A PARIS
Chei F. G. LEVRAULT, rue de la Harpe » n."" 81 1
STRASBOURG 9 même maîaon , rue des Juifs , n.** 33 ;
BRITXBLUBS 9 Librairie parisienne, rue de laMagdeleine^ n.^438»
ET
DOtlZIEME ET DERNIER ACE.
(Suile.)
^u nord et au nord-^st des contrées peuplées ou conquises par les Malais ^ . est le vaste empire de la Chine. L'ancienneté de cet empire , et par conséquent sa longue durée, sont un grand phénomène dans l'his*toire de l'espèce humaine. Jl subsiste au moins depuis quatre mille ans, suivant un très-grand nombre de savans orientalistes^ Des auteurs chinois ajoutent à cette durée; mais les espaces de temps dont ils parlent, et qui précèdent l'époqile de deux mille ans ou environ avant l'ère chrétienne ^ ne comprennent que des incertitudes , des fables ou II. * . 1
des my thologies y et ne sont pas du domaine de Fhîstoire.
Des savans européens diminuent au con«traire la longueur de l'existence de ce grand empire oriental; suivant quelques auteurs, la nation chinoise était du moins très-faible et encore peu nombreuse douze siècles avant Jésus-Christ , et de ^ Guignes la regardait comme une colonie de la nation égyptienne.
Quoi qu'il en soit du nombre d'années écoulées depuis la formation du corps social de la Chine , c'est Yao qui en établit l'oi^anisation et en fonda le gouvernement ; et c'est aussi à cet homme extraordinaire , qu'on rapporte les premiers canaux creusés nonseulement pour faciliter et multiplier les communications intérieures , mais encore pour l'écoulement des eaux qui couvraient une grande partie de la Chine septentrionale« Des contrées très-étendues étaient encore sous les eaux à cette ^oque reculée; et suivant M« Latreille ^ mon habile con-
frère, le fleuve ^Ohi était alors comme uti canal naturel qui étendait au loin les eaux de la Caspienne dans laquelle il se jette , parvenait même jusqu'à l'océan septentrion nal 9 et faisait communiquer cette mer inté« Heure avec l'océan boréal.
Si cet Yao a été le chef et le conducteur d'une colonie qui sera venue s'étaklif dans la Chine actuelle, ne pourraît^on pas la sup<^ poser partie du grand plateau de la Tartariè voisine de l'Imaûs et de l'Himalaya , portion ^ la surface du globe oit Pon trouve encore plusieurs tribus de cette race mongole dont nous avons décrit les caractères distinctifs , et à laquelle appartiennent les Chinois ?
Yao partagea le pouvoir suprême avec Churiy qui régna seul après luié
Le nombre des familles qui leur ont succédé, et que des révolutions intérieures ou des armées étrangères et victorieuses, ou d'autres causes , ènt placées sur le trône , est remarquable pour ceux qui s'occupent de
l'histoire des sociétés humaines. On a compté vingt-deux de ces familles ou dynasties ; en portant même à quatre mille ans la durée de Fempire , le terme moyen de celle de chaque dynastie régnante ne serait pas de deux cents ans ; et la France n'en a compté que trois dans un espace de temps de plus de douze siècles*
Le chef de la première dyliastie, Yu^ que Chun s'était associé en le préférant à ses enfans^ rend • héréditaires dans sa famille la couronne et le sacerdoce suprême , qui ^ était déjà joint à la royauté. Cette union, qui subsiste encore, doit être comptée parmi les principales causes de la durée si extraordinaire de l'empire chinois^
Yu fut sur^ommé ta y qui veut dire grande et on ne le connaît dans l'histoire chinoise que sous le nom de Yu-ta.
Lao - tse , philosophe chinois , va à la grande pagode de Pe-mo-^hij a cioq cents ïis de la ville de Khoten, voyage dans les
Indes, revient dans sa patrie et y fonde k religion de Taose.
La troisième dynastie, connue sous le nom de Ckow^ ou Cheouy ou Tcheouj commence plus de dix siècles avant Fère chrétienne :
elle comprend trente-cinq empereurs, sous lesquels la forme du gouvernement s'altère au point qu'ils érigent des provinces en royaumes tributaires, dont les princes, subordonnés en apparence, deviennent assez puissans pour lutter avec avantage contre le chef de Fempire.
C'est pendant cette dynastie que Gonfucius vient au monde. Appelé à une place importante et très -élevée, il se fait admirer par son génie, son esprit pénétrant, sa raison supérieure et sa grande sagesse. L'empereur cessant d'écouter «es conseils, Gonfucius se retire dans le royaume de Sum, où il enseigne la morale y la logique , les devoirs des magistratç , la science du gouvernement et l'art de l'orateur. Des milliers dç disciples suivent ses
laÇons avec zèle. Il meurt à soixante ^treize jins. On vénère sa mémoire ; on lui rend les plus grands honneurs ; on élève dans toutes les villes des monumens qu'on lui consacre; ses ouvrages sont consultés comme des ora^ clés après plus de deux mille ans ; et il n'est aucun Chinois qui ne prononce avec respect le nom de ce Gonfucius, Tun des plus grands hommes qu'on ait jamais célébrés. « Les « principes de morale et de gouvernement «c de Confucius , dit un auteur anglais y M.
« Davies , de la société royale , fondés sur la ^ nature hun^aine et conformes à cewr de « rÉi^angile^ confirmeat la supériorité de « la vérité sur les fictions de l'artifice et sur « le délire du fanatisme. "^
Après U mort de ce véritable philosophe, des guerres civiles bouleversent la Chine et détruisent la dynastie de Chow.
La quatrième dynastie s'élève sous le nom de Tsin* Chi^hoang-ti ^ empereur de cette faniille, fait construire sur les frontières sep-
DOUZIÈlilE AGE. 7
tentrionales de.son empire la fameuse grande muraille, qu'il 'regarde comme ua rempart assuré contre les invasions , qui subsiste en*core après plus de deux mille ans, qui a quinze cents milles anglais de longueur, et qui traverse des vallées et s'élève sur les cimes de très -hautes montagnes. Il joint à cette eptreprisé un acte d^une férocité insensée : il ordonne qu'on brûle tous les livres ; il est exécré , et la postérité de ses sujets dévoue sa mémoire à la haine et au mépriSé Quelle différence avec Gonfiicius !
Les Chinois doivent cependant un grand service à son ambition : il renverse les trônes tributaires ,. rétablit les provinces , restaure la monarchie, et plusieurs écrivains ne veulent compter que de cette époque, antérieure de deux siècles ou environ à l'ère chrétienne, la véritable existence de l'empire de la Chine,
Pendant là même dynastie, les Chinois envoient une colonie dans les tlçs du Japon ; et yoilà pourquoi les Japonais ont les mêmes
traits , les mêmes habitudes , la même police et le même respect pour Gonfucius que les Chinois.
La cinquième dynastie est fondée par un soldat, qui prend le nom de Kao^tsou. C'est sous son règne qu'on invente le papier de soie , l'encre dite de la Chiné et les pinceaux destinés , au lieu de plumes , à former cette écriture, pidmitivement hiéroglyphique , qui exprimait les objets matériels par des images et les choses intellectuelles et abstraites par des symboles ^ et qui , avec le temps , a été réduite à diverses lignes tracées en dîfférens sens. Cette espèce de peinture remplace les traits que les anciens Chinois traçaient avec un stylet sur le dos de feuilles de certains arbres.
Cette cinquième dynastie , connue sous le nom de Han^ est si fameuse dans plusieurs contrées orientales, qu'on y a nommé les Chinois Han-jin (hommes de Han).
I)ès le commencement de l'ère chrétienne.
lés Chinois sont assez avancés dans Fastro^ nomie élémentaire pour observer avec soin les mouvemens apparens du soleil et de la.
lune, et pour marquer les édipses du soleil avec une exactitude qui a fait mentionner ces phénomènes par feu mon célèbre et respectable confrère Pingre dans sa Chronologie écliptique. Leurs idées superstitieuses et leur ignorance des sciences naturelles et physiques les obligent d'autant plus à ces observations exactes, qu'ils ne doutent pas de la grande influence des éclipses et des autres phéno* mènes célestes sur tous les événemeiis politiques, la destinée de l'empire ^t le sort des particuliers.
Une ambassade japonaise arrive à la Chine en 54 ; et onze ans après , un événement plus important a lieu dan» cet empire. Han^ ming-ti était sur le trône ; il avait établi des écoles ou académies pour les exercices militaires et pour l'étude de la morale. Mais ses'^ envoyés lui apportent dç l'Inde une statue
de Fq ou Foé, le même que Boudha , et un îivre intitulé Le commencement des dis^ cours de Fo à ses disciples, et recueillis parées derniers. DeuX) samanéens, venus av.ec les envoyés , le traduisent en chinois : Ton ëlève un temple en Thonncur de Fo, et les Chinois vont e|i foule dans les Indes visiter les temples et s'instruire dans cette religion de Boudha, ou Fischnou, ou Foé, 65. que Ton vient d'introduire dans leur patrie, 14a. Près de quatre-vingts ans plus tard, le pays de Leang^tcheou éprouve, pendant trois mois, de fréquens tremblemens de terre, qui causent la mort d'un t^ès-grand nombre de Chinois.
Un empereur, nommé Han^houon-ti , entretient dans son palais mille femmes et dix mille chevaux.
Les tyrannies des empereurs , ou des mi*'
nistres , lorsque les empereurs étaient assez
'*faibleè pour leur abandonner leur autorité,
les insurrections qu Ries font naître , les
guerres : civiles et les partis nombreux et terribles que là victoire couronne » ou qui, détruits et anéantis , renaissent de leurs cendres y remplissent la Chine de crimes et de malheurs affreux. On croirait voir TEuropê si cruellement .déchirée pendant les sièdes d'ignorance. Un ministre très -habile, bon politique et l'un des plus grands généraux de POrient , règne au nom d'un empereur tombé dans le mépris : il refuse, la couronne que les principaux mandarins, fatigués et honteux de rextrême faiblesse de leur souverain, le pressent de recevoir. Il meurt; mais son fils Tsao^pi a hérité de ses grailds talens et de toutes ses qualités. Les grands le forcent d'accepter l'empire, et cette dy* nastie des Han , . sous laquelle les Chinois avaient soumis la Tartarie jusques à la mer Caspienne, est renversée du trône, comme la race de Qovis devait en être précipitée en France par les maires du palais.
Lieour-pei^ qui était de la race des Han|
^2 DOUZIÈME ÂGC.
ne veut pas obéir au ministre couronné; il forme un parti redoutable et prend le titre
»ai. d'empereur. L'empire chinois se divise en trois royaumes. Les trois capitales sont Pékin ou Lo-fan^ Sze-chuen et Nan^king, et il est remarquable que, de même que plusieurs nations européennes , les Chinois moderne^ préfèrent cette époque de troubles , de divisions , de guerres ^ de forfaits et d'anarchie , pour trouver ou placer les sujets de leurs drames et de leurs romances.
Tcin^jjrti réunit les trois couronnes sur sa tête , rend à. l'empire toute son intégrité et forme la dynastie des Tcin^
Un siècle ou environ après cette restauration , un général chinois traversa un désert sablonneux, soumit un gr^tnd pays, défit le roi d^AksoUy s'empai;a de cette ville, ou il y avait des marchés et des palais magnifiques ^ suivant les chroniques chinoises , et reprît le
383. chemin de la Chine avec vingt mille chameaux chargés des trésors qu'il avait conquis.
DOUZIÈME ÂGE. iS
Les monarque^ continuent d'être plongés dans Foisiveté et la débauche; des ministres^ des généraux ou des gouverneurs de provinces se révoltent, s'emparent de la personne du prince , le tiennent en captivité ou le font périr; la confusion est partout; le sang coule dans presque toutes les contrées de Fempire. ies Tartares orientaux s'emparent du nord de la Chine vers 400 ; et néanmoins , dans ces momens de désordres et de calamités y des samanéens chinois vont chercher des livres dans les Indes. Ils passeat par le grand désert, par le pays de Chen-^^heriy où ils trouvent quatre mille bonzes et dont les hâbitans sont vêtus comme ceux de la Chine , mais avec des étoffes de laine au lieu de tissus de soie, et par Khoten^ nommé Yu'tien par les Chinois , et rempli de samanéens très-savans , suivant lès chroniques de leur patrie.
D'autres samanéens suivent la même route , vont ehsuite de Khoten dans le
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royaume de Kie-chay oîi Hs voient beaucoup de montagnes et où ils éprouvent un très -grand froid; traversent Ylmaùs ou la montagne deneigm, Flnde septentrionale, les environs de Flndus, la péninsule indienne , vont dans File de Ceylan , rentrent en Chine par Canton ; et le roi de Ceylan envoie à Fempereur', qui était alors Tcfnngan-ti^ une statue de F^o ou de Boudha, composée de pierres précieuses*.
Le fils de cet empereur, effrayé des complots d'un général qui avait rendu de grands services a son père , résigne Fempire en sa 420. faveur , et la dynastie des Song commence*
Un samanéen de Flnde va à la Chine et y montre une manière nouvelle de déterminer les solstices.
Une grande inimitié, cependant, s'anime entre les Chinois de la religion de Tao^se et ceux qui suivent la religion de Fo ou Boudha. Elle devient une haine terrible t Fempereur, qui était de la religion de Tao*se,
au lieu de câlmer cette haine funeste , sV bandonne à une intolérance épouvantable»
U etaitre dans les monastères des samanéens et, les trouvant remplis d'armes et de nMini* tions, il ordonne qu'on détruise ces monas^ teres , qu'on rase les temples , qu'on brûle les livrés et qu'on enterre .vifs tous les samanéens* Douze de ces malheureuses vic« times de l'ignorance et de la frénésie échappent seules à cet afïreux supplice. 446-
On est indigné en lisant dans l'histoire dé la Chine les crimes dont se rendent coupables les damiers empereurs de la dynastie des Soïig; on frémit de courroux lorsqu'on voit un de ces monstres couronnés immoler à ses passions crudles les hommes dont les vertus et les talens étaient le plus utiles à l'Etat ; un, autre fait périr par le fer ou par le poison treize de ses neveux, deux de ses frères et plusieurs grands de l'empire , pour laisser la couronne au fils d'un de ses favoris ; un troisième court comme un furieux dans les rue$
de sa capitalç et massacre tous ceux qu'il
rencontre.-
. KaOrti force, a abdiquer le successeur de
ces bêtes féroces , qui n'avait que douze ou
treize ans ». monte sur le trône et commence
479* la neuvième dyn^tie , celle des Tsi.
. De nouveaux crimes souillent le trône et enfantent de nouvelles insmrections. L'un des gouverneurs de province, Léang-ou^ti , ceint le diadème que lui cède l'empereur, fait étrangler ce prince , et les Gbinois obéissent
Soa. à la dixième dynastie, a celle dçs Léang. Ce liéang-ou-ti se livre à toutes les idées des bonzes de la Religion de Fo^ qui , dans la seule Gbine septentrionale, étaient, sui« vant plusieurs auteurs, au nombre de deux cent mille, et avaient trente mille temples^ Il abandonne, pour se conformer à leurs pratiques , le soin de son empire ; il ne cesse de fréquenter les temples des samanéens , prend leurs babits , explique leurs livres , partage leu]|;^ méditations et leurs prières ;
DOtfZIÈBfÊ AGËâ 4f
mais^ màlgrë ses exejàiplés ^ Un grand ncmibre de Chinois regardent comme indignes d'at^ tention^ comme ridicules et même comme contraires aux bonnes mœurs et à la pieté filiale (la grande vertu de leur patrie)^ les principes des bonzes sur la nature de Famé , sur celle des corps ^ sur les ofiBrandes qui effacent toutes les fautes et sur la mëtem^ psycose, ainsi que les longues extases^ rim«* mobilité du corps et Tanëantissement de la pensée /recommandés par les livres des samanéens. Un gouverneur de province se révolte contre Fempereur, s'empare du gouvernement , se rend maître de la personne du prince , et Léang-ou-ti meurt de chagrin. 549.
Un de ses successeurs ordonne aux Tao-se de se faire samanéens ^ sous peine de mort.
Cette barbare et absurde intolérance ne pouvait pas durer ; cet orage de la déraison était trop violent
Oiien-ifi^ chef dç la dynastie des Sovi, renverse du trône le prince dont il était le II. a
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58i. ministre y rëimit toute la Chine ' sous s^n empire et encourage vivement l'agriculture , et particulièrement la culture des mûriers , destines à la nourriture des vers-à-soie.
6o5. Son fils Yan^-ti étend .l'empire chinois du ç6té de Siam y attire beaucoup d'ëtranger^ dans ses États ^ envoie dans les Indes et dans d'autres ,contrées un de ses officiers y qui lui présente à son retour une description et une carte des pays cpi'il a piurcourus y âève à LéO^yang un vaste palais ^fidt creuser ou réparer 9 sur une étendue, de plus de sdze cents lieues y des canaux larges de quarante pas 31 bordés d'allées d'arbres , revêtus de pierres en plusieurs endroits, et destinés à faire communiquer les uns avec les autres , le Hoang-ho ou fleuve j^une y le Kiang et d'autres fleuves ou grandes rivières. Mais le pouvoir le corrompt ; il se livre à la plus honteuse débauche ; il abandonne les renés du gouvernement<» Plusieurs révoltes se succèdent; une surtout fait de grands prc^ès :
DOtnSiÈME AGE* 49
il reste comme insensible à tant de désastres et toujours plonge dans d'indignes plabirs»
De grands mandarins l'assiègent dans son palais^ livrent un combat, remportent la victoire , s'emparent de l'empereur et l'étranglent.
Li^jven, prinoe de Tang, et auquel les insurgés obéissent , place sur le trôûe le fils de l'empelreurt. Ce nouveau souverain ne croit pas pouvoir se soutenir contre un rival redoutable qui se présente bientôt, et cède la couronne au , prince de Tang , qui prend le nom de Kao^tsou, et fonde la dynastie de Tan^, ou la treizième dynastie. ^ig-
Son fils 3 Tai-isong lui succède et immortaUse son nom parmi les Chinois, en instituant une académie, qui subsiste encore, qu'il agrège au conseil suprême et qui devient une pépinière de gouverneurs, de magistrats et d'autres mandarins. U avait commencé son règne par renvoya chez kiffs parens trois mille concubines du palais. U
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s'occupa avec le plus grand zèle à rendre les peuples heureux ; il en fut adoré. On publia avant sa mort le Ckou-Mng^ livre des plus respectés des Ghinbis ; et ce £at aussi sous son règne que des chrétiens nes^ torienSj appelés par les Chinois bonzes du X^-tsin ou empire romain d Orient^ s'éta- ^. Hirent dans la Chine.
Kao-tsong monta sur le trône en 648. U convoque une assemblée des grands mànr* darins et des gouverneurs des provinces , et leur demande leurs avis sur les meilleurs moyens de soulage les peuples. U présentait la {onae de gouvernement la plus utile aux nations ; il r^t l'empire de la manière la plus prq[>re à se faire chérir jdes Chinois et respecter de ses voisins. La civilisation de ses vastes États allait faire les plus grande progrès pour le bonheur de l'espèce humaine.
Une passion funeste détruisit toutes les espérances, troubla sa raison et le rendit l'esdave d'une femine cruelle , ambitieuse et adroite ,
DOUZIÈME ÂGE. 2i
qui lyrannisa la Chine et, pour tâcher de se faire pardonner ses crimes par une partie des Chinois, construisit un grand temple samanéen et y plaça une statue de Po^ de deux cents pieds de hauteur.
Cette femme ne r^nait p|jus lorsqu'on ûevsL dans le fameux temple àeKoo^O'kuk une autre statue de Fo y ou Boudhu y ou Cke-siay composée d'or et de bronze.
Les samanéens étaient devenus trop puis* 708. sans pour qu'une ambition excessive ne s'em-* parât pas de plusieurs de ces adorateurs de* Fo. Ils se divisèrent, se séparèrent en plusieurs sectes , en formèrent jusques à douze ; mais ^ toujours fidèles à leurs idées métaphysiques et religieuses , ces douze sectes né cessèrent de regarder l'anéantîsseknent des sens comme le dernier degré de la perfection.
Le roi de Samarcande envoie à l'empereur 714. de la Chine un traité d'astronomie. Le bonze et astronome Y-hang calcule d'anciennes éclipses , examine plusieurs époques de la
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clu'onologie chinoise, engage l'empereur h envoyer des astronomes dans la Gochinchine et près du lac Païkal ( Baïkal ) , fait des re« cherches sur la hauteur méridienne du soleil et sur celle de l'étoile polaire, mesure un degré de lafiljpde, observe la dorée des jours et des nuits , la position des étoiles , la grandeur des ombres méridiennes du gnomon y les latitudes dé la luiie, et fait travailler à un catalogue dés longitudes terrestres*
731. Plus tard , un samanéen du nord de l'Inde, qui avait voyagé dans File de Geylan et dans d'autres contrées , vient à la Chine, décrit les {principales étoiles des consti^Iations, etj^ suivant le père Gaubil , donne aux signes du zodiaque les noms de bélier, de taureau, des gémeaux et les autres noms
73a. d^ Hipparque ^ àt Ptolémée.
Les boiizes^ samanéens avaient cependant plus de quarante-quatre mille temples , plus de cent cinquante mille esclaves , des terres immenses et beaucoup d'autres richesses^. Ils
BOtZIÈiCE AGE» 23
donnent de l'inquiétude ^ et bientôt inspirent de la haine.^ L'empereur diminue le nomlure de ces^bonzes et des bonzesses, détruit près de quatre mille temples, n'en laisse qu'un dans chaque ville , et se déternûne d'autant plus facilement à cette sup« pressiofi , qu'il petiehe pour les idées religieuses des Tào^e. U à même la £aiblesse de croire à la vertu de certains breuvages que ces Tao-se composaient, et qui devaient donner l'immortalité f i)en prend, comme quelques-uns de ses prédécesseurs, dont le sort funeste ne peut lé défendre contre les séductions des Tao^sCy et, ainsi que ces monarques , il meurt victime de son insensée ^crédulité.
Soïi successeur se laissa tromper de même, malgré le déplorable succès d'une absurde et trop coupable tentative, but le fameun breuvage qui devait le garantir delà mort, eî cessa de vivre, après avoir souffert des douleurs aiguëè. . ' s^*
Les eniraques du palais avaient , à diffe* rentes reprises , exercé un pouvoir terrible, qu'ils avaient, dans plusieurs circcmstaiices^ cherché à maintenir ^i se donnant des fils adoptifs auxquels ils imposaient leurs noms.
Les gouverneurs des provinces usurpent le pouvoir suprême • et se font des guerres cruelles; le pillais impérial est rempli d'intrigues ; les empereurs n'opposent que la plus honteuse faiblesse à tant de trouUes, d'insurrections, de manœuvres et de forfaits. Un ministre fait assassiner son souverain, ordonne qu'on massacre huit enfans du prince, place sur le trône le neuvième fils de celui qu'il a immolé, donne la mort à. trente grands mandarins dont il prévoit l'opposition à ses projets, reçoit la démission en sa faveur du jeune empereur qui n'a que trei2e «ns et qui tremble devant lui , prend la 907* couronne et commence la quatorzième dynastie* Cet usurpateur , qui prend le nom de Taï^tsouj ne lutte qu'avec peine contre
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des princes qui^ gouvernent de grandes par« tîes de remj^e; il veut céder le trône à son fils aine. Son second fils le fait percer d'une lance, par un escLave ^ et suppose un ordre de son père , d'après lequel un autre de ses frères immole son aine comme re*' belle. Le. parricide veut ceindre le diadème ; mais il ne peut se défendre contre les sol-^ dats envoyés contre lui par le fi*ère qu'il a horrifoleAient trompé , et périt avec sa femme sous k poignard de l'esclave qui, par son ordre 9 avait percé le cœur de l'auteur de ses jours.
Les forfaits les plus contraires à la na-> ture rendent de plus en {dus odieux et le trône et le palais. Quatre dynasties s'élèvent et s'écroulent avec rapidité au miUeU des insurrections . que la force anéantit 6u couronne 9 et des ^andes calamités qui accablent la malheureuse nation chinoise. Un.
général persécuté par les ministres et chéri de la nation 9 est proclamé empereur par le
peuple et Farmiée ^ qui ne peuvent plus supporter, tin joug affreux, et sous. le nom de 960. TautMÙ second commence la dix-neuyîëme dynastie, qu'il nomme celle des Song.
' Quelques années avant ce changement , et pendant le» malheurs publics, on invente V imprimerie, si souvent ex^utée avec des caractères immobiles gravés sur des planches de bois. '
Taï-tsou second, cependant^ rétabUt l'au-* torité impériale dans toutes les parties de ht Chine.
Après Tan mille vingt-deux , une impératrice regénCe liatit raser un grand nombre de temples où l'on s'occupait de sacrifices aux esprits 5 de visions, de songes, de divinations , de livres descendus du ciel , de prodiges , de sortilèges , d'opérations magiques. - Près de trente ans après > les Chinois soumettent le Thibet à leur domination.
Mais vers la fin du treizième siède , et après un grand nombre.de révoltes, de
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guinrres soutenues contré les Taitares, de batailles perdues , de conquêtes^ faites par l'ennemi ^ et de nouveaul malheuts ëprou-^ vés par les nationaux^ que les tiexations et les impÀls avaient réduits à 4ine profonde misère y Kubloï ou Kobloï, Kàhn des Tar^ tares Mongous^ où Mongols on Mùgols, fils de Tulican/ pètit-fils du fameux Gengi&« kahn, et nomme par les Chinois, Chi^tsou, achevé de conquérir Ja Ghine^ 'dont il prâid le titre d'empereur*
Ce prince veut faire cesser la barbarie des Mogols, adopte en partie les 'habitudes des Chinois, étudie leurs livres, fait creuser un grand nombre de canaux, fonde *|du^eurs collèges rt académies, favorise les progrès de Tagricultxtre, de l^aêtrodomie et des ma<^ thématiques, honore Tinstruolion et les ta^ lens, attire dans son empii^e dès étrangers éclairés et habiles, fait trâiôbiire éà mogol un grand nombre de livres qu'ils lui indi-^ qiient , adopte , p<mr faciliter îet répandre
28 BOUZIÈUË AGE*
les connAissances , une noiiTdHe écriture ^ plus sim]de^que celle des Qiinois, et dont les caractères sont composa par un bonze ou Ihama nommé Pase-pa; encourage les manufactures^ ouvre ses ports de mer, ëta^ blit la liberté du commerce^ fait construire des yaisseaux, et, maigre toutes les guerres qu'il soutioit y s'occupe dé donner un nou« Teau code à sies États»
^Iies bonzes /trop pnissans et persécuteurs, obtiennent qu'on brûle tous les livres de leurs ri vaut les Tao^e^ en ne conserve que le Tao^te^kingj ouvrage de Laa4se^ fondateur de lareligioint de cesTd^o^e, qu'ik détestent.
De plus en plus favorisa, ces bonzes veulent donner la pkis grande durée à leur pouvoir* Ils tiennent une grande assemblée; ils se réunissent au nombre de quaiiante mille , ils établissent de nouvelles relies pour leur hiérarchie, leurs prières et leurs 1988. pénitences. Bientôt on adiëve d'écrire en
fionziiifs Aâ£. 29
grandes kttres d'or ks livres docbriiiaiix des Ihamas, traduits des livres indiens. Et quel usa^ vont £&ure les boçaes de cette grande puissance cjue les empereurs de la dyimtie mogofe oat eu la honteuse faiblessé de les laisser: usurper ?« Mécontens d'un premier ministre, ils le font assassiner et massacrent Tempereun
Leur insolence y leur luxe y leurs débauches et leurs superstitions révoltent cependant les Chinois contre les Mogols qui ont tant prot^é ces bonzes ambitieux ; et c'est un bonze qui y doué de grands talens militaires , se met à la tète des troupes , renverse la dynastie des Mogols^ monte sur le trône et fonde la djn^tie chinoise des Ming.
Ce fut y^rs i 620 y que, les Chinois commencèrent à fsiire usage d'une artillerie imparfaite; et néanmoins plusieurs années après, les Tartares Mantchous attaquerait i'empi^ ctunois", surmoiiterent toutes les résistances, q^ leur furent opposées i sou->
6é 'DOÙZiftiffi AGE.
mirent succe^ÎTctoent le» diverses parties de l'empire V établirent la dynastie des Tsing, mais èbnterverent toutes les institutions.
Quelles lois cependant , quels usages , quelles institutions 9 que ceux qui, pendant tant de siècles 5 n'pnt pu préserver la nation, chinoise des plus grands crimes poUtiques, des troubles les plus violebs , des insurrec^ tions les plus multipliées y de la tyrannie la plus barbare 5 des guerres civiles les plus atroces y de toutes les calamités qui peuvent tomber sur une nation !
Ces institutions li'ont jamais eu de garaii*tie 1^9le; elles n'ont été d^nâues que par la force, quelquefois victorieuse , queslquefois stûrmontée par une force phis grande. L'autorité était confiée à un pouvoir absolu que les armes pouvaient détruire et remplacel^ par lïh autre despotisme, mais que rien ne pouvait tempérer.
Dans chaque ville considéraMe de la Chine il y a deux tribunaux , l'un civil, l'autre cri-
JfOtHXbÊÔR kCfÉL >S4
minel^ et cestri^nauxTessortçntà des couis $iipërimires^ établies dans la capitale de l'empire. Mais ces cours sont subordonnées au conseil suprême dé Fëmpereur* de conseil est absolu. Des inspecteurs pu commissaires impériaux assistent à toutes les séances des tribunaux et des cours, pour en rendre cmnpte à l'empereur. I/autorité judiciaire est confondue avee l'autorité administrative; L'ordre judiciaire, le vâitâblé protecteur des propriétés et des libadés individuelles, ne jouit pas de cette indépendance sans laquelle il n'y a que servitude. ^ Aucune assemblée de grands^ou de dépu^ ta du peuple ne fwce d'ailleurs ks ministre^ à l'observation des lois, n'itnposele joug de ces lois protectricesT à l'exercice de l'autorité souveraine, ne règle les subsides , ne con« court à déterminer les dépenses. La puis-i sance publique est une émanation et une extension de la puissance, paternelle; mais dUe n'en commande que plus fortement l'o^
52 iK)ttzrïaiÈ AGE.
bëissuice 'dans uti pays o& les droits dès peré^sont plus grands et consacres par une sorte de culte religieux.
Les institutions n'ont* pas chailgé à la Chine 9 parce qu'elles sont très-farorables à l'autorité arbitraire^ et que le despotisme a tout fait pour les maintenir, en nuisant aux progrès des lumières , et en arrêtant la marche de la civilisation. Yoilà pourquoi leur astronomie est si limita, leur physique si remplie d'erreurs, leur mëdedne si imparfaite.
Ce n'est que dans quelques arts et en agriculture que les Chinois ont mérité une assez grande réputation. Ils ont depuis bien des sièdes tiré un grand parti de la terre à por^ celainej très -commune dans plusieurs de leurs provinces , ainsi qôe dans celles du Japon ^ et qui n'est qu'un feldspath décom^ posé , qu'ils ont souvent laissé exposé à l'action de l'air pendant près de quarante ans^ pour achever la décomposition de cette substance. On a écrit qu^ik soumettaient au
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feù ce feldspath altéré qu'on nomme hi-olin j en le mêlant avec du che^aoy que leschi* mistes modernes r^ardent comme le spath pesant ou la, baryte sulfatée. Ils ont fondu poiir la couverte de la porcelaine qu'ils âibriquaientavecle kandlindu/^^-^ccrtf-js^^ oufe|d« spath non décomposé; Us y ont ajoute qudU quefois du koa-^he^ suh^nce tex^use^ tres^ fine et semblable d'ailleurs au ka^-olin; et ils ont obtenu ainsi des vases ou d'autres pfèces de porcelaine ou tse^ki^ remarquables par la finesse de leur pite^ leur l^èreté et leuur transparence plus ou moins grande^
Us ont^ conmie agriculteurs ^ imaginé im seqdoir ingénieux , qui a été imité en £urope« Plusieurs de leurs plaines ont été nivelées de manière à faciliter les arrosemens* Us ont établi sur leurs coteaus^ des terrasses ^ sou« tenues par de petits murs, y (mt ménagé des réservoirs pour recevoir les eaux des sources et des pluies, et y ont adapté des machines propres à répandre ces eaux fécondantes* La ii« 3
même année voit dans beaucoup d^endrôits la i^ëedite de cottfn succéder à une antre récolte ^ et être remplacée par celle de plantes nourriei^es* Leurs nombreux canaux sont coupés par des écluses très-simples, et dont les surfaces eohvexes, s'élerant àu>-dessus d^ eaux supérieure et inférieure , présentent eh quelque sorte des lits sur lesquels les bateaux sont poussés ou tirés sans beaucoup d'efforts, et gli$sent pour ainsi dire avec facilité. ÏJmr iéomiaerce intérieur est très -actif et trèsfavorîsé par ces canaux et paf les rivières; mais leur con^nàrce extérieur est très -peu cénsidéràbïe, et leur navigation peu étendue* Il y a peu de temps qu'ils ne portaient sur leurs Jonques^ ou bâtimens de mer, que des soies, du thé, des drogues médicinales, des feuilles d'or, des porcelaines et des habits , à Siam , à Manille ou à Batavia , dont ils ne retiraient que des piastres, des épiceries, des draps d^Europe, du bois dé sandal etdu bois de Brésil. Us ne recevaient du Japon que des
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porcdaines , des ouvrages dç ternis, de For^ de Tacier et du tombac ou alliage de cuivre^ de laitoù et d^étain; et lœ lui donnaieat en échange que des drogues médicinales^ des sucres , des cuirs , - des étofifes de soie et des draps de l'Europe. La population de la Chine était étendant ^ en i76i , de près de deux cmts millions de personnes.
C'est pendant la quatriane dynastie, celle des Tsin^ et deux ou trois siedes avant l'ère dirétienne, que les dhinois avaient envoyé une colonie dans le Japon. Mais plusieurs auteurs pensent que Synmuy chef de la dy^ nastie qui a régné dans ce pays jusqu'à nos jours, commandait aux Japonais six cent soixante ans avant cette ère vulgaire.
Le Japon est composé de trois grandes îles et d'un nombre exirèmàîient grand dWtres iles de diverses grandeurs. Ses côtes escarpées sont environnées d'écueils et entourées d'une mer très-wageuse. Les trombes sont d'ailleurs fort fréquentes dans cette met;
36 DOUZiÊMk AGfi.
et des volcans très-nombreux agitent souvent les lies japonaises. Des eaux naturellement chaudes abondent dans cet archipel ; et de grands volumes de ces eaux tombent d'une montagne escarpée dans le territoire d'Qrima de là grande île de Xico.
Ceiut, suivant de Guignes et d^^uires savans, vers la fin du troisième siècle.que les Japonais reçurent des environs de la Corée les caractères et les livres des Chinois ; et peu de temps avant le commencement d»
septième parut parmi exni Sàtohtais ^ leur célèbre prophète, respecté par eux comme im homme divin > et r^ardé par pludeurs habitans du Japon comme Boudha ou To lui-même 9 incarné de notiveau.
On a écrit que, vers la même époque, on avait apporté au Japon beaucoup d'or de la Corée, et qu'avant la réception de ce métah, les statues Içs plus riches étaient en cuivre; et c'est quelques années après cette introduction, et par conséquent après rappari*
tion du prophète Sotoktais, que Gienno- ^osa fonda les jammabds , ou les pénitens japonais.
Yers 672 on bâtit le temple de Midera , oâèbre dans les îles japonaises ; on apporta de Fargént des mines de Tile de Tsussima , que las Coréens commençaient d'exploiter; on établit les matjuriy fêtes, composées de prières, de processions, de représentations dramatiques , de danses et d'autres divertissemens , et destinas à honorer le dieu protec teur de chaque ville ou de cïîaque district , et à calmer la coljère des esprits malfaisaus; et l'empire fut divisé en «obcante-six provinces.
Temnu régnait pendant ces dive* événemens; sa veuve ^ qui était aussi sa nièce, lui succéda, et ce fut sous son r^ne que l'on commença à brasser du sahki ou de la bière de riz.
.L'empereur Monmu fit construire , en 1366, une mesure qu'il envoya dans toutes les provinces, et à laquelle H ordonna, sous
des peines trës-rigoureuses , de se cpnformer ponr mesurer le riz, le froment et les autres grains.
865. Les livres de Gonfuciùs, apportes à ta cour du Japon, y sont lus avec un grftnd succës; et quelques années aprës parait un ouvrage qui devait être estimé très4ong-temps par les Japonais, et que composa une princesse du «ang impérial, nommée Isse et renommée pour son savoir.
Près de deux cents ans plus tard, les^, riches Japonais adoptent l'usage de se faire traîner dans des khurumas ^ ou des cha- ' riots couverts , tirés par des bœufs.
Quelles ressemblances on trouve entre les commencemens de toutes les civilisations !
Dès le \%^ siècle, l'autorité de Fempereur que l'on nommait le Dairo^ est trèsaffiiiblie par les uisurpations et les résistances des princes tributaires, remplis d'ambition, empressés de se soustraire au pouvoir su-
IKHSZIÈME A0& 30
prême, et jaloux les uns des aufares au point d'allumer de funestes guerres civile , terri- Me iuu^e des effets de la féodàUté qui , a la même époque, ensmglante FËurope; et, comme pour montrer de nouveaux rapports avec œtte Europe alors si infortunée , des princes tributaires achèvent de secouer le joug , établissent des royaumes plus où moins indépendans ; et le général de la couronne, envoyé pour les combattre , abuse de ses victoires, s'empare de l'autorité impériale temporelle , prend le titre de Cuba j que l'on a comparé à cehii de maire du palais j ne laisse au Dairo que l'autorité spirituelle sur les bonzes, les temples et les autres c^jets religieux, et transmet à ses enfans sa dignité et sa puissance , qui deviennent bimtôt héréditaires*
D« .«...ind, ponug^i, . je.* par U tempête sur les c6tes de Tile de Xicô , découvrent le Japon et les échanges si avanta^ geùx que l'on peut faire avec cet empiré.
4d POVZfiSUE ÂGÉ.
i$(4. Ik s'^tablkseiit à Nangusacfd, oit le côm*^ inerce attire bientôt un grand noml»^ de Japonais et d'étrangers. l)es missionnaires catholiquçs^ y arrivait avec les Portugais , et convertissent nn grand nombre d'insn^ laires. Trois princes, grands vassaux de Fempire , embrassent le catholicisme et èn^ voient des ambassadeurs au Pape. .Léon dëmarcbes et les richtôses , le grand nombre^ le faste et la ccmânite des Portugais , déplaisent au gouvernement, lui ins^pirent de la mélUBce, l'inite»», et .près q»d^ «.nées les Portugais siont chassés ; les catholiques éprouveaoït d'horribles persécutiims ; l'entrée de l'iatérieur de l'empire est interdite aux Ëur<^péens , et le commerce n'est .permis qu'avec Içs Hollandais, que l'onsou*met à de grandes restrictions et aux condi* tions les plus, humiHantes. ,
Quelque nombreux que^ soiait les Japo-^ Bais, ils peuvent se passer du secours des autres nations^ Leur indu^ie est très«
bottzitafe AGE. 41
grande.. L<is rochers même y scmi mis en valair. Us caltivetit avec des isoins partica* tiers le riz et les l^umes; leurs mas, leurs lacs et leurs rivik^ sont remplis de poissous y qu'ils péehent arec adresse.
Les récoltes de soie sont très^bondanlss ait Japon , et on y fistluique des étoffes tissues de soie 9 d'or et d'aigent, qui ont ^ trèfr-recherchées par les Européens. Le tbé, le CQtcm et le chanTre y sont tres*c(mimuns« Le mûrier à papier, consacre en Europe à la mémoire de feu mon sarant collègue et aini Broussonnet, et appelé maintenant broussonnetia ^. y donne une écorce avec laquelle on fait des cordes y du papier > et même des étoffés. Des arbres à vernis y croissent comme à la Chine; on y recu^Ue «i très-grande quantité œlui que donnent les jeunes branches du vemix, espèce 4e sumac»
Les vases que l'on recouvre de ce vernis sont ' préférés, à ceux d'or et d^argmt dans les palais de l'empereur. L'arbre du camphre
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y est cvlûyé aussi heureusement que dans rtle de Sumatra. Des mines nombreuses y donnent de l'argent, de 4W/et surtout diî cuivre et de Fétain ; et les rivages de la mer y fournissent une grande quantité d'huttres dans lesquelles on trouve dés perles.
On a compté jusqu'à six œnt mille hal»^ tans dans Méaco y l'ancienne capitale de l'empire; et on y a vu jusqu'à quatre mille temples, desservis par quarante mille bonzes« On remarquait parmi ces prêtres les hvÂ^ soîstesy dontjes préceptes étaient très -ri* gôureux ; et le siutoïsme était la religion de ceux qtai n'admettaient pas de culte prck prement dit, rendaient des Konneurs à la mémoire de leurs ancêtres, ne reconnais** sàient qu'un Dieu, et croyaient qu'une rie iage et vertueuse suffisait pbuir lui rendre hommage.
Un trait hîea remarqUfti)le de l'histoire des Japonais ) c'est l'éducation qu'ib rece^ vaient de leurs pàrens et principalement de
J>0DZ1ÉlfE AG^ 4S
leurs mères, (ki les formait arhonneur; ou leur inspirait l'amour de leur patrie; on les habituait à dédaigner le repos ; on les laiif* çait, pour ainsi dire, rers FhériMsme.
Tels étaient devenus les Japonais ,. ces voisins de la Chine , qui montrent de si grands' rapports avec les Chinois.
A* l'occident et au nord de cette Chine ^ pendant long-temps si fameuse 5 mit vécu différentes nations qui , réunies et favotisiées par une civiUsation plus avancée> auraient fait la conquête du monde ; l'immense territoire sur lequdi elles se sont agitées dès les premiers temps de la formation des sociétés humaines , est le grand plateau de Tartarie ou central relativement à l'Asie, que les monts Ahaï bordent à l'orient de la Ca^ pienne , et que les montagnes de la Daoune prolongent jusqu'au grand Océan oriental.
Cette steppe ou espèce de plaine si vaste , si élevée et si souvent parcourue par ces nations auxquelles on a d(miiç Iq nom de
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Scythes ou de Tartares, ow Tatars, est séparée des contrées que le Gange arrose, par •les monts entassés de ÏJmaiu et de ÏHiifui^ laja^ . Couverte dans beaucoup d'endroits , et suivant plusieurs voyageurs , de plantes Ofiarines qui n'ont cessé de s'y perpétuer après la retraite de l'océan^ depuis combien de temps elle est le théâtre des courses et 4]es> combats de plusieurs nations vagabondes , très^peu civilisées $ et^ dont les in* vasions fréquemment renouvelées ont porté l'épouvante, le ravage et la mort dans des tontr^ très^-étendues et beaucoup plus avancées dans la civilisation !
L'une des plus fameuses de ces nations a été celle des Hims on des ffiengoiujp y qui , •après avoir fait la gqerre aux Chinois vers Forient de FAsie y et ravagé l'empire romain oriental, ont trouvé dans une contrée célèbre de r£uix)pe un établissement où leurs traits devaient s'embellir et leur civilisation faire des plrc^^rès plus rapides.
BOUZIÈIIE ÂGrË* 4&
Les Mongols-^ divises en Mongols pro^ prement dits, enBuriates et eaKalmoucks, ont inspire autant de terreur que les Huns, dévasté autant de contrées et étendu leia* puissance victorieuse depuis la «-Chine jus^ qu'au Pont'Euxin ou à la m^ Noire.
Les Mantchous, qui depuis ont conquis la Chine/ occupaient les hauteurs qui séparent le grand plateau de Tartarie du grand Océan oriental; et les Timguses, qu'on a regardés comme une branche des ManU chouSj s'étendaient depuis les montagnes de la Daourie jusqu'aux bords du Jénis&y.
Cent soixante-<leux ans avant l'ère chré* tienne , suivant les diverses chroniques que de Guignes a comparées , le roi des Hiongnou (Tartares septentrionaux) repousse vos l'ouest d'autres Tartares, voisins du Chen* si, et nommés Gue-cfu (race de la lune).
Ces Gue^M s'emparent de la Bactriaiie et des environs de l'Indus -y et ont été connus sous le nom d^Indo^Sc^thes. Us ne doivent
4& DOUZIÈME AOSU
pas avoir peu contribue à répandre la religion indienne dans la Tartarie, où l'on a écrit qu'elle avait été introduite un siècle ou environ avant l'ère vulgaire^ U paraîtrait qu'a unie ^aque plus ou moins reculée , ils se sont hiélés avec diverses tribus d'autres Tartares ou Scythes nomades, et particulièrement avec les Gètes ou Je-^ta.
iJn chef de Scythes nomades, nomme par les Chinois Kicou-^ho-hio , soumet lès autres che& de sa nation vers la fin du troi-< sième siècle , prends Samarcande ^ combat contre lesParthes; et son fils, nommé j^/z^ kao^tchin, fait de grandes conquêtes dans les Indes. Un sièdbe ou environ j^rès ces conquêtes, Kirto-lo^ roi des Gue-ohi^ combat contre les Tartares JouïrJouï des environs de XIrtischj tourne ensuite ses armes contre l'Inde , et s'empare de cinq royaumes des Indes ^ptentiionaies. Les Gue^hi aux^ quels il conânande, sont ceux auxqudb cm a donné le nom de grands GueH^hij et l'on
M>VZliME AGE. 47
a Hommé petkf Gue-chiy ceux des environs de Kkasgar^ de Khoten et d'autres contrées plus boréales. H y avait encore à Fôcddent de Khoten, le long de îOxus et auprès du mont Imaûs, Jkes Gètes qui avaient- ea les plus grandes liaisons avec les Que^hi et les Igours^ dt chez lesquels on voyait plusieurs temples , pagodes 9 pyramides ou tours consacrés à J3ouii%a.
Les conquêtes et les révolutions qu^çlles produisent, sont fréquentes et rapides dans la Tartarie; et avant la fin du sixième siède on voit un chef du Turkestan, nommé Tbporkhan^ régner depuis la Caspienne jus-> 57a. qu'à la Corée. .
I^ufô le d.ouzième V siède parait un des conquérans les plus fameux. Un Mogol ou Mongol^ nêmtaé Gengis^khan y r^nporte, pendant plus de vii^ ans, les victcÂres les plus ëdalantes, et s'asipare dé la plus grande partie de l'Asie. L'empire que ses armes lui ont donné, est immense. P meurt, âgé de 72
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ans 9 en i 226. Son second Gls^ Oetaï^ lui rao cède dans le royaume des Mongols ; ZagOioh son troisième fils, rc^ne dans la Trànse^ane; son quatrième fils / TiiUcan, a le Gorasan , la Perse et une partie des Indes; et Batou, son petit-fils, ne de â/oi/^/o> son fils ainé> inort depuis qudque temps y compte parmi ses Etats les^^pajs d'^/û^n^ de Rous et de Bulgar. Ce partage détruit un empire que le génie d'un roi victorieux ^aurait pu soutenir lpng*temps sans lumières et sans institutions.
Un exonple également remarquable est d^né dans la même partie dû monde, à la fin du quatorzième siècle et. au commenœ*^ ment du qmtiiième« Tirnur^ec (Timur le boiteux), khan ou etap^treur des Scythm ou Tartare$, et connu sous le nom de Ta^ medariy force. 1^ grande muraille de la Chine, soumet la plus grande partk des Indes, bat les Perses, subjugue les Parthesi conquiert la Mmpotamie et FËgypte, dé^
tniit Bagdad 9 Damas^ Alep, Sébaste, d^ait à Angouri Bajazet II, et doniie des fers à ce sidtaii des Turcs ; aucune institution tuté^ lairé ne garantit aucune durée chez ses peuples à demi barbares : à peine a-t-it cesse de vivre , que son empire s'écroule.
L'£uphrate et le Tigre arrosaient des pays que son dmetare avait soumis; ils avaient coulé longtemps auparavàilt sous lés murs de capitales fameuses d'un des plus anciens empires. Cette antique domination est celle des Assyriens. JÏÈ étaient chasseurs dai^s ces temps reculés, dont l'orgueil national, la politique du pouvoir < souverain, celle des prêtres , et la superstition religieuse ont ra« cpnté tant de. fables , et où on a placé Assur eiNemrod. Degrandes^rêts couvraient alors ces contrées , au milieu desquelles coulaient deux fleuves bien plus larges et bien plus profonds qu'à des époques moins anciennes.
U|i homme. extraordinai]:e, le fameux Ni^ nus, sa veuve Sémiramis, .iet.leur fils Ni' II. '4
nias, entreprennent, exëcutent bu terminent de grandes choses ; ils ont r^né sur FAssy* rie il y a près de quatre mille ans. Ninus a été l'c^jet "des plus grands éloges ; «i lui a décerné une grande gloire ; on Fa représenté comme un conquérant qui, par ses combinaisons et son courage, étend au loin et surtout vers FCktent les bornes de son empire.
Il bâtit sur le Tigre Ninive , dont , suivant IQîodore, aucune ville n'^alait Fétendue; et il promet des terres à tous ceux qui vou* dront Fhabiter. On a cru devoir lui rapporter la division du peuple en tribus. Mais , ibndateur du despotisme, il veut que les enfans soient contraints d'exercer la profession de leurs pères ; et vainqueur barbare , il fait crucifier Phaitis, roiMes Mèdes , et sa famille, que la victoire lui a soumis, et il ordonne qu'on donne la mort au roi des Babyloniens qu'il a subjugués, et aux enfans de ce prince trahi par le sort. Ninive et Babylone se tair sent devant lui.
Sémiramis lui succMe : èUe veut étçudre l'empire que Ninus lui a laissé; die porte la guerre dans rÉtibiopie , daas la Perse y dans les Indes , imprime une nouyelle force au commerce en multipliant les communia cations, des peuf^es ; et voulant affermir sa puissance absolue, elle âëve des temples»
remplit les sanctuaires d'autels, d'urnes, de tables, de vases* d'or, comme les tables^ les urnes et les autels, et neini^lige rien pour plaire aux prêtres dits Chaldéens, qui, organes des volontés des cBeux, cultivaient seuls l'astrcmomie et les élémens de qudb{ues autres -sciences, écrivent Les annales et exer« cent une si gtande influence sur les Assy^ riens. Mais elle s'abandonne à la débaucbe la plus honteuse et la plus effirénée; et par «ni horrible cruauté, e». &it p&ir cm avec lesquels elle a voulu assouvir sa hxvh taie et violente' passion. Les Assyriens ce?
pendant ne maudirent pas la mémoire de is; ils conseillèrent avec oi^eil le
souvenir de ses victoires, et les prêtres, n'oubliant pas. les richesses qu'elle leur avait prodiguées, parurent croire que les dons faits à leurs autels ei^piaient ious les crimes z rappelant même un de leur^ oracles qui lui avait annoncé les honiieurs divins , ils la présentèrent aux hommages de ses peuples sous la forme d'une colombe; et cette image consacrée 4écora tous les étendards.
Ninias se : f enferme dans son palais ; et l'année qui veillait autour des barrières ^ ne put le garantir de la terreur secrète qu'éprouve ]a tyrannie autant qu'elle *r«nspire. :
Le nom de Nintis protège , néanmoins , pendant plusieurs siècles, TÉtatqu^il a fondé. 11 semble que^soiji génie lui a survécu et suffit au salut de l'empire. On n'ose attaquer CCS Assyriens qiM la victoire et la gloire ont conduits dans un si grand nombre de contrées. Mais les successeurs de Ninias tombent dans une -dépravation , dans une mollesse et dans une inaction si funestes , que tous les
ressorts de FEtat se relâchent (M invoque en vain le nom de Ninus; il n'a laissé aucune institution qui puisse arrêter la chute de sa dynastie. %
L'Assyrie change de tyrans. Maisla nouvelle dynastie continue de laisser l'empire s'affaisser soiis son propre poids. Le sceptre roule de main en main jusqu'à Sdrdana*pale. Le nom de cette ombre d'empereur rappelle ce qu^e la débauche a de plus vil ; il est lin terme de mépris. Un satrape, ^u- général des Mèdes, nommé Arsace^ ne peut supporter d'obéir à un prince aussi dégradé. Bélésis ^ le chef des prêtres ou Ghaldéehs , se réunit à fui. Sardànapale est précipité du trône, qu'on brise. On divise l'empire de Ninus ; trois monarchies lui suc-cèdent. Arsacë règne dans la Médie; Bàbylone devient la capitale d'une monarchie indépendante ; et Phul établit à Niriive le second empire des Assyriens.
Nàbonassar y que plusieurs historiens
appellent Bélésisj est roi des Ghaldëèns ou de Babylone, sept cent quarante-sept ans avant Père vulgaire. Ucre de son règne est )étal)lie par les Babyloniens comme celle de leur affiràndiissement du joi^ des Assyriens; cette ëre est encore fameuse.
Nabonassar cependant perpétua leur servitude ; et voulant, par une absurde vanité 9 être r^ardé comme le premier roi de la Babylonie , il ^ordonna , suivant Alexandre Polyhistor, et suivant Bérose, Fhistorien de la Chaldée , de détruire tous les monifmens historiques et tous les actes de ses prédécesseurs.
Et combien pouVait être grand le despotisme des monarques ! Dans les trois royaumes fonnés de Fancieii empi,* d'Assyrie , toutes les terres appartenaient au souverain ;
il ne les cédait que pour des redevaiices^ et il était le inàitre si absolu de la vie de ses malheureux sujets , qu'un seul de ses ordres sufiisait pour, faire tomber toutes les têtes qui
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lui déplaisaient, et même les plus âevées* Sept sièdes ayant l'ère vulgaire ^ le royaume de Babylone repassa sous l'empire de celui d'Assyrie. Un général , nommé Nàbopolassàr, à la tête d'une de ces insurrec* tions que produit la tyrannie^ et cpii renversent Ou érigent des tr6nes despotiques, sépara de nouveau la Babylonie de l'Âssy* rie, et r^a sur les bwds de l'Euphrate.
Son fils i Nahuchodonasor H, que l'on a surnommé le grand, parce qu'il prit Ninive, subjugua Vkùe mineure, et soumit im graud nombre de contrées orientales; traita avec barbarie les rois et les peuples vaincus , et dans la démence oi^ueilleuse que lui donnent ses victoires et ses armes toujours si redoutées , il veut qu'on lui âève une statue d'or, ose se comparer à un être sumatm^ et tout-puissant, et ordonne qu'<madoi^ cette statue. La terreur fait flécbir tous les genoux devant l'image d'un barbare; et cette t^lreur devait être bien forte pour l'emporter sur les
principes religieux des Ghaldéens , et sur l'attachement si vif des prêtres au pouvoir de l^ur tribu.
Ces Ghaldéens admettaient l'éternité de la matière , et l'oi^anisation de l'univers par une volonté; suprême; ils s'étaient élevés jusqu'au dogme sublime de l'immortalité de l'ahie.
Le soleil avait reçu leurs premiers hommages ; il était l'image sacrée de la divinité et de la grande puissance de là nature. Belj leur Dieu principal , a inventé l'astronomie , que ses prêtres cultivent avec soin. Son temple présente plusieurs tours élevées l'une au-dessus de l'autre. On le consulte dans la plus haute. Les astres sont ses agens et ses interprètes. Un dieu subalterne préside à chacun des douze signes du zodiaque.
* Les équinoxes étaient les époques de grandes cérémonies religieuses. Les Assyriens pleuraient alors l'affaiblissement que la lumière et la chaleur du soleil éprouvent au solstice d'hiver 9 ou la destinée tragique de
I>OUZri;ME AGE. 57
leur Adonis, tant célébré emuite par d'autrès peuples, et nommé par plusieurs Grecs V époux assyrien de Vénus; et lorsqu'au solstipe d'été il semble renaître à la nature , ces peuples exprimaient leur joie religiçûse par des djinses et d'autres divertissemens*
Dans une autre fête, nommée ^àcé&^ les esclaves commandaient à leurs maîtf*es peu* dant cinq jours.
La nature fécondante éts^it adorée soins di* vers noms , sôus diverses formes , sous diffé- '
rens émbléiftes ; on ' croyait l'honorer par des prostitutions ^ et même j suivant le Grec Julius Firmius, par des actes plus infâmes.
: Les Gbaldéens , 4vant de rendre leurs oracles et d'expliqver les smiges , consultaient le vol des oiseaux, les entrailles -^es victimes , les ' niouvemens des astres. Les devins entouraient le monarque, et comment im despote n'aurait^l pas eu besoin de calmer , pour ainsi dire à chaque instant, les terreiu^s de la tyrannie !
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Le commerce transportait particulièrement la soie, le lin, l'iroire, le mari>re, les bois odoriférans , les pierres précieuses y l'or y Taisent , des meubles , des vétemens , des paifûms, des huiles, des vins, des chevaux, des armes, des chars, des esclaves,
La reine Niiocris voulant, comme plusieurs de ses prédécesseurs, suppléer- à l'abondance des pluies, pour ajouter à la fertilité des champs, et désirant d'ailleurs de mettre les campagnes à l'abri des inondations funestes, occasionées aux Approches de l'été par la fonte des neiges des montagnes de l'Arménie, fait ouvrir des canaux au* dessus de Babylone, construit, de chaque côté de l'Euphrate , de grandes levées, itevétues dé briques cimentées avec du bitume, et dans lesquelles on ménage à une certaine hauteur des ouvertures capables de donner uÀ écoulement aux eaux du fleave ; et creuse uïi lac destiné à recevoir ces eaux lors des grands déboidemens, et à laisser sortir, par
DOUZilfifÊ AGE. 59
le moyen .d'échises , les quantités de ces
mêmes eaux de l 'Ëuphrafe nécessaires , suivant les saisons, pour arroser les terres trop desséchées.
La mécanique et l'art des constructions devaient avoir fait d'assez grands progr^ à Babylone ; un pont très4ong y avait été construit sur l'Ëuphrate. Les pierres en étaient liées avec des defs de fer, et leurs petits intervalles avaient été remplis de plomb fondu; de longs éperons défendaient le côté des piles exposé au courapt ; et si le peu de connaissance qu'avaient les Babyloniens de l'art delà coupe des pierres, les avait empêchés d'inventer les voûtes, il n'était pas facile de placer solidement les unes au-dessus des autres , les grandes pierres destinées à se dépasser successivement pour former la partie supérieure des arches. Dio-* dore A même écrit qu'on avait/ construit sous le lit de l'Ëuphrate une galerie haute de plus de vingt pieds et large de quinze , et que
jSO DOUZIÈME AGE.
cette route souterraine servait de commuAi- * cation à deux palais bâtis vi^-vis l'un de l'autre sur les rives opposées de l'Ëuphrate* Les Ghaldeens savaient que la lune est placée, relativement à notreglobe , au-dessous de toutes les étoiles et de toutes 1^ planètes; qu'elle n'a qu'une lumière réfléchie , et que ses éclipses viennent de ce qu'elle entre datls l'ombre de la terre. On a écrit, qu'ils avaient iconnu avant les autres pejuples l'u^ge des cadrans solaires ; ils regardaient les comètes , suivant Apollonius, de Minde , comme des planètes dont ta révolution se faisait dans des orbites très^^lcentriques à notre globe , et qui n'étaient visibles que lorsqù'dles parcouraient la partie inférieure de cette orbite; et leurs observations avaient précédé celles des Egyptiens > selon Aiîstote et d'autres auteurs.
, L'art de la guerre était chez eux moinis avancé que l'astronomie. Leur manière 'de combattre ressemblait beaucoup à celle/ des
sauvages. Ils n'avaient aucune idée de la strat^e ni de ïà véritable tactique. Le.ra:* va^des champs, le carnage , la destruction des villes, la captivité des peuples , leur translation dans des contrées plus où moins éloignées de leur patrie, et la ruine entière du pays conquis , étaient les horribles suites de la victoire.
Leur luxe était celui dès Barl^ares. Les monarques^ les satrapes ou gouvernem^ , les grands , les riches , consommaient u^e grande quantité des parfums renommés de Babylone , avaient ^s meubles précieux , def tapis d'une grande valeur, des vases dW ou dorés, etienrkhis de perles, de rubis et de saphirs. On voyait ces saphirs, ces rubis et ces perles briller autour de leur con, a leurs oreilles et sur leurs robes, dont Fétâife, tissue d'ôr et d'argent , resplendissait de vives couleurs et de beaucoup de broderies.; leurs festins étaient splendides; ils se faisaient porter dans des litières, mais les sculptures et
presque tous les autres produits des arts étaient restés grossiers ; et à côté de cette somptuosité 9 que Fon a nomimée asiatiqbe, la plus grande partie de la nation , esclave et traitée comme une espèce inférieure^ vi«vait accablée de travaux , condamnée à de nombreuses privations et très-souvent plongée dans la misère.
Cet empire devait sMcrouler, Un grand homme qui r^nait sur les Mèdfes et sur les Berses et qui avait dgà vaincu les Lydiens , Cyrus> défait les Babyloniens , attaque leur Toi Nahonide ou Balthazar, assiège la capitale de l^Â.ssyrie , oii ce Balthazar s'était renfermé; donne un exemple qui seul de^ vrait l'immortaliser, ordonne que les labou.
reurs soient re^ectés par son armée y et y profitant avec habileté de la confiance inrsensée avec laquelle Balthazar /au lieu de donner les ordres nécessaires et de prendre les précautions que sa situation eipge, ne cesse de se livrer aux plaisirs , aux fêtes et
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aux festins nocturnes , entreprend de dëtouiv ner FËuphrate , en jette les eaux dans le grand lac que Nitocris n'avait pas creusé poijir la ruine de ses États, pénètre dans la ville par le lit du fleuve resté presque à sec, et voit tomber sous sa puissance cette Babylone si fameuse et tous les pays auxquels elle commandait. *'*
L'empire des Perses et des Mèdes succède au second empire d'Assyrie / plus de quatre siècles avant l'ère chrétienne. Qu'avaient été cependant 9 avant cette époque, ces Perses que Gy rus élève à tant de renommée ?
Dès le temps d'Abraham y et par conséquent près de deux mille ans avant l'ère vul* gairé, les Perses étaient réunis en corps social; leurchdTou roi, nommé Codorla Homor, conquiert Gomor et Sodome^ et défait cinq rois voisins de ces contrées. Mon savant xon^ frère, M. Latreille, de l'Académie des sciences, croit, et ce que je vais rappeler d'après lui est important à remarquer pour écjiaircir un
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gnand nombre d'obscurités de Phistoîre et en rectifier plusieurs erreurs ; M. Latreille , dis-je> pense que la Perse tnëridionale a été datis le temps nommée Ethiopie; et peutêtre même jfegfj^f^. Ge nom d'Af^fo/^^^ donné aussi à raneiènhe Colchidej et qui vient Séthiops^ mÀTj serait une des preuves de l'ardeur du climat de cett^Colchide et de la Perse vers l'origine des sociétés humaines , expliquerait pUisieurs mythologies , récits vcûlés d'antiques pliénomènes / et se lierait avec la couleur noire que nous croyons ^e celle des premiers habitàns dé ces contrées»
Le premier empire de Perse, qui peut-être s'étendait sur une partie de l'Inde, portait le nom â^Élam. Ses institutions, ses habitudes et sa religion étaient les mêmes, selon un savant Anglais , que ceux des Asiatiques qui vivaient à l'orient de l'Indus. Le zend des anciens Médo-Perses , dont le docteur Lèyden a écrit que l'alphabet a été dû kDei^anagari, ainsi que les caractères des anciennes
inscriptions persépolitaines, est un dialecte du sanscrit des Indiens ; le pâli et le pracrit, employés dans le même empire , sont des dialectes de la même langue indienne.
Zoroa^itré donne des lois religieuses auic anciens Perses , et introduit parmi eux l'ëtude de plusieurs sciences. U est le chef d^ mages que Ton a nommas les sages ^ il veut que Ton conserve dans la Perse un feu perpétuel , en l'honneur de la divinité dont il le regarde comme le symbole. Ses disciples , en présence de ce feu consacré et se tournant vers le soleil , déclarent qu'ils n'adorent ni l'un ni l'autre , et que tous leurs hommages^ sont pour un seul dieu , que le soleil et le feu rappellent , pour Oromaze^ qu'ils honorent comme le principe dejout bien, pendant qviOrimaze est le principe de tout mal*
On a. donné le nom de guèbres aux sectateurs de Zoroastre, qui ont conservé dans la Perse le culte de leur maître , altéré par l'ignorance et par le temps. Ces guèbres ^ vers II. 5
la fin du huitième siëde « vont de nouveau dans le Guzars^te^ y bâtissent une ville ^ y établissent un ]^rée pour la conservation de leur feu religieux. *
La langue des mages ^ représentes par les guèbrés^ était le sanscrit : le Zend-4ivesta renferme leurs opinions^ le Pazend ou commentaire des ouvrages de Zoroastre, a été écrit eapaldany branche du chaldéen , introduite en Perse ; mais la laiigue vulgaire de la Perse , lorsque ce royaume a été conquis par les Mahométans, était \tparsiy dialecte du sanscrit et qui s'est ensuite mêlé avec l'arabe*
Avant que les Mèdes n'obéissent au m.éme gouvernement que les Perses, et, après la dçsknction du premier empire des Assyriens j ces Mèdes n'avaient pas de mqnarque; ib composaient une sorte de république : mais comme elle était mal oi^anisée à une époque si éloignée des lumières relatives à la nature et aux effets de divers . gouvernemens y il$ éprouvèrent des troubles et djes désordres
qui leur firent désirer un roi , et ils élurent pour leur chef suprême Déjocèsy qui leur avait rendu de grands services* Ce nouveau monarque bâtit Ecbatane^ Tentoura de sept enceintes de murailles , se renferma dans la plus intérieure, s'entoura de gardes^ ne permit d'approcher de lui qu'à un très- petit nombre de Mèdes, et adopta ou contribua à établir ces usages des despotes de TOrient y qui , en les éloignant de leurs sujets , en les privant de leur affection , en les laissant exposés aux erreurs les plus funestes , ont concouru avec tant dHnfluence aux catastrophes tragiques éprouvées par ces souverains si forts en apparence et si faibles en réalité*
Plus de six cents ans avant Tère vulgaire y fyaarare^ le fils du successeur de Déjocès , marche contre les Assyriens pour ven^r son père tué au siégé de Ninive, les défait dans une grande bataille^ va défendre son pays attaqué par les Scythes , les chasse de ses
Etats ^ fait la guerre au roi de Lydie , marie
son fils Astyage avec la fille du monarque lydien y prend Ninive y la ruine de fond en comble et s'empare d'une grande partie de FAssyrie.
Les Mèdes étaient braves; niais comme chez tous les peuples orientaux et esclaves y les riches et ceux qui s'appelaient grands , s parce qu'ils exerçaient une portion de la tyrannie, étaient fameux. par leur Juxè y la richesse, les vives couleurs et les broderies de leurs longues robes, la recherche de leurs tiares on bonnets, le fard avec lequel ils voulaient cacher leur laideur on ajouter à leur beauté ; les pierres précieuses qui ornaient leurs bracelets , leurs c(dliers et leurs chaînes d'or ; la profusion des mets qui couvraient leurs tables , leurs débauches , leur ivresse fréquente,, leur emportement pour la joie bruyAte des festins , la danse et la chasse ; le soim avec lequel ils réunissaient dans de grands parcs , suivant Xénophon , des cerfs , des sangliers et même des panthères et des lions ; les tapisseries qui décoraient leurs ap-
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partemens , et les couleurs et la dorure qui distinguaient Textérieur deJeurs vastes habitations, comme les murs d*£cbatane , dont les sept 'enceintes étaient d'autant plus élevées , qu'elles étaient plus intérieures , et des crénaux desquelles Hérodote a dit que les premiers ou les plus extérieurs étaient blancs y les seconds noirs y les troisièmes pourpres y les quatrièmes bleus , les cinquièmes orangés , les sixièmes argentés et les septièmes dorés.
Astyage succède à Cyaxare. Sa fille iH/andane épouse le perse Cambyse ; Cyrus nait de ce mariage : son grand-père l'associé à sa puissâtnce, et* les destinées de l'Asie mineure, de l'Assyrie , de la Perse et de plusieurs autres grandes contrées orientales, vont recevoir l'influence» de ce prince si célèbre, sur l'éducation duquel les anciens et les modernes ont tant écrit , et dont le génie devait, produire de si grands événemcns.
Les Phrygiens s'étaient distingués parmi les nations de l'Asie mineure par leurs suc-
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ces dans le commerce. On .leur d attribué Finvention ou le premier usage des chariots à quatre roues , destinés à^transporter les marchandises ; c^est au commerce que leurs rois devaient leurs grandes richesses. Les Gariens^ leurs voisins ^ s^étaient adonnés à la navigation presque des le commencement de leur réunion politique ; mais on a écrit qu'au lieu de parcourir les mers pour le commerce > de même que les Phrygiens , ils s'étaient fait redouter par leurs pirateries. Ces Cariens , ces Phrygiens, comme les Lydiens et presque tous les peuples de'tAsie mineure, étaient soumis à Gyrus, vainqueur de Babylone.
La Syrie , dans les temps très^ndens , était divisée en un fort grand nombre de peu* plades ou de petits Etats. Chaque ville, pour ainsi dire , avait son chef et formait un royaume. Ces petits monarques, si rapprochés Fun de l'autre, avaient presque toujours les armes à la main , pour se défendre contre leurs voisins ou pour les attaquer. ^
DOUZIÈIIE AGE. 71
Yérs le onzième siècle avant l'ère chrétienne , un roi de Damas y nommé Jtdad^ subjugua plusieurs petits piinces et régna sur une grande portion de la Syrie. La Bible parle souvent de ce roi de Damas , et compte jusques à trente rois qui marchaient sous ses ordres. Son despotisme et celui des chefs qu'il n'avait pas réduits à lui obéir ^ s'exerçaient sur des peuples que l'habitude des guerres avait rendus bdliquçux.. Mais les Syriens avaient conservé, dans plusieurs de leurs'contrée$ , l'habitude de réunir de nombreux troupeaux ; ils étaient aussi agriculteurs ^ et dans leurs plaines ou leurs vallées, rendues si fertiles par la nature des terres , la cha« leur du climat, et .les eaux de VOronte et des autres fleiives ou rivières qui les arrosaient, ils cultivaient plusieurs plantes potagères^ ainsi que plusieurs fruits , avec tant de succès , que Pline parle delà réputation qu'ils s'étaient acquise par leur habileté dans le jardinage.
• Deux grandes causes de la prospérité de
l'agriculture manquaient néanmoins aux Syriens : la sûreté des personnes et celle des propriétés. Les souverains faibles ou puissans semblaient ne regarder les domaines patrimoniaux que comme une possession temporaire , abandonnée à leurs sujets par leur volonté absolue , et pouvant être retirée suivant leur^ passions ou leurs caprices. Ces tyrans réglaient seuls la nature et la quotité des impôts qu'Us établissaient dans leurs Etats, comme celle des tributs qu'ils exigeaient des peuplades vaincues: ces • cpntributi<»s étaient levées sur les personnes , sur les moissons, sur les vignes, sur les troupeaux, sur le sel , sur tous les revenus , suur les produits de l'industrie; et combien l'eyercice de Faut(M:ite absolue ,. excitant un ressentiment terrible parmi les oppriniés , produisit d'assassinats , d'empoisonnemens, d'insurrections et de bouleversemens , qui renversèrent , ensanglantèrent les trônes et les dynasties !
Une partie considérable de la Syrie in%
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ritime et méridionale a été connime scius le nom die Peritapole^ à cause des cinq Etats qui Font composée à « diverses époques , et dont chacun était r^ par un chef lié avec les autres par des obligations plus ou moins grandes: cette Pentapole était le pays des^ Philistins.
Mais \m des peuples les plus célèbres de ceux qui birf habité fo Sjnrie , est celiû - de Tyr et de Sidon où de la Phénicie. Les Sidoniens se hasardent des premiers sur la Méditerranée; ils emploient leurs bâtiiiiens au transport de tous les objets d'un commerce qui s'étend 'chaque jour davantage , et même leurs flottes se montrent avec plus ou moins d'avantages dans les guerres maritimes doiit la Méditerranée est le théâtre. On les nomme Chananéèns y qui signifie marchands dans plusieurs contrées orientales; leurs habitudes maritimes et commerciales , et le besoin de rechercher tous les moyens d'obtenir des succès dont dépendent leur prospérité et même
leur exlstaice, les portent à cultiva* avec soin la sdence des calculs y la géométrie , là mecarnique , la géographie y l'astronomie y et le talent de suppléer à la boussole y dont ils n'ont aucune idée^ par Tobservation de la position des étoiles.
Les Sidoniens y Ghananéens ou Phéniciens forment des établissemens dans File de Chypre^ dans celle de Rhodes 9 d'fln^ la Grèce, dans la Sicile y dans là Sardaigne , dans la Gaule méridionale et dans le midi de l'Espagne; ils se hasardent au milieu du détroit qui sépare l'Europe de l'Afrique , pénètrent dans l'Océan y débarquent; sur des rivages oocidentauic de l'Espagne 9 y laissent des colonies , y fondent des villes y en construisent une dans l'île de Ckdix:, la nommait Gadir, et en font un entr^ôt , oii ils placent ce qu'ils apportent de l'Asie et ce qu'ils reçoivent de la Bétiqqe et des autres contrées espagnoles. Us donnent aux Espagnols y encore très-voisins de l'état sauvage, de l'huile et quelques^ autres
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substances qui manquaieiit à ces habitans de la péninsule 9 et en revenant en Asie ils chargent leurs navires d'une grande quantité d'or et surtout d'argent ; ils emportent aussi de FËspagne, suivant Diddore, Pomponius Mêla , Strabon et Pline , de la cire , du miel ^ de la poix , du vermillon , du fer ^ du plomb ^ du cuivre et de Fétain.
Ils parcourent une partie de la côte occidentale de FAfirique', et Stfabon a écrit qu'ils y avaient bâti quelques villes.
Depuis lpng-4:émps ils avaient remplacé les radeaux, lesipirogues et les. autres ba«> teaux dés premiers navigateurs^ par de grandes barques ou des vaisseaux garnis dé mâts et de voiles e ces bâtimens étaient longs et pointus lorsqu'ils étaient destinés à guerr royer sur la mer et à défendre les côtes de la Phénicie ou celles de ses colonies ; maïs ils étaient très^larges lorsqu'on ne devait que les charger de m* chandises. L'obligation de se rapprocher souvent des rivages, avait dé-
76 DOUZIÈIŒ AGE.
termine les Phéniciens à laisser à leurs vais^ seaux un fond plus ou moins plat, qui tirait très-peu d'eau, et comme cette construction rendait ces bâtimens, privés de Ta résistance de Feau de mer Contre, une carène profonde , plus , difficiles à gouverner , les Phéniciens ataient, pour diirîger leurs courses, deux ou trois et même quelquefois quatre gouvernails , placés de dif£^ens côtés du navire , et dont on a écrit que la^ forme ressemblait à celle d'une rame longue et très^-large.
La ville de Ty r se forme J et son ccMtnmerce et la culture des arts xjû'ijk introduit ou fait naître, conservé où perfectionne, lui méritent bientôt une grande renommée, et lui donnent l'empire sur toute la Phénicie et même sur Sidon. Hiram , roi de Tyr , traite avec Salomon, qui recherche son alliance, et lui procure , pour la construction du tem^de de Jérusalem, des bois de cèdre, de l'or, de Taisent et des ouvriers habiles. ^
Les Iduméens , ces peuples de la Syrie ,
qui«ayaient des ports sur la mer Rouge ^ faisaient sur le golfe d'Arabie et sur les mers voisines un commerce analogue à celui des Phéniciens ; ils avaient dû , coB|me les habitans de la Pbenicie , suppléer à la stérilité de leurs champs et de leurs sables par une industrie très-active ; ils aivoyaient les produits de leurs navigations aux Tyriens y qui leur apportaient ou leur faisaient parvenir , comme aux Juifs, aux Arabes, aux Bi^by Ioniens et aux Perses , leurs étoffes , leyrs» tapis , leurs voiles brodÀ , leur verre et la poiupre , qu'ils retiraient d'un dés moUusques testacés de leurs^ rivages.
Au milieu de leurs opérations coàuner* ciales et des divers emplois de leurs richesses, les Tyriens cultivaient les arts qui ajoutaient à- leurs plaisirs et donnaient un charme de plus aux voluptés. Les prophètes des Juifs ont parlé de leurs concerts , de leurs harpes et des autres instrumens qu'ils aimaient à entendre ; des courtisanes , selon ces pro-
phëtes^ parcouraient les villes en chantait €t en s'acoompagiiant avec une espèce de luth.
Us emplo/aient surtout la musique dans leurs fêtes religieuses; et quels étaient leurs dogmes, leurs crdyances, leurs traditions et leur cujte ? Ecoutons Sanchoniaton , ce célèbre historieii de la Phénicie, qui vivait plus de douze siècles avant Tère vulgaire.
• Le chaos avdit été le principe de l'univers , qui n'a aucuncf borne ; l'esprit ou le souffle de l'air, éternel comme le chaos, devient amoureux des élémens , s'unit à eux, et les êtres créés commencent : les germes de la reproduction sont répandus pàHout; la lu* mière parait; ks astres se montrent; les eaux de la terre enflammée montent dans l'air et retombent ; les animaux vivifiés s'a*« gitent : le vent et la nuit engendrent les hommes ; la chaleur dévore la terre ; on im« plore l'astre qui la donne : bientôt les champs sont cultivés ; les' arté naissent ; là terre se
dvilise; Kronos on le temps, fils à^Uranos ou le ciel , et ëponx êiAstarté , bâtît la ville de Biblos.
Les Syriens et les Phéniciens rendent des hommages aux astres, aux principes de la fécondité , à tous les bienfaiteurs de Thomme , aux inventeurs des arts , au divin JEarty qui avait tiré des arbres une nourriture salutaire; à Gênas ^ fils d^J)on, qui avait montré l'u* $age du feu; à Upsouranios , qui avait appris à se servir des joncs,. k^unir des roseaux , à construire une cabane ; à Ousos , qui Vêtait revêtu de là peau d^un Minimal qu'il avait vaincu et avait osé braver les flots sur un tronc d*arl»*e creusé. ,
Ils invoquent l'air et le feu ; mais le soleil et la lune sont au rang de leurs divinités les plus puissantes. Us nomment le soleil BeeU samen ou Bcuilnsamen , la dinnité des cieujp. La lune est Astartéy son épouse , la déesse de la fécondité. On la représente avec des cornes de génisse ; on lut immole de
80f DOUZIÈME AG£.
jeunes béliers . ou de jeunes taureaux ; ses temples, sont 9 dans les premiers temps /des forêts ou des bocages ; les feimmes lui rendent hommage en se prostituant et en travaillant ainsi à la reproduction. Oest V Aphrodite, ou la Vénus des Phéniciens; elle est aussi pour eux la déesse de la navigation* Us nommaient le soleil \Jdonis ; ils célébraient Fespèce de résurrection. qu'il paraît éprouver, après le solstice d'hiver , et celle qu'il éprouve après avoir 9 sous ^^e forme humaine ^ reçu la mort d'un sanglier furieux. Us rappelaient en mâkie temps la douleur . d' Astarté «lorsqu'elle croit perdu son Adonis , et les Ixansports de sa joie lorsqu'il lui est rendu : As-. tarte, et Adonis étaient pour eux comme Jsis
et Osiris pour les Egyptiens.
Un temple d'une grande étendue et d'une magnificence extraordinaire, avait été élevé à Hiérapolis. L'or brillait 3urJes portes, sur les murs et sur la voûté; des statues d'or étaient placées dans le sanctuaire ; au milieu
de ces images de différentes divinités ^ oh ne ^ voyait que le trône du solei 1, parce que les Syriens ne représentaient pas par des statues les dieux qui se manifestent aux regards des mortels ; des odeurs suaves s'exhalaient de toutes parts ; la Gilicie , la Gappadoce , les contrées voisines de l'Euphrate, F Arabie, y envoyaient de riches tributs.
Le fanatisme répand aussi le sang humain < en l'honneur des dieux de la Syrie et de la Phénicie, et ces horribles sacrifices ne cessent dans les grandes calamités, que lorsque les Perses, vainqueurs des Syriens, acquièrent une gloire immortelle en défendant; ces abo* minations.
On a compté parmi les contins syriennes , la Judée et le pays de Samarie.
C'est dans ces régions devenues si fameuses pour la plupart des nations de la terre, que commence le peuple hébreu. Abraham^ son auteur , vient des bords de l'Euphrate s'établir avec sa femme, ses serviteurs et ses II. 6
troupeaux^ dans les campagnes qui s^étendent vers le midi de la Syrie , entre la Méditerranée* et le Jourdain. Les livres sacrés de la religion chrétienne renferment l'histoire du peuple' qui descend de cet Abraham y adorateur fidèle de Jéhos^a, FÊtre tout-puissant^ le seul Dieu y le maître de la nature entière* En lisant cette histoire , on voit Abraham recevoir de Dieu Tordre de soumettre à la circoncision tous les mâles de sa race, élever un autel rustique au grand Être qui le comble de ses bienfaits, immoler sur cet autel de la reconnaissance , une tourterelle , un pigeon, une génisse, une chèvre et un bâier^ planter un bois et le consacrer au TrèsrHaut. Lesenfans d'Abraham prospèrent. Jo^epA^ son arrière-petit-fils , vendu à des étrangers par des firères jaloux , transporté comme esclave en Egypte, y parvient au faîte de la puissance, gouverne ce royaume, y attire non -seulement son vieux père Jacob ^ fils d'Isaac , et qui l'avait cru mort, mais encore
ses fipèrès , qu'il n'a pas cessé de chérir et auxquels il pardonilb , et il les fait suivre de leurs familles et de leurs serviteurs*
Leur postérité se multiplie dans la Basse* Egypte, mais y vit dans la servitude. Moïse, un des fils des Hébreux, est élevé dans toutes, les sciences des Egyptiens : voyant ses compatriotes victimes des plus cruels trai* temens, il forme le projet héroïque de les délivrer, les rassemble, se met à leur tête , repousse les Égyptiens qui veident les rete* nir dans l'opprobre et l'esclavage, traverse l'extrémité de la mer Rouge, s'enfonce dans les déserts de FArabie avec le peuple qu'il a sauvé et qu'il conduit, s'élève jusqu'au som* met du mont Sinaï au milieu d'un violent orage , y reçoit du Dieu qui protège si puissamment les Hébreux , la loi divine conservée jusqi#à nos jours , et qui sous le nom de Décalogue, renferme les commandemens sacrés adoptés p^r le christianisme sur la surface entière de la terre. Il compose et donne
84 OOUZIÈBIE AGE.
aux Hébreux Tes cinq livres connus sous le nom de Pentateuque ^ et Aans lesquels il rcgle, au nom de Dieu, toutes les cérémonies y tous les rites et toutes les obligations du culte du Très-Haut , et tous les devoirs et les droits de la tribu de Lévi , qu'il consacre à l'observation de ces rites et de ces cérémonies , et à la* tête de laquelle il place Aarvn comme souverain pontife.
Le commandement des Hébreux armés est donné à Josué jpar Moïse : tous les rois ou chefs de tribus arabes qui veulent s'opposer au passage des Hébreux, sont vaincus , exterminés ou mis en fuite , après des combats plus ou moins nombreux.
Moïse meurt près de quinze siècles avant l'ère vulgaire , au moment ou les Hébreux vont, après un très-grand nombre de travers , de dangers et d'obstacles sans «cesse renaissans , traverser le Jourdain et arriver dans la terre qui leur est promise. Josué succède à ce prophète qui parlait au nom
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du Gel avec tant de succès , à ce lëgi^teur si extraordinaire , à cet homme d'un caractère si élevé au-dessus de la faible humanité, et si digne de son immense et si longue renommée. U passe le fleuve, s'avancç de victoire en victoire , défait le roi de Jérusalem et tous les autres rois ou chefs qui lui résistent , et avant la fin de six années , a soumis aux Hébreux une grande partie de la terre de Ghanaan.
Les Hébreux ou Juifs sont gouvernés par des Juges pendant plus de trois siècles.
Combien de fois ils ont à combattre contre
les rois ou généraux de la Mésopotamie , des Moabites, des Ghananéeins , des Madianites, des Ammonites et des Philistins, peuples divers dont la victoire les force quelquefois à subir le joug pendant plusieurs années !
Samuel j]nge et grand -prêtre, gouvernait te Juifs l.«q«-ik demandèrent «n roi comme ceux des nations voisines. En vain il leur peignit avec force toutes les calami-
tes qu'ils prouveraient sous le commandement d'un despote. Us persistaient dans leur demande; Samuel donne Fonction royale à SaiU^ de la tribu de Benjamii).
Ce nouveau monarque défit les Amalécites et qudques autres peuples; Dat^'^^ son gendre, lui succéda. Samuel l'avait sacré dans un champ où il l'avait trouvé gardant les troupeaux de son père, de la tribu de Juda. Davi4 avait vaincu le redoutable Goliath , les autres Philistins et les Amalécites, et souvent il avait calmé, en jouant de la harpe, les agitations et les fureurs qui tourmentaient Saûl , lorsqu'un funeste égarement troublait l'esprit de ce prince. Proclamé roi des douze tribus des Hébreux ou d'I^aël , et sacré de nouveau, il se rendit maître de la forteresse de Sion, fit de Jérusalem la capitale de son royaume , remporta une nouvelle victoire sur les Philistins , vainquit les Moabites, soumit une grande partie de la Syrie, eut neuf épouses et plusieurs femmes
du second Tang^ ne put i*ësi$ter aux séductions de la toute-puissance , cedà à une pas« sion violente 9 fit périr le mari de Bethsabée qu'il aimait^ composa un grand nombre de psaumes ou cantiques , monumens d'une poésie souvent sublime , et que y depuis près de trois miUe ans^ les Juifs et ensuite les chrétiens n'ont cessé de chanter dans leurs
temples; et laissa , en mourant, un nom que lès orateurs du christianisme ont donné comme un titre d'honneur à tous lés rob qu'ils ont voulu le plus exalter.
Salomorij fils de David et de Bethsabée, fut couronné roi des Juifs pendant la vie de son père; épousa une fille du roi d'Egypte, éleva dans Jérusalem un temple fameux, pour la construction duquel Hiram, roi de T3nr et son ^é, lui procura des cèdres; lit bâtir auprès du temple un palais pour lui et pour ses femmes , obligea plusieurs peuples à lui payer uq tribut, étendit ses &.„ j«»u'à l'Euphr..*. eu. .ur U mer
DOUZIÈStË AGE.
Kougé des flottes qui allaient chercher de For sur les côtes orientales de l'Afrique et sur les rivages occidentaux de la péninsule de FInde , entretint sept cents femmes et trois cents concubines , oublia dans un âge avancé le Dieu auquel il avait consacré le temple dont on vantait la magnificence, brûla de Fencens devant les autels d' Astarté, de Moloch et de Ghamos , et cependant il conserva une réputation de sagesse qui a traversé près de trente siècles, parce qu'on lui a dû ses Proverbes ^tV Ecclésiaste ^ deux ouvrages de morale que les chrétiens ont placés parmi les livres canoniques, et parce que la Bible dit qu'il avait été auteur de trois mille paraboles , de quinze cents cantiques , et de divers traités sur les plantes , les quadrupèdes, les oiseaux , les reptiles et les poissons.
Après la mort de Salomon, dix tribus d'Israël se séparent de Rohoam son successeur, ^ui ne veut pas diminuer les impôts
DOUZIËfiCE AGE. 89
qui les accablent; et Jérohoam, leur chef^ fonde le royaume de Samarie , dont il est lé monarque.
Ce royaume de Samarie ou d^ Israël , et celui de Jérusalem ou de Juda^ sont presque toujours armes l'un contre l'autre y ou contre le% Syriens de Damas, les Philistins,
les Iduméens y les Arabes ou d'autres nations
plus ou nuoins puissantes qui , dans plusieurs (^constances , leur font éprouver d'horribles fléaux.
Us sont d'ailleurs presque toujours gouvernés par des tyrans cruels , qui se souillent de tous les crimes , leur font abandonner le culte du Très-Haut, et ne siègent que sur des trônes teints du sang de leurs prédécesseurs, que souvent ils ont immolés. Quel afi&eux tableau de tous les malheurs et dé tous les forfaits qu'engendre le pouvoir absolu ! Ces spectacles hideux se succèdent pendant près de deux sièclq^ Le roi d'Assy- 7" rie détruit alors le royaume dlsraël, Tuigaire.
90 DOUZIËHE AGE.
Celui de Juda subsiste encore; mais quatre de ses rois sont vaincus^ chargés de chaînes et emmenés prisonniers ou mis à mort; Joachus y par le roi d'Egypte; Mariasses y Joa-chim et Jéchoniasy par celui d'Assyrie. Sé^ déciasy mis sur le trône par Nabuchodo* nosor , veut recouvre!* Findépendance de son royaume. Le roi d'Assyrie investit Jérusalem , la prend après un long ûé^e^ fait égorger les enfans du monarque juif en présence de leur père, ordonne qu'on crève les yeux à Sédéciàs et le conduit k Babylone, cil ce prince meurt dans les fers. Un grand, nombre de Juifs sont emmenés captifs sur les bords de l'Ëuphrate. La Judée est cou* verte de ruines; et c'est à cette époque que commence la captivité des Hébreux , que les livres sacrés des Juifs et des chrétiens ont rendue ^i fameuse.
Le prophète Jérémie avait annoncé ces malheurs a ses§compatrioteSi Ses Lamen^ tations et ses autres ouvrages sont conservés
avec respect par les Églises chrëtietines. On
y admire les expressions touchantes > fortes et sabUmes de la douleur que lui fait ëprou* ver le sort de sa patrie.
'Avant lui, Isaîe avait adresse* aux Juifs des exhortations 9 des discours, des prophéties , oîi Féloquence orientale se déploie avec tant d'énergie et une si grande élévation , que les chrétiens ont cru devoir comparer à son génie celui des orateurs sacrés pour lesquels ils ont eu le plus d'admiration.
Paraissent aussi hzéchiel et plusieurs au* très prophètes qu'anime un zèle ardent pour le culte du Très*Haut, les lois de Moïse et le salut de leiftr patrie; et le jeûne Daniel y ainsi que Baruchy disciple de Jérémie , rem-
plissent leur ministère consolateur à Babylone, au milieu de leurs frères captifs.
Le grand Gjnrus rend la liberté aux Juifs; il veut que Zorobabèlj qui est de la famille des rois de Juda, aille rebâtir le temple de Jérusalem. iVeA^/wie relève, plusieurs années
après, les murs de cette capitale ; etEsdrasy un des prêtres des Juifs , va porter au temple reconstruit par Zorobabel y des présens du roi des Assyriens. Artaxercès dit Longuemain^ oviAssuérus, recueille avec beaucoup de soin les livres canoniques de son cidte, les revoit, et mérite d'être nommé, par les l^éhrensi y le prince des docteurs de la loi. Gambyse , fils et successeur de Cyrus ', attaqua TEgypte. La valeur et la discipline de Farméç qui avait ét^ commandée par Cyrus, et que tant de conquêtes .avaient rendue fameuse, soumirent les Egyptiens.
Mais, fils indigne d'un grand monarque, Gambyse fut un tyran atroce^ sa cruauté s'enflamme au point de devenir une affreuse frénésie , et il immola son frère Smerdis. Un mage qui ressemblait ace malheureux frèrt, prétendit être Smerdis échappé au trépas, et régna pendant quelques mois, sous son nom, après la mort de Gambyse ; mais sa foui^berie fut découverte : on le mit à mort^^ et Da-
riusy fïïs ^HystaspCj monta sur le trône:
il fit la guerre aux Grecs ^ ainsi que son fils X^rxès et d'autres de ses successeurs. Les victoires éclatantes de ces Grecs, si admira-' blés et si admirés y remportées contre le grand empire des Perses , auraient seules immortalisé leur nom ; et nous les verrons^ sous la cojiduite d^ Alexandre, 4étruire cet empire fondé par Gyrus, et qui, n'étant protégé ni par le génie de ce grand homme , ni par aucune véritable institution , ne peut opposer aux héroïques ènfans de la Grèce que des chefs énervés par leurs richesses et une multitude sans énergie.
Plus de quinze siècles avant la destruction de l'empire de Cynis , le royaume d'Argos commençait d'exister dans le Pélo-
poQ£se. Des Scythes, Goths ou GèteSjf
anciens habitans de la Mysie, de la Carie, de la ,Ly<liê et de la Phiygie , s'étaient embarqués sur des radeaux , ou $ur des troncs d'arbres creusés, ou sur des barques
94 BOUZIÈME AGE.
grossièrement construites , avaient àfiOronte la mer 9 et, yraisen^lablement après plusieurs relâches y étaient arrivés sur les c6tes du Péloponèse^ et s'étaient emparés d'une grande partie de cette péninsule. Ce sont ces Scythes, ces Goths, ces^ Getes, qui ont été nommés Pélasges. Ils formaient une réunion de demi-sauvages, chasseui^ dans les forêts, brigands dans ces bois immenses, lorsqu'ils pouvaient user de leur force contre de malheureuses victimes, ou^ pirates, lorsque leurs souterrains, leurs ^grottes ou leurs cabanes étaient plus rapprochés des rivages maritimes. Leurs premiers chefs tâchent de leur donner de nouveaux rapports, de les attacher à leur territoire, de diminuer leurs dangers, de les unir par les Sentimens et les habitudes que donnent les liaisons sociales y de les radoucir par des travaux paisibles, de substituer la culture sédentaire de v^etaux nutritifs à des courses sanglantes et souvent répétées.
DOUSIIÈME AGE« 95
JnachuSy que l'on a cru Egyptien , était à leur tête plus de dix4^uit cents ans avant Fère vulgaire. Sous le commandement et par l'influence de son fils, des cabanes furent construites en assez grand nombre^ piour que
la ville d'Argos commençât d'esdster.
Tâchons de suivre les progrès de la civî-> lisation dans cette Grèce qui devait les por* ter à un si haut d^é; et séparons avec soin 9 d'avec les faits historiques, les fables inventées par la reconnaissance, l'admiration, les opinions religieuses, les idées relatives à Fimmortalité , les intérêts de certaines iamilles y l'esprit de quelques castes et l'or" gueil des divers peuples.
Des chants et des hymnes proclamaient, dans ces temps si voisins de l'état de naturt , les traditions et les usages qui devenaient de» règles , et les ordres des chefs qui appliquaient ou modifiaient ces sortes de lois:
les décisions des vieillards ajoutaient à cette espèce de législation naissante. Lés engage-
mens se contractaient' verbalement devant des témoins ^ dont la mémoire était le dépôt de ces obligations. LéC pouvoir paternel était ^and^ surtout pendant la première jeunçsse des enfans. Les cx)ntestations étaient jugées dans les places publiques par le chef ou roi de la peuplade^ ou par ses délégués ^ ou par des jpères de famille , ou par les hommes les plus âgés ; et dans certaines circonstances, par la peuplade entière.
Près de cent ans après Inachus , Ogygês régnait auprès d'Altos 9 sur VOgj-gie et sur VActé^ nommés dans la suite Béotie et At^ tique : il fonda Thebes et Eleusis. Un déluge remarquable et une inondation fameuse eurent lieu sous son règne.
«Une nouvelle dynastie s'établit à Argos.
Sésostris , ce roi si fameux de TEgypte, avait laissé à son frère Armais le gouverneïnent de son royaume , pendant qu'il était allé conquérir la Phénicie, TAssyrie, la Médie et d'autres contrées asiatiques. Ar-
bovittm ag£< 97
ittaïs Ayant voulu usurper la côufoune pendant l'absence de son frère ^ Sésostiîs inter«rompit ses conquêtes^ {«vint en Egypte et en chassa ArmaïSé Ce frère du Conquérant emmena avec lui uh nombre plu^ ou moins grand de ses compatriotes, arriva dans le Pâopoiièse , eiileva à Xiélanôrj descendant d'Inachus ^ le royaume d'Ai^os ^ et y fut le chef dWe noufelie dynastie. Les Grecs Font connu sous le nom de Dandûs^ et ont mêlé plusieurs fables à l'histoire de sa vie; ils connaissaient son frère sous le liôm d^Lgyp^ tuSé Dana^Sy suivant Un savant Anglais^, donna aux !^élasges la mytheilogie et les mys-> tères des {égyptiens ; il ajouta à leur civilisa^ tion, et ces Pélasges se répandirent danspres*» que toute la Grèce, la Thessalie et la Macé*» doinCé Leur langue , très'^voisine de celle dey Gètes dont ils descendaient ^ avait de granda rappcnrts avec celle des anciens Perses et avec le sanscrit des Indiens^
JLelex venait de conmiencer la réunion II- 7
i5iB des habitans de Sparte ou Lacédémone; et Ynigaire. txois ans avant cette origine de Sparte , Cadmus , fils d^Agénor roi de Phënicie, avait élevé les premières habitations de Thè*bes en Béotie : il introduisit dans cette Béotîè unépartiç.de la civilisation phénicienne, et, indépendamment des fables dont il a été Tobjet , îl devait inspirer une grande reconnaissance à la Grèce pour les lettres sîm^ pies de l'alphabet, qu'il fit adojpt» par ses contemporains.
Plus de soixante ans avant Gadmus , Lelex et Danaûs, l'Egyptien Cécrops avait fondé ou augmenté la réunion d'habitationa, et vraisemblablement de cabanes, qui devait devenir la belle ville d'Athènes ; et le même siècle vit commencer ou s'accroître Athènes ,
Tlièbes , Lacédémone et Argos.
• Vers le même temps une grande inondation couvrit la Thessalie ou régnait Deucalion; et ce déluge, ainsi que celui d'O* gygès, doit étottnér d^atit^nt moins que la
plupart des fleuves de la Grèce ^ bien j^us > coiisidérables ii y a plus de «trois mille ans qtte de nos jours, coulent dans des vallées resserrées par des montagnes très*haates et qui , aux époques des deux déluges d'ûgygis et de Beucalion , devaient être plus élevées que maintenant.
Les èrecs ont fait un grand ^o^ ^Arn^ phyction y fils de Deùcalibn et roi dé TSiessalie et des Tfaenkiopyles , en supposant qu'il avait vu la nécessité de fédérer les petil^ États de la Grèce pour la paix de leur intérieur et pour leur sûreté commune contre des invasioils étrangères, et eii le regardant comme le fbnâateur de la réunion des amphyctions y que Fon a considérée comme lé conseil général de la Grèce.
Cette assemblée était composée de députés de douze peuples ou cités. Chaque peuple en nommait deux ou^plusiew-s qui n'avaient que deux voix. Un de ces députés était chargé de ce qui concernait la religion, tt
l'autre prononçait sur les contestations de . ceux qui venaient honorer ou consulter les dieux. Ce conseil se reunissait chaque au- . tourne aux Thermopyles, et diaque printemps à Delphes 9 où un temple consacré à jàpioUon et un oracle célèbre attiraient les hommages de tant de Grecs et d'étrangers.
Après quelque temps l'assemblée des Thermopyles fut transférée à Delphes.
Voici le serment que prêtaient les amphyctions : «c Nous jurons de ne jamais ren- « verser les villes amphyctioniques , et de «( ne jamais détourner , soit pendant la «c paix 9 soit pendant la guerre, les sources « nécessaires à leurs besoins. Si quelque puissance ose l'entreprendre , nous mara cherons contre elle, et nous détruiroills « ses villes ; si des impies enlèvent les « of&andes du temple d'Apollon y nous « jurons d'employer nos pieds , nos bras, <c notre voix , toutes nos fpxcesr contre eux ^ et contre leurs complices ^
Les transgresseurs de ce serment étaient dëvouës à la vengeance d'Apollon, de Diane, de Latone et de Minerve.
Un autre fils de Deucalion, HeUeriy mérite de donner s<n nom aux Grecs de sfi patrie; et le nom ^Hellènes, adopte dans la suite des temps par tous les Grecs, devait être chante par les poètes, recevoir la consécration du génie qui dispose de l'immortalité, rappeler l'héroïsme, le conserver, l'inspirer et l'accroître.
DoTus, fils SHellen et l'un des plus vaillans héros des Hellènes , établit une colonie auprès du mont Parnasse, et conquiert une grande partie du Péloponèse. Presque tous les peuples de cette péninsule sont nommés depuis cette époque Doriens et Hellènes.
Le dialecte dorien est porté dans le Péloponèse par Dorus ; il y remplace Vléolien, que conservent cependant, avec les mystères égyptiens, les Archdiens et les EléenSj qui gardât leurs territoire^.
163 Bouziisim AOC.
Les Bâasges éoUens, chM$es de leur pa« trie par les Doriens, s'embarquent , y ont au travers de nombreuses îles chercber un asile vers les contrées asiatiques d'oii leurs aucé- <ifes étaiant venus dans laiGrèce , établissent dans l'Asie mineure des cdionies grecques qui devaient acquérir tant de richesses^ et y répaindent le dialecte éolien.
Combien de peiq[>Ies ou de peuplades de la Grèce reçoivent des noms de Içurs con« ducteurs , de leurs cbefe ou de leurs bienfaiteurs! Les Athéniens et les Pélasges du nord du Péloponese sont nommés Ioniens y à cause d^Ion^ souverain d'Athènes; et leur dialecte est Xionien* Ces mêmes Athéniens avaient été nommés Cécropides ^ après* Gecrops leur fondateur; et le nom d^ Athéniens l'emporta lorsque leur ville eut été consacrée à Minerve.
L'île de Crète tient son nom de Crès qui la gouverne, ou de* Crète, sœur de Crès, ou de Crétès qui devient son roi y et dont la
âUe épouse Teuctame, fils de Dorus^ petitfils SHéUeti et arrière-petit-fiU de Deucalion.
Obtenus ^ ^ fus de Grétès, adopte trois, fils àe sa. femme Europe j Minas ^ Bhadamanthe et Sarpédon.
Miiïos veut donner des lois à la Crète , désire de les revêtir d'une sanction sacrée, et les propose comme dictées* par Jupiter.
U prend les armes contre les Athéniens .pour venger la mort de ^on fils Androgée, immcdé par trahison après avoir vaincu tous les athlètes des jeux. célébrés à Athènes; il équipe une flotte co^isidérable) remporte la victoire et soumet le$ Athéniens à un tribut de sept jeunes garçons et de sept jeunes fiLlles , que les vaiiicus s'engagent à lui livrer à des époques détenninées. C'est auprès de Minas que y suivant plusieurs historiens, Dédale, habile mécanicien d'Athènes i va chercher un asile avec son fils Itare, après avoir donné, la mort à son neveu, dont il était jaloux :' il avait inyenté ou perfectionné l'art
1 04 DOUZIÈME AGB,
i43o de donner aux vaisseaux, par le moyen de vuiga^. voiles, des mouvemens qu'il îhaitrisait
LinuSy le cëlèbre poète de ces temps ati-itiques de la Grèce, vient s'établir à Thèbesj il était Gke de Thrace.
La musique étant à cette époque insépa« rable de la poésie, on attribue à Linus Tin^ vention de la lyre ou son introduction dans la Grèce, On a prétendu aussi que, jusqu'à ce favori des dieux de la musique et de la poésie , les Thébaîns et les autres Grecs , qui se servaient die Fécriture pbénicienne que Cadmus leur avait apportée, n'exprimaient pas , en écrivant , les voyelles qu'ils pronon^ çaient en parlant, et que Linus avait le premier introduit dans l'écriture les signes de ces voydles. Des tablettes de bois en« duites de cire, et sur lesquelles on traçait les caractères avec un stilet de féi*, suffis saient dans le plus grand nombre de cir* constances. Oii gravait sur la pierre ou sur l'airain, c'est-a^re le cuivre allié avec da
rétain, les lois, les dates des grands ëvénemens , et les traites dont on avait le plus de besoin de perpétuer le souvenir.
Liniis est, suivant les uns, le frère, et suivant les autres, le maître d'Oiphée, Gète de Thraùe comme lui , et peut-être de Mun sée. G>mbiën de fois la poésie , la musique et f histoire ont câébré linus. Musée et Orphée, et les malheurs et la douleur crudile de cet Orphée , le chantre immortel de soa Eurydice !
C^phée se réunit à Jason , fils du roi de Thessalie, pour une fameuse expédition maritime. Jason fait construire au pied du mont Pélion le plus grand vaisseau cp'on eût vu sortir des ports do la Grèce. Toutes les contrées voisines de la Thessalie retentissent du bruit àe l'expédition que Jason va tenter; il veut pénétrer jusqu^aiix rivages de la CoU chide, ouvrir à ses compatriotes le c<»nmerce du Pont-£uxin, et particulièremaoït de ce royaume de Golchos , fameux par son or, ses
im DOUZIÈME AGE<
laines et d'autres objets wecieUx. Plusieurs Grecs célèbre» suivent Teicemple d'OrplieC) et partent ^ avec Jason« Parmi eux on distingue i^nc^e> observateur attentif du cours des astres , et babile à recionnaître les éci^eils et les bancs de sables Cachés sous les flots* Plusieurs bâtimens se réunissent à celui de Jas<«; et cimune ce grand vaisseau a reçu le nom âiArgo, on donne \& nom d^ argonautes aux navigateurs audacieux qui vont af&onter une mer inconnue avec un art et des moyens de naviguer aussi peu avances que ceux des Grecs à cette époque. Ils çoiirent dé grands dangers à Tentirée du Pont- £uxin.9 au milieu des ^es et des rochers alixquels on a donné le nom d^ cjanées^ $e trou* vent en^idte exposés à d'autres périls^ nepeu*vent échapper à des aventures que. les, historiens et les poètes ont racontées avec un vif intérêt , découvrent enfin le Caucase, ce mont encore éleyé de cihq*mille six cent cinquante mètres au-dessus du 91 veau de la nker, «nfcrant
DOUZIÈMfB AOH. Âùf
dims le Phase 5 mouiUent auprès d^OEa^ capitale de la Golchide, et parviennent au but de leur voyage surtout paa^ le moyen de Médée, qui devient ëprise de Jason,
Sous le règne d'Ëreehtee, roi d^ Athènes»^ vers i4>o
Jk ^ , ,011 i43o
on voit s^établir à Eleusis le culte particu* «t. rère lier et mystérieux de Gérés.
Pélops, fils de Tantale roi de Phrygîe, traverse la mer qui baigne les rives ocdidentales de l'A^e mineure, vient en Élide., épouse Hyppodamie^ fille du roi CËnoméus, et devient si puissant que toute la presqu'île Ven 139s qiti renferme l'Ëlide reçoit le nom de Pélih ^f^^^ ponèse ou dVZa de Pélops.
Peu de temps après monte sur le trône de Thèbes cet Œdipe si fameux par ses aventures'i ses exploits, ses crimes involontaires! soa désespoir. et les dramos que Im ont consacrai deux grands poètes tragiques^ Fun de la Grèce et Fautre de France.
Ce n est pas à des époques trèsnâo^ées de celle d'CËdipe* qu'il faut rapporter trois
autres héros ^ dont l'histoire a été si altérée par la fable, et si confondue par l'antique poésie avec la mythologie, que leurs véritables exploits contre des brigands féroces et dévastateurs ne peuvent être distingués que très^ifficilenv^nt des suppositions poétiques et des croyances religieuses. Ces trois héros si célébrés sont Hercule, Thésée roi d'Athènes, et Pirythous, l'ami de Thésée et fils d'Ixion roi dès Lapithes.
Mais la premièi^ guerre générale de la
Grèce se prépare ; et un grand nombre d'hommes armés des divers Etats qui com.posent cette Grëce qui s'agrandit, se peuple, se fortifie et se ^civilise, iront attaquer sur un rivage occidental de l'Asie la viUe de Troie y parce que Paris y fils de Priam , monarque troyen, a enlevé Hélène, femme de Ménélasj roi de Lacédémone et frà*e S Agamemnon , roi d^Argos et de Mycènes.
Agaimenmon a été choisi pour commander à tous les souverains de la Grèce.
Les préparatifs de cette guerre extraordinaire ^ et dirigée contre un royaume puis* sant^ durent dix années. Agamenïnon équipe cent soixante vaisseaux, Ménélas soixaiote, et Athènes cinquante. Les Grecs ont eu tout douze cetîts bâtimens, et suivant Thucydide^ le nomI»'e de leurs soldats monte à cent mille«
Quelle résistance pouvait opposer le royaume de Troie, que Dardanus avait fondé dans la Phrygie quinze siècles avant Fère vulgaire ? Priam avait fait rebâtir sa capitale , prise et saccagée par Hercule sous Laqmédon , son
père : il avait étendu les limites de son royaume, qui était dévenu très - florissant.
Il avait eu dix-^neuf enfans SHécube y fille d'un roi de Thrace , et parmi ces enfans bril'* lait Hector y que le génie d^Homère a rendu si câèbre , en le peignant comme le héros qui pendant dix an$ résista aux efforts des Grecs et aux décrets du destin , et qui aurai£ empêché la prise de. Troie ^ s'il n'eût été vaincu
4lê DODZlfotE AGE.
par AdiSlë, le seul rirai digne de Ini. Ajax, fils du roi des Locriens, on antre Ajax, fils du roi de Sfdaminé, le médecin Maison , et le politique Ul^se , roi de la petite île d'Ithaque , et qui devait être le héros de Y Odyssée, marchaient aussi sons les ordres du rrâ des rois de la Grèce.
Âgamemnon et ceux qui ont promis de lui obéir arrivent devant Troie; ils voient les ntnrs de cette ville flanqués de tours de bois, et des barrières âevées devant les pwtes ; ik abordent au promontoire de Sigée.
Les TWyens s'exposent à leur descente. Un combat est livré. Les Crées victorieux forment un camp et s'y retranchent. L'attaque des Grecs devait être très-longue; ils n'investissent pas la viUe ennemie, leur camp en est même à une assez grande distance, et rien n'empêche les Trt^ens de recevoir tous les vivres qui leur sont nécessaires , et les secours de leurs alliés.
Ce camp des Grées était assez grand pour
renfermer le$ douze cents vaisseaux qui les avaient amènes , qu'ils avaient retirés de la iner et mis à sec, et qui étaient disposés sur deux lignes. Les tentes des troupes étaient entre ces deux lignes de vaisseaux; au centre était une place où fôn avait dressé les autels des dieux, et oii la justice était rendue. Un rempart de terre , flanqué de tours de bois , défendu par un fossé large, profond et garni de palissades , entourait tout le comp. Nestor, roi de Pyle, ^ Mnestée^ se distinguent parmi les Grecs qui rangent le mieux leurs soldats en bataille ; et la cavalm*ie de ces Grecs réunis consiste piincipidement en chars , qui tantôt <levancent l'infanter^ et tantôt la soutiennent en attendant derrière ses rangs.
Achille a une querelle très-vive avec Aga^ ntemnon et ne veut plus combattre» Hector doun€^ la mort à Patrocle ^ ami d'Achille^ le héros grec , furieux , reprend ses armes ^ défie Bector^ le coiobât^ fimmote malgré
412 DOUZIÈME ACC.
toute la valeur du Troyen, traîne sou ca> davre autour de la ville ,. et tombe sous une flèche lancée par Paris au moment où il va épouser Polyxène.
Une infâme trahison et un stratagème .dont les nations n'ont cessé de s'entretenir , livre la ville de Troie aux Grecs après dix .ans de si^e. Pyrrhus^ fils d'AchiUe , massacre le roi Priam^ fait un carnage épouvan« table dans toute la ville , tue Polyxène sur le tombeau de son père; et tous les autres- Grecs 9 trop fidèles aux afiSreux usages de ces temps si héroïques par l'audace guerrière de la force, et si barbares par une horrible cruauté , inditent Pyrrhus et leurs autres chefs, font de la ville soumise des monceaux de ruines et de cendres , arrogés du sang des malheureux vaincus , et ne se montrent par leur férocité que trop voisins de l'état saunage, dont ils opt conspiré les flèches empoi« sonnées.
^ I^rhùs, après la prise de Troie, va en
Epire, où il fonde un royaume. Ândrotnaque^ la veuve d'Hector, est sa captive; et Ton a émt qu'a avait ëpomé Hermione, fille de Ménëlas et d'Hélène.
Ulysse, qui, par ses conseils et Fart de persuader, avait tant contribué a la vie-* toire des Grecs, erre pendant dix ans sur la Méditerranée pour (aire le tour du Péloponèse et retrouver dans rAdriatiqué sa petite île d'Ithaque; il fait deux fois naufrage vers les ëôtés de l'Italie ou de la grande Grèce ^ oii le jettent de violenter tempêtes.
Idoménée, petit-fils de Minos et roi de Crète , adr^se aux dieux iin vœu impie et barbare , pour échapper aux fureurs d'une mer bouleversée par Içs vents et qui le repousse de son royaume; il exécute son vœu , et Içs Cretois, indignés de sa férocité^ et fatigués de la puissance absolue, le chas* sent de leur île et établissent une république.
Le gouva[^nèment est confié à dix Cosmes cliobis dans un certain nombre de familles, II. 8
et âus pour un an, à un sénat dont les manbrçs , choisis parmi les plus ancien^ Cosmes^ jouissent de leur dignité pendant toute leur vie, et à une assemblée générale de tous les citoyens , dont le cons^itement est nécessaire pour donner une force l%ale aux résolutions des sénateurs et à celles des Gosmes ^ qui sont les chefs de l'armée.
Aristote a blâmé la loi fopdamçntale qui ne permettait qu'à un certain nombre de familles de parvenir aux fonctions de Gos* mes y et . par conséquent aux places du sénat Gette aristocratie lui paraiissait devoir diminuer, parmi le plus grand nombre des Grétois, Famour de la patrie. Mais combien peu méritait U nc«> de répobUque, le goaren».
meoit d'un peuple oii tous les agriculteurs étaient serfs ou esdaves ! Voilà une des grandes causes de tant d'agitations politiques qui ont fait pendant si long*temps le malheur de la Grete, et cette honteuse exclusion d'une classe si nombreuse des droits de
dtojens , a ëtë la véritable origiiie de la fu^ neste in£mprité qui devait anéantir Findépendanoe d'une nation réduite à une portion d'elle-même, et manquant de la plus grande partie des forces que la nature lui avait des^* tinées. Combien c^e exclusion a rendu plus faciles les guerres intestines et si fréquentes que faisaient, les unes contre les autres, les principales villes de la Crète, avides de Tindépendance et même d^ la domination ! Et combien ces ambitions des cités et ces discordes sanglantes, qui n'étaient suspendues que par une guerre générale de File , affaiblissaient le gouvernement suprême, qui aurait trouvé dans les habitans des campagnes des dtoyens arm^ pour sa défense , et aurait pu les opposer avec avantage aux citadins ennemis dé la paix et rebelles aux lois générales et fondamentales !
On peut croire que ces guerres civiles si multipliées n'ont pas peu influé sur le caractère des Cretois, et que Fhabitude d'em-
i\6 DOCZliME A6&
ployer la force y la violence ou la dissimu^ lation, a fini par les rendre passionnés pour les gaiAs. les moins hcHiorables , menteurs^ fourbes et perfides. Des proverbes répandus dans la Grèce exprimaient l'opinion qui leur attribuait ces funestes qualités* Leurs lois
furent bientôt aussi corrompues qu'euxmémes;, et maigre toutes les preuves dont on est accablé , on ne peut croire néanmoins qu'elles l'aien^ été au point de r^ler la manière de satisfaire urne passion infâme en tâchant d'en honorer le honteux objets comme les fêgislateurs les plus dignes de respect ont déterminé ce qui concerne la smnte union conjugale.
Une institution bien différente avait lieu chez ces mêmes Grétpis. C'étaient les repas publics donnés aux dépens de l'État. Tous les citoyens y étaient appelés.; et la pauvreté n'en excluait aucun. Les portioiu^ y étaient ^ales; la sobriété y présidait: le vin n'y paraissait que mêlé avec de Teau .;
Fivresse en était sëv^anent bannie. Les hommies d'uti certaiil âge étaient assis ; les plus jeunes , se tenant debout , servaient leurs concitoyens : le repas commençait par des hommages aux dieux , et lorsqu'il était termii^, on dâib^ait sur les aflfaires publi* ques y ou on rappelait les hauts Caits militaires , et on louait Tes bdles actions. • L'éducation des Cretois tendait d'ailleurs à leur donner ks habitudes et les qualités j^ysiqnes et morales les plus propres à la profession militaire. Us étaient deventls cé^ lèbres par leur manière de tirer de l'arc; leurs corsaires n'étaient pas moins renom^ mes, que leurs archers. Le d^ir de s'en^ rickir les avait €ait descendre jusqu'à la , piraterie; et ce n'était pi^s seulémait pour leur patrie y à laquelle ils donnaient le nom jde mutrie, afin d'exprimer plus forlenpieskt leur aifection pour eUe^ qu'ils emj^lpyaient leur valeur sur mer ou sur terre ; pu trouvait des corps de Cretois dans les
4 29 BOUZIÈUE AG&
Achéens se jetèrent sur les. Ioniens ,: et ces Ioniens furent contraints de chercher im asile dans Athènes.
Les Héradides étaient d'autant plus pubsans, qu'ils étaient réunis awa Dcnriens, étaîjlis par Dorus, fil^d'Hellen, auprès du moçit Parnasse ;«mais une grande partie des véinr queurs étant sortis de laThessalie, dont les hahitans étaient encore presque barbares, plusieurs villes furent détruites. Un grandi nombre de ceux à qui ils avaient enlevé letQS terres, allèrent s'établir loin de leur patrie, dans les lies si nombreuses de la mer Egée, on sur les riv&ges occidentaux de l'Asie, dç^ puis l'Hellespont jusqu'à la Lycie, et particulièrement dans cette contrée qu,'ils nommèrent ÉoUde, et où devait s'élever la ville de Smyme.
Ces colonies asiatiques furent bientôt célèbres \ ar leurs navigations , leur commerce et leurs richesses. Elles unissaient l'Europe à l'Asie; elles étendaient la Grèce; elles favo-
risaiemt les progrès de sa civilisation ^ et leur prospérité . toujours croissante attira bientôt de nouvdles colonies, qui multiplièrent sur ces rivées fortunés la population y Tindus-* trie, les.ùts et leurs admirables résultats.
Le maUieur et la persécution ajoutèr^&t encore au nombre de ces colonies grecques.
Nilée^ un des fils de Codrus^ r^eté par les Athéniens, se mit à la tét^e des Ioniens, derenus trop nombreux pour continuer d^habiter rittique qui leur avait donné un refuge ^ les conduisit en Asie , et s'empara , entre la Carie et la Lydie , d'une, contrée : qui fut nommée lofde^ et ou furent bâties i4>hëse, Cdiophon , Glazomène et plusieurs autres villes bientôt célèlnres.
Des Doriens s'étabUrentaussi dans.la Do* ride de l'Asie mineure , et y. élevèrent àe% cités, parmi lesquelles on remarquait Hali* caraasse et la fameuse Guide.
D'autres colonies allèreat poster l'esprit ,i les talais et les habitudes.de la Grèce €n
423 DOraiÈBfEUŒ.
Italie, en Sidle, sur les bords de la mer Ntinre, et même sur des cjMes âfHcaines; et de ce fdyer y ch les sciences , les arts , l'ëloquaotce et la poésie devaient être fécondés avec tant de rapidité , la dvilîsation répandait plus que jamais , vers Focddant de Tanden monde , son heureuse et si puissante influence.
Cet accroissement des lumières et du bon.
heur annonçait une nouvelle gloire ; et le
900 ans génie d'Homëre allait illustrer la Grèce et
vd^re. éclairer le monde. Il chante la ^erre de Troie dans VlUade; il peint les aventures d'Ulysse âansV Odyssée. Ses pensé» sont sublimes y ses images admirables y ses tableaux immenses 9 ses vers harmonieux et pleins de force. On voit tout ce qu'il dit; ses carac^es montrent ^n siècle : tout œ que la Grèce savait de son temps y brttte dans ses écrits ; et ses poèmes sont le recueil sa-* cré de» idées religieuses^
Hésiode y antie grand poète de cette Grèce
DOUZIÈME AJGtU 123
si Êivorisëe par la nature ^ a donné non-^sen* lement un pokne des csm^res et des jours ^ où ragriculture a trouvé des préceptes utiles^ mais encore la théogonie ou la génération des dieux.
Quelles étaient donc ces idées religieiises recueillies par Honik^ et par Hésiode ?
Les premiers Grecs s'étaient nourris des glands doux et savoureux d'une espèce de chêne; ils honorèrent l'arbre qui les porte ^ ou un autre arbre du même genre; ils le consacrèrent: les mouvemens de ses branches devinrent dés oracles. Le fer, qui leur fut si utile, fut divinisé sous le nom de Mars; et la knce, un des attributs de ce dieu, obtint les hommages de la reconnaissance.
Les Grecs moins anciens, en recevant une partie du adte égyptien, voulurent que les divinités de l'ï^ypte devinssent véritablement celles de leur patrie; ils supposèrent qu'dles avaient vécu dans la Grèce ; ik leur donnèrent àt% noms dé leur navs : Àreos
^24 IIOUZIÈME AGE.
implora particulièrement Junon; Gorinthe, Neptune 9 et Athènes, Minervei;
Des oracles fameux , cokisultés siir les alfiances des peuples ^ sur .leurs guerres , sur leurs lois , conservèrent une théocratie à laquelle toutes les formes de gouvernement devaient soumettre leur autorite.
Saturne avait été le dieu tout*puisSant dé la barbarie; Jupiter l'avait détrôné et était devenu le souveraiii des dieux dé la mvilisation.
Les Grecs rapporf^ent Fori^ne des premières lois aux premiers progrès de l'agriculture ; 3s nommèrent. Gérés Thesnio* phare ^ et une brillante fête, connue sous le nom de Thèsmophorie ^ rappela le souvenir du double et grand bienfait dé Gérés.
D'autres fêtes ou y eii^ solennels furent bien* tôt établis i les jeux néméens^ à Argôs; les bljrmpiques^ en £lide;des isthmiques^ à Gorinthe. Des athlètes y montraient leur foroe et leur adresse; on y câébrait les «neiens
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héros; on y couronnait ceux qui pouvaient
concourir ié plus à la défense de là Çreoe;
Des initiations établies à Fimitationdë cdles
religion nationale. Pendant longtemps eUes inspirèrent la vertu et répandirent parmi ceux que Ton croyait dignes de. participer à ces mystères , des connaissances importantes pour la bonté de leur conduite, et dés théories religieuses qui ont obteiiu par leur sublindté les' hommages de grands hommes^ et consolé le malheur en lui montrant wi bonheur étemel.
Depuis long-temps, lorsque Homèi^ vivait, ragricukurè avait fait des progrès. Triptà^ lèmCj fil$ d'un roi d'Eleusis, était regardé conmie l'inventeur de la culture des ;grains qu'il avait apprise de: Cérès. ; .
On croyait que dadmus, en établissant sa colonie phénicienne dans la Béotie, y avait établi ou renouvelé Fart de cultiver la vigne, et fondé le culte de Bàcchus protecteur de
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tout ce qui est rdatif II cet art et à cehii de faire le rin; et voilà pourquoi les Grecs disaiait que leur Bacchus était fils de Jupiter et de Sémûéj ^e de Gadmus.
Gécrops , venu a Athènes de Sais , ville de la basse I^pte , où rolivier était cultivé sous les auspices de la Minerve ^uptienne, apporta dans l'Àttique la culture de cet arbre, et y. introduisit le culte de Minorve, dont on câébra la fête à Athènes comme à Sais, en allumant une grande qiuu^té de
Les Grecs ont bientôt réuni à la culture des grains, de la v^e et de l'olivier, celle des figuiers y des pommiers et des poiriers, que Ton voyait, suivant Homère, dans le verger du vieux Laërte, le pk« d'Ulysse.
. On a éorit qu'avant rarrivée des Pélasges dans le Pëloponèse, les Titans, venus de l'f^ypte , avaient p<&'té dans la péninsule Fui; de travailler les métaux. Gadmus renouvda cet art en s'étaUissant dans la Béotie ;
3 dëcoûviit des mines d'or et des mines tfargent dans la Thrace, au pied dû mont Pai^ée^ apprit aux Grecs à les fouiller ^ à tirer le m^étal de ees mines, à le préparer:
il leur fit connaître aussi l'art de travailla le cuivre.
Les moyens de préparer le fer ont été Gomius beaucoup plus tard ; , et dans le temps de la guerre de Troie y non«seulement les armes 9 mais encore les instmmens des arts 9 étaient en cuivre, auquel lei and^is savaient donner de la dureté par une sorte de trempe ; et le fer travaillé était encore si rare, cp'Ackille , dans les jeux qu'il fit célébrer en Fkonneur de Patrode, proposa pour un des prix une boide de ce métal.
Les communications de la Grèce avec rOrient et rÉg3rpte étaient assez grandes pour T-e le» G«« «««»l, même a«mt le temps d'fiomëre, de l'ivoire, qu'ib travail* kimt avec' habileté , et dont ils ornaient leurs lits 1^ leurs sièges et leurs autres meubles.
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Plusieurs auteurs ont répété qu'Achille, Patrodè et les autres héros grecs , leurs contemporains ou leurs prédécesseurs , connaissaient la vertu de plusieurs plantes pour la guérison des blessures, ainsi que celle de là rouille de leurs lances de cuivre ou de bronze. On sait que, parmi les peuples à demi ssmvages et chasseurs ou guerriers , des connaissances analc^ues sont très-répandues.
Les Grecs des temps homériques n*anployaient pas de chil&es ; ils désignaient lés nombres par les lettres de leur alphabet, rangées de différentes manières pour expri* mer les unités, les dizaines, les centaines, etc;
Mais ces temps homériques s'éloignent Une nouydle forme de gourememént va être établie dans le Péloponèse. Un homme fameux va prouver quelle force , quelle in4- 0uence, quelle durée le génie, la connaissance du cœur humain et de savantes combinaisons peuvent donner âui; 'institutions d'un peuple. .
La conquête des Héraclides' avait dontté à Lacedémone im gouvernement extraor^ dinaire; elle y avait établi' deux rois, qiii régnaient ensemble ; et les deux couronnes âaient hërëditaires. On voyait le royaunw tourmenté par des ambitions rivales et d'au-^ tant plus violentes , que la Laconie était encore infestée d'un grand nombre d'habi* tudes du temps barbare ou à demi sauvage que Pon a nommé héroïque y parce qu'il a été • cehii des héros qui combattaient de nombreux et sanguinaires bi?igânds. Ly« curgue, frère cadet de Polydecte, un des deux rois descendans d'Hercule , devient régent à la moii; de ce prince ; et pendant la jeunesse de son neveu on l'accuse de vouloir attenter aux jours du jeune roi pour monter sur le trône. Cette calomnie le blesse profondément, l'indigne et le dé^ termine <Pautant plus aisément à quitter la régence 'et a s'éloigner pendant qu^que temps de sa pairie, qu^ màiite .«a grand II. 9
i 30 pOUZifafE MSiEé
projet. H veut donner à son pays des lois qui préviennent les insurrections si fréquentes dans la Laconie^ fassent suçoter l'ordre à une anarchie sanglante, Qt, en rendant à FËtat sa tranquillité intérieurei le déliyrentde toute crainte d'un^ inyasIoQ étrangère : U va en Crète CKaiÂiDer l& institutions politiques de cette ile, pareouit rienie et d'autses contrées de l'Asie mi^ neure , dont les richesses ont commencé d'amollir les mœurs, et pas^e ensuis &h Egypte , ^ont il étudié avec soin les usages et les lois si anciennes. Rc^renu à Lacédé^ mone , il y reçoit des marques de confiance qui le confirment dans ses résolutions; voit combien il est instant de comprimer ks: factions qui^ plus que jamais » tendeait à boideverser la Laconie ; consulte l'oracle de Delphes^ est appdlé par la Pythie, ou prêtresse qui parle au nom d'Apollon» l'ami des diaix» et &ï quelque sorte dieu lui* ; donne ses 'lois ^^ ùàA jurer aux ci-
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tc^^ens de les observer jusqu'à son retour d'un toyage qu'il est oUigé de faire , part et ne revient plus dans sa patrie y qui lui consacre, après sa mort, un temple et des autds^
Lycnrgue avait conservé les deux rois et leur avait laissé le commandement suprême de l'armée^ la direction du culte, et le pon« tificat II iSLrmt étaUi un sénat composé de trente personnes, en y comprenant les deux princes ; fl avait r^lé que l'on ne pourrait être nommé ééniat«ur que lorsqu'on serait âgé de soiiante ans; et Xénophon et Montesquieu dmmenÉ de grands élogesT à cette dispoûtkin» Les décrets du sénat n'avaient de force qu'autant qu'ils étaient sanctionnés par ^ l'a^eml>lée du peuple ; c'était cette même assemblée qui nommait les sénateurs ^ et ik étaient inâtmnviUes»
Loa94emps Mjputèè Lycnrgne , mic nouvelle magistrature , intraduite dans la cons* titution de LacédÀEDone^ en dénature tous
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les pouvoirs. Théopompe , un des deux rois, fait établir cinq éphores, dont le pré-
sîdent a le titre Séponyme. Leurs fonctions sont annuelles. Us sont nommés par l'assemblée du peuple. Chargés d'aboird de rendre la justice eh l'absence des rms qni commandaient l'année, ils parviennent bientôt, par la faveur du peuple, qu'ils flattent et dont ils se déclarent les zélés défenseurs , à être les surveillans des rnœui? et de l'éducation , les chefs et les organes de ce peuple dont ils ont obtenu la confiance , lès censeurs suprêmes > de l'administration publique , de tous les magistrats et même des rois. Us disposent des récompenses nationales, de même que dans leurs jugeméns ils sont les arbitres des peines. Un d'eux est toujours auprès du roi qui cominande l'armée ; ils peuvent rappeler le prince génaral; ils. parlent dans plusieurs circonstances coBomie les interprètes de là volonté des* dieux ; et ils ont le pouvoir de proposer dés
Augmeniant sans cesse leur puissance par^ leur dëvc^emént . en , apparence sans bornes au peu{4e ^ leurs intrigues pour fairç naître ou accroître la division entre les deux princes , l'appui qu'ils donnent à . celui des deux rois rivaux qui embrasse leur parti et consent à leurs désirs , ils assemblent le peuple toutes les fois, qu'il Ijeur convient de le réunir, font mettre à la tête des décrets : il a plu aux éphores et à rassemblée ^ vont jusqu'à recevoir des ambassadeurs au nom de leurs concitoyens, les dépouillent de leur autorité, et règlent seuls le sort des nations vaincues.
Il ne fallait qu'avoir trente ans, être en état de porter chaque jour son contingent aux repas publics , et s'étré soumis aux exercices prescrits^ à la jeunesse, pour, pouvoir voter dans les assemblées du peuple; mais les Spartiates , c'est-à-dire les habitans de Sparte, pouvaient seuls être âus pour les magistrattu-es.
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A peine un enfant ëtait41 né ^ que sa mère le plaçait sur un bondier ; elle lui éa donnait un autre quelque temps après^ en lui disant : apec ou sur»
Les jeunes Lacëdëmoniens n'étaient , en quelque sorte, âevés que pour les combats.
Dès qu'ils entraient dans l'adolescence , ils formaient un corps militaire commande par trois d'enfïe eux, choisis parmi les plus bra* ves. Des exercices gymniques, des manœuvres guerrières, des luttes, des batailles simulées^ remplissaient presque tous l^irs moméns. La discipline des troupes lacedémonieones était admirable. Leurs hjrmnes et leurs prières solennelles leur inspiraient la plus grande valeur, en même temps que l'amour le plus vif de la patrie. Des âoges publics étaient accordés aux guerriers qui avaient péri en combattant pour leur pays.
Une loi de Lycurgue ordomunt de mourir on de vaincre; elle fut observée fidèlMoient pendant quatre sièdes. * ^
Le roi qui <x)mmftlidait l'armée , faisait porter deyant lui un feu sacré > que l'on con« serrait avec sOiu , et qu'où avait pris sur les autek de Jupiter et de MiUérve. U immolait avant là bataille une éhëvre aux muses qui .
perpétuent la gloire des guèi*riers, prescris vait aux musiciens dé jouer sur leurs flûtes IW dit de Castor, ce héros, fils de Tfndaré, ub des auciéns rois de Lacédémoné; entonnait le Cantique national que l'on chantait sur cet air consacré , et marchait a là tête de ses soldats, qui s^étaieut couronnés de fleurs.
Tous lès dieux de Lacédémoiie étaient représentés armés ; Vénus elle-même, la dœsse de l'amour, était armée d'une lance dans le temple qu'dle avait à Gythëre , sou«mise aux lois de Sparte.
Un des eflfets les plus réudarquables et les plus impoQ^ns des lois de Lycurgue et de ses institutions, était le mépris de la mort et l'intrépidité qui en résultait. Nous empêùher^^t4l donc de mourir quand nous
ie voudrons ? s'écatièrent les Spâ^fttes lorsi|u'il$ apprirent les mem^^ d'ùu roi trespuîssant Lycurgue eut nue des plasgr^udes pensées 9 dit .Xënophon, lorsqu'il voulut établir ce m^ris de la mort , œ, s^timent profond qui donne une si grande supériorité; il y parvint en attachant beaucoup de gloire à la valeur et un grand opprobre à la lâcheté 5 et en voulant que lecourage^ honoré par les Lacédémoniens 5 fût nôn«$eulement celui qui se déploie dans, les combats , mais encore celui qui surmonte la douleur.
Lycurgue y en donnant une si gr4n4e force |tu caractère de ses Lacédémoniens, nWait voulu en faire qu'un peuple de scddats;^ et voilà pourquoi il leur avait interdit tous les travaux dont un salaire est le prix, et qui exigent une vie sédentaire : leurs femmes même dédaignaient les occupations dômestiques«
Le désir d'attacher un charme particulier à la profession des armes^ l'avait porte à
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établir et loiême à ordonner, suivant £lien • que bhaque jeune soldat de la patrie eût un compagnon d'armes, un ami, un frère tendre^ avec lequel il contractait une union blâmée comme des plus criminelles et des plus contraires à la nature par Platon ; mais que.Xénophon justifie et approuve^comme inspirée par les qualités les plus estimables et non par la béaiité , et comme plus propre à conserver qu'à détruire les saintes lois de la pudeur.
La disciplinemilitaire, exigeant une obéissance si fidèle et si prompte 3^ et cette obéissance pouvant faire naître le pouvoir absolu, Lycurgue avait voulu remplacer le despotisme des che& par celui de la loi; toutes ses institutions tendaient à inspirer le plus grand respect pour cette loi sacrée et pour les magistrats q^i en étaient les oiganes : il avait fait bien plus, il avait confié en quelque sorte : la conservation de ce respect et de cette soumission à ce noble oi^ueil qui
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fait ciroirè à un peuple accoutume à des rè^es sévères , qu^il l'emporte sur lés autres par la force , le courage et la constance.
Un autre moyen itnaginé par Lycurgue pour augmenter le respect; dû aux lois, avait été de défendre de les écrire. Tous les cit(^ens les apprenaient dès Tenfance; tout ce qu'ils avaient de plus cher les leur rappelait; elles se mêlaient avec toutes leurs idées et leurs affections ^ elles devenaient ^ pour ainsi dire, eux-mème^ : ettes ne leur paraissaient que des brades gravés dans leurs âmes par les dieux et par le génie de leur patrie* » •
Biais comment expliquer les dispositioiis de ces lois qui préparaient et consentaient les mdmmises mœurs, comme Ta si bien observé mon illustre collègue, M. le marquis de Pastoret, dans son Histoire de la ^isLation des Lacédémoniens ? Aristote montre la dissolution des femmes de Sparte eomme contraire au but du gouveiiiement et au
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bonheur de la cite; il ne les vml retenueft par auciine institution dans aiicutie intâm* pérance; il plaint les Laoédâncmiennes lit l'influence qu'elles exerçaient sur f admams^ (ration 5 et, refusant le courage à èes Laèédémoniennes si vantées , il assure que, lors de l'invasion des Thébains , elles inspnrerent plus de crainte et causèrent plus de tumulte que l'ennemi yatnqueur. •
Mais cette Sparte et cette Laéonie, pour la conservation desqodles le législateur avait sounds les citoyens à des lois si austères et si con^ires à tant de penchans natoiieb^ pouvakht^lles concilier leur nom de n^M^ htique avec Fexisteoce de tânt^esdnvM non-* seolfflDkcnt prives de tous les droifi politi* ques, mais condamnés À la servitude la plu^ dore et n'ayant aneuûê garantie cântre les traitemens les plus cruels? Ges malheureux, œs hélotes ou ilotes , dont le sort des armes avait réduit les pères à cette afl&euse servitude 5 étaient couii»^ sous le poids des
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travai» les plus pénibles ^ accables d'humiliations et d'outrages ^ et, ce qui est horrible de dire , pUnis à des * époques déterminées d'un certain nombre de coups, malgré la conduite la plus fidèle et la plus résignée, pour ne pas oublier un seul moment leur terrible et indigne état d'extrême dépendance. D était permis aux jeunes Lacedémoniens de se mettre en embuscade et de tuer les ilotes, pour s'exercer à donner une mort «rtdoe .«X eonend, de Ie«r p.y. : U> épkores déclaraient * une guerre atrocen^ent dérisoire à ces esclaves, pour avoir le droit, disaient les Lacédémoniens , de les immoler sans crime; et touUilote qui se montrait audessus de laservilité, était condamné à périr. Sparte sacrifiait la nature et l'humanité à la crainte de voir ébranler l'édifice politique qu'elle avait élèvé« La stabilité en tout lui paraissait la garantie nécessaire de son existence; elle ne voyait dans les perfectionnémens que des nouveautés dangereuses.
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Therpandre^ célèbre poète et musiicicn qui, le premier, avait remporté le prix de musique aux jeux carniens institués à Lacédémoue, veut ajouter une corde à la lyre; lès 7' «^de éphbreS s'opposent à ce changement et le ^^^ condamnent a une amende. QwAs hom-^ mages, cependant, les Lacédémoniens ne rehdaientrils pas au pouvoir de la musique réunie ii la poésie, pour exalter le courage et assurer la victoire ! Qui peut : ignorer quel empire exerçaient les chaèts et les vers * de Trrtée sur le5 troope. de SpaH« dàm la guerre contre les Messéniens, que comman-^ dait Arislomène ! animées par ces chants, elles remportèrent une victoire si complète, que, depuis cet événement, les poésies de lyrtée 'furent hiès bu diaiîtées avant tous les càmiiats à la.iète dé Farmée làcédéino^' nieifne.^
Un guerrier desccaidant d'Hercule , et t>ar conséquent un parent des Héraclides qui* régnaient à Lacédémone , * avait fondé le
TQy^ume de Macédoine /vers le eommence^ xneot du huitiètne ûède «viint l'ère vulgaire*
Pr«^ de troiji oeifts au& avant cette époque, CadrWj roi d'Athènes, mAt avec Temi^fes- «em^t de Théroï^me le moyen qutflui m« dique un oracle de dpnner à son peuple la victoire sur les HéracUdes , et a la glmrç de 3e dévQuar et de mourir pour sa patrie* Les Athéniens, après ce noble sacrifiée , ne eroi^^ pivaoane digne de ceindre le han^ 4«»ii roya deCodriis; ik ne ve«leiit plus être gauvQrqés que par des archontes perpi^ebu Le premier de ces àrehontes jest Médon, Tun des fib*de;»Godrus; et dooue Athéniens sont nommés sndtaessivement après liii à cette magisIraftHre suprême»
La nation cependant , jalwasede sa liberté, veirt limiter la durée de. l'anshontat; dtte la fixe à dix ans» Mais , après avoir vu sqpt de cet magistrats décennaux^ die abri^^ encore la durée de cette grande fonction , die la r«diôt à un an; et Cr^it est ncnnmé le
preojâet de ces ardioutes . annods» On lui diMEUie ea quelfuç imile liiiiit coUègii^s , et la reppmii|iie e^t gpuvçmée par neuf archontes,
ïh vive» agitations continuent néanmoins dan9 l'Àttiquç; des troublies multiplia produisent d^ c<amnotions très4oites, et font craindre les plus grands dangçrs pour TEtat çt pour les citoyens. Uarchonle Dracon est charge d« recueillir ou d^ donner les lois les plus propres à ramener )a paix^ Tordre et la tranquillité ; il en promnlgue de si sévères^ de si injustes et de si atroces, qu'<m n'a cessé dç dire qu'aies étaient écrites avec du sang. Une si grande indignation s'âève Vers 6a4 contre Draccm^ qu'il est obligé de quitter Tuigaiit* Athènes et d'aller à Égîne^ ou il meurt La postérité a puni son attenta^ d'une manièro terrible; elle a donné son nom à toutes les lois çontrairesu à. la justice, et à l'humanité.
Yers le m^iné t^oips, l'humanité, la justiee et la nature étaient honiblement outragées par Périandre, o^ afi&$ux tyran qui
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avait asservi Corinthe sa pàtf ie. On ne conçoit pas comment ce barbare si saitguinàire a été inscrit au nombre dies ^ept sages dont la Grèce s'est vantée. Heureusement pour cette Grèce coupablte d'une si -grande erreur, elle a pl^cé Thaïes au premieï* rang de ces sages si renommés. Ce philosophe ^i célèbre, hé à Milet dans Tloiiie, vers Tan 640 avant l'ère vulgaire, était allé en Egypte confier avec les prêtres lès plus instruits; il cultiva Fastronomie avec assez de succès pour annoncer les éclipses de soleil. Connais -toi toi-même j répétait-il souvent; la félicité du corps j disait-il à ses disciples, consista dans là santé j et celle de F esprit ^ dans le savoir : ce qu'il j" a de plus ancien^ c' est- Dieu qui est incréé; de plus beau, le monde j parce qiiil est Foui^rage de Dieu; de plus grand j F espace; de plus vite, Fes^ prit ; de plus fort , la nécessité; de plus sagej le temps :i homme y ajoutait-il, ne peut dérober à Dieu aucune de ses pensées^
née et la sagesse de Thaïes mirent à sa renommée.
Mitylène brilla vers le même 'Grèce Fa reconnu comme un de •ands poètes lyriques ; et vers la [que y Sapbo , qui était aussi de mérita par son hymne à Ténus, ïs et ses autres poésies , d*iêtre surimée par les Grecs la dixième Muse, ihènes cependant voulait d'autres lois celles de Dracon. C'est à Selon qu'est réservée la gloire de donner ces lois. Il descendait de Godrus ; mais , ce qui était plus important pour Athènes , il était aussi brave que grand politique , bon poète , habile philosophe , excellent orateur , et devait être compté avec Thaïes parmi les sept sages de la Grèce. Il va proposer les moyens qu'il croit les plus convenables pour assurer la prospérité de sa patrie et le bonheur de ses concitoyens.
Mais quelle était cette 'liberté qu'à cette"