RUE
circonvolution frontale supérieure gauche sont très réduites et un peu fermes. Les ventricules contiennent un peu de liquide clair, ils sont un peu dilatés surtout en arrière dans les cornes postérieures. La paroi externe de la corne antérieure gauche présente une dépression ovale en sébile de 3 centimètres d'avant en arrière et de 2 centimètres de hauteur, correspondant à la circonvolution frontale inférieure ; l’épaisseur de la substance blanche et moins grande. Substance blanche un peu congestionnée. Substance grise un peu pâle et tuméfiée, Rien dans les noyaux centraux ni dans la corne d’Ammon.
-SrenGer (idem, obs. n° 2) (résumée)
Paralysie générale. Cécité et surdité psychiques variables
Müller, cocher, quarante ans; paralysie générale depuis dix ans ; attaque avec élévation de la température, convulsion dans tout le côté droit sans perte complète de connaissance. Le lendemain matin, le malade a l'apparence d'un homme qui rêve les yeux ouverts, il regarde ce qu’on fait autour de lui, mais il ne s'inquiète de rien. Le bras droit et le facial gauche sont parésiés, la pupille gauche est plus petite et immobile ; dans la journée le malade tâte son côté droit avec sa main gauche. Quelques jours après le malade peut marcher mais il se heurte aux objets, il entend les bruits, se retourne rapidement mais ne comprend pas ; il ne peut pas parler et pleure de ne pouvoir le faire ; il voit les objets, les suit des yeux, mais ne paraît pas s’en rendre compte sauf par le toucher.
Il ne reconnaît le feu, du vin, une épingle qu'après les avoir touchés ; il cherche bien loin son soulier qui est sous son nez; il ne comprenait pas plus ce qu’il entendait. Par d'hémianopsie.
Plus tard convulsion dans le facial droit, la moitié supé-
ui
rieure du facial gauche, et à la suite augmentation de sa parésie, de son aphasie et de ses surdité et cécité psychiques pendant quatorze jours. Amélioration : le malade se retire brusquement devant une épingle, il prend un verre de vin qu’on lui tend. Plus tard nouveaux états simplement vertigineux et à leur suite de nouveau parésie du facial gauche et du bras droit; aphasie, cécité psychique comme auparavant. À cette époque trouble du sens du tact: pas d’anesthésie au contact, analgésie; le toucher ne peut plus comme auparavant le renseigner sur ce qu'il ne reconnaît pas à la vue; il ne sait pas par ce moyen à quoi servent les objets, il les tourne et retourne de la façon la plus comique et la plus insensée du monde.
- Plus tard il sembla que Fœil droit n’y voyait plus du tout, les convulsions réapparurent, coma et mort.
Autopsie. — Calotte crânienne lourde et épaisse, diploë mince. On détache difficilement la voûte dont la face interne est rugueuse surtout le long des sinus. Dure-mère- lisse. non adhérente ; méninges molles, opaques à la convexité, liquide sous-arachnoïdien abondant,
Dans la pie-mere de la convexité, trois extravasations sanguines récentes grosses comme des pièces de deux marks (deux francs): 4° à la pointe inférieure de la première circonvolution frontale droite ; 2 pied de la troisième circonvolution frontale droite; 3° lobule pariétal inférieur gauche; la pie-mere est difficile à détacher, surtout sur les lobes frontaux, substance grise adhérente. Les deux lobes frontaux adhèrent entre eux à leur base, on ne peut les détacher sans les déchirer ; coagulum spongieux de la sylvienne droite, caillot tres petit dans Ja gauche ; pie-mère adhérente à la base des lobes temporaux et occipitaux.
Substance nerveuse flasque à la partie antérieure, surtout à gauche ; grande quantité de liquide céphalo-rachidien. Ventricules latéraux très larges, épendyme granuleux surtout dans le quatrième. Cornes d’Ammon aplaties mais fermes, Rien au cervelet ni à la moelle. Substance blanche un peu congestionnée,
SrenGer (idern, obs. n° 3) (résumée).
Paralysie générale; cécité psychique variable; asymbolre.
L..., trente-cinq ans, marchand; paralysie générale ayant débuté avec des accès épileptiformes du côté droit; la parésie qui suivait quelques jours alla en s’aggravant; aphasie d’abord transitoire puis persistante; le malade mélait les mots, les lettres en parlant ou en écrivant, il ne comprenait pas bien ce qu'on lui disait, il ne reconnaissait pas bien les mots; sa mémoire était affaiblie.
Plus tard, attaques presque toutes les huit semaines environ suivies de parésie droite avec anesthésie et aphasie totale; l'audition restait normale mais les représentations visuelles étaient abolies alors que la perception visuelle était intacte; le malade voyait tout, mais ne reconnaissait rien. Tout cela demeurait huit jours et allait en s'affaiblissant jusqu’à une nouvelle attaque; pourtant sa cécité psychique alla en augmentant. Parfois pendant les premières heures qui suivaient l’attaque, hallucinations visuelles; il cherchait à saisir dans le vide en prononçant des mots comme : clef, boule. Il en paraissait tantôt inquiet, tantôt joyeux.
En exerçant sa connaissance sur des objets il était capable de rééducation jusqu’à la prochaine crise, qui enlevait encore d'anciennes notions.
Il suppléait à son impuissance psycho-visuelle par le toucher ; actuellement il est au lit, isolé du monde extérieur, véritable machine réflexe ambulante.
STENGER (idem, 0bs. n° 4) (résumée).
Paralysie générale. Cécité corticale; cécité psychique ; hallucinations.
M..., quarante-cinq ans, prote d'imprimerie, Paralysie générale à la suite d’une attaque épileptiforme prédominant à gauche, paralysie gauche, pas de troubles de l’ouïe ni du tact mais cécité complète, cécité dont il ne semble pas avoir conscience; nombreuses hallucinations de la vue. Dix jours apres, rétrocession de la cécité, le malade voit de suite les objets mais il ne paraît pas les reconnaître; les hallucinations sont nombreuses; le malade cherche des bêtes sous son oreiller. L’hémiplégie rétrocéda au bout de huit jours. Mort par pleurésie.
Autopsie. — Pie-mère un peu trouble au niveau des pariétaux, non épaissie, infiltrée,; liquide sous-arachnoïdien abondant. La pie-mère est congestionnée et se détache bien. Circonvolutions cérébrales un peu réduites sans anomalie ; ventricules latéraux dilatés dans tous les sens, épendyme un peu granuleux.
STENGER (idem., obs. n° 5) (résumée),
Paralysie générale. Asymbolie. Cécité corticale. Cécité psychique. Hallucinations.
M.., quarante ans, employé de chemin de fer; paralysie générale. Une attaque bilatérale de trois jours de durée lui enleva toute vie intellectuelle; disparition du langage, quelques plaintes incompréhensibles; plus rien ne semblait le rattacher au monde extérieur; il voulait manger tout ce qu’on approchait de sa bouche; motricité trés atteinte ; après quatre
jours de cécité complète, amélioration et symptômes de cécité psychique; hallucinations visuelles; le malade cherchait à droite, à gauche; trois mois après, mort.
Autopsie. — Dure-mère et pie-mere intactes. Hydrocéphalie interne et externe très abondante; ventricules latéraux très élargis ; légère atrophie des circonvolutions, notamment des circon volutions rolandiques.
OBSERVATION 64 Tnomsen (Charité Annalen, 10, p. 573) (in Murcer).
Asymbolie probable, cécité psychique passagère, aphasie, alexie, sans hémorragie ni achromatopsie. Hallucinations et démence.
D. Vorsrer (Ueber ein Fall von doppelseitiger Hemianopsie mit Seelenblindheit, Photopsien und Gesichtstæuschungen; AU. Zeisch. f. Psych , 1893, p. 235) (résumée).
Cécité,corticale ; puis cécité psychique pure portant surtout sur les formes, hallucinations, démence. Guérison.
Albert B..., quarante-neuf ans, directeur de fabrique, observé en août 4891. Il ÿ a quatre ans, première attaque suivie d'anesthésie douloureuse de la moitié droite du visage et du bras droit, guérison complète. En février 1890, deuxième attaque sans perte de connaissance, engourdissement du côté droit, avec douleur de brûlure au moindre contact aux cheveux et à la barbe notamment; trouble vague de la vue qu'un médecin non spécialiste jugea bonne, sans prendre le champ visuel,
Le 20 juin 1891, troisieme attaque avec perte complète de connaissance ; douze heures après, le malade réagissait aux fortes excitations ; côté gauche paralysé, parésie faciale gauche ;
tee
anesthésie du même côté; rien à droite ; perte complète de la vision, le malade ne voyait ni le soleil, ni une lumière sur une table; il ne distinguait pas le jour de Ja nuit; huit jours après, il commença à avoir des impressions lumineuses, il parlait d’un beau clair de lune quand on craignait qu’un grand soleil ne l'incommodt.
Quatorze jours après on remarqua très nettement que le malade ne voyait pas les objets à sa gauche. Achromatopsie complète: le malade ne distinguait le vin rouge du vin blane qu’au goût. La vue s’améliora, il distinguait les lettres de Snellen n° 18 à 60 centimètres.
Le médecin ne constate pas de cécité psychique.
Le 20 juillet on constata qu'il voyait les objets mais ne les reconnaissait plus: il se plaignait qu’on avait changé son intérieur, il voyait au plafond, aux murs, sur le plancher toute sorte de choses: il s'emportait, croyant que des ennemis avaient tout mis en désordre chez lui, il devenait furieux. Son propre visage dans un miroir lui était étranger; il croyait se voir des cheveux sur le front et v portait la main pour s'orienter; il ne reconnaissait plus ses parents qu’au son de leur voix, il demandait à être ramené chez lui. Il disait à sa femme qu’il lui voyait un corps brillant avec deux bras de chandelier; il racontait que tout lui semblait comique, les meubles étaient tout tordus et il demandait du papier pour les dessiner, mais ne le pouvait pas.
Le malade ne pouvait plus se retrouver dans sa maison qu'il habitait depuis vingt ans; dans son cabinet, qui avait trois portes, il ne trouvait plus la porte qui conduisait à sa chambre à coucher, où il ne trouvait plus son lit. Si ou lui demandait s’il voyait des tableaux au mur et des arbres dans le jardin, il répondait: « Je vois bièn quelque chose, mais je ne sais pas ce que c’est. »
Il ne pouvait s'habiller seul, mettait les pieds dans sa veste et les bras dans son pantalon; il ne savait pas le moment de la journée, dormait trois heures et croyait être au lendemain matin, Ilavait des hallucinations, voyait des fils de soie bril-
pie
lants dans sa chambre, des haches d’acier dans l'air ou sur ses vêtements ; il disait en montant dans sonlit : « Comment se faitil qu’on me mette sur des jambons crus? » Il voyait un voleur et cherchait son revolyer pour tirer dessus.
Actuellement le malade comprend tout ce qu’on lui dit ; sa conception mentale est lente, il ne peut faire des calculs simples, se souvient à grand’peine de l’âge de ses enfants. Motricité intacte sauf un peu de faiblesse générale.
Sensibilité douloureuse, émoussée à droite du visage; les sensations aux mains et aux pieds ne sont pas localisées avec précision surtout à gauche ; la notion de position est conservée; pas de thermo-anesthésie ; pas de trouble des réflexes. Acuité visuelle affaiblie : Snellen n° 9 est lu à 50 centimètres. Mouvements oculaires, fond d’œil normaux. Hémiopie droite avec rétrécissement du champ visuel, achromatopsie.
Cécité psychique pour les objets usuels; le malade souvent répondait : « Je vois bien, mais je ne sais pas ce que c'est»; ou bien: « Je ne vois pas bien exactement ». Le objets étaient reconnus à l’aide du toucher ou d’un autre sens: un couteau qu’on ferme bruyamment est reconnu aussitôt. Il reconnaissait les gens à leur voix. Toujours même inorientation : le malade essaie de se diriger en tâtant, mais très rapidementil se perd complètement.
Il lit de grands chiffres. Il écrit spontanément et sous la dictée, mais on ne peut pas lire ce qu'il a gribouillé; il écrit toujours à droite (à cause de son hémiopie) et souvent les mots les uns au-dessus des autres, comme s’il lui manquait la notion d'orientation sur le papier.
Cette écriture est excessivement singulière. Pas de troubles de l'audition, du goût ni de l’odorat,
Quelques attaques de folie furieuse; entre temps il était rangé, tranquille, nn peu sombre et déprimé, donnant de mauvais renseignements sur lui-même. Hallucinations assez fréquentes, il voyait sa femme, des hommes en blouse, des arbres dans sa chambre. Pas d’hallucination des autres sens.
Peu à peu ces troubles cessèrent; l’achromatopsie cessa, le champ visuel augmenta, entamant le côté gauche hémianopsique ; les objets placés au point de fixation étaient reconnus, ainsi que les couleurs. La localisation du contact aux membres redevint normale; il s'orientait encore quelquefois avec une certaine difficulté dehors.
Le malade interrogé raconta qu'il pouvait et qu’il avait tou: jours pu se représenter mentalement sa femme et son enfant et que ses rêves avaient continué d’être visuels.
J lit, écrit couramment, joue au billard. Le malade n'a qu’un souvenir vague de ses accès furieux, il croit avoir rêvé; il s'était cru dans une galerie souterraine toute sombre sans lumière; il s'était cru dans un magasin plein de choses étranges, il avait entendu des plaintes et il avait demandé à des gens qu’il entendait parler de le sortir de ce souterrain; il se souvient et se représente encore les fils de soie, les jambons crus qu’il voyait. Le malade sortit le 40 novembre.
OBSER VATION 66
C. WeRNiCkE (Lehrbuch der Gehirnkrankheiten, I, 339, et Il, 552) (d'apres MuLzer).
Asymbolie et cécité psychique avec inorientalion : le malade ne se retrouve pas dans la salle, il ne peut aller aux cabinets, il confond les objets, par exemple son urinal avec son verre.
Autopsie. — Les deux lobes occipitaux sont parsemés de petites hémorragies.
Waiccerann (Üeber Hemianopsie und ihr Verhaliniss zur topischen Diagnose der Gehirnkrankheriten, 1881, p. 182) (d’après CROUIGNEAU).
Épileptique. — Légère cécité psychique. Les objets lui paraissaient étrangers ; il est obligé de fixer les lettres avec attention
pour les reconnaitre; inorientation. Hémianopsie gauche incomplète : les objets lui paraissaient flous, recouverts d’un voile de crêpe double et formant des vagues ; les objets les plus voisins paraissaient, {tremblants, flamboyants, tourbillonnants, Vision normale des couleurs. État psychique très bon (il pouvait
discuter affaires).
Guérison. — À la suite agoraphobie puis attaque suivie de paralysie du bras gauche.