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CHAPITRE PREMIER

Obtention.

Les positifs sur verre sont une des plus agréables applications de la photographie d'amateur, un moyen de décoration pittoresque toujours prêt, en même temps que le procédé le plus parfait pour faire donner à un cliché le maximum de l'effet dont il est susceptible. Il existe deux procédés pour faire les positifs sur verre : le procédé par impression et le procédé par transport. Dans le procédé par impression, on emploie soit des plaques ordinaires au gélatino -bromure, soit des plaques spéciales au gélatino-chlorure.

Les plaques au gélatino-bromure donnent de belles épreuves noires d'une grande vigueur et qui conviennent très bien aux vitraux et aux vues pour stéréoscope. Elles sont, en revanche, d'une transparence un peu inférieure pour servir de vue des projection. Onles expose au châssis-presse, en les exposant gélatine contre gélatine, de 2 à 20 secondes à la lumière d'une bougie, puis on déve-

loppe avec les précautions prescrites pour les plaques. Le mode opératoire est le même pour les plaques au gélatino-chlorure, sauf le temps de pose qui varie d'abord suivant les marques et va de 30 secondes à 5 minutes, et le mode de développement. Ce développement devra être effectué dans le bain vieux employé pour les négatifs, mais avec un temps de pose approprié pour qu'il se fasse très rapidement, comme nous l'avons dit pour les papiers au gélatino-bromure (1).

Les plaques au gélatino-chlorure donnent en général des tons noir chaud, et leur extrême transparence les rend particulièrement propres à la projection (plaques aulactate de Guilleminot). Les plaques au gélatino-chlorure de Perron donnent au développement même une série de tons variés, noir, brun, vert, rouge, jaune, qui se prêtent aux effets les plus divers. Les plaques Ilford Alpha donnent au développement des épreuves rouge sanguine, qu'on peut virer à tous les tons du papier aristotypique en les traitant par le bain de virage-fixage combiné.

Procédé par transport. — Ce procédé consiste àreporter sur verre une image imprimée sur un papier positif. Tous les papiers ne se prêtent pas à cette opération. Nous n'en citerons qu'un, parce qu'il donne des résultats particulièrement remarquables. C'est le papier au pyroxilochlorure de M. Gelhaye. Il est, d'ailleurs, à recommander aussi en passant comme marque de papier pour les impressions ordinaires, en raison de sa finesse remarquable et de sa sensibilité qui permet de tirer, en une heure, une épreuve à la lumière d'un bec de gaz à incan-

(1) Voir le volume : les Épreuves positives.

OBTENTION

descence. Le verre sur lequel se fera le report doit être, soit une plaque gélatinée, soit une plaque vernie au caoutchouc. On pourra utiliser, comme plaque gélatinée, les plaques accidentellement voilées ou vieilles et mises au rebut, qu'il suffira de laver et de fixer. On pourra également gélatiner des verres avec la formule de solution de gélatine indiquée plus haut. Pour vernir la glace, on coule à la surface du vernis au caoutchouc qu'on étend à la manière du collodion; on fait couvrir toute la surface et on incline la glace afin d'éliminer le surplus du vernis. On laisse ensuite sécher, jusqu'à évaporation complète. La formule du vernis au caoutchouc est la suivante :

Caoutchouc para en rognures 2 gr.

Benzine pure 100 c. c.

On filtre avec un linge fin. La solution doit avoir la consistance du collodion. Si elle est trop épaisse, on ajoute de la benzine ; si elle est trop claire, il suffit de laisser évaporer.

L'épreuve virée et fixée avec toutes les variétés de tons que comportent ces opérations, est appliquée sur la glace préparée que l'on tient sous l'eau. On retire ensuite el on éponge avec du buvard en chassant les bulles d'air au rouleau.

On frotte ensuite le papier avec le doigt sur le centre do l'épreuve. En s'usant, il met à découvert le support de kaolin de l'image. On achève d'enlever le papier, en allant du centre vers les bords. On enlève ensuite le support porcelainé avec une éponge fine imbibée d'eau.

Les épreuves obtenues ainsi ont une transparence absolue puisque c'est le verre même qui forme les blancs de l'image. Ils ont, de plus, une finesse que ne peuvent atteindre les meilleurs positifs obtenus par impression, dont le grain est toujours supérieur à celui de cette émulsion au coUodion. Ils conviennent donc particulièrement à la projection et aussi à l'agrandissement pour l'obtention d'un négatif agrandi dont nous avons parlé plus haut.

Montage des positifs sur verre. — Les positifs sur verre, destinés à garnir des fenêtres ou des suspensions, se montent en général dans de petits cadres métalliques entre un verre blanc et un verre douci. On trace, avec une règle et une pointe, une marge d'un centimètre tout autour de l'épreuve et on la dépouille, avec un grattoir, de toute sa gélatine.

Les positifs pour projection au stéréoscope sont, tout d'abord, garnis d'une cache de papier noir que l'on colle exactement sur le bord de l'image, de manière que celleci seule apparaisse sur l'écran. On colle ensuite des bandes qu'on laisse déborder tout autour d'environ un centimètre, et on place sur la face gélatinée un verre extra-mince qui protégera l'image. On rabat alors les quatre bandes sur ce verre et on colle tout. Le collage sur le verre offre une certaine difficulté. On obtient de bons résultats avec la colle suivante :

Eau

Gomme arabique, Sucre

125 gr.

12 gr.

3 gr.

OBTENTION

Il importe, pour présenter la vue à la lanterne dans le sens où elle doit être vue, de pouvoir en reconnaître facilement le bon côté dans l'obscurité relative où se trouve l'opérateur. A cet effet, on collera un petit rond de papier entre les deux verres, dans le coin droit inférieur de la face gélatinée. Cette place est supposée être celle du pouce, quand on prend l'image pour la regarder dans son vrai sens.

Le montage des épreuves stéréoscopiques sur verre s'effectue de la même manière que celui des épreuves de projection. On les monte en général sur un verre dépoli, ce qui exige trois épaisseurs de verre ; le positif lui-même, le verre douci derrière et un verre blanc. Nous conseillons de monter simplement l'épreuve avec ce dernier verre. Tous les stéréoscopes sont munis de verres doucis, ce qui rend celui de l'épreuve inutile ; et on peut ainsi utiliser facilement les vues stéréoscopiques pour les projections, ce qui simplifie les tirages.

On peut utiliser les plaques ayant vu le jour, c'est-àdire voilées pour obtenir de bons diapositifs.

On prépare la solution suivante :

Alcool à 4")0

Solution (le nitrate d'argent à

"i pour 100

Ammoniaque

On plonge la plaque dans ce bain pendant trois à cinq minutes, on sèche après lavage.

Ces plaques doivent être employées rapidement, car elles ne se conservent pas.

136 ENCYCLOPÉDIE DE l'AMATEUR PHOTOGRAPHE

Les diapositifs sur verre se pendent souvent aux fenêtres et constituent une très jolie décoration. On les en-

Fig. 71. Cadres-supports pour diapositifs.

Fig. 12. Çadres-supports pour diapositifs.

cadre avec des bordures composées avec des verres de couleurs qui font ressortir la valeur du sujet. Seule-

OBTENTION

ment, une fois encadrés, immuablement on a devant les yeux les mêmes tableaux,

M. Decoudun a pensé qu'il pouvait en être autrement et il imagina des encadrements à changements rapides pour les photographies transparentes.

Ces cadres, dont les supports se vissent simplement sur le^ boiseries des fenêtres, font un bel effet ; on les place par paires, de chaque côté du montant du milieu. Ces cadres sont à double face et peuvent indifféremment se mettre àgauche ou à droite ; d'une construction soignée, ils sontciselés, en cuivre doré, garnis chacun d'un verre dépoli sur le fond et d'un autre blanc sur la face ; entre ces deux verres existent des rainures qui permettent de glisser le diapositif.

Les cadres s'ouvrent sur le côté, il suffit de pousser sur un seul bouton pour en faire sortir le sujet.

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