‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 17 sur 126 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

PHILIPPE

Ne dis pas de bêtises, tu vois bien qu'elle ne t'a pas dépravée. {Pendant toute la scène, il va et vient, prépare une serviette, s'assied à sa table, range et corrige les notes quil emporte, va aux bibliothèques, etc.)

MARTHE

Oui, nous nous en sommes assez proprement tirés. Nous pouvons bien l'avouer aujourd'hui après treize ans de mariage.

PHILIPPE, riant.

Tu parles de cela dans un passé ! Nous ne sommes pas au bout de notre rouleau ! Les derniers coups de canon ne sont peut-être pas encore tirés.

MARTHE. {Ironie et bon sens.)

Quelles illusions, mon pauvre ami. Va ! nous pouvons prendre le parti d'être un vieux ménage.

PHILIPPE, mécontent.

Oui, c'est ta nostalgie, ton idée fixe ! Au fond, quel plaisir cela peut-il te faire? quel avantage y trouves-tu?

MARTHE

Un immense : la sécurité. Voyons, est-ce que cette paix-là n'est pas bonne? Est-ce qu'il n'est pas très doux de se reposer en toute confiance, je ne dis pas l'un sur l'autre, c'est toujours précaire, mais sur... les éventualités?

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