POUR LA LIGUE
Fac-similé d'une affiche électorale, imprimée pour Bruxelles, par Goossens.
Cela se renouvela plusieurs fois et ne lassa jamais ni la patience intéressée des colleurs, ni la joie intense des passants.
Pour que notre plaisir soit complet, il faut que l'affichage électoral ait recours à l'image: les candidats n'ont pas toujours à leur disposition des édifices comme la fontaine Saint-Michel ou comme l'Opéra. A Nantes, on l'a bien compris : il y a dans cette ville un artiste qui signe du nom de Stick des affiches bien amusantes; on l'a compris mieux encore peut-être en Belgique, où les placards électoraux dessinés ont une importance plus grande.
Sous l'Empire, Adolphe Bertron illustrait de son portrait, et d'une allégorie amphigourique, son manifeste « aux humains ». Il resta, je crois, le seul.
i64 LES AFFICHES ILLUSTRÉES (1886-189S).
Plus tard, M. Thiers étant président de la République, un candidat qui répandit son placard un peu partout, mais principalement dans la Corrèze, succéda à Ad. Bertron. Il avait place en tête de ce placard trois clichés pris, un peu au hasard: sous ces clichés, il avait écrit pour légen-
• des : Pradier-Bayard en courroux contre l'Empire; Electeurs, accourez à l'urne électorale;— Pr.-tdier-Ii.iy.ird h V Assemblée nationale.
De la partie typographique de l'affiche, j'extrais ce qui suit :
« Elections de la Cor- « rèze du 2- avril [873.
« - - Electeurs. Pradier- « Bavard fera élever.
« nourrir et habiller deux 1 enfants de la Corrèze « pendant toute la durée t de son mandat. — i Quand ils auront grandi di, les faisant venir à ■ - * Versailles, il les portera
Fac-similé d'une affiche dessinée par Fernando. (Schneider, imp., à Hanoï) 1 1 1 i> »
« dans le sein de 1 Asa semblée pour montrer les Gracques de la Corrèze. et les plaçant à cali- « fourchon sur son dos. il les promènera triomphants et à genoux, comme 1 ht autrefois Henri IVdu Dauphin devant les ambassadeurs de l'Europe « ravis et étonnés.... Son élection n'étant point une sinecuritic. redira aux « siècles futurs ces mémorables paroles : « Laissez venir à moi tous les 1 enfants de la Corrèze, pour les couvrir des plus touchants bienfaits. » Cela était signé : « Pradier-Bayard. avocat, petit bourgeois en habit noir, comme M. Thiers sous la chasuble politique. »
IECTIONS EE6ISLAT1V
du II Septembre 1889
mri:iii si^^
Gai! Gai ! serrons nos rangs
Espérance de la France
Gai ! Gai ! serrons nos rangs En avant Gaulois et Francs
A d.WILLETTE