EPILOGUE
"DESCENTE "DE C%OIX
IN eus le rêvons, les pieds reposés sur l'aurore, Blanc de gloire, étoile de tendresse, au milieu Des chants, des luths, des lys. — C'est faux. Il râle encore Ayant souffert en homme, il souffre comme un dieu.
Le Calvaire n'était qu'au seuil de la torture,
Et son vrai Golgotha l'attendait dans le ciel.
Il voit, et c'est l'enfer! La terre était moins dure :
L'amertume de voir fait regretter le fiel!
Qu'est-ce que la détresse au jardin des 'olives, L'insulte, les bourreaux qui lacéraient ses flancs, La croix lourde, et les clous entrant dans les chairs vives? La Passion du Christ a duré deux mille ans !
Depuis deux fois mille ans. jour par jour, d'heure en! Crucifié sans fin par son effort perdu, Il souffre et souffrira, jusqu'à ce qu'il en meure, Le stérile remords de ne rien avoir pu.
Depuis deux fois mille ans, de journée en journée, Il regarde sa mort sourdre au fond de nos yeux, Et sent crouler sur nous sa croix déboulonnée Qui va nous écraser en retombant des cieux!
— Pauvre dieu chancelant sur tes autels en cendre, Rédempteur qui parlais des devoirs et des droits, N'est-ce pas, maintenant qu'on t'en fait redescendre, Que l'horreur n'était pas de monter sur la croix?
L'homme ne valait pas ta mort, ô divin maître ! Sur ton dogme incompris et tes vœux déformés, Christ, nous t'aurons tué deux fois sans te connaître, Et c'est le châtiment de nous avoir aimés !
Tu nous as crus trop bons et pareils à toi-même : Nous t'en avons puni sans entendre ta voix; Ceux que tu veux sauver frappent quand on les aime. Jésus, il faut mourir pour la seconde fois!