‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 68 sur 126 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Mil® DURET.

Selon sa morale, c'est un pleutre. Mais il faut bien vous dire une chose, c'est que les morales d'avidité n'agissent pas plus que les morales de renoncement. Elles ne sont pas plus dangereuses. Elles ne rendent pas un homme moins médiocre. Et tous ces magnifiques affranchis ne se conduisent pas autrement que les autres parce que... parce que d'abord il n'y a pas moyen {un temps). Allons, il ne faut pas que je vous ouvre par trop d'horizons, ni que je vous en ferme. Ma fréquentation ne vaut pas en noblesse celle de Philippe Alquier, bien qu'au fond, elle présente peut-être moins de dangers.

HÉLÈNE

Comme vous y revenez à ces dangers pré- ( 119)

tendus... Vous en voulez donc bien à M. Alquier?

Mlle DURET.

Moi? Pourquoi lui en voudrais- je... C'est un homme qui dit la vérité, voilà tout.

Vous attachez beaucoup d'importance à ce qu'il dit?

Mlle DURET.

J'attache de l'importance à la vie, à la soif, à la faim, à l'amour et à la mort.

HÉLÈNE, dédaigneuse.

Je vous plains. On m'apprenait à moi, à dédaigner tout cela.

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