II. lO
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époque les Athéniens regardaient comme le premier des biens, et que Solon était appelé à défendre par de sages lois ? Le grand Bossuet va répondre lui-même ; nous croiront entendre un des oracles de la Grèce :'« La « liberté que se figuraient les Grecs , dit-il , « dans son admirable Discours sur Thistoire <i universelle , était une liberté soumise à la « loi, c'est-à-dire, à la raison mêmerecon- « nue par tout le peuple. Ils ne voulaient « pas que les hoïnmes eussent du pouvoir « parmi eux. Les magistrats, redoutés du- «< rant le temps de leur ministère , redeve- « naient des partieuliei^ qui ne gardaient « d'autorité qu'autant que leur en donnait « leur expérience. La loi était regardée « comme la maîtrçsse; c'était elle qui éta- « blissait les magistrats,, qui en réglait le « pouvoir , et qui , enfin , châtiait leur mau- « vaiseadministratioti.é... Les citoyens s^af- « fectionnaient d'autant plus à leur pays, « qu'ils le conduisaient en commun, et que
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chaque particulier pouvait parvenir aux
premiers honneurs.
« Ce que fil la philosophie pour conserver
Fétat de là Grèce n'est pas croyable. Plus « ces peuples étaient libres ^ plus il ëtait kié- « cessaire d'y établir, par de bonnes raisons ^ « les règles des moeurs et celles de la société.... « D y eut des extravagans qui prirent le nom « de philosophes ; mais ceux qui /étaient sui-? « vis étaient ceux qui enseignaient à sacri- « fier Fintérêt particulier, et même la vie, à « rintérét général et au salut de FÉtat ; et « c'était la maxime la phi^ commune des « philosophes , qu'il fallait ou se retirer des « affaires publiques , ou n'y regarder que le « bien public. ^
Solôn , archonte et nommé par les Athéniens reformateur des lois , ne peut lutter contre d'anciennes habitudes. Il laisse malgré lui subsister Fesclavage; mais il établit, ou renouvelle, ou perfectionne la division des citoyens en quatre classes ^ d'après' le
revenu de leurs terres; les droits politiques de ces quatre classes qui toutes votent lors des élections et dans les assemblées du peuple; les attributions des tribunaux , dont il augmente le nombre, et dont on peut appeler à Fassemblée de la nation; les fonctions des archontes ; l'organisation du fameux aréopage , composé de tous les archontes sortis de place ; un sénat formé de quatre cents citoyens désignés par le sort pour un an, et cent dans chaque tribu^ et devant lesquels toutes les affaires publiques doivent être exposées avant, d'être présentées à l'assemblée du peuplie; le privil^e que l'âge donné pour parler avant les autres dans les assemblées; l'obligation qui doit être imposée à tous les citoyens de prendre un parti dans les troubles publics; les devoirs des époux , des pères , des enfans , des tuteurs, des pupilles; les règles des testaiiiens, des donations et des successions ; la punition des crimes et des délits; la. répression des vices; la correction des mauvaises
mœurs; les diverses parties de Féducation; le code relatif aux troupes de terre et à la marine; les institutions, destinées à l'entretien des vertus et des qualités militaires ; les détails de la police de la ville et de celle des campagnes.
On élève des statues à Solon , on lui adresse un trépied d'or comme au plus sage ; il le renvoie à Delphes y ^n disant qu'il n'y a de sages que les dieux. Anacharsis vient du fond de la Scjiihie s'instruire auprès de lui. Sa gloire est immortelle; ses lois régnent long-temps à Athènes; mais le caractère trop peu constant des Athéniens donne une trop courte durée à leur enthousiasme pour Solon , et les livre aux adroites séductions de Pisistrate, qui s'empare du vew 56o pouvoir suprême. Voulant se montrer l'ami Toigaire du peuplé y après son usurpation comme avant de l'avoir tentée, il conserve toutes les magistratures et toutes les lois de Solon qui ne nuisent pas à son autorité ; il sou-
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met sa personne aux lois , se justifie devant Taréopage d'une accusation grave portée contre lui , donne Fappui de la bonté à son élévation, se fait chérir par ses bienfaits, ne cesse de soulager les pauvres avec les revenus de ses propriétés particulières , charme les Athéniens , si sensibles à Theureux emploi du don de la parole , par cette éloquence qui avait conquis leur amour et Favait porté au premier rang , aime et honore les lettreà et les arts, rend des hommages solennels au divin Homère , le principal auteur de la première gloire des Grecs , établit une bibliothèque publique dans la ville de Minerve, lélève des monumens et commence la construction du fameux temple d'Athènes, consacré à Jupiter olympien.
Peu d'années avant l'époque ou les Athéniens perdent leur liberté sous Pisistrate, 58a an* Ics Corinthicus avaient recouvré la leur ,
av. l'ère
^raigaire. chassé Icurs tjHPans ct rétabli la république. Et dans le temps oîi Pisistrate favorise les
lettres, Ésope ^ établi à Samos, ajoute à Féclat de FAsie mineure , avant qu'un autre fabuliste, le bramine Pilpaj ou Bidpày n'illustre Flndostan. U cède aux pressantes invitations de Grœsus , roi de Lydie , qui avait déjà eu Fhonneur de recevoir à sa cour Solon., d'autres sages de la Grèce , et se rend auprès de ce monarque célèbre par ses conquêtes , ses richesses et le malheur de ses armes contre Cyrus.
Peu d'années après , Anaximandre de Vers 547
av. Père
Milet , disciple de Thaïes , construit une Toigairt. sphère , montre l'obliquité de l'écliptique , invente les horloges et dresse le premier des cartes géographiques , suivant Pline , Diogène-Laêrce et Strabon»
Mais un grand homme, plus célèbre encore qu'Anaximandre , Pythagore, avait voyagé dans la Grèce, dans l'Egypte, dans la Phénicie et dans la Ghaldée , acquérant le plus de connaissances possible. 11 donne des leçons à Samos et dans d'autres villes de la
Grèce. Le nom de sage lui parait trop fastueux; il prend celui de philosophe ou d^ami delà sagesse : il se retire dans la grande Grèce, y habite principalement Crotone , Métaponte ou Tarente , et répandant de plus en plus vers rOccident les lumières qu'il a recueillies dans FOrient ou dans l'Egypte, il devient l'illustre chef de la secte italique. A sa voix 1^ habitans de Crotone renoncent à leurs
déréglemens. Rien n'^ale le dévouement de ses disciples à sa personne , leur empresse^ ment à suivre ses conseils , l'exactitude avec laquelle ils se conforment aux règles qu'il leur prescrit, le désintéressement qu'ils montrent en mettant leurs fortunes en commun, sous sa direction : et parmi ses disciples sont Zaleucus^ le législateur de Locres, et CharondaSy le législateur des Thuriens^ Son éloquence persuasive et sa grande influence calment les troubles , apaisent les insurrections, terminent les guerres civiles. Plus habile 4]ue ses contemporains dans les sciences
DOUZIÈME A6£» io3
mathëmatiques , il trouve et publie la fameuse proposition relative au carré dethypothé*
nuse des triangles rectangles. // n'y a quun Dieu^ disait -il, auteur de toutes choses i et les plus beaux présens qu'il ait faits à Fhomme^ cest le pouçoir de dire la vé^ rite et celui de rendre de bons offices aux autres.
Pendant que Pythagore acquérait tant de gloire et s'immortalisait en suivant ses préceptes sublimes , en éclairant les hommes et en les rendant meilleurs, l'architecture grecque recevait à Gorinthe un grand accroissement. Les règles qu'on avait successivement données aux architecl^s avaient créé, dans la Dorie et dans Flonie, ces deux belles colonies greccpes de l'Asie mineure, Tordre dorique et l'ordre ionique. Calli* 540111» moque le Corinthien , architecte , peintre et ▼nigairc. sculpteur , orne un beau vase de feuilles d'acanthe, le place sur une colonne, donne à cette colonne et au riche chapiteau qu'il
vient d'imaginer, des proportions nouvelles; et Y ordre corinthien, établi par Gallimaque» devient un magnifique et admirable, com^ plément de Farchitecture de la Grèce.
Un petit nombrç d'années s'écoule, et Fart dramatique grec va naître dans FÂttique* On y chantait depuis long-temps des hymnes en Fhonneur de Bacchus. Ces hymnes étaient exécutés par différentes voix , celles des femmes et des enfans , et les voix plus graves d'une octave des hommes et des. vieillards:
on dansait en les chantant. 77^e^j>i.f imagine de suspendre ces chœurs par le récit d'un acteur qu'il introduit sur la scène. Eschyle va bien plus loin que Thespis, fait paraître plusieurs acteurs , crée le dialogue, les scènes, les actes, et danne la naissance à la véritable tragédie;
La. musique^ toujoiu^ liée à la poésie , prend alors un plus grand caractère; elle devient dramatique comme la poésie, dont elle est inséparable. Ses differens modes,
DOUZIÈME AGEJ. 45$
c'est-à-dire les différentes gammes^ adoptées dans diverses coLonies de FAsie miueure^ où elle avait été cultivée avec soin y comme l'architecture , sont consacrées au théâtre qui s'élève, et préférées suivant que, s'approchant plus ou moins de notre mode majeur, ou de notre mode mineur, elles rendent avec plus de force les sentimens nobles, fiers et belliqueux , ou expriment la mélancolie , les r^ets , la tristesse , la douleur , la terreur et refifroi. Cet Eschyle était destiné à défendre, par son courage et dans Les batailles les plus mémorables, la patrie que son génie et son talent devaient illustrer pendant tant de siècles.
Darius , fils d'Hystaspes , ^ était monté sur le trône de Cyrus. Mégabyse , son général, avait soumis la Thrace; les Athéniens font la grande faute d'abandonné les Ioniens, Les généraux de Darius reprennent l'île de Chypre, remportent, près de Milet, une grande victoire sur les Ioniens, et se
rendent maîtres de toute Flonie, Darius veut que ses armes victorieuses traversent la mer, et réduisent sous son obéissance la Grèce européenne. Datis et Artaphernes, a la tête de plus de trois cent mille hommes, arrivent près d'Athènes* La perte des Athéniens paraît assurée ; ils ne peuvent opposer qu'un petit nombre d'hommes à L'immense armée de Darius ; mais ces hommes sont des Grecs, et Miltiade les commande. Miltiade gagne sur les Perses la fameuse bataille 490 ans de Marathon . les chasse de la Grèce • et
av. rèrc . ^
▼uigaire. s'empare , en les poursuivant, de plusieurs îles de l'Archipel.'
Xerxès , second fils et successeur de Darius , veut être plus heureux que son père.
Il avait réduit l'Egypte sous son obéissance; il marche contre les Grecs avec une flotte de mille voiles et une armée que plusieurs historiens ont portée à huit cent mille hommes : il veut que rien ne lui résiste; il fait jeter un pont sur le détroit de l'Hellespont,
fait percer l'isthme du mont Athos , croit commander à la nature, et s'avance en menaçant vers le passage des Thermopyles* Mais Léonidas, roi de la Lacédëmone, y était avec trois cents Spartiates; ils s'étaient dévoués à la mort pour sauver leur patrie.
Un nombre immense de Perses expirent sous leurs coups , et eii succombant sous la multitude de leurs ennemis , ils acquièrent une gloire impérissable. On n'a jamais prononcé le nom des Thermopyles sans éprouver une émotion très-vive ; tous les siècles ont célébré Léonidas et ses Spartiates ; un grand, peintre de ma patrie les à fait revivre sur la toile : les Grecs de nos jours les font revivre et aux Thermopyles et dans toute la Grèce.
Xerxès avance cependant dans l'Attique; les Athéniens abandonnent leur ville en héros, se retirent sur leur flotte, et, sous les ordres de Thémistocle , leur admirable général , livrent contre les Perses la fameuse ba-
1S8 DOUZIÈME AGEé
44o m taille navale de Salamine , forcent Xerxes à
*▼. l'ère . . .
▼ui^aire. se retirer honteusement en Asie, rentrent en triomphateurs dans ce beau port du Pirée que Thémistode avait fait creuser, et qui doit leur donner une marine si long-temps supérieure à celles des autres Grecs, et un commerce des plus variés, des plus étendus et des plus riches.
Nous avons maintenant sous les yeux le temps du grand éclat des Athéniens. A la gloire des vainqueurs de Marathon et de Salamine vont se joindre celles de Sophocle, d'Euripide , d'Aristide , dé Thucydide , de Phidias, de Pérîclès, de Méton, d'Aristophane , de Socrate et de Platon.
Sophocle^ auteur de cent vingt tragédies, est appelé par Cicéron un poète dwin^ et le grand Aristote ne parle di Œdipe tyran y une des pièces de Sophocle , que comme du modèle achevé de la ti^agédie. Ce grand tragique est , de même qu'Eschyle , un guerrier illustre en même temps qu'un poète fa-
DOUZIËBfE AGE. 459
meiix 9 et partage avec Përiclès le commandement de rarmée tf Athènes.
Euripide compose quatre-vingt-douze tra-< gédies. Socrate les estimait beaucoup , et elles étaient les seules à la représentation diesquelles il eût assisté. Les noms de Sophocle et d^Euripide sont, depuis plus de deux mille ans , prononcés avec enthousiasme et respect.
Aristide est le juste par excellence. Il porte les Grecs à se réunir contre les Perses ; il se distingue dans les batailles de Marathon et de Salamine. Thémistode, qui craint la vénération qu'on a pour Aristide, et qui ne veut pas voir diminuer son pouvoir, parvient à Féloigner d^Athènes par cette sorte d'exil au sujet duquel l'assemblée du peuple prononçait, et qu'on nommdiit. ostracisme, parce qu'on écrivait les suffrages sur de petites écailles appelées ostracon. Aristide, rappelé peu de temps après , refuse de se joindre aux émnemis de Thémistocle, et de
le faire exiler à son tour : rien ne peut le faire écarter des r^es de la justice. Il a le maniement des revenus publics , et il meurt si pauvre, que TËtat est obligé de payer ses funérailles.
Thucydide partage la gloire d'Hérodote ^ de ce grand historien qui, né à Halicarnasse, dans la Carié, avait voyagé en Egypte, en Italie et dans toute la Grèce, recueilli d'importantes notions sur l'origine et les destinées des peuples , lu ses neuf livres dans l'assemblée des jeux olympiques, et inspiré aux Grecs une telle admiration, qu'ils avaient donné les noms des neuf Muses à ces neuf livres dans lesquels il avait célébré les avantages . remportés par $es compatriotes Sûr les étrangers que la Grèce ^ippelait harhares. Thucydide, en entendant Hérodote réciter son ouvrage, avait été ému jusqu'à répandre les nobles lartnes d'une vive admiration. Il commande Farmée de la Thrace, oii l'on a dit qu'il avait des mines d'or^ Ac«
bOUZIÈICE AGE. 464
ciise dt n'avoir pas secouru Amphypolis , il est éloigné d^ Athènes ^ et compose pendant lés longues àrinëeâ dé son exil sa belle His<> toite de la guerre du Pâoponèie y qu'il ne peut achever ^ parce que ia liiort le àtir-^ prend ayant la fin de cette guerre entre Athènes et LacédémtOne^ Il devait recevoir un grand honneur; Dëmosthènès avait une si haute estime pour l'hiâtôifé de Thucydide^ qu'il la transcrivit plusieurs fois de sa main» Phidias s'élève à une grande hauteur dans cet art dé la sculpture que les Grecs ont cultivé avec tant de gloire. Dipœnus et Scyllis s'étaient rendus célèbres par feur td« lent pour pdiir le marbre et pour le sculp ter. Vers Tan 576 avant Vhte vulgaire^ ils avaient formé un grand nomibre d'élèVes^ mais Phidias les surpasse tOus^ On a écrit qu'il connaissait mieux que tous ceux qui lavaient devancé les véritables proportions qu'il fallait donner aux figures qui sortaient de s€!s mains et aux principaux traits de II. 1 1
1*63 OOOZIÊIIE AGE.
ces figures, pour que rUlnsion fût la plus grande possiMe lorsqu'dles seraient dans la |dace qui leur était destinée. Il laisse à la postélite la statoe de Minerve de la citaddle d'Athènes et ceUe de Jnpiter qui onuût le temple d'Mjmpie , et que Tadmi-
Vert 44s yatidn des Grecs a fidt compter parmi les
migurc merveilles du monde.
Périclès avait été élevé par Zimon d'Élée et par Anaxagore> U devient grand orateur et exerce la pins grande influence sur le peuple : il multiplie les jeux et les dons envars un grand nomWe de citoyens ; il fait établir des rétributions pour ceux qui donnent leurs suflrages dans les élections ^ dans les jugeinens et dans toutes les dâibérations publiques ; il distribue aux pauvres des terres conquises ; il fait équiper des vaisseaux y solder des matelots , former de nou- ^dlles colonies 9 et lève sur les villes alliées une grande partie des sommes nécessaires pour les dépenses df FÉtat : il ajoute à tous
Douzième âge. < 463
ces moyens de capter l'affection du peuple 5 de conserver et d'accroître sa puissance ^ et de satisfaire l'ambition qui le domine , la constance la plus attentive ^faire obtenir les faveurs les plus grandes par ceux qui cultivent les arts et répandent tant d'éclat sur Athènes. Il jmnt le Pyrée à la capitale par une route que des murailles défendant 1 il est d'ailleurs grand capitaine; il remporte près de Nânée une victoire célèbre; il prend Samos apr^ un long siège, pendant lequel Artémon de Oazomène inv^ite le- bélier qui détruit les murailles 9 ^t^^ tortue on l'art de former. aveiE les boucliers une sorte de toit protecteur. U laisse un orateur, qui lui est trop dévoué ,. demander et obtenir du peuple qu'on pose dés limites à l'auto** rite de Faréopage, partibidièrement à inspection que ce corps fameux exerce sur le trésor de l'État; il commet un plus grandi crime politique en cessant d'afsembler le peuple 9 qu'il craint de voir transférer son
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pouvoir à quelqu'un de ses rivaux: il en est puni ^ lorsque des malheurs publics irritent le peuple contre lui : on lui reproche la guer»
du Péloponë^ et tine maladie contagiense qui afflige la ville d'Athènes. On lui .âte son autorité; mais bientôt on oublie tout en ia* veùr de « son amour pour les . arts et dc8 monumens : qu'il a élevés : on lui. rend son pouvoir; on pleure sa mort lorsqu^il succombe à la maladie: terrible qui d^ble sa patrie^ et la postérité appdle soa siècle le siècle, de Péricles.
Métoriy célèbre mathématicien , publie, quatre cent trente-deux ^ns avant l'ère vulgaire , son . Ennéadécatéride j on le cyde de dix-neuf ans, appelé le nombre, d'or. eî destiné à montrer les époques oii l'année solaire^ et l'année lunaire commencaoït en même temps. Il s'y détermine aveed'autant plus de zèle que , malgré les connaissances particulière^ que Thaïes ^ Platon et Ëudoxe avaient recueillies. en Egypte relativement
DoirntliE AGE. i6S
à la véritable longueur de l'annëe^ les Grecs , jusqu'au temps de Démëtrius de Phalère, devaient n'admettre qu'une année solaires de trois cent soixante jours , dont ils divisaient chacun des douze mois en trois décades , au lieu d'adopter les semaines de sept jours. des Egyptiens et des Orientaux.
Aristophane compose plus de cinquante comédies rempli^ de ces finesses piquantes auxqudles on 4 donné le nom de sel attique; et ce qui rappelle une des plus fortes opinions des peuples libres, les Athéniens lui décernent une couronne de Volwier sacré, pour le remercier de reprendre les défauts de ceux qui gouvernent la république.
Socrate, fils d'un sculpteur , imite son père et fait trois belles statues des Grâces. Bientôt il quitte la sculpture pour se consacrer à la philosophie : il étudie sous Anaxagore et sous Ârchélaûs ; il combat avec courage pour la défense de sa patrie; mais, malgré ses vertus, ses lumières et ses talens,
^66 powakMMAttu.
il renonce anx dignités de la rqpnUiqQe, et cultive avec soin la morale. Ri^i ne peat r^ister au diarme de son âoqumoe^ à laqadle ses vertus donnent une influence céleste. Un orade le déclare le plus sage de tous les Grecs. D rend i sOn pays un des plus grands .services ; il forme plusienn grands hommes par ses exemples et ses leçons. S'élevant par son gàiie aux poisees les plus sublimes^ il n'admet qu'un «eul DieiL Ceuxâ qui le poljthéiMie est utile; ne pea«vent lé lui» pardmmer; il est accqsé, con^ damné comme impie , et forcé de boire la ciguë à soixant&<lix ans. À peine a-t«il cesse de vivre^ cpe les Athéniens, désolés de leur coupable ^reur, condamnent à mort ou exilent ses accusateurs, et lui érigent une statue de bronze. Un monument plus durable de sa ^oire et de ses bienfaits est l'usage conservé, ))éndant plus de deux mille ans, de désigner la plus grande sagesse par le tiom de Socrate. H estj dit Gcéron daîis le
livre premier de ses Tusculanes, h premier des pkilûsophes qui jit descendre du ciel là philosophie^ pour Fintroduire dans les villes et même dims les maisons y et qui apprit aux partioidiérs à raisonner sur la conduite «fe la vie, sur le juste^t tinjuste. Platon, ua des disciples de Socrate, caU tive la peinture et la poésie, et se livre en^ suite à la philosophie. U va s'instruire en
Egypte 9 et fait trois voyages enSicdle> oti il se rebd la^^mi^ fois pour reconnattre la cauK et la nature des feux du mont Etna.
U reste de ce ^ànd philosophe des dialogues admirables I aux<|ud6 la sagesse hi^ maine n'a eiessé de rendre hommage, et que les Përe^ de l'Elise chrétienne ont loués avec d'autant plus de force 5 qu'ils ont trouve dans sa doctrine de très^rands rapports avec celle 4e rÉvangile* U reconnatt un seul Dieu^ qui sait tout et qui gouverne le monde avec Une sous^eraine sagesse; il proplame 4pie Famé est immortelle; il assure que les bons.
\&i DOUZifcME A06«
«près leur mort, sont récompem^, et que les mécbans sont punis. On Fa nominé le âis^in, et plusieurs de ses opinipns ont été l'objet d'une sorte de icuite.
Pindare, ne à Thëbes vers cinq cents ans iavant l'èreorulgàire, avait cesse d'exister. On Tavait surnommé le prince des poètes lyri^ ques. Ses belles odes, dont Horace. a côm^ paré la force à celle d'un torrent auquel rien nei*ésiste, avaient remporté le prix aux quatre jeux solennels dçs Grecs; SMif^fympiques ^ juix ùthmiquesj saa pjthiqufis et aux né^ méens^ £t quelle importance les Grecs atta* cbaient à ces jeux et à leurs fêtes, qUeleuir religion , leur politique , leurs lois , leurs ins« titulions, leurs plaisirs, leur intérêt et leur ^oire avaient consacrés ! Lesr Athâliens destinaient chaque année au moins quatre-vingts jours à ces fêtes nationales. Celles de Minerve étaient aussi anciennes que la ville pcot^e par cette dé^esse; on les nommait panathénées ; tous les quatre ans elles
étaient plus pompeuses ^ et le nom de grandes panathénées leur était donné. Un vaisseau orné par de jeunes viei^es consa*crées à la déesse protectrice paraissait dans ces fêtes pour rappeler Farrivéc de Cécrops.
et de la Minerve égyptienne : on récitait des vers d*Homère ; on chantait un hjrmne en l'honneur SHàmiôdius et ^ Aristoff^ton ^ destructeurs de la tyrannie.
Les Athéniens célébraient d'autres fêtés pour se rendre Bacchus favorable. I^e nom de dionysiaques était celui de ces fêtes. Les dionysiaques projprement dites avaient lieu pendant la nuit; elles comprenaient ^ comme cdles de Gérés, des sacrifices secrets , des cérémonies mystérieuses , dies initiations. Diodore a écrit qu'Orphée avait rapporté d'Egypte ces fêtes de Bacchus et de Gérés, qu'il assimilait à celles d'Osiris et d'Isis.
C'était en l'honneur de Gérés que , du temps d'Éreethée, on avait établi les mystères d'Éleuds^ On y courait de toutes les
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parties de k Grèce. « Quels bienfaits n'a^non « pas reçus de Gérés! dit Isocrate, orateur 4c athénien. On lui d^it l'agriculture et les «c mystères qui affîranchissent des craintes Me de la mort 9 en doimant l'espérance d'une « autre vie. *
À la tête des ministres voués. au f;ulte de Gérés et à la c^ébration des mystères d'Eleusis était le hiérophante} après lui venaient le pùrte-flambeauj chargé des purifications^ et de la CQnduite de la procession des initiés ; \e hétaut sacré j qui éloignait les profanes ; les porteurs du feu sacré ; ceux à qlii était confié le van mystique} qeux qui chantaient les hymnes , ou jouaient de la flûte 9 ou faisaient les libations , ou décoraient les autels extérieurs du temple.
Gérés avait aussi des prétresses. On a cité avec éloge la réponse de Théano, une de ces prétresses, k qui on d^ilandait des anathèmes: « Je suis prétresse pour bénir , dit* . elle, et non pas pour maudire.^
DOUZliME A0Ef i 74
D^antres fêtes ^ eounufs 96m le nma d6 thesmophorits , faisaient partie du culte dç Gérés ; les hommes ne pouvaient y assister»
On avait institué d autres solennités pout^ Bacâhus et Gérés > honorés ensemble ; pôu^r Minerve y protectrice des arts; pour Yul* cain^ le dieu du feu 5 et Prométhée, cru rinvènteur de cet agent si puisant, et dont on rappelait les In^aits par des oour$es avec des flambeaux; pour Neptinie » en Thonneur duquel il y avait d^s jeux dans le Pi^ rée^ et même pour plusieurs dieux des nations étrangères. 11 y avait des apaturies^ oii Ton coupait les cheveux aux jeunes Athéniens ^ et oii cm les inscrivait dans les i^istres publics.
L'amour^ La tendresse et l'amitié tendaient de dôulûisreux hommages aux objets de leurs regrets : on célébrait la mort d'Adonis 9 ou une mort analogue; on avait consacré les hydrophories à la m.émoire dé ceux qui avaient péri lorsi du (^éluge de Deucalion ;
un tâisseau allait tons les ans à Bâoa, porter une théorie ou ^putatioii rdigieuse qui remerciait Apollon de la victoire par laqndle Thésée avait délivré Athènes d'un tribut odieux : les poursuites judiciaires étaient interdites pendant ces soleimités^ et les magis^ trats faisaient des libations en Thonneur de Bacchus sur le théâtre oii Ton venait de repr^nter une tragédie.
Timoihéey câèbre musicien de Miiet^
introduit dans le chant des intervalles moin-
dres qfue ceux dont on se servait^ et crée ou reproduit le genre auqudi on a donné le nom de chrœnatique.
Simoniqe illustre File de Céos, aujour<» d'hui Zéa, par ses odes, ses tragédies , ses ël^és et ses lamentations. On a écrit qu'il excellait dans le pathétique; il a chanté les victoires de Marathon et de Salaimne.
Xetûcès vivait encore; son génâ*al Mar^ donius ét^t resté en Grèce , et la présence de son armée indignait les Grecs. Pausamas^
DOUZIÈICE AGD» 473
général des La^édémoniens^ et rAthëmea Aristide j le plus jiuste de U Grèce, gagoetit
cdntre Mardomus la fameuse^. bataille de Platée^ dont le nom retentit depuis tant 4e ^''^^^ sièdés avec, ceux de Marathon et de Sa* ▼^g«wlamine. Pausânias poursuit ses succès , bat les Perses sur mer, prend sur eux la ville de Byzance, et délivre de leur joug plusieurs colonies grecques de l'Asie mineure. Mais sa raison ne peut résbter à l'édat de tant de gloire; il s'^are, il devient criminel jusqu'à trahir sa , patrie ; il demandé à Xerxès la main de sa fille, et lui offire.de le rendre maître de la Grèce entière. Xçrxès accepte sa: proposition : une lettré est intorcq^tee ; Pansanias se sauve dans un temple de Minerve. On ne veut pas violer l'asile sacré;
is onmure.ksportes du temple, d Pau-? 474 «w sanias meurt au milieu des toùnhens de la Tui^în. faim.
Gnq ans plus tard, la cruauté des Lac^ démonieois eiotte une nouyelle insuiârectton
474 DOOZIËUE AGE»
parmi les ilotes. On r^rime leurs efforts :
plusieurs de ces malheureux se réfiigient dans un temple de Nq>tnoe. On leur fro^ met la vie, ils se rendent; on leur donne la mort. Peu-<fe temps après, un violent tremblement de terre détruit une grande partie de Sparte, et fait périr vingt mille hommes. Les Grecs amis de la bonne foi • de la justice et de l'humanité , regardent ce phénomène si funeste comme un effet terrible de la colère céleste.
Lliumanité respire, lorsqu'on pense que, peu d'années après un flâiu aussi grand, l'Ile de Gos , une des Gydades , vit naître ffipjfocrate ^ qui devait devenir le plus eâèbre médecin du monde. Ge grand hom* me a vécu cent quatre ans , comme si la teture avait voidu conserver au-delà du t^rme ordinaire de kt vie le bienfaiteur de l'espèce humaine. U recueille, dans la force de Fige, les observations àe ceux qui l'ont précédé , les réunit, aux siennes ^ en pré*
DOUZIÈUE ÂGE* 4 7B
sente les résultats , et donne au public ce grand ^ hà ouvrage ok les tableaux des diverses maladies sont peints avec toute la force de son génie ^ et que l'on admire d'autant plus qu'on est plus avancé dans les scienceè qui composent celle de la mé« decine*
Yers le milieu du cinquième sièdê avant Fère vtdgaire, Bacckylide^ que l'on a compté parmi les neuf poètes lyriques si célèbres dans F^ncienne Grèce ^ publie ses odes et ses h3rmnes*
Quatre peintres fameux paraissent bientôt dans la Grèce ou dans ses colonies ; Parrha^ dus ^ Zeuxis , Pofy glotte et Apollodore. Ds ont un grand renom : on a pensé néanmoins que l'art de la peinture avait fait en Grèce des prc^rès moins grands que ceux de Fart des statuaires , et que les tableaux des plus habiles peintres grecs étaient ^ dans leur genre, moins dignes d'admiratioif que les statues 9 que ni le temps , ni les barbares
476 DOUZiiSBfÊ AG£.
n'ont pu dëtniire^ et que les amis des beaux arts ne voient qu'avec aithousia^mie*
Plusieurs sculpteurs célèbres brillent vers le même temps que les quatre grands pein<»
très que nous venons de nommer.; et parmi eux on distingue Agoracrite e^ son rival Alcamène^ disciple de Phydias, tous deux renommés pour une Vénus.
Alfcais la Grèce avait commencé la guerre
dite du Péloponèse ^ qui devait prépalrer sa chute. Les Perses ayaietit perdu l'espoir de la soumettre uniquement par les amMs; Le souvenir de Marathon , des Thetmop jles ^ de Salamine et de Platée , ne leur permettait pas de conserver cet espoir; ils conçoivent rinfimiale idée de corrompre les Grecs ^ et de semer ^armi ei4x ces divisions funestes , les ennemies lès plus dangereuses des peu*»
pies. Un dés plus grands hommes qui diieitt honoré l'espèce humaine^ Aristote^ a dit^ si les Grecs ne formaient qu'un seul État, ils pourraient subjuguer le monde. Les
Perses eh étaient convainclis, et ils emploient, pour désunir ceux qu'ib veulent soumettre à leur domination , tous les moyens secrets dont ils peuvent disposer. Les passions des Grecs , celles surtout qui produisent ou suivent l'ambition , secondent l'entreprise des Perses. Lacédémone avait long-temps dominé ; Athènes veut l'emporter par la flotte que Thémistode lui a donnée. Lacédémone et Athènes oublient les Perses, et ne sont entraînées que par un désir extrême de conserver où de conquérir la suprématie. Thèbes élève aussi sa tête contre l'ancienne dominatrice des Grecs , qui n'avait que trop fait sentir, à diverses époques , la pesanteur du sœptre. qu'elle avait saisi, et que de grands dangers communs avaient fait tolérer. La guerre du Péloponèse devient inévitable; cette guerre civile allume ses brandons, et quel horrible événement se mêle à ses malheurs ! il n'a pu échapper à la postérité ; Thucydide l'a écrit quatre cent vingt-quatre