‹ Les affiches illustrées (1886-1895) Ouvrage orné de 64 [i.e. 72] lithographies en couleur et de cent deux reproductions en noir et en couleur d'après les affiches originales des meilleurs artistesChapitre 37 sur 241 · LESSIVE FIGARO · texte numérisé non relu

LESSIVE FIGARO

Trente Partout

Fac-S1mile d'une af6che dessinée par Léo Gausson. (Eug. Verneau, imp.;

Dans les enceintes de l'Exposition, il y eut peu d'aftiches. Les seules qui avaient une valeur artistique étaient celles de Jules Chéret pour le Palais des Enfants et pour le Panorama de la Compagnie transatlantique, celle de Gilbert pour les Gitanes de Grenade et enfin celle du Théâtre annamite, de l'Esplanade des Invalides.

A côté de celles-là, brillaient d'un plus modeste éclat — il n'est même pas bien prouvé qu'elles brillaient — les affiches du concert qui se trouvait près de l'avenue de La Bourdonnais. Du côté de l'avenue de Suffren, il y en avait encore quelques autres; elles sont restées négligeables. Je ne parle pas des affiches de la Tour Eiffel, qui étaient purement typographiques.

Au dehors, le mouvement de publicité était plus actif; il fallait nécessairement détourner, autant qu'il était possible, les regards de l'Exposition et appeler à soi les curieux ou les promeneurs. Les difficultés étaient grandes; elles restèrent insurmontables.

Ce fut la Compagnie d'exploitation de la Reconstitution de la Bastille et de la rue Saint-Antoine qui fit les dépenses les mieux comprises et les plus considérables; elle publia un nombre assez élevé d'affiches qui toutes méritent d'être gardées. Elles constituent à elles seules un document curieux pour l'histoire de Paris.

La Bastille avait ouvert ses portes dès 1888; bien lui en prit, car l'Exposition universelle absorba l'attention, au point de rendre nulles les chances de réussite de tous les établissements similaires qui se créèrent à sa suite.

La mode était aux reconstitutions de monuments historiques. Il y eut des affiches pour la Tour de Xesle; — la Cité sous Henri IV ; — le Petit Châtelet; — la Tour du Temple.

Il y en eut une de Jules Chéret, pour le Palais des Fées, élevé à grands frais sur l'avenue Rapp et qui sombra rapidement; il y en eut encore, et je ne parle que des établissements créés à l'occasion de la présence des étrangers à Paris, pour le Musée patriotique de Jeanne d'Arc; — pour le Pèlerinage national à la maison de Victor Hugo; — pour le Panorama de l'Histoire du siècle: — pour le Panorama du Tout-Paris.

i28 LES AFFICHES ILLUSTRÉES (1886-189S .

J'en passe et des moins bonnes!

Voici six années que l'Exposition universelle a disparu ; il reste de ses splendeurs passeesdes galeries et des palais qui. ne se trouvant plus dans leur cadre, manquent d'intérêt et ne servent qu'à masquer l'Ecole Militaire, l'une de nos plus belles et de nos plus complètes manifestations architecturales.

Dans ces palais cependant, de nouvelles expositions, nées des circonstances, viennent à intervalles irréguliers se chercher des installations provisoires. Sauf pour la Société des Artistes français qui a élu domicile dans le Palais des Beaux-Arts, ces expositions n'ont qu'une durée passagère : elles sont d'ailleurs, pour quelques-unes d'entre elles, plus industrielles qu'artistiques.

Ce qui nous les rend supportables, c'est qu'elles ont laissé des affiches. Nous y avons vu successivement :

L'Exposition internationale de l'alcool ; — L'Exposition de vélocir pédie; — L'Exposition internationale du matériel d'incendie cl de sauvetage; — L'Exposition de publicité ; — L Exposition internationale des produits du commerce el de l'industrie (celle-là avec l'une des plus belles affiches de Willette) ; - L'Exposition de photographie; — L'Exposition de blanc el noir; — L'Exposition internationale des timbres-poste; — L'Exposition du premier Salon d'été; — Cent ans de l'armée française; — Les Dahoméens ; — Le Sahara à Paris (dessin de Georges Meunier); — Les Fêtes de la France prévoyante : — l~i Fête de bienfaisance donnée au bénéfice des incendies de la Martinique el de la Guadeloupe (dessin de 1.. Lefèvre); — le Vélodrome d'hiver (dessin de Misti); — Les Prévoyants de l'avenir. Fêle des io millions.

Nous v avons vu la galerie Rapp transformée en Skating et la galerie des Machines, imposante et froide, couvrant de ses gigantesques arceaux des Matchs vèlocipèdiques ou les Matchs plus retentissants de Codr contre Gallot marcheur, puis.de Cody contre deux cavaliers. Ce dernier match a donné lieu à un bon dessin, très original d'arrangement, de Léonce Burret. Celui-ci a présente cette particularité que

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