MONTAGE DES VUES
Il est essentiel de mettre des caches pour les projections, afin que les rayons lumineux nuisibles ne passent pas autour de la vue projetée, ou que les parties des vues non utiles soient cachées. La forme de ces caches varie énormément et chacun pourra prendre, dans les différentes formes que nous donnons, celle qui lui conviendra plus particulièrement.
L'assemblage se fait très aisément : on place sur la surface impressionnée de la plaque une cache en papier noir, puis on la recouvre avec un verre mince et on borde le tout avec un papier noir, soit en découpant des petites bandes de la longueur voulue, soit en se servant de l'appareil spécial (lig. 65).
Car les clichés demandent à être bordés; pour le faire proprement, on se servira avec avantage de l'appareil de Demaria, qui consiste en deux tiges horizontales termi-
nées par des tampons de caoutchouc qui serrent le négatif, sans l'empêcher de tourner sur lui-même.
Le montage des clichés demande un peu d'attention. Le congrès a adopté les dispositions suivantes :
Gomme il est assez difficile, dans l'obscurité où oo se
Fig. 65. Appareil pour border les vues à projections.
trouve au moment des projections, de discerner le côté émulsionné d'un cliché, il faut, lorsqu'on veut obtenir un cliché représentant un sujet tel qu'il est vu dans la nature, coller sur la face que l'on examine une étiquette ronde dans le coin droit, en bas.
Au-dessus de cette étiquette, de ce pain à cacheter, on colle une bande étroite de papier sur laquelle on écrit le sujet de la projection. Do cette façon on évite toutes les
Fig, 67. Position de la hanle portant la légende de la vue.
erreurs, toujours décevantes au moment d'opérer.
Au sujet du montage des diaposilifs (1), M. L, Stainier^ un lanterniste émérite, donne dans VObjectif d'excellents conseils :
« Monter les diapositifs, dit-il, constitue pour beaucoup d'amateurs une opération des plus fastidieuses, et nous connaissons plusieurs confrères que cette opération finale a presque fait renoncer aux projections : lorsqu'ils se résolvent à tirer une diapositive, ils la passent à la lanterne telle qu'elle, sans cache et sans verre protecteur : vous voyez d'ici l'état où elle se trouve après quelques manipulations.
Nous concédons volontiers qu'il est dans les opérations photographiques des manipulations plus intéressantes que celle qui nous occupe, mais nous savons que, devant son importance, sa nécessité même, nous ne nous sommes jamais préoccupés du degré d'agrément qu'elle pouvait présenter.
Peut-être aussi le dégoût éprouvé par les amateurs pour le montage des vues pour projections provient-il de ce qu'ils compliquent à plaisir cette opération, bien simple cependant.
Nous employons quelques petits accessoires que chacun pourra faire soi-même très aisément :
C'est d'abord un abat-jour de lampe en carton comme ceux que l'on achète dans les bazars, et dans lequel on découpera une ouverture rectangulaire d'environ
(1) Ou doit dire h notre avis un diapositif et non une diapositive, comme on dit un négatif; par ellipse d'un cliché diapositif, d'un cliché négatif.
N. de l'A.
LE MATÉRIEL
10 X centimètres ; cette ouverture sera bouchée ensuite à l'aide de papier calque.
2° Une planchette de 2 centimètres d'épaisseur, llcentimètres de long et 5 centimètres de large.
Sur la tranche de cette planchette, on fera faire parle menuisier une rainure de 3 millimètres de large et de 1 centimètre de profondeur.
Fig. 68. — Coupe de la planchette pour le montage des vues.
Nous donnons ci-contro une figure représentant la coupe de cette planchette. Si ou veut la fabriquer soimême, voici comment on pourrait y arriver ; prendre une planchette de 3 millimètres d'épaisseur et la coller entre deux planchettes plus épaisses de manière que d'un côté elle rentre d'un centimètre entre les deux autres.
Quand, par une de ces deux méthodes, l'on sera en possession de la planchette, on prendra un morceau de
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velours d'épaisseur moyenne, on en couvrira le dos de colle forte et on l'inti-oduira dans la rainure de façon à en garnir les trois parois. Le surplus du velours débordant sera ramené et fixé à l'aide de colle sur les rebords de la rainure et même sur les deux faces de la planchette.
3° Des bandes gommées (que l'on trouve dans le commerce gommées et découpées aux dimensions 3, 5 et 10 centimètres, ou bien que l'on fabriquera et découpera soi-même), des caches avec ouvertures variées que l'on disposera par espèces dans des boîtes à plaques, des verres de garde et un pot de colle de pâte compléteront l'attirail peu compliqué qui nous est nécessaire.
Nous avons pour habitude, quand nous ne sommes pas pressés par des circonstances fortuites, de laisser s'accumuler un certain nombre de clichés dont nous avons l'intion de faire des diapositifs. Une fois terminés nous les déposons dans une boîie et nous ne nous mettons à les monter que quand il y en a une certaine quantité. Nous nous sommes toujours bien trouvés de celte méthode qui économise et le temps et les produits.
Nous voici donc devant un paquet de plaques à masquer et à border.
Nous commençons par nettoyer soigneusement tous nos verres de garde et nous les empilons à portée de la main, à côté des boîtes renfermant nos caches.
Saisissant alors le premier diapositif, nous l'examinons attentivement pour en enlever les poussières qui s'y seraient déposées et que nous chasserons à l'aide du souffle (les retouches qu'aurait dû subir le diapositif ont été faites aussitôt après le séchage, pour ne laisser absolument à faire que le montage).
Nous prenons parmi nos caches celle qui nous semble
LE MATÉRIEL
la plus appropriée au sujet et la plaçant sur le diapositif, nous portons le tout à la hauteur des yeux devant une lampe allumée munie de l'abat-jour décrit plus haut; à l'aide de la fenêtre munie de papier calque, rien n'est plus facile que de fixer la meilleure forme de cache et la meilleure place que celle-ci doit occuper sur le diapositif. Une fois ces deux points fixés, tenant d'une main fortement la cache à la place choisie, à l'aide de l'autre main on met sur le diapositif quelques points de colle de pâte pour fixer la cache à la plaque d'une façon immuable. Si après les variations de place que la cache a dû subir il se fait que, pour produire l'effet voulu, elle déborde d'un côté tandis que de l'autre elle est trop courte, on rogne le surplus d'une part et on colle une bandelette de l'autre pour ramener tout à la juste valeur.
Reste à placer le verre de garde et à border le tout.
Le verre de garde ayant été, une fois de plus, soigneusement épousselé, on le place sur le diapositif, on relève le tout verticalement et on pince fortement les deux verres entre le pouce et l'index do la main gauche ; on a eu soin d'amener les deux verres à reposer un peu sur le côté de 10 centimètres. Gela fait, on saisit une bande gommée de 10 centimètres de long, on l'humecte avec la langue ou un mouilleur quelconque (du moment où on peut l'utiliser avec la seule main droite, car l'autre est occupée) et on la met à cheval bien au milieu sur les deux verres ; prenant alors la planchette décrite plus haut, nous en mettons la rainure garnie de velours au-dessus des deux verres et nous l'enfonçons fortement. Par ce mouvement, les deux bords de la bandelette gommée sont ramenés sur chaque face du verre et, en inclinant alternativement la planchette vers les deux faces, on
fait adhérer la partie gommée d'une façon régulière.
Retournons maintenant les deux verres, sans cesser de les maintenir forlement pressés entre le pouce et l'index
Fig. 69. Châssis porte-clichés vide.
Fig. 70. Châssis porte-clichés plein.
gauches, et agissons pour ce côté comme pour l'autre. Une fois le second côté de 10 centimètres bordé, nous pourrons cesser la compression des deux autres côtés qui seront bordés par le même procédé. »
LE MATÉRIEL
Quel que soit le modèle de châssis choisi pour les projections, on doit toujours placer les sujets la tête en bas; on glisse les clichés par la partie supérieure du châssis, dans la rainure pratiquée ad hoc. Ces châssis sont à vaet-vient, c'est-à-dire que pendant qu'un cliché est devant l'objectif, l'autre se trouve en dehors de l'appareil et peut ainsi être retiré et remplacé par un autre.
Dans le châssis ordinaire, il faut remonter le cliché pour pouvoir le saisir et le retirer ; dans certains modèles spéciaux, le cliché est soulevé par un plan incliné et il est très facile de le retirer.