‹ Les affiches illustrées (1886-1895) Ouvrage orné de 64 [i.e. 72] lithographies en couleur et de cent deux reproductions en noir et en couleur d'après les affiches originales des meilleurs artistesChapitre 19 sur 241 · VIGNE · texte numérisé non relu

VIGNE

graphie et une œuvre originale, car le lithographe a été abandonné à luimême pour l'agencement de son dessin.

C'est ainsi qu'a procédé M. Clouet pour un portrait fort aimable de Mme Anna Thibaud, et bien d'autres dessinateurs dont les œuvres sont anonymes.

je ne sais rien de .M. Louis Colas, si ce n'est qu'il a lithographie un portrait agréable de Mlle Micheline, de l'Eldorado.

On se rappelle que Lille a célébré avec éclat, en 1892, le Centenaire Je l.i levée du siège de la ville. Les fêtes qui avaient revêtu un caractère officiel ont été annoncées par une affiche dont M. Couturier a fourni la composition et qui a été lithographiée par M. Galice. Elle est devenue un document historique.

J'ignore ce que sont les Pianos Focké et je ne me sens pas le désir de l'apprendre; ce sont des pianos et cela me suffit. Ce qui m'intéresse davantage, c'est de savoir que M. Daynau a dessiné pour eux un placard bien compris et qui avait sur la muraille fort bonne allure.

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Fac-similé d'une affiche dessinée par Alf. Cuoubrac. (Appel, imp.)

Paris n'a vu que peu d'exemplaires d'une affiche de M. Maurice Denis pour la Dépêche de Toulouse. Cette affiche, d'une couleur charmante, d'un joli dessin et d'une grande douceur d'aspect, représente une jeune femme vêtue d'une robe parsemée de fleurs, confiant de ses mains mignonnes, à des fils électriques, le soin de répandre le titre du journal

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qu'elle patronne. Dans la partie inférieure de la composition se trouvent quelques admirateurs groupés de manière originale.

M. P. DlLLON est connu des artistes et du public. Ses délicates compositions lithographiques se retrouvent dans presque toutes nos publications recherchées. M. Dillon, suivant l'exemple qui lui a été donné un peu par tout le monde, n'a pas pense qu'il lui fût possible de ne point l'aire d'affiches et il a eu raison: après avoir lithographie avec une belle souplesse, avec des tons calmes et rêveurs, le grand placard dessiné par M. A. Gérardin pour le Monde illustré hebdomadaire, il a l'ait une excellente affiche pour VEau Je Vichy. Cette dernière est une estampe d'un goût parfait. M. Dillon a collaboré à l'affiche de l'Exposition des Incohérents, de [8q3.

Peu de dessinateurs ont pénétré aussi intimement que M. Dunki les sentiments de notre armée. Je ne sais s'il a eu l'honneur de lui appartenir, mais il l'a vue de près et comme il faut la voir: il n'y touche qu'avec respect.

M. Dunki a fait une affiche pour l'ouvrage du colonel Hennebert : Nos soldats. C'est une œuvre de belle venue exécutée avec une sérieuse entente du mouvement des masses militaires.

11 s'agit d'une revue. Au premier plan un régiment de cuirassiers dont les trompettes sonnent aux champs: au fond, perçant les lignes, les spahis s'avancent au galop de leurs chevaux, précédant le Ministre de la guerre. Cette affiche porte sa date : le Ministre qu'on aperçoit à peine est cependant facile à reconnaître : c'est le général Boulanger.

Voici le portrait en costume de soirée de l'une de nos chanteusesétoiles : Mlle Nicole. 11 est très bien ce portrait: M. A. Egolf y a mis beaucoup de charme. C'est trop juste, puisque c'est un portrait.

Le Midi bouge! Un industriel de Beaucaire a fait dessiner par

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M. Elzingre une bonne affiche pour la Grande brasserie du Sud-Est; il est bon d'ajouter que eette affiche a été exécutée à Paris.

Les affiches de cafés-concerts ont le don de passionner le public; elles lui rappellent des soirées bruyantes et joyeuses: il y retrouve des profils connus et qu'il a plaisir à revoir.

Relativement rares et destinées à ne point franchir les limites de cer-

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Fac-similé d'une affiche dessinée par Grun.

tains quartiers, ces affiches sont malheureusement tirées à petit nombre. et je ne crois pas qu'il en existe de collection complète; cela est éminemment fâcheux, une collection comme celle-là aurait une grande valeur episodique.

Le café-concert a son publie à lui, plus nombreux qu'on ne croit, et cela se comprend, il est un peu le journal parlé ou chante, le journal considère au point de vue « faits divers ». 11 n'est pas toujours une école de haute moralité, la musique y l'ait le plus souvent défaut, la poésie en est

absente, mais en le suivant avec assiduité, on ne laisserait échapper aucun événement, aucun incident même de notre vie de chaque jour.

Les cales-concerts ont leurs dessinateurs attitrés et ces dessinateurs sont nombreux; dans ces dernières années, ils ont un peu modifié leur manière de faire. Aujourd'hui le portrait domine, le sujet s'éloigne, la composition se l'ait rare, on ne peut que le regretter.

M. Esch a dessiné un certain nombre d'affiches de ce genre ; je n'ai de lui, et j'en suis désole, que les Albertini, du concert de l'Horloge; 'riiilnu.de l'Alcazar d'Eté: Leroux: Jacques Inaudi, du Concert Parisien.

Cette dernière pièce est amusante. L'auteur y a représenté diverses phases des exercices d' Inaudi; sur le premier plan, il a figuré la salle de l'Académie des Sciences de l'Institut, où le jeune calculateur a été appelé à résoudre quelques problèmes en présence de nos savants assemblés.

M. F ARIA est encore l'un des artistes qui prêtent l'appui de leur crayon aux cales-concerts. 11 a eu souvent recours à l'impression en camaïeu: ses compositions Tort agréables, très mouvementées, appellent le regard et le retiennent

Je n'ai de M. L aria qu'une partie de son œuvre et je signale particulièrement : Miss Matthews dans sa mystérieuse danse serpentine; — Frémy dans son répertoire naturaliste; Zelie Weill; — La reine de la haute- gomme; — L'Escadron volant de la reine; — H. Plessis; — La vie ait eafe-eoneerl : Alcazar d'Eté. Derouville-Nancey ; — The Roberl's; Les sieurs Perval; - Lucette de Verly; — Mothu; — Froufrou; Eugénie Fougère; Maurel; — Thymol-Doré.

Retenez bien le nom de M. Georges De Feure. L'avenir, un avenir prochain, lui fera une place parmi nos artistes les meilleurs et les plus estimés.

M. De Feure a eu la bonne fortune d'être remarqué dès ses premiers essais; une exposition spéciale dans laquelle il a montré un bel ensemble d'oeuvres sérieuses, l'a mis en lumière. Ses facultés décoratives bien per-

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Fac-similé d'une affiche dessinée par E. Grasset, pour la Graftoa Gallery, de Londres.

LES AFFICHES ILLUSTRÉES (i886-i8g5)

sonnelles et qui évoquent quelquefois le souvenir de l'Orient, sont pleines de séduction; ses aquarelles élégantes, ses peintures fines et gracieuses, parfois un peu mélancoliques d'aspect, présentent, avec leur couleur toujours harmonieuse, un grand caractère de modernité et de distinction.

Elles ont insensiblement conduit l'auteur à l'estampe murale. Là, M. De Feure a donné à ses personnages des ajustements d'une variété et d'une richesse de tons qui forcent l'attention Toutes les affiches de cet artiste original doivent être classées au nombre des plus remarquables de ces dernières années. Favorisé en toutes choses, il a trouvé en M. Bataille.

le très habile imprimeur, un traducteur fidèle de sa note chaude et claire.

Je connais de M. De Feure, les affiches de Léo-Berl; - des Gaufrettes du gourmet; — des Thés. Palais indiens; — de Touroff; — d'Edmée Lescot, du Casino de Paris: — de Naya, de l'Horloge; — de Camille Roman :

— de Marjolaine; — de Fonty;

— de Genève; — de la cinquième Exposition de la Plume; — du

Fac-similé d'une affiche dessinée par De Feure (Bataille, imp.i

LES Al FK HES ILLUSTRÉES (1886-1895).

Paris Altnanach de Sagot; des Montmartroises, chansons de Jean Goudezki; du journal Le Diablotin, de Bruxelles: — la charmante petite affiche qu'il a offerte au* Copains du diable au corps, et enfin /.y /,<</<.' Fuller dans sa création nouvelle : Salomé.

On pourrait se demander comment M. Forain, ce grand artiste dont la vie est si extraordinairement active et si utilement remplie, a pu trouver le temps nécessaire pour dessiner trois affiches.

Elles existent cependant. L'une a ete faite pour l'Exposition des arts Je la Femme, au Palais de l'Industrie: la seconde pour un roman : La Femme d'affaires, de M. Dubut de Laforest : celle-ci est un chef-d'œuvre; la dernière enfin a ete dessinée pour la deuxième Exposition du Cycle: elle est parfaite.

Il v a peu de dessinateurs qui aient autant produit que M. Gustave Fraipont. Professeur distingué, écrivain clair et précis, il a touché à tout et il v a touche de manière intelligente.

Personne n'a su comme lui faire un aussi heureux usage de la Heur et l'allier plus étroitement à l'illustration du livre ou à l'ornementation de l'affiche : dans les compositions de Fraipont la Heur ne nuit jamais à l'effet du sujet principal, elle ajoute au contraire à sa compréhension.

Pour obtenir un pareil résultat, il fallait, outre des connaissances spéciales, une grande légèreté de main et un goût profond de l'harmonie des couleurs: M. fraipont a cela. Les livres qu'il a illustres seront plus tard dans toutes les bibliothèques, ses affiches peuvent être considérées comme d'utiles documents, elles seront avant peu dans les collections qui existent ou se forment.

11 en a donné un certain nombre: je ne veux rappeler ici que celles qu'il a faites récemment et rentrent ainsi dans le cadre que je me suis trace.

La Compagnie de I'Ouest lui doit : Paris cl Londres: - Paris à Londres;— Paris à Londres. l'Angleterre cl l'Ecosse; - Normandie cl Bretagne; Normandy and Britany, Fleurs, fruits, primeurs

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