ACTE III, SCÈNE I
MARTHE, révoltée.
Comment, vous n'admirez pas ces jeunes
gens, tous riches, bien nés, qui pouvaient jouir
en paix des gâteries de ce monde, et vont se faire martyriser pour leur patrie?
PHILIPPE, agacé.
C'est leur tentative qui était pour leur patrie. Leur mort est pour leur maladresse. Leur pays n'avait aucun intérêt à ce qu'ils meurent, mais, au contraire, à ce qu'ils n'agissent qu'à coup sûr.
MARTHE, indignée.
Je prévois le jour où l'on ne recrutera pas facilement les dévouements et les martyrs.... Vous savez qu'il est près de minuit, une heure
indue pour la campagne. {Philippe éteint j aussitôt les bougies de sa table de bridge)
L ABBESSE
Ta montre avance, je dis ii h. 40. [Toutes 1 plient leurs ouvrages, vont et viennent, ralliant ce qui leur manque.)
MARTHE, trouvant un mouchoir.
Tenez, Hélène, ceci est à vous. Je te laisse éteindre, Philippe. [Elle replace les fauteuils en arc de cercle, arrange le tapis du pied.)
" l' ABBESSE, se retournant.
Bonsoir, mon frère.