CHAPITRE III
Nous avons à considérer deux so t tes d'agrandissements. L'une, agrandissement positif d'un cliclié négatif, l'autre agrandissement négatif destiné à tirer au châssis-presse des épreuves de grand format par les procédés ordinaires.
Les agrandissements directs, positifs, peuvent se produire de deux manières : soit avec un appareil d'agrandissement, soit avec la lanterne de projection. Nous préconiserons cette dernière pour deux raisons. D'abord c'est un grand point de la posséder ; il n'est pas d'appareil plus intéressant pour l'amateur ; c'est une ressource inépuisable de distractions, tant pour lui que pour les siens. C'est presque un meuble, il a sa place marquée dans la famille. Enfin, au point de vue pratique, la lanterne d'agrandissement permet des agrandissements plus variés que les appareils automatiques qui donnent
un format d image immuable. Elle permettra d'isoler telle partie intéressante pour l'amener à un grandissement plus ou moins fort en rapport avec son importance.
L'appareil d'agrandissement a d'ailleurs ses qualités. Il peut consister en une simple boîte cubique portant à l'une de ses extrémités le cliché à agrandir, à l'autre une planchette où l'on fixera le papier au gélatino, et au milieu un objectif à court foyer que l'on aura mis au point une fois pour toutes. C'est un genre d'appareil qui convient surtout, pour la simplicité de sa manœuvre, aux tout petits clichés, tels que les 4 1/2 X 6, qui doivent être forcément agrandis, et qu'en raison de la multiplicité d'épreuves qu'on a généralement à tirer, on ne peut arranger, combiner comme on le fera pour une épreuve plus importante. Pour celle-là l'agrandissement sera un surcroît de beauté, un embellissement, une transformation artistique; pour l'autre, c'est question de vie. On ne saurait opérer avec les petits formats si on ne les agrandissait.
L'opération avec les appareils d'agrandissements est d'ailleurs d'une remarquable simplicité. Le papier et le cliché mis en place, on expose à la lumière du jour, un temps variable et que quelques essais indiqueront rapidement, puis on développe. On voit qu'il n'en coûte pas plus que pour le tirage au châssis-presse.
L'opération est d'ailleurs fort simple aussi avec la lanterne de projection. On projette l'image sur un grand carton blanc et on fait la mise au point en s'avançant, en se reculant de manière à donner à l'image l'étendue qui paraît le plus favorable à l'effet qu'on se propose, en même temps qu'on peut observer les dimensions compa-
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tibles avec la netteté de l'original. On fixe ensuite le papier au bromure avec des punaises, et on expose. On peut protéger la venue de certaines parties trop claires, en interposant momentanément une cache suivant grossièrement leurs contours entre la lanterne et le papier.
On opère de même pour faire les dégradés. On interpose, dans le passage des rayons, une cache affectant la forme du dégradé à obtenir et dont il est facile de suivre l'effet sur l'image.
Le matériel d'accessoires des agrandissements est des plus simples ; il se réduit absolument à deux ou trois cuvettes du format le plus grand qu'on emploiera couramment et deux ou trois autres de format intermédiaire. L'une de ces cuvettes est affectée au développement, l'autre au fixage, et l'autre au lavage.
Les clichés que l'on destine à l'agrandissement doivent avoir certaines qualités particulières, qui ne sont pas toujours celles d'un bon cliché pour tirage direct. Il faut avant tout que ce cliché soit très dépouillé, exempt de tout voile. Un cliché gris par suite dévoile donnera toujours des agrandissements mauvais. Il n'en sera pas de même des clichés donnant une épreuve grise par suite d'insuffisance de vigueur, s'ils sont très nets et très clairs. C'est ainsi qu'un cliché bien détaillé mais insuffisamment développé donnera un agrandissement excellent, d'autant meilleur qu'on en augmentera les dimensions. Il donnera certainement mieux que s'il avait été poussé un peu trop au développement, de telle sorte que, sans cependant que les parties blanches soient ternies, les noirs aient pris une grande vigueur. II y a lieu de tenir compte de ce fait quand on veut développer un cliché spéciale-
ment en vue de l'agrandissement. La méthode que nous avons indiquée, à l'hydroquinone sans carbonate, donnera là des résultats excellents en diminuant beaucoup le grain de l'image. (Voir la Photographie en plein air.)
Agrandissements indirects. — Ce procédé d'agrandissement n'a pas été jusqu'ici aussi pratiqué que le précédent, quoiqu'il soit encore plus intéressant. Il est en effet bien préférable de posséder au lieu d'une unique épreuve positive, un cliché négatif dont on peut tirer autant d'épreuves qu'on le désire et par les procédés les plus courants. Mais il rencontrait jusqu'ici un obstacle pratique dans le grain du positif d'après lequel on doit l'obtenir, grain qui, s'amplifiant sur le négatif, en rendait l'aspect affreux.
Nous verrons plus loin, aux positifs sur verre, le procédé qui permet une solution heureuse de la question. Quant au mode d'agrandissement qui nous occupe il s'effectue d'une manière aussi simple que le précédent. Il suffit de remplacer le cliché négatif par un positif sur verre, tiré d'après ce cliché et la feuille de papier au gélatino-bromure par une plaque seusible qui devra alors être développée avec les précautions spéciales aux plaques.
Ce dispositif est bien connu de la majorité des lecteurs. La fenêtre est fermée par un volet étanche, percé d'une ouverture munie d'un cadre, ce cadre étant pourvu de châssis pour recevoir les diverses dimensions des plaques. Une planche est montée au-dessous de l'ouverture, et on y place la chambre noire, en l'y fixant par sa vis ordinaire. La figure 34 montre du reste le dispositif adopté. Il est préférable au montage horizontal
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qu'on emploie souvent. Il permet, en effet, de voir plus facilement le travail, et ne nécessite aucune précaution spéciale pour fixer la plaque. On se sert d'un chevalet, sur lequel on place un tableau noir muni d'un rebord à la partie inférieure et sur un côté. La plaque y tient par son propre poids. La mise au point se fait sur une glace do même dimension, recouverte d'un morceau de papier blanc, qui y est collé.
L'objectif à employer est un rectilinéaire d'un foyer à peu près analogue à celui qu'on emploierait pour le négatif à agrandir, soit 20 centimètres environ.
Il faut veiller à ce que le positif soit mis en place dans le sens convenable. Si le négatif est destiné à un tirage au charbon (simple transfert), le côté de l'image doit regarder la lumière ; si c'est au contraire pour un tirage ordinaire, le côté de l'image doit regarder l'objectif.
On ferme l'objectif, et on s'assure qu'aucun rayon lumineux ne vient frapper l'écran. On le remplace alors par la plaque sensible. Lorsque la glace est mise en place, il faut l'exposer immédiatement. Les débutants feront bien de faire une pose d'essai sur une demiplaque, qui d'ailleurs ne sera pas perdue si l'on choisit pour la placer un endroit intéressant. On découvre l'objectif et on pose environ quinze secondes : il faut se souvenir qu'un négatif sous-exposé sera toujours mauvais. Le cliché agrandi doit être tout aussi fin et aussi doux que l'original, et il est nécessaire pour cela que la pose soit suffisante. Un cliché insuffisamment posé sera ordinairement d'un grain grossier.
La pose donnée, on enlève la grande plaque et on la remet dans sa boîte jusqu'à ce que tout soit prêt pour le développement.
M. Audra indique un procédé économique pjur les tirages au charbon des agrandissements de grandes dimensions.
On photographie l'épreuve positive sur papier au gé-
Fig. 34. Dispositif pour l'agraudissement en utilisant une fenêtre.
latino-bromure d'argent; le résultat est un négatif qui peut ensuite servir pour obtenir des épreuves. Il faut avoir soin que l'épreuve positive soit bien développée et que le négatif soit bien poussé afin de donner des images vigoureuses.
viii. 5
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La Photo -Revue donne d'utiles renseignements sur les agrandissements d'amateurs et le développement. On prépare le bain suivant :
Au moment de l'emploi, on ajoute une petite quantité de bromure. On peut aussi l'ajouter au bain au moment de sa préparation. Ce dernier produit n'est cependant pas indispensable; mais il peut être utile en ce sens qu'il retarde le développement, s'oppose à la formation du voile et permet de surveiller plus facilement soit la plaque soit la photocopie sur papier.
Le bain ci-dessus agit avec rapidité et possède une énergie extraordinaire. De plus, il se conserve bien en flacons bouchés.
L'addition de paramidophénol permet d'obtenir un grain plus fin et des tons plus noirs avec les papiers au bromure. Pour le développement de ces derniers, on fera bien d'ajouter un tiers d'eau pure au moment de l'emploi.
Un litre de bain additionné d'un demi litre d'eau environ permet de développer dix feuilles 50 X 6t sur la dernière, l'image vient aussi vive et aussi dense que sur les premières, avec des blancs superbes et des tons noirs imitant à s'y méprendre le noir de gravure.
Eau
Carbonate de soude
Sulfite de soude
Hydroquinone
Paramidophénol. . .
150 gr.
75 gr.
9 gr.
de 1 à 2 gr.
Papier au lacto-bromure d'argent.
Voici une méthode d'agrandissement, qui n'offre pas de grandes difficultés, et qui est, d'après son auteur, M. A.-J. Drummont, susceptible de fournir de beaux résultats.
On dissout 500 grammes de lait condensé (conserve de lait en boîte de fer-blanc) dans 1500 centimètres cubes d'eau distillée et on chauffe jusqu'à ébullition. On ajoute alors, goutte à goutte, 31 grammes d'acide acétique, en agitant continuellement, mais en ayant soin de remuer le moins possible le précipité caillé formé au fond du vase.
Après refroidissement, on filtre.
Faire alors une solution composée de ;
Petit lait 500 c. c.
lodure de potassium 7 gr.
Bromure de potassium gr.
Puis, au moyen d'un tampon de drap, on humecte de cette solution une feuille de papier qu'on suspend ensuite dans un endroit sec et à l'abri de la poussière pour la faire sécher.
La sensibilisation se fait au moyen d'une solution de nitrate d'argent à 1 pour 16, que l'on additionne de quelques gouttes d'acide acétique pour conserver la pureté des blancs.
Le développateur employé est composé comme suit :
Eau
Acide acétique Pyrogallol
1 gr.
On fixe dans le bain suivant :
Eau
Hyposulfito de soude
Carb 0 n at e d ' a m m on i a qu e
6 gr.
1 gr.
De temps en temps, on ajoute un peu de carbonate d'ammoniaque, la présence de l'acide acétique rendant le bain rapidement acide.
Après la sensibilisation, le papier sera exposé, encore humide, afin de diminuer la durée de l'exposition, qui est jugée suffisante lorsqu'on voit clairement les ombres.
On place alors le papier sur une plaque de verre et on verse au milieu un peu de développateur qu'on fait rapidement glisser jusqu'aux bords, au moyen d'une baguette de verre ou d'un morceau de drap. L'image apparaît lentement. Quand clic a atteint l'intensité voulue, on plonge de suite le papier dans le bain de lixage en frottant avec la paume de la main pour enlever rapidement le dévelo{ipaleur.
L'image ne diminue pas d'intensité pendant le fixage, que l'on prolonge jusqu'à ce que la feinte jaunâtre ait complètement disparu.
Si l'on ajoute, à la solution de nitrate, quelques gouttes d'une solution de citrate de soude, on donne à l'épreuve
un ton plus chaud, mais une addition trop forte diminue la sensibilité du papier.
L'emploi de ce procédé donne des images à tons très riches.
M. Ponsard, dans la Photo-Revue, préconise le développement des agrandissements sans cuvettes ;
« L'amateur photographe qui a pu obtenir des clichés 9 X 12 ou 13 X 18 ^^^^ réussis, et qui désire les agrandir au moyen des lanternes de projections sur papier au gélatino-bromure, y renonce bien souvent, parce qu'il est obligé de recourir à un matériel encombrant et coûteux, surtout pour les formats de grandes dimensions.
En effet, il doit se procurer de grandes cuvettes pour contenir les bains de développement, fixage, lavage, etc. Outre cela, il est obligé de préparer les bains en grande quantité, afin que les feuilles au gélatino-bromure soient parfaitement immergées.
Après avoir fait plusieurs essais, j'ai trouvé un moyen très facile et pratique pour obtenir de parfaits agrandissements de toutes les dimensions, même de 1 mètre de hauteur sur 0 m. 80 de largeur, sans me servir des cuvettes qu'ordinairement on emploie pour toutes les opérations.
Voilà déjà réalisée une économie très remarquable sur le matériel.
Une autre économie encore plus grande est celle que l'on obtient dans l'emploi des bains, car, pour développer et fixer une épreuve dans les dimensions 45 X centimètres, la dépense est inférieure à celle que peut exiger une plaque 9 X 12.
Voici comment je procède :
Pour agrandir un cliché 9 X 12, je me sers d'une lan-
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terne à projections éclairée par une lampe à pétrole et munie d'un condenseur de 0 m. 18 de diamètre. J'emploie un diaphragme moyen et je maintiens la pose pendant dix minutes environ si le cliché est exempt do voile.
Le temps de pose ainsi prolongé permet d'obtenir un développement très lent, et rend très facile le monnent où l'on désire arrêter l'impression de l'image.
Pour développer, je fixe la feuille qui a été impressionnée, lo côté gélaliné contre une planchette à dessin et, à défaut de celle-ci, même contre une porte.
Avec un large blaireau imbibé d'eau, je mouille la feuille sur le côté opposé à la gélatine ; la feuille, ainsi humectée, est retournée et la même opération est faite du côté de la gélatine ; de telle façon la feuille reste adhérente sur la planche et très uniformément tendue.
Je place dans une petite cuvette un bain révélateur quelconque, en quantité et avec le dosage voulu pour développer un instantané 9 X 12 ; j'ajoute ensuite à cette quantité de révélateur 2/3 d'eau environ. Je trempe le blaireau dans ce bain et je badigeonne rapidement la feuille dans tous les sens, puis je continue ainsi plus lentement jusqu'à ce que l'image soit développée.
Ordinairement le développement commence après 20 à 30 secondes, et il se fait avec une lenteur remarquable ; pour l'arrêter, je trempe le blaireau dans une certaine quantité d'eau acidulée avec l'acide tartriquc ou acétique, même simplement le vinaigre, et j'opère de la même manière que pour développer.
Pour le fixage, je procède également avec un autre blaireau que je trempe dans une solution saturée d'hyposulfite de soude.
Quant au lavage, qui doit enlever toute trace d'hypo-
sulfite, comme il ne s'agit que d'avoir de l'eau en quantité, on peut se servir d'un récipient quelconque, selon les dimensions de l'épreuve, ou bien placer celle-ci sur une planche et faire passer dessus un courant d'eau, au moyen d'un robinet muni d'une petite pomme d'arrosoir.
J'engage les amateurs photographes à faire un essai et je suis certain qu'ils arriveront à obtenir de très beaux agrandissements. »
Les vieux bains révélateurs qui ont déjà servi pour instantanés sont excellents pour développer les agrandissements en y ajoutant la moitié d'eau.
Ce procédé au papier-charbon, si beau et si inaltérable, est rendu éminemment pratique par le papier au charbon velours Artigue. Aussi est-ce avec ce papier que nous pouvons tirer de belles épreuves artistiques par agrandissement avec les amplificateurs en suivant la méthode indiquée par la « Mise au point ».
« Le papier-charbon-velours doit être sensibilisé avant l'emploi. 11 suffît pour cela de l'immerger pendant deux minutes environ dans une cuvette contenant une solution à 2 pour 100 de bichromate de potasse ou de bichromate d'ammoniaque. Nous préférons ce second sel au premier, parce qu'il est plus soluble, qu'il a moins de tendance à se cristalliser dans la couche du papier, et qu'il paraît un peu plus sensible à la lumière. Après l'immersion, qui peut être faite à n'importe quelle lumière, on suspend le papier à l'aide de pinces Elgé dans le laboratoire obscur et on le laisser sécher dans l'obscurité complète. L'exposition se fait dans un châssis-presse, à la lumière du jour, comme pour un papier au sel d'argent. On peut se servir d'un photomètre pour mesurer le temps néces-
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saire, mais on arrive vite à estimer le temps suffisant, d'autant mieux qu'une pose légèrement exagérée ne compromet pas l'image, au contraire.
A la sortie du châssis-presse, le papier est immergé quelques secondes dans l'eau froide, passé sous la pomme d'arrosoir du robinet et plongé dans une cuvette contenant de l'eauàune température de 25° G. au moins, et de 29° G. au plus. Il faut surveiller attentivement cette immersion. Si la silhouette de l'image apparaît avant 30 secondes, c'est que la température du bain est trop élevée. On doit sans hésitation retirer l'épreuve et la tremper dans l'eau froide. Si, au contraire, on ne voit rien apparaître après une minute d'immersion, c'est que le bain n'est pas assez chaud. On doit alors retirer l'épreuve et mettre de l'eau chaude dans le bain. Pratiquement l'image doit apparaître entre 30 secondes et i minute. Deux cas peuvent se présenter :
1° L image apparaît en négative. Il y a eu une pose insuffisante; il faut dès lors la retirer vivement de l'eau tiède et la plonger dans l'eau froide. Le séjour dans l'eau tiède amènerait, en effet, le soulèvement partiel ou total de la couche sensible, donc la perte complète de l'épreuve.
2° L'image apparaît en positive. L'exposition a été pour le moins suffisante. Plus les blancs tarderont à se dessiner franchement, plus la pose aura été dépassée.
Quand les blancs seront indiqués, on plongera l'épreuve dans une cuvette d'eau froide, puis on l'appliquera sur une planchette, le côté charbon en l'air; on l'y maintiendra par des pinces et l'on fera glisser dessus une bouillie moyennement épaisse de sciure de bois très fine délayée dans l'eau. L'image apparaîtra complète et
sera parfaitement dépouillée dans l'espace de une à trois minutes. On s'en rendra compte en la rinçant à l'eau froide pour chasser la sciure. Si, au bout du temps indiqué, l'image ne se montrait pas, c'est que le temps d'exposition aurait été trop dépassé ou que l'immersion dans l'eau tiède aurait été trop courte. L'épreuve n'en est pas perdue pour cela. Il suffit de la traiter de nouveau à l'eau tiède et à la sciure autant de fois qu'il sera nécessaire. On peut, dans ce cas, remplacer l'eau tiède par de l'eau froide alcalinisée. Une solution de carbonate de soude, à 10 pour 100, par exemple, donne de très bons résultats.
On sait encore, à l'aspect de l'image sous les premières projections de sciure, comment le temps d'exposition a été fait. Les ombres viennent-elles rapidement, alors que les parties claires restent grenues, c'est un signe d'insuffisance de pose. Les parties claires viennentelles rapidement et les ombres résistent-elles, il y a eu surexposition. Ombres et lumières se dessinent en même temps et progressivement, on peut considérer l'exposition comme étant correcte.
Du reste, nous le répétons, il vaut mieux exagérer . l'exposition. Dans ce cas, dans un temps plus ou moins long, il est vrai, on arrive à obtenir une bonne image.
Le dépouillement d'une épreuve sur charbon-velours doit se prolonger jusqu'à ce que l image soit très sensiblement au-dessous de la valeur finale, attendu que le ton remonte en intensité au séchage. Le fixage se fait simplement, en laissant séjourner l'épreuve pendant deux ou trois heures dans de l'eau fréquemment renouvelée. Ge lavage a pour but d'enlever toutes les traces de bichromate. Finalement, on peut l'immerger, face en
dessous, dans une solution d'alun à 5 pour 100, pendant une dizaine de minutes, mais cette dernière opération n'est pas d'une nécessité absolue.
Toutes ces opérations que nous venons de décrire sont faites au plus grand jour et en pleine lumière. Si l'on considère que l'image peut être dépouillée exactement au point que l'on veut, que l'on peut faire descendre toutes les parties que l'on désire en frottant légèrement ces parties avec un pinceau, alors que l'épreuve est immergée dans l'eau claire, on voit que ce mode d'agrandissement par l'amplificateur télescopique amène sûrement à l'obtention de très belles épreuves, sur lesquelles le sentiment artistique de l'opérateur peut se donner libre carrière et se montrer sous son vrai jour.