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des agnoscies, mais précisément pour conserver à celles-ci toute leur valeur, il est essentiel de les bien distinguer, D'ailleurs, en y réfléchissant, l’agnoscie est encore bien plus générale ; la simple fatigue, la frayeur, une émotion quelconque suffit dans un cerveau très bien équilibré, pour troubler le travail des identifications secondaires et pour déterminer ce que, par exemple, certains neurasthéniques présentent à l’état constant : redoutant pardessus tout le travail cérébral, incapables d’attention, ils ne soumettent souvent leurs impressions qu'à un travail d'identification en somme bien inférieur à ce qu'il devrait être; un neurasthénique, que nous venons d'avoir l’occasion d'observer, se perdait très fréquemment dans la ville qu’il habitait et qu’il connaissait parfaitement, mais plutôt que de s'arrêter, de réfléchir, de s'orienter à nouveau, il préférait errer quelquefois pendant long temps pour retrouver son chemin: c'était par paresse d'esprit, disait-il lui-même. Un jour, complètement perdu depuis quelque temps, il s'arrête enfin et demande qu'on le conduise chez lui, telle rue, tel numéro; on lui fait lever la tête et il se trouve en face de sa maison, qu'il avait bien vue auparavant, mais qu'il n'avait pas reconnue. Dans la vie ordinaire même, la distraction n'est-elle pas un trouble de l'identification secondaire dans tel ou tel ordre de sensations, n’est-elle pas un phénomène agnoscique ? Bien plus, dans la vie psychique normale, continuellement, à tout instant, la majeure partie de nos impressions ne sont-elles pas arrêtées en chemin, ne restent-elles pas très souvent en deçà de ce que même permettrait une lésion d’agnoscie vraie. On le voit, le cadre des phénomènes agnosciques pourrait s'étendre
a TO indéfiniment ; ce serait sans utilité au point de vue clinique, comme au point de vue physiologique et nous justifions ainsi le fait que nous n'avons retenu dans notre étude que les agnoscies avec lésions vraies, c’est-à-dire avec interruption par section ou par atrophie. L’anatomie pathologique des agnoscies a une importance considérable au point de vue physiologique ; lorsque les phénomènes de localisation ont été bien vus et bien analysés, on a là de véritables expériences sur l’homme et chaque cas fournit un apport nouveau dans les données de à physiologie cérébrale; aussi serait-il de la plus grande utilité de ne laisser passer aucun point de ces importantes autapsies ; mais les conclusions qu’on en tire sont comme celles de bien des expériences, ce sont des hypothèses et il leur faut la consécration d’une Jongue série de vérifications pour leur permettre de prendre rang dans les acquisitions de la clinique. Nous ne savons pas encore bien des choses sur le cerveau ; il semble qu’on soit en possession du fil directeur, qui permettra d’en étudier la structure et la physiologie, mais les résultats positifs bien établis sont rares; la plupart ne sont que des hypothèses, et la clinique, si elle fournit une très large part à l'édification de ces hypothèses doit toujours rester prudemment en deçà ; aussi serons-nous obligé de nous limiter dans l'exposé et la discussion des lésions observées et d’en surcharger l'interprétation de points d’interrogation. À l'inverse de notre exposé clinique, nous commencerons par les agnoscies les moins importantes pour terminer par celle qui surpasse toutes les autres : la cécité psychique, et celle qui les englobe toutes : l’asymbolie. Les deux observations de Wernicke, si importantes au
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point de vue de l’étude clinique de l’agnoscie tactile, ne le sont pas moins au point de vue anatomique ; nous avons vu que la discussion très serrée de l'auteur arrivait à conclure nettement que le trouble agnoscique avait été déterminé par des lésions superficielles de l’écorce du tiers moyen des deux circonvolutions rolandiques, le dommage prédominant sur la circonvolution pariétale ; voilà un fait net, bien discuté, d’une lésion bien circonscrite et l’on ne peut s'empêcher de penser avec Wernicke que désormais nous sommes en possession d’un troisième centre sur l'écorce cérébrale (les deux autres étant le centre de l’aphasie motrice et le centre de la surdité verbale).
Cette localisation n’étonnera d’ailleurs personne, étant donné ce qu’on savait déjà, mais assez grossièrement, sur les localisations psycho-motrices des circonvolutions prérolandiques. Il semble permis de préjuger un trouble analogue à celui que Wernicke a constaté, pour les lésions semblables des parties supérieures ou inférieures des circonvolutions prérolandiques. Cliniquement, d’ailleurs, sans trouver des cas aussi probants, il existe beaucoup d’autres observations qui, éclairées par ces constatations, viennent les confirmer. Les deux malades de Reinhard (n° 47 et 48) avaient une lésion étendue aux lobes pariétaux; dans de nombreux autres cas que nous n'avons pas rapportés (dans la thèse de Vialet par exemple) on retrouve des observations de paralysies un peu spéciales, localisées à certains membres, où l’on ne peut s’empêcher de penser à l'agnoscie tactile sans pouvoir le prouver et où les résultats anatomo-pathologiques sont en confirmation de ce que nous disons. Nous ne pouvons discuter