GRAND ROMAN PARISIEN
LES AFFICHES ILLUSTREES (i886-i8g5). 65
à destination de Londres; — Argenteuil et Mantes;— la Compagnie du Nord : Enghien-les-Bains. - Excursions à la mer, -- Pierrefonds, Compiègneet Coucy; — la Compagnie de I'Est : les Vosges; — la Compagnie d'ÛRLÉANS : trois compositions différentes pour les Exclusions en Touraine, les châteaux des bords de la Loire; — Excursions dans les Cévennes; — la Compagnie de Lyon : Roy ai; — les Chemins de fer de I'Etat : L'Océan; — Roy an-sur-V Océan.
M. Fraipont a également dessiné une affiche pour les Concerts de la Tour Eiffel et une autre encore pour l'Exposition un iverselle d'A n vers.
l'ignorais le nom de M. Gab avant qu'il eût publié une première affiche pour le journal La Presse et une autre pour le journal La Pairie. L'affiche de l'Olympia et celle des Maîtres Chanteurs, les dernières en date, ont été remarquées ; on peut exprimer le regret qu'elles n'aient pas été suivies d'autres placards du même auteur.
Fac-similé d'une affiche dessinée par Forain. (Quantin, imp.;
-M.L.Galice a lithographie l'affiche faite par .M. Couturier pour les fêtes. du Centenaire de la levée du siège de Lille, que j'ai déjà mentionnée.
66 I l S AFFICHES ILLUSTRÉES (1886-1895).
11 a dessine plusieurs autres affiches pour ['Abbé Constantin; —
Mme Kerville, de l'Eldorado; la Grenouillère, du Nouveau-Cirque;
Suarez-Llivy : Fête des fleurs pour les victimes du devoir (1894).
M. A. Gallice, qu'il ne faut point confondre avec le précédent, a lithographie un fort joli portrait de Mme Anna Thibaud, dessiné par M. Gorguet.
M. Léo Gausson a trouvé, d'un aimable trait de plume, le seul costume qui puisse convenir à une jeune femme qui étend son linge : cheveux noirs légèrement épars, jupe courte jaune, corsage et bas rouges.
La Lessive-Figaro ne pouvait confier sa cause à meilleur et plus éloquent avocat.
11 y a peu de Parisiens qui n'aient gardé le souvenir de cette belle affiche en six feuilles que le Monde illustré hehdom.1d.1ire a fait placarder en 1890. Composée très habilement par .M. A. Gérardin, elle a été lithographiée par M. P. Dillon. Cette affiche est sans contredit l'une des plus remarquables de l'époque où l'on pouvait encore les compter.
Si l'on recherche plus tard nos placards contemporains. et on les recherchera, soyez-en sûrs, on aura la joie d'y rencontrer souvent les profils de deux femmes qui occupent dans la vie théâtrale de notre pays, à des titres divers, deux places éminentes. Ce sont .Mme Sarah Bernhardt et Mme Yvette GuUbert; on y trouvera aussi, et ce sera une fête pour les veux, la délicieuse Loïc Fuller, la créatrice de la Heur animée, de la flamme vivante.
MM. Gorguet et Orazi ont été inspires par le talent tragique de Mme Sarah-Bernhardt ; ils ont produit en collaboration deux affiches pour l'un des succès triomphaux de la grande artiste : Théodora.
Le cadre de ces affiches renferme dans sa partie gauche le portrait de Sarah et ligure dans son ensemble une mosaïque d'ordre roman, dans laquelle semblent encastrées deux scènes différentes du drame de M. Vict.
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Sardou. Exécutées avec
beaucoup de talent, ces compositions sont pleines d'originalité.
M. Gorguet a publié seul de belles affiches pour le Roi d' Ys et pour le journal La Famille.
11 a dessiné en outre, pour un concert parisien, un portrait de Mme Anna Thibaud dont la lithographie a été confiée à M. A.
Gallice. Les affiches de M. Gorguet sont de celles qu'il faut posséder.
Le nom de M. Eugène Grasset se retrouve fréquemment dans le cours de ce livre ; personne n'en sera surpris, il y doit occuper l'une des premières places.
M. Grasset est, en effet, l'un des artistes décorateurs les plus remarquables de notre temps. Dans ses productions si nombreu-
Fac-similé d'une affiche dessinée par Steinlen. (Ch. Verneau, imp.)
,,:; I i - \l 'Fil II! S ILLI STRÉES (1886 1895).
^■s, il a pris corps à corps les difficultés les plus liantes et les a loyalement vaincues. Ses œuvres qui sont, si l'on peut ainsi parler, de l'archaïsme moderne, révèlent une puissante personnalité. Homme d'érudition, travailleur infatigable, il a pour la nature, et c'est là tout son secret, un culte réfléchi : dans les interprétations qu'il en donne, il est à peu près inimitable.
On l'a bien vu d'ailleurs à l'Exposition de ses œuvres préparée par les soins de .M. Léon Deschamps, au Salon Je la Plume, en mai [804.
Avant cette époque. M. Grasset était surtout répandu dans le monde des arts: la majorité du public ne le connaissait que par sa belle illustration des Quatre Fils Aymon et par les affiches dont il avait illustré nos murailles. Ce fut le concours institué pour les verrières de Jeanne d'Arc destinées à la cathédrale d'Orléans qui le mirent en lumière: son exposition lit le reste.
I.à, on constata, non sans surprise, que M. Grasset, comme les imagiers d'un autre âge, possédait au degré le plus élevé les aptitudes les plus diverses, les connaissances les plus étendues. L'artiste y montrait des dessins de broderies et d'étoffes, des ornements religieux, des décors peur la ( 'lusse d'Esclarmonde, des études de faïences peintes, d'exquises illustrations de librairies, de belles lithographies, des projets de meubles. des meubles exécutés pour M. Ch. Gillot, des mosaïques, de délicieux ornements typographiques, de la serrurerie et des fers forgés, des aquarelles et des peintures, des croquis d'architecture, des affiches et surtout des vitraux, cartons ou exécutions, d'une facture savante et d'une composition lumineuse, œuvres d'une rare conscience que, seuls, n'ont point admire ni compris les juges des verrières d'< )rléans.
Les affiches de M. Grasset constituent une partie importante de son œuvre. On y retrouve toute la science de l'artiste: il les traite le plus souvent à la manière de ses vitraux et cerne son dessin d'un trait élégant et sur.
|e ne sais si je possède toute la collection murale de M. Grasset; je donne ici la liste de ce que j'en connais :
Librairie romantique, avec et sans lettre: il a été tiré quelques
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Fac-similé d'une affiche dessinée par Frédéric Régamey. iLemercier, imp )
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épreuves sur vélin fort; Les Fêtes de Paris, la lettre était tirée sur feuille volante et collée sur l'affiche elle-même : Le ( 'avalier Miserey, par Abel Hermant; - Vous ne tousserez plus si vous prenez des pastilles Alexandre; Cheminsde fer du Sud de la France; — L'Odéon, abonnement aux soirées classiques des lundis et vendredis; — Jeanne d'Arc(Sa.rah Bernhardt), affiche inédite, cheveux frisés: — Jeanne d'Arc (Sarah Bernhardt), affiche publiée, cheveux longs et tombants ; — Harper's Magazine, 1892; Harper's Magazine; Chocolat Mexicain: - .1 la Place Clichy; Les Capitales du Monde, deux formats; - Histoire de France, par Victor Duruy; -- Bougie Fournier, Marseille;
Encre Marquet, avec et sans lettre: petite réduction avec lettre: Exposition des Artistes français, à la Grafton Gallery, à Londres, sans lettre: - La Walkyrie, avec et sans lettre, noire et coloriée: Exposition de Madrid, centenaire de Christophe Colomb, avec et sans lettre: — Salon de la Plume. Exposition de E. Grasset, avec et sans lettre: il a été tiré quelques épreuves sur japon; .1 new life of Napoléon, magnificently illustrated is now beginning in the Century
Magazine .deux affiches différentes).
Dans cette incessante production, où chaque matinée vient joindre un OU plusieurs documents à ceux qui existent déjà, chacun de nos artistes veut apporter la note qui lui est propre. C'est grâce à ce concours tacitement institue que nos murs présentent autant d'attrait.
Vous vous rappelez sans doute le nom de M. 11. Gray que les journaux illustres, spécialement le Chat Noir, ont fait connaître. M. Gray a faitdesariiches.il en fait encore. Celle du Bal masque de l'Opéra, de [892, était bien comprise. C'était une joyeuse polichinelle fantaisiste brandissant sa marotte: l'auteur, ne sachant trop où les mettre, n'avait pas eu la cruauté de lui ajouter les bosses traditionnelles. Revêtue d'un maillot noir, d'un corsage mi-partie noir et soie changeante, d'un chapeau noir et de gants noirs, cette jeune polichinelle n'éveillait, malgré ce costume un peu sévère, aucune pensée de deuil, au contraire! Le fond