‹ Les affranchis; pièce en trois actes. Pref. de M. Fernand GreghChapitre 95 sur 126 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

MARTHE, révoltée.

Comment, vous n'admirez pas ces jeunes

gens, tous riches, bien nés, qui pouvaient jouir

en paix des gâteries de ce monde, et vont se faire martyriser pour leur patrie?

PHILIPPE, agacé.

C'est leur tentative qui était pour leur patrie. Leur mort est pour leur maladresse. Leur pays n'avait aucun intérêt à ce qu'ils meurent, mais, au contraire, à ce qu'ils n'agissent qu'à coup sûr.

MARTHE, indignée.

Je prévois le jour où l'on ne recrutera pas facilement les dévouements et les martyrs.... Vous savez qu'il est près de minuit, une heure

indue pour la campagne. {Philippe éteint j aussitôt les bougies de sa table de bridge)

L ABBESSE

Ta montre avance, je dis ii h. 40. [Toutes 1 plient leurs ouvrages, vont et viennent, ralliant ce qui leur manque.)

MARTHE, trouvant un mouchoir.

Tenez, Hélène, ceci est à vous. Je te laisse éteindre, Philippe. [Elle replace les fauteuils en arc de cercle, arrange le tapis du pied.)

" l' ABBESSE, se retournant.

Bonsoir, mon frère.

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