L\ VALEUR DES ÉCLAIRAGES EMPLOYÉS
Les éclairages employés pour les projections et l'éclairement de l'écran ont été particulièrement étudiés par M. Molteni. Voici ce qu'il en dit ;
« Lorsqu'on doit s'occuper de projection, le premier point à examiner est celui de l'éclairage ; en elîet, quelle que soit la perfection du système optique employé, les résultats ne sont jamais parfaits, avec une source lumineuse présentant une certaine largeur ; la projection sera
l'éclairage
d'autant plus nette que cette source lumineuse aura un plus petit diamètre, et l'on atteindrait le maximum de netteté si le faisceau lumineux émanait d'un point mathématique. Aussi est-ce avec la lumière électrique à arc, qui a le plus petit diamètre des éclairages usuels, que l'on obtient les meilleurs résultats.
Les éclairages employés aujourd'hui pour les projections sont assez nombreux; j'ai pensé qu'il serait utile de les comparer entre eux, non pas en mesurant leur intensité directement par rapport à un étalon donné, comme cela se pratique lorsqu'on étudie les questions ordinaires d'éclairage, mais au point de vue de l'éclairement de l'écran; cette étude était d'autant plus intéressante, que le rendement lumineux n'est pas proportionné aux intensités mesurées à l'air libre.
Les mesures prises montrent que le rendement est d'autant plus faible que la source lumineuse employée a de plus grandes dimensions.
En effet, il faut se rappeler qu'il ne passe par le système optique des appareils do projection que les rayons lumineux qui se trouvent sensiblement sur l'axe des lentilles, et qu'avec une source lumineuse de 10 centimètres de haut, par exemple, il n'y a d'utilisé que le centre sur une hauteur de 2 à 3 centimètres environ, tandis qu'avec des éclairages intenses de petit diamètre, toute la lumière passe par les lentilles, ce qui est le cas de la lumière oxhydrique et de la lumière électrique à arc.
Les mesures ont été prises avec une lanterne ordinaire, dans la coulisse de laquelle était placée une plaque, percée d'une ouverture carrée de 7 centimètres de côté, correspondant à celle des caches servant à monter les diapositives ; la distance de la lanterne à l'écran était
-56 ENCYCLOPÉDIE DE l'aMATEUR PHOTOGRAPHE
telle que la projection carrée avait un mètre de côté.
L'écran a été remplacé par le disque en papier du photomètre Bunsen, dont l'autre face était éclairée par une lampe soigneusement étalonnée avec un carceltype brûlant 42 grammes d'huile à l'heure ; on faisait varier la distance de la lampe étalon do façon à obtenir l'égalité d'éclairement, et les intensités ont été déduites de cette distance qui variait nécessairement pour chaque source lumineuse essayée. Bien entendu, pendant les différentes expériences, la lanterne restait invariablement à la distance voulue pour donner la projection d'un mètre carré.
Voici les résultats obtenus en opérant dans ces conditions :
Lampes jtéhnlc à luèclics iiuilliiiles 1
Bec Auer n" i sans i rilccleiir 1
1 Brûleur à 1 Itec sans réllccleur .
Alcool et oxygène, lumière oxycah
Gaz et oxygène, lumière oxliydriqu
(iazoline et oxygène, lumière oxy-é
Ui(''rique .
Lampe ordinaire à iucaiitlcscciire
(lilc ■ de
Lampe m-ili iiaii'c à i iicandcscrncf
dilc de
Lampe ordinaire à iiiciiiidcsrciici
(lile de
Lampe Inciis dilc de 100 l)()iii,'ics
IGO.
Au lieu d'indiquer les résultats en prenant comme unité la lampe à pétrole à mèches multiples, on aurait pu donner le nombre descarcels correspondant à chaque éclairage : mais nous avons pensé qu'il était préférable de prendre pour base un type d'éclairement que toutes les personnes ayant assisté à des séances de projections pouvaient avoir présent à l'esprit.
Aujourd'hui, chacun a vu des projections éclairées soit au pétrole, soit à la lumière oxhydrique ; le tableau cidessus montre immédiatement qu'une projection faite à la lumière oxhydrique est de seize à dix-huit fois plus éclairée que celle faite au pétrole, et qu'un arc de 7 ampères donne à son tour environ deux fois plus d'éclairement que la lumière oxhydrique.
Pour le bec Auer et pour l'acétylène, le réflecteur en plaqué augmente, d'environ un cinquième, et un réflecteur en glace travaillée, à peu près un tiers.
On remarquera que le rendement d'une lampe électrique à incandescence, du modèle usuel long fllament, est la même, quelle que soit la position de la lampe ; c'est que ces lampes se comportent comme les éclairages de grandes dimensions, dont il est question ; en commençant, le filament qui a 0 m. 08 ou 0 m. 10 de long n'est utilisé que sur une partie do sa longueur, soit 0 m. 02 à 0 m. 03.
Les essais ont été faits avec une lanterne de construction courante, semblable à celles qui existent habituellement dans le commerce ; mais il ne faut pas perdre de vue que le rendement lumineux peutaugmenter en modifiant le système optique.
En changeant, dans les conditions voulues, le condensateur et l'objectif de la lanterne servant aux essais et en
l'éclairage
conservant le même chalumeau oxhydrique, le rendement s'est élevé à 19,5 au lieu de 16,6. »