‹ Les AgesChapitre 5 sur 43 · L'ES?OI% DU ZCO^VE · texte numérisé non relu

L'ES?OI% DU ZCO^VE

Dlaxc de gloire, au milieu des Anges à genoux, Il est assis, les pieds posés sur le tonnerre; Emu d'une pitié qui l'incline vers nous, Il regarde passer les siècles de son ère :

Les siècles souhaités par des siècles d'aïeux, L'Espoir du Monde, l'âge attendu par les âges, L'ère d'amour, les temps sublimes et joyeux Où nous serons meilleurs, plus justes et plus sages.

Le Paradis des temps ! Pour qu'il en fût ainsi,

Le Christ donna son sang, son Verbe, ses apôtres.

L'œuvre est faite ! L'espoir des races, le voici !

— Et les siècles s'en vont les uns après les autres...

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LES TïT^UITtESSES

i\v fond du nord, crevant l'immensité des mers, Dans les frissons salés et les brouillards amers Qui roulent sur la houle et sortent des tempêtes, Par-delà les confins des hommes et des bêtes, Apre, rauque, avec des grondements et des cris, L'île tumultueuse émerge des flots gris Et rêve horriblement dans la mort éternelle.

Elle attend. Un ennui désastreux est en elle, Un espoir qui descend, qui monte, et voila tant, Tant de mois, pendant tant de siècles, qu'elle attend, Et tant, que les rochers penchés au bord du gouffre Ne se souviennent plus de quelle attente on souffre, Mais attendent quand même en hurlant vers les dieux.

Ils ragent sans bouger, gigantesques et vieux, Immobiles depuis la naissance des lunes : Prisonniers de leur masse et rongés de rancunes, Bossus, griffés de vents, éclaboussés d'embruns, Giflés d'averses, las et courbant leurs dos bruns. Ils crachent de l'écume et soufflent du tonnerre. Ils veillent: leur espoir trente fois millénaire Regarde ce qui doit venir de l'horizon, Mais rien ne vient, sinon le pirate saxon Dont les barques de cuir sursautent dans l'orage, Et le désert, au bord des mers, se décourage, Infiniment, au bruit des vents et de la mer...

Soudain, voilà, dans une épaisse nuit d'hiver, Une étoile couleur d'aurore qui s'allume : Mystérieuse, tiède, elle a fait dans la brume Un grand trou de printemps qui parfume le ciel... Et les neuf Vierges sont debout, criant : « Noël ! » Les Gallicènes aux bras nus, ramant l'espace Comme pour s'enlever de la terre trop basse Et monter vers cette aube ouverte dans la nuit, Tendent les mains, et l'air salé claque du bruit Que font en s'envolant les ailes de leurs manches.

L'ombre écoute passer le chant des vierges blanches : « C'est l'étoile! Les temps sont finis! L'aube naît, Celle qu'on n'osait plus attendre et qui venait, Depuis toujours, l'antique et l'immortelle aurore, Voici l'aube ! Deux yeux d'Enfant viennent d'éclore !

O mer, apaise-toi! Rochers, fleurissez-vous! Voici venir l'Enfant dont les yeux sont très doux, Le jeune Roi qui met une âme dans les choses Rien qu'en les effleurant de ses petits pieds roses! Voici le Roi d'amour, si jeune étant si vieux, Le Conquérant promis au rêve des aïeux, Et nous te saluons, ô Sauveur, tête blonde, Félicité des jours futurs, Noël du monde ! »

l6 L'ESPOIR DU MONDE

L'*AtLGOISSE

1 out va finir. Les nuits flambent de météores, La peste court, le peuple a faim, Rome est en feu, Les mers et les volcans s'ouvrent, César est dieu, Et l'on voit poindre au ciel d'effrayantes aurores.

Eu Gaule, chez les Juifs, les Parthes et les Maures, En Germanie, au Pont, tout l'Empire, en tout lieu, Bouge, craque, et le soir, Rome mise à l'enjeu Ecoute au loin le pas des légions sonores.

Seuls, les humbles chrétiens sont en joie, aujourd'hui Qu'ils ont là Pierre et Paul pour leur parler de Lui : Mais Pierre abhorre Paul et Paul méprise Pierre.

Et, ne comprenant plus, prenant peur du Chéôl, Les chrétiens sont troublés dans leurs caves de pierre, Pour avoir tour à tour écouté Pierre et Paul.

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