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CHAPITRE II

Différents procédés.

M. Berlhier, qui a particulièrement étudié les épreuves transparentes sur verre, donne les conseils suivants dans le Cosmos:

« De tous les procédés employés pour l'obtention des épreuves positives, il n'en est pas qui rende mieux la linesse des phototypes que celui qui consiste à imprimer l'image dans une couche d'albumine, de gélatine ou de collodion, fixée à un support transparent. Cette image, examinée par transparence, est incomparablement plus brillante et plus lumineuse que celle des meilleures photocopies sur papier. De plus, il arrive fréquemment qu'un cliché faible, incapable de donner une épreuve satisfaisante sur papier, est susceptible de produire une épreuve diapositive parfaitement utilisable.

C'est là un fait que l'on constate souvent en photographie stéréoscopique. Aussi convient-il parfois de ten-

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ter l'expérience avant de mettre de côté un négatif, dont il semblait que l'on ne pouvait rien tirer de bon.

Il existe un grand nombre de méthodes permettant d'obtenir des diapositifs sur verre, et les marchands de fournitures photographiques offrent un choix varié de plaques fabriquées dans ce but. En général, on se sert de plaques au chlorure qui se traitent comme les papiers aristotypiques : le tirage se fait au châssis-presse et le virage suit, précédant le fixage ou l'accompagnant.

Les plaques ordinaires au gélatino bromure, notamment celles qui sont destinées aux reproductions, et dont, par conséquent, le grain est moins grossier, conviennent parfaitement aussi. On peut même les virer et obtenir une série de teintes les plus variées, allant du rouge au noir, en passant par le bleu et le vert.

Le développement permet d'ailleurs lui-même d'obtenir une certaine différence entre les dépôts d'argent : l'iconogène ne donne pas la même couleur que l'hydroquinone ou le pyrogallol.

Au lieu d'employer des glaces sensibles que l'on peut utiliser d'une manière plus conforme à leurs propriétés, on se servira avec avantage soit des plaques ayant vu le jour pour une cause quelconque, soit même des clichés voilés ou non, que l'on ne désire pas conserver et dont la couche de gélatine est encore en bon état(l).

Dans le second cas, c'est-à-dire lorsque le bromure est réduit par suite de développement, suivi ou non de fixage, on soumet la plaque à un bain d'hyposulfite (20 pour 100) auquel on ajoute, au moment même de l'opération, quelques centimètres cubes d'une solution

(I) Voir page 135.

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de prussiate rouge (ferricyanure de potassium) à 10 pour 100. On pourrait aussi employer le faiblisseur Farmer, de composition analogue, et qui dispense de faire des solutions séparées :

L'image baisse peu à peu et finit bientôt par disparaître. On achève avec quelques centimètres cubes d'une solution d'hyposulfite à 20 pour 100, puis on lave à l'eau courante pendant deux ou trois heures. Enfin, on alune dans un bain d'alun à 10 pour 100 pendant dix minutes. On lave de nouveau et l'on fait sécher.

La glace est alors prête à recevoir la solution sensibilisatrice. Celte dernière varie suivant le résultat à obtenir.

Plaques au bichromate. — La glace gélatinée, après avoir été traitée comme on vient de l'indiquer, est plongée dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 4 pour 100. On pourrait aussi se servir de bichromate de potasse. La durée d'immersion est de cinq minutes. Après ce laps de temps, on retire la plaque avec précaution, on lave très rapidement et d'une manière superficielle pour enlever l'excès de bichromate, et l'on met sécher à l'obscurité.

Le tirage s'opère au châssis-presse, mais comme ce procédé donne des contre-types, il est nécessaire d'employer un positif au lieu d'un négatif. On obtiendra donc un positif d'après un positif, ce qui est avantageux dans

Eau

8 iiT.

Prussialo rouge iïyposultile

DIFFÉRENTS PROCÈDES

certains cas, lorsqu'on veut, par exemple, multiplier un agrandissement obtenu directement sur verre d'après un petit négatif.

L'image étant peu visible pendant le tirage, il est nécessaire de faire quelques essais préalables pour déterminer la durée exacte du temps d'insolation. Lorsque cette valeur est connue approximativement, on expose à l'ombre. L'exposition terminée, on retire la plaque du châssis dans le laboratoire obscur, et on la développe dans un bain colorant destiné à pénétrer plus ou moins dans la couche de gélatine, selon que celle-ci a été plus ou moins insolubilisée par la lumière. Un lavage final très peu prolongé permet d'enlever l'excès de couleur.

Plaques aristotypiques. — Au lieu d'employer une plaque préalablement gélatinée, on peut se servir d'une simple glace, complètement dépouillée de toute couche sensible, sur laquelle on reporte une épreuve obtenue sur papier. Les vieux clichés, lavés à l'eau chaude ou avec une solution chlorhydrique, forment d'excellents supports. Le mode opératoire est des plus simples. Voici celui qu'indique M. Imperati {Amat. Photograph.) pour 1 es papiers aristotypiques :

1" La plaque de verre est bien lavée, séchée et frottée avec un peu de vinaigre, puis recouverte d'une solution aqueuse ou de gélatine, enfin séchée pour la seconde fois.

2° Les épreuves à reporter sont ramollies préalablement dans l'eau pendant au moins deux heures. On peut aussi les employer après le dernier lavage ayant suivi le virage.

3° On les étend ensuite sur la plaque de verre, couche contre couche, en opérant comme pour obtenir des épreuves brillantes sur une plaque d'ébonite,

4° On place sur l'épreuve humide plusieurs doubles de papier buvard, puis une plaque de verre et des poids suffisants pour déterminer l'adhérence.

5° Lorsque l'image est complètement sèche, on l'expose à la vapeur d'eau de la manière suivante :

6° On fait bouillir de l'eau, qu'on laisse refroidir jusqu'à 80 degrés. On place alors au-dessus de la surface liquide, pendant quatre à huit minutes, l'épreuve fixée au verre. On modifie plusieurs fois sa position. Lorsque la couche est ramollie, on soulève avec soin un des angles du papier que l'on a préalablement séparé de la gélatine : l'image reste fixée au verre.

7° Pour lui donner du brillant, on la plonge dans un bain d'eau à 30 degrés, ce qui ramollit la gélatine sans la fondre.

Tous les procédés permettant d'isoler la couche d'albumine, de gélatine ou de coUodion de son support de papier sont aptes à produire des diapositifs sur verre.

Il existe même, dans le commerce, certains papiers spéciaux préparés en vue du report sur une surface quelconque. Ces papiers donnent d'excellents résultats comme diapositifs, lorsqu'on reporte leur couche sur une plaque do verre. On peut les virer de différentes manières, et obtenir ainsi de très jolis effets. »

Les travaux de projection, d'agrandissement, de réduction sont surtout des travaux d'hiver. Il faut pendant l'été profiter des beaux et longs jours pour faire une ample provision de clichés.

Lorsqu'arriveront les temps pluvieux et neigeux, on

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pourra, confortablement installé dans son laboratoire, préparer des séries de vues pour projections qui feront la joie des spectateurs, et des agrandissements qui seront l'orgueil de l'amateur, lorsque, bien encadrés, ils s'étaleront à la place d'honneur sur les murs de l'appartement.

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