‹ Les affections parasyphilitiques [electronic resource]Chapitre 9 sur 68 · CÉPHALÉE NEURASTHÉNIQUE · texte numérisé non relu

CÉPHALÉE NEURASTHÉNIQUE

que la neurasthénie se manifeste en dehors de l'orage secondaire qui lui servait de cortège dans le type précédemment étudié, sous quelles formes se présente-t-elle à l'observation?

Quoique nous soyons encore bien novices en la matière, nous pouvons répondre ceci :

Que parfois elle affecte une forme fruste^ qui

est celle de la céphalée neurasthénique \ que,

d'autres fois, elle prend une forme plus complète, avec prédominance de symptômes ou médullaires ou cérébraux (myélasthénie, cérébrasthénie) ; — mais que bien plus souvent elle revêt, par rapport à ce qu'est la neurasthéuie commune, une forme mitigée^ adoucie, comme avortée presque, en même temps que vague d'expression, c'est-à-dire sans prédominance marquée d'aucun ordre de phénomènes, et consistant surtout en un certain état de langueur générale asthénique.

Étudions ces diverses formes.

Céphalée neurasthénique .

La céphalée neurasthénique qui se développe sous l'influence de la syphilis n'est rien autre que ce qu'elle est couramment, usuellement, alors qu'elle dérive de n'importe quelle autre cause.

Elle consiste purement et simplement en ceci :

AFFECTIONS PAn\SYI>HILITIQUF,S.

un état de malaise de la lêle, malaise plus impor- Uin que douloureux, et naturellement escorté, comme tout phénomène de cet ordre, de quelques troubles sympathiques.

Ce qui en fait l'importance, disons-le immédiatement, ce n'est pas la douleur même en raison de son intensité, de son acuité, mais bien la persistance, la permanence, la durée. Rien d'odieux, d'intolérable comme un mal (voire un petit mal) assidu, continu, qui vous persécute incessamment, qui s'installe à l'état de fait habituel et avec lequel on n'en a jamais fini. Or, précisément, telle est la céphalée neurasthénique, dont la durée ne se compte guère par mois, mais plutôt par années. En sorte que, sans comporter une grande acuité douloureuse, elle n'en aboutit pas moins à troubler absolument l'existence et à devenir un véritable supplice.

Comme exemple du genre (mais comme exemple à coup sûr exagéré, excessif, car il s'en faut très heureusement que ce soit là un type habituel), je vous citerai le cas d'un de mes malades de la ville qui a été affecté d'une céphalée de cet ordre pendant une dizaine d'années. Après avoir contracté en 1879 une syphUis dont il se traita d'ailleurs assez correctement, il commença, vers i883, à souffrir de la tète d'une façon rappelant exactement la céphalée neurasthénique; puis ce mal de tête, avec des inlermissions et des exacerbations tout aussi inexplicables les unes que les autres, l'a poursuivi pondant

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