‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 122 sur 126 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

l'abbesse, émue.

Hélène, ma chère fille ! [elles se jettent aux bras Vune de Vautre). Promettez-moi, pour l'amour de moi, que vous resterez pure? Songez d'où vous venez, rappelez-vous le lieu que nous habitions ensemble. Chaque jour ne le répétiez- vous pas '.J'ai aimé la beauté de votre maison et le lieu ovi> habite votre gloirt^ ? Rappelezvous nos cellules, rappelez- vous la chapelle : Alfaria tua, Domine virtutum! Tes autels, Dieu des vertus! Immolez-vous, immolez- vous ! Vous étiez presque une consacrée.... Rappelezvous notre office de vêture, songez à toutes nos sœurs mortes en leur vœu de chasteté. N'aimez pas l'homme, ma fille, qu'est-ce que l'amour d'une créature ? Méprisez ce qui passe^ ayez en horreur ce qui souille....

HÉLÈNE, avec des sursauts.

Vous vous croyez sage, ma mère, et vous ( 219 )

n'êtes que cruelle.... Vous êtes riche de bonheurs et d'espoirs, vous possédez l'éternité. Moi, je n'ai rien... rien de cela. Ne m'arrachez pas ce qui me reste, laissez-moi croire à ce bonheur.

l'abbesse.

Ce bonheur est un crime, Hélène.

HELENE

Un crime? j

L ABBESSE

Ah ! n'en doutez pas. Laissez les autres, les nouveaux venus, sans souvenirs et sans passé, s'inventer une morale et des mœurs. Vous, fille de la grande famille religieuse, soyez \ fidèle à votre race. Vous qui avez aimé la Règle, souffrez, mourez pour elle... même si vous n'y croyez plus ! (Elle embrasse la jeune

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