‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 84 sur 126 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

immobile et studieuse au bout de la longue salle de mes livres.... Eh ! bien cette intimité, cette certitude au réveil de vous avoir sous mon toit {la regardant en face)... je ne pourrais plus m'en passer.

HÉLÈNE, très simplement.

Ni moi.

{Un silence.)

PHILIPPE

Mais voyez déjà les difficultés.... Et encore, je veux vous dire, elles ne viennent pas que d'autrui. Vous ne pouvez pas savoir, vous, une religieuse ! Mais cette joie si simple de vivre un si sage tous les jours, cette camaraderie.... Elle peut nous mener très loin....

HÉLÈNE, dans une transe.

Oui.

PHILIPPE

Vous êtes terrible, Hélène. Vous deviez être avertie. (Il se jette dans un fauteuil.) Enfin, voilà, tout est à recommencer. Ma femme avait raison, rien sur la terre n'autorise un tel rapprochement, pas même l'amour permis, cela n'existe pas. Chacun doit vivre dans son coin.

HÉLÈNE, dure.

Vous vous laissez troubler par des imagina- 1 tions, des préjugés. Je ne fais pas de mal, ma vie me plaît, je n'en changerai pas. Que ceux qui sont aussi intelligents, aussi actifs, aussi sérieux que nous, vivent comme nous le faisons. Que vous soyiez un homme, une femme, un célibataire, un mari, cela ne me

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