qu'on ne lui en a accordé jusqu'à ce jour. »

TABLE DES MATIÈRES

Exposé du sujet. — Que faut-il entendre par le ternie d'afl'ections parasyphili tiques? — Une maladie, quelle qu'elle soit, est lin ensemble morbide composé de ions les accidents qui peuvent surgir de son fait. — Application en l'espèce. — Division de la syphilis en accidents syphilitiques proprement dits

et en accidents parasyphilitiques i

1. — Caractéristique générale : I. Les affections parasyphilitiques ne relèvent pas nécessairement et exclusivement de la syphilis comme cause. — H. Elles ne sont pas influencées par les remèdes dits « spécifiques de la syphilis » comme le sont les affections syphilitiques vraies.

Objections à la doctrine (J

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