‹ Les affiches illustrées (1886-1895) Ouvrage orné de 64 [i.e. 72] lithographies en couleur et de cent deux reproductions en noir et en couleur d'après les affiches originales des meilleurs artistesChapitre 24 sur 241 · CHAMPS-ELYSÉES · texte numérisé non relu

CHAMPS-ELYSÉES

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indiqué que M. Ibels arrive à une extraordinaire intensité d'effets. Ses personnages, bien en place, disent ce qu'ils doivent dire et ne pourraient pas signifier autre chose que ce qu'ils signifient, ils respirent à pleins poumons et vivent bien dans l'air qui les enveloppe.

L'affiche du journal l'Escarmouche parait montrer mieux qu'aucune autre les facultés synthétiques de l'auteur : le lieu de la scène est un cabaret. Le patron est à son comptoir, la patronne près de l'entrée; deux ouvriers ont quitté un instant le verre de vin qui leur a été servi: un régiment passe sur la route

Le patron , les poings sur les hanches, sent s'agiter en lui ses sentiments patriotiques : — Qu'ils y viennent donc, les Allemands! dit-il. — Pauvres enfants! pense la femme. L'un des ouvriers s'apitoie, lui aussi, sur le sort des soldats. — Laisse faire, dit l'autre, cela ne durera pas toujours!

M. Ibels a encore dessiné d'autres affiches pour la première Exposition du Salon de la Plume: pour Mme Irma Perrot, pour le Lever du Critique, pour Jane Debary, pour Yvette Guilberl au théâtre d'application et enfin pour .Mme Irène Henry. Celle-ci est d'une bien

Fac-similé d'une affiche dessinée par Ibels. (Delanchy et C", imp.)

ES AFFICHES ILLUSTREES (iftfto i8g5).

jolie couleur; l'attitude de la chanteuse est d'une scrupuleuse vérité. Le dernier placard de M. Ibels, et probablement son meilleur, a été dessine parlai pour V Exposition de ses œuvres au Théâtre d'Application. Sous une forme ingénieuse, l'auteur a montré dans cette affiche les types principaux dont il a poursuivi l'étude : l'Arlequin, le Pierrot, la Xoceuse,

~ . l'Hercule. Cette affiche V^OOOI jg couleurs tendres et nuageuses n'a peut-être pas été remarquée parles passants, elle a certainement ému les artistes; elle n'est pas une com-

fcptaiSif et) la) Acte position, à vrai dire, mais

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clans aucune de celles qui

l'ont précédée.

Je voudrais seulement citer un polirait de Mme Arman d'Arv pour le Concert des Ambassadeurs. L'auteur de ce portrait est M. S. -M. J \- ■ obi, qui a également dessine un autre portrait en grosse-tète d'un chanteur connu dont la modestie surpasse le talent : c'est iKiitlus. est-il bes< lin de le dire?

Fac-similé d'une affiche dessinée par Ibels. (Eug Vi rneau, imp.i

De tout temps les parfumeries ont eu recours à l'affiche illustrée. Elles avaient surtout placé leur confiance dans le tableau-annonce dont le petit formai convient à merveille à l'intérieur de leurs établissements et ne leur prend qu'une place restreinte. De ces tableaux, beaucoup sont remarquables, surtout ceux qu'impriment M. Champenois et M. Minot.

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i. BOUDET, Editeur

imprimerie ciiArx

mais ce sont des chromolithographies très poussées et non de véritables affiches: la voie publique sans leur être interdite, ne leur a jamais donné asile. En remontant à l'Empire, le créateur de cette publicité spéciale, celui qui, du premier coup, lui a assuré la physionomie la plus attachante, est certainement M. Rimmel, l'un des hommes les plus sympathiques, l'un des esprits les plus ouverts qu'il soit possible de rencontrer.

La fleur très étudiée était la plus puissante auxiliaire des dessinateurs des tableaux de Rimmel. Pour imprimeur, il avait choisi Jules Chéret; ces deux intelligences étaient faites pour s'entendre.

De nos jours, les affiches des parfumeurs affrontent le grand soleil. Celle que M. Japhet a composée pour ['Eau Ionique Dicquemare est d'un agréable effet.

Pourquoi ne mentionnerais-je pas ici, pour ce qui concerne cette industrie, les affiches anonymes qui méritent d'être signalées? Je ne saurais trouver moment plus propice: il y en a peu d'ailleurs. Celles qui sont signées se retrouveront aux noms de leurs dessinateurs. Nommons donc les suivantes :

Eau végétale florentine; — Savon de la Manche: — Eau épithéliale;

— Élixir dentifrice des bénédictines de l'abbaye de Soulac; — Amaryllis du Japon : — Crème dentifrice; — Savon souvenir de Cronstadt;

— Ondine, poudre de riz. Pour YOndine, il y a quatre affiches différentes tirées en noir sur blanc; elles sont signées Misti.

M. Werneuil a dessiné une affiche pour les Dentifrices du docteur Pierre; elle rappelle les procédés de M. Grasset.

J'écrivais, il y a un instant, le nom de M. Japhet. 11 y faut revenir. -M. Japhet, en effet, a créé une série d'affiches pour les Compagnies de chemins de fer.

Il n'en a publié que trois jusqu'ici : l'une pour l'Été à Dieppe, l'autre pour les Stations balnéaires du chemin de fer du Nord, la troisième pour Boulogne-sur-mer .

Elles sont bien, sans aucun doute, mais elles font songer, par leur

couleur et leur disposition, au Fidèle Berger et aux succulents bonbons qui taisaient la joie de nos premières années.

M. Japhet a publié aussi une affiche pour le Pôle Nord.

Je ne me sens qu'une tendressse relative pour les affiches de M. Jossot. Certainement l'académicien qu'il a dessiné pour le Salon Je la Plume était amusant et donnait une impression nouvelle fort curieuse, mais il n'était pas nécessaire d'y insister. L'auteur cependant ne s'en est pas tenu là, il a composé un autre placard pour les Pains d'épices Je Dijon, ('h. Auger; c'est l'intervention du vermicelle dans l'interprétation de la nature. Cela me fait involontairement penser aux epinards : Je n'aime pas le vermicelle....

11 n'y a q-uère plus de trois ans que M. Lucien Lefèvre se préoccupe de publicité artistique. Entré fort jeune dans la carrière, il a fait tout d'abord du dessin industriel: la maison Chaix se l'étant attaché, il a reçu là les conseils de Jules Chéret et, sur ses indications, il a résolument abordé l'affiche.

Un peu hésitant à ses débuts. M. Lefèvre est devenu vite un lithographe exercé dont la conscience est la qualité dominante. 11 n'a pas sans doute l'envolée du maître, on lui souhaiterait un crayon plus mâle: on voudrait que sa personnalité s'accusât plus franche et plus confiante en elle-même: non pas que cette personnalité soit sans une sérieuse valeur: les œuvres de M. Lefèvre. au contraire, doivent être classées au nombre des plus saillantes: les progrès réalisés par lui, en 1894, sont considérables, et ses récentes affiches lui assurent les plus vives sympathies.

Il a dessiné pour le Nouveau-Cirque : Don Quichotte; — La Rosière Je Charenton; — Le Yacht; — Boule Je Siam.

Pour les chemins de fer : Lille à Cabourg; Chemins Je fer du sud Je l.i France: — Excursions en Normandie et en Bretagne. Cette dernière affiche semble être l'une de ses meilleures.

Pour les stations thermales ou les bains de mer : Laux thermales Je

LES AFFICHES ILLUSTRÉES (i886-i8q5).

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