‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 67 sur 126 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

ce qu'étaient les repas avant votre arrivée... A voir comme il cause avec l'abbesse, vous ne vous douteriez pas qu'il y avait des semaines, à la lettre, où il ne desserrait pas les dents. Sa femme ne s'en apercevait même pas. Ce n'est pas qu'elle soit idiote; elle est habituée. Elle dit : mon mari n'est pas causeur, il a besoin d'être entraîné.

HELENE

Il n'essaie donc pas de la secouer?

Mlle DURET.

La secouer? Mais elle est la femme selon sa formule.

(Un temps.)

HÉLÈNE

Quel âge a-t-il?

M"e DURET.

Quarante-cinq ans. Philippe Alquier avec sa morale de surhomme, est un bon professeur, un bon fonctionnaire. On ne lui connaît pas de maîtresses, pas de vices, pas d'ambition, à ce qu'il semble. Oui, cela vous représente l'incomparable futilité de ces grands hommes. Celui-ci, parfaitement édifié sur l'existence, sachant qu'il faut la vivre « dangereusement », la pressurer pour lui faire rendre gorge, est parfaitement heureux de son tic-tac quotidien, entièrement assouvi par ses vanités professionnelles.

C'est un sage.

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