ACTE II, SCÈNE I
m 'apercevoir qu'une place était à prendre, puisque tu prétends qu'une rencontre de hasard l'a pu combler.
Ah ! je savais bien que tu finirais par avouer !
PHILIPPE
Mais c'est toi, ma pauvre femme, c'est toi qui me pousses à bout. Qu'est-ce que tu redoutes enfin? que je séduise une jeune fille qu'abrite ma maison, une expulsée, une religieuse...
MARTHE
Je sais très bien, mon pauvre Philippe, que tu es à des Ueues des pensées coupables, que troubler gratuitement cette jeune fille te
semblerait vilain, vilain, mais les meilleurs
peuvent être surpris. Tu peux, en passant, te laisser prendre au charme, à l'étonnement causé par un genre de femme que tu connais peu et dont, au fond, tu as horreur. Car, s'il te fallait vivre toujours auprès d'une intellectuelle, je te connais, tu deviendrais enragé. Allons, je t'ai fait ma scène. Tu vois, je n'ai pas d'aigreur, je suis clairvoyante seulement.
PHILIPPE, dont le visage s est durci à mesure quelle s'adoucissait.
Evidemment, je n'ai qu'à te remercier. Le service que tu me rends est inappréciable. Il n'y a rien de tel que d'éclairer les gens (il achève sa phrase le dos tourné, en s'en allant par le perron, puis remonte.) Il t'arrive quelqu'un. Je préfère qu'on ne me rencontre pas [il se prépare à fuir par une autre porté).