ACTE II, SCÈNE I
PHILIPPE, interloqué d'abord, puis froid.
Ma chère amie... d'abord Hélène et moi ne nous consacrons rien. Vivant sous le même toit il est naturel que nos promenades s'accompagnent. Elle travaille de son côté, moi du mien. Dans une bibliothèque publique peutêtre voisinerions-nous davantage. Tu sais très bien que je suis même assez peu chez moi dans cette grande library qui occupe tous les combles... Ton attirail d'artiste peintre est encore oublié dans un coin... Quant aux soirs et aux repas en commun, je me demande...
MARTHE
Vous ne lisez pas à la même table, je le veux bien. En attendant on vous monte le thé pour deux quand nous sommes à le prendre en bas.
PHILIPPE
Deux étages à descendre et remonter ! l'escalier n'est pas tellement chauffé.
MARTHE
Soit ! mais la lingerie donne sur cet escalier, et quand tu épargnerais aux domestiques des réflexions inutiles...
PHILIPPE
Parce qu'une bénédictine travaille dans ma bibliothèque !
Mademoiselle Schlumberger n'est plus une cistercienne. Elle n'en porte guère l'habit, et j'ajouterai qu'elle en a encore moins l'allure.